À l’approche des élections législatives israéliennes du 27 octobre 2026, Rony Akrich ouvre une série de trois éditos autour d’une question essentielle : gouverner, est-ce conquérir le pouvoir ou construire une société ?
Dans cette première partie des « Passions d’un Hébreu », il distingue le politicien de l’homme d’État. À partir des réflexions de Platon, Aristote, Max Weber, Montesquieu, John Rawls, Amartya Sen, Condorcet et Pierre Bourdieu, il interroge la capacité des partis israéliens à présenter une véritable plateforme de gouvernement.
Au-delà des slogans sur la sécurité, la souveraineté, l’unité, la démocratie ou l’identité, des questions très concrètes demeurent : comment augmenter le salaire réel ? Réduire le coût de la vie ? Faciliter l’accès au logement ? Financer la santé, l’éducation et les transports ? Réduire les inégalités entre le centre et la périphérie ? Rendre les études supérieures réellement accessibles ?
Pour Rony Akrich, un programme politique digne de ce nom doit présenter une vision du pays, des priorités, des financements, un calendrier, des critères d’évaluation et des limites morales et juridiques à l’exercice du pouvoir.
Dans la prochaine partie, huit des principaux partis israéliens seront examinés afin de déterminer s’ils possèdent une véritable plateforme politique.
💬 Selon vous, quelle question devrait être posée en priorité à tout parti qui aspire à gouverner Israël ?
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M. Rony Akrich, écrivain, essayiste, conférencier et penseur israélien. Il enseigne notamment l’historiosophie biblique, une approche qui étudie les récits et les figures de la Bible comme une réflexion sur l’histoire, la souveraineté, la responsabilité morale et le devenir collectif.
Auteur de nombreux ouvrages en français et en hébreu consacrés à la pensée hébraïque et à la société israélienne, il publie également des chroniques, des analyses et des réflexions philosophiques dans différents médias. Son travail établit un dialogue constant entre les textes bibliques, la philosophie occidentale, l’histoire juive et les interrogations contemporaines d’Israël.
Rony Akrich est également le fondateur de Café Da’at – l’Université populaire gratuite, initiative éducative active notamment à Jérusalem et à Ashdod. Ce projet vise à rendre la connaissance accessible au plus grand nombre, sans condition de diplôme ni frais d’inscription, grâce à des conférences portant sur la philosophie, la Bible, l’histoire, la science, la médecine, la littérature, les arts et les grandes questions de société.
Par son enseignement et son action culturelle, Rony Akrich cherche à faire de la connaissance non pas un privilège académique, mais un instrument d’émancipation, de responsabilité civique et de réflexion collective. Sa conférence de Ticha BeAv au Centre culturel Monart s’inscrivait pleinement dans cette démarche : relire les destructions du passé afin d’en tirer des enseignements concrets pour l’avenir moral et national de la société israélienne.