À l’approche des élections israéliennes de 2026, Rony Akrich conclut son analyse des plateformes politiques : choisissons-nous seulement un camp ou la société dans laquelle nous voulons vivre ?

Dans cette quatrième et dernière partie, Rony Akrich compare les différentes conceptions de l’État portées par les principaux partis politiques israéliens.

État protecteur, puissance nationale, instrument de justice sociale, défenseur des communautés, moteur économique ou garant de l’ordre : chaque courant politique saisit une part de la réalité. Mais chacune de ces visions devient dangereuse lorsqu’elle prétend représenter à elle seule l’intérêt général.

Après l’étude de huit formations politiques, quatre grandes familles se dégagent :

• la tendance sociale-libérale, centrée sur les droits, l’égalité et les services publics ;
• la tendance libérale et gestionnaire, attachée à l’efficacité, à la responsabilité et à l’initiative économique ;
• la tendance communautaire et identitaire, fondée sur la transmission, la famille et l’identité collective ;
• la tendance souverainiste, qui place l’autorité, la sécurité et la puissance de l’État au premier plan.

Mais où sont les projets complets concernant le salaire réel, le logement, l’éducation, la santé, la fiscalité, les services publics et l’avenir des jeunes générations ?

Israël est un pays profondément politique. Pourtant, la réflexion sur la société à construire demeure souvent secondaire face aux luttes de pouvoir, aux identités partisanes et aux stratégies électorales.

En convoquant Aristote, Machiavel, Montesquieu, Tocqueville, Marx, Max Weber, John Rawls, Emmanuel Levinas et Hannah Arendt, Rony Akrich pose une distinction essentielle :

Le politicien demande comment gagner.
L’homme d’État demande ce qu’il fera de sa victoire.
Le philosophe demande pour quelle société et pour quel avenir nous voulons gouverner.

La véritable question des élections de 2026 n’est donc pas seulement : « Qui gouvernera Israël ? » Elle est aussi : « Comment voulons-nous vivre ensemble ? »

Qui paiera ? Qui recevra ? Qui sera protégé ? Quelles limites les vainqueurs accepteront-ils d’imposer à leur propre pouvoir ? Et comment traiteront-ils ceux qui n’ont pas voté pour eux ?

Selon vous, les partis israéliens proposent-ils réellement un projet de société, ou seulement une manière de conquérir le pouvoir ?

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CHAPITRAGE

M. Rony Akrich, écrivain, essayiste, conférencier et penseur israélien. Il enseigne notamment l’historiosophie biblique, une approche qui étudie les récits et les figures de la Bible comme une réflexion sur l’histoire, la souveraineté, la responsabilité morale et le devenir collectif.
Auteur de nombreux ouvrages en français et en hébreu consacrés à la pensée hébraïque et à la société israélienne, il publie également des chroniques, des analyses et des réflexions philosophiques dans différents médias. Son travail établit un dialogue constant entre les textes bibliques, la philosophie occidentale, l’histoire juive et les interrogations contemporaines d’Israël.
Rony Akrich est également le fondateur de Café Da’at – l’Université populaire gratuite, initiative éducative active notamment à Jérusalem et à Ashdod. Ce projet vise à rendre la connaissance accessible au plus grand nombre, sans condition de diplôme ni frais d’inscription, grâce à des conférences portant sur la philosophie, la Bible, l’histoire, la science, la médecine, la littérature, les arts et les grandes questions de société.
Par son enseignement et son action culturelle, Rony Akrich cherche à faire de la connaissance non pas un privilège académique, mais un instrument d’émancipation, de responsabilité civique et de réflexion collective. Sa conférence de Ticha BeAv au Centre culturel Monart s’inscrivait pleinement dans cette démarche : relire les destructions du passé afin d’en tirer des enseignements concrets pour l’avenir moral et national de la société israélienne.