0:09 Chers amis, bonjour. On se retrouve pour la deuxè émission pour Tandem TV. Non, on recommence. 1 2 3. Chers amis, bonjour. Voici une nouvelle émission pour Tandem TV. Après avoir parlé de l'exyopathie, la maladie de l'exil, essayons de rentrer dans le vif du sujet avec ce que je pense être une transcendance, celle de l'État hébreu vis-à-vis du juif.
0:36 Et il faut cesser de dire avec netteté, la naissance d'Israël n'a pas seulement changé la condition politique des juifs. Elle a transformé la figure humaine du juif lui-même et n'a pas seulement produit un état. Elle a rendu possible le retour d'un peuple à sa stature historique pendant des siècles. Nous l'avons dit dernièrement, le juif d'exil fut contraint à la survivance plus qu'à l'histoire, à la mémoire, plus qu'à l'action, à la prudence, plus qu'à la décision. Il porta une grandeur morale immense, une fidélité admirable, une intelligence forgée par l'épreuve, mais cette grandeur demeurait comprimé par la dispersion, l'humiliation et la précarité.
1:17 Le juif miséreux et misérable, comme il fut décrit par Albert Londres, n'est pas une essence et une condition historique. Ce n'est pas l'homme juif qui était diminué diminué, c'est sa situation qui l'a empêché d'exister pleinement. Égel, le philosophe avait compris que l'homme n'accède vraiment à lui-même que lorsqu'il est reconnu comme sujet de l'histoire.
1:40 Or, le juif d'exil fut trop souvent privé de cette reconnaissance sans terre, sans souveraineté, sans langue nationale vivante, sans instrument de puissance, il devait négocier le droit de respirer là où d'autres naissaient avec le droit de commander. Maimolid, le Rambam, savait déjà que la dignité humaine ne peut se réduire à la piété intérieure. L'homme doit être capable de connaissance, de responsabilité, de jugement et d'action. De même, un peuple qui ne peut inscrire sa mémoire dans une terre, une langue, des institutions et une souveraineté, demeure blessé dans son être historique.
2:20 Certes, il peut survivre, prier, étudier, transmettre, mais il lui manque encore cette dimension qu'Aristote appelé la vie politique, la capacité d'habiter ensemble, un destin commun. Puis il sera l'état devenu une véritable un véritable bouleversement tectonique avec le retour à la terre, à la langue, au travail, au risque, à l'armée, à la responsabilité politique.
2:46 Une mutation phénoménale s'est opérée. Une part décisive du peuple juif est passée de l'existence subie à l'existence assumée. Le juif n'était plus seulement celui qui endure. Il redevenait celui qui agit. Il ne demandait plus seulement qu'on le laisse vivre. Il prenait sur lui la charge de vivre debout. C'est ici que Nietzsche, malgré tout ce qui nous sépare de lui, mais aussi tous ceux qui nous rapprochent de lui, devient utile pour comprendre l'événement. Car il y a dans le retour d'Israël une rupture avec la morale de la plainte, avec la sainteté de l'impuissance, avec l'habitude de se définir seulement par la blessure reçue.
3:28 Sortir de l'état victimaire. Israël n'a pas aboli la mémoire de la souffrance. Il lui a refusé le dernier mot. Il a transformé la douleur en volonté, l'humiliation, en énergie. L'exilant retour, la cendre en souveraineté. Entendez bien, c'est cela que tant de gens ne pardonnent pas. Le monde supportait le juif victime, le juif persécuté, le juif conscience morale des nations, le juif errant, brillant, souffrant. Mais alors, il supporte très mal le juif souverain. S'ils acceptaient volontiers la grandeur du survivant, ils refusent la légitimité du ressuscité.
4:12 Emmanuel Evilins avait magnifiquement pensé la responsabilité devant le visage d'autrui. Mais il faut ajouter ceci. Un visage sans corps politique reste exposé à toutes les violences. La morale ne dispense pas un peuple d'avoir des frontières, une armée, des lois, des institutions et une capacité de défense. Et oui, Israël ne dérange pas d'abord par sa taille, nous en sommes convaincus, ni même par sa puissance, il dérange parce qu'il symbolise le retour d'un peuple ancien dans la pleine lumière de l'histoire, enraciné, armé, inventif, tragique, décidé à vivre sans même demander pardon.
4:52 Kana savait que l'apparition d'un espace public est une condition de l'existence politique. Israël a rendu aux juifs cette apparition. Il a fait sortir de la cave de l'histoire pour le replacer sur la scène du monde. Voilà pourquoi l'État hébreu fait trembler l'Occident. Non parce qu'il serait immense, comme je l'ai déjà dit, mais parce qu'il rappelle à l'Occident ce qu'il a oublié lui-même. La souveraineté, la continuité historique, le devoir de transmission, la légitimité de la défense, la volonté de durer. Occident contemporain parle encore des droits de dignité d'humanité, mais il a souvent déjà perdu le sol spirituel historique et politique qui rend ces mots vivants.
5:40 Israël et pour les sociétés des fatigués. Le miroir d'une vigueur perdue dans un monde fasciné par la déconstruction, la repentance et l'effacement, le walkisme, le progressivisme. Cette persistance devient un scandale. L'Occident supporte assez bien les peuples honteux, les nations repentantes, les identités flottantes, ils supportent mal. Une singularité qui persiste, une nation qui se défend, un peuple qui refuse sa dissolution comme c'est le cas chez eux. Israël est trop concret pour les idéologies du vague, trop enraciné pour les prêtres de la déliaison, trop vivant pour les bureaucraties du vide.
6:25 Le philosophe allemand Carles Schmidt avait vu que le politique commence lorsque se pose la question existentielle de la survie d'un peuple. C'est le cas d'Israël qui lui n'a jamais eu le luxe d'oublier cette vérité. Là où l'Europe post historique rêve d'un monde sans ennemis, Israël sait que l'ennemi existe et là où l'Occident administratif transforme la politique en gestion.
6:50 Israël demeure confronté à la décision, au tragique, à la frontière jusqu'au sacrifice. Mais il faut dire aussi l'autre vérité plus douloureuse encore. Si l'État hébreu fait trembler l'Occident, beaucoup de Juifs continuent de trembler eux-mêmes, non par manque d'intelligence ou de valeur, certainement pas, mais par persistance intérieure de l'exil souveraineté politique renait plus vite que la souveraineté de l'âme.
7:16 qui serait des sorties de l'exil géographique comme dirait Rabi Budou Levi au 13e siècle mais tous les juifs ne sont pas sortis de l'exil mental la philosophe Simon Veale l'a écrit sur l'enracinement comme besoin fondamental de l' de l'âme humaine. L'exile prolongé ne déracine pas seulement les corps. installe dans les âmes une inquiétude, une prudence excessive, une crainte de paraître, une honte d'être au soi. Beaucoup vivent encore sous le regard des autres. Il craignent d'être trop visible, trop affirmé, trop juif, trop israélien, trop souverain, comme si la force retrouvait les embarrassés, comme si la dignité armée devait encore demander l'approbation du monde.
8:09 Il y a là, Yedidim, un manque de ner historique. Beaucoup ont tellement appris à survivre dans la tolérance d'autrui qu'ils ne savent plus habiter la liberté comme leur propre droit. Ils acceptent le juif victime, ils hésitent devant le juif souverain. Ils honorent le martyre mais ils se méfient du soldat. Ils aiment l'innocence blessée mais redoutent l'imperfection responsable de celui qui doit gouverner, combat, trancher, assumer. Mardin Bubbert, le philosophe israélien d'original monde peut ici nous éclairer.
8:47 Le juif d'exil fut trop souvent enfermé dans un rapport rublique au monde, dépendant du regard d'autrui, assigné à une présence conditionnelle. L'hébreu lui réapprend face à face. Il ne veulent il ne veut pas seulement être toléré, il veut rencontrer le monde depuis sa propre hauteur. Un peuple qui ne peut pas dire je ne peut pas vraiment rencontrer l'autre. Il ne peut que se justifier devant lui. C'est précisément cela que l'État hébreu a rendu possible. Non seulement sauver des juifs, mais recommencer à produire des Hébreux. L'hébreux, mes amis, ce n'est pas seulement le juif parlant une langue retrouvée aller à l'oupane.
9:26 C'est celui qui cesse de vivre latéralement. C'est celui qui retrouve la face, l'axe, la hauteur. Celui qui bâtit, qui combat, qui invente, qui enseigne, qui enterre ses morts et revient au travail le lendemain. Il ne commande plus seulement l'histoire. Il lapporte car il n'est plus l'objet mais le sujet. Le miracle israélien n'est donc pas seulement militaire, économique ou technologique. Il est d'abord et avant tout anthropologique. Il a permis la réapparition d'un type gang que l'exil avait en partie étouffé et que certains ont voulu effacer.
10:00 Un hébreu fier, enraciné, capable de défendre les siens, de gouverner, de parler sa langue et d'assumer le prix de son existence. La souveraineté a rendu au aux juifs non seulement une terre mais une tenue intérieure. Une tenue intérieure. En Jonas, le philosophe nous rappelle qu'existait ce n'est pas seulement revendiquer les droits, c'est répondre de l'avenir.
10:22 Israël ne peut donc pas se contenter d'être un refuge. Il doit devenir une promesse tenue. Il ne suffit pas que l'État protège les citoyens. Il doit former des âmes hébraïques capables de courage, de pensé, de transmission, d'honneur, de justice et de puissance maîtrisée. C'est pourquoi, mes amis, le combat décisif n'est pas seulement extérieur. Bien au contraire, il consiste aussi à guérir de l'exil intérieur, à cesser de demander pardon pour son propre relèvement, à comprendre que la souveraineté n'est pas une vulgarité historique, mais une condition de la dignité.
10:57 L'hébreu n'est pas la négation du juif. Il est son relèvement historique. Le monde avait besoin du juif comme conscience, mais il refuse l'hébreux comme présence. Il honorait la cendre, il est la résurrection. Mais l'histoire a déjà tranché. Queen ! On ne désarme pas la haine par l'effacement, ne gaide pas le respect en renonçant à sa propre tenue.
11:21 On ne sauve pas un peuple en l'invitant à rester courbé. La véritable nouveauté d'Israël est là. Après 2000 ans de dispersion, les juifs ont retrouvé la possibilité non seulement de survivre, mais de vivre, de vouloir, d'agir, de transmettre et de turer. Et c'est précisément pour cela que tant d'occidentaux frissonnent tandis que tant de juifs hésitent encore parce qu'une résur une résurrection n'est pas seulement un soulagement, elle est une exigence. Elleoblige à quitter les réflexes du tombeau. Ne donnez plus dans l'idéologie de la nécrophilie, de l'amour, de la mort ou de ce qui se meurt.
12:01 Mais versez-vous dans la biophilie, dans l'amour de ce qui vit, car cette nouvelle histoire nous oblise à une chose, se tenir debout. Je vous dis shalom shalom et à très bientôt. [musique] Ah.