0:10 Chers amis, bonjour. On se retrouve sur la chaîne de Tandem TV. Cela faisait bien longtemps. Je voudrais vous parler d'un sujet qui me tient à cœur bien évidemment à savoir comment pouvons-nous au jour d'aujourd'hui comprendre et entendre ce que veut dire être un Hébreu, ce que veut dire revenir à l'hébraïsme, revenir au textes bibliques.
0:39 Nous allons en parler aujourd'hui et dans les semaines à venir, mais commençons d'abord et avant tout par le syndrome qui nous a accompagné durant de millénaires. J'appelle cela le syndrome Youin. upin dans le sens non pas seulement péjoratif du terme employé par les non-juifs, mais aussi par la situation de ressenti qui fut la nôtre dans notre soumission et bien souvent dans notre vilnie.
1:13 J'appelle cela aussi le syndrome de l'exil. non pas une nuance respectable, non pas une sensibilité parmi d'autres, non pas une honorable hésitation morale. J'appelle cela une maladie de l'âme historique. C'est la persistance au cœur même de la souveraineté retrouvée des réflexes d'un peuple qui a trop longtemps vécu à genoux, trop longtemps demander la permission d'exister, trop longtemps appris à survivre sans terre, sans armée, sans visage politique, sans autres ressources que la ruse, la la prudence, l'effacement, la justification, la peur d'être vu, la peur d'être haï, la peur d'être trop vivant.
1:55 Et voici le plus terrible. Cette maladie ne frappe pas un seul camp. Elle traverse les mondes qui se croit ennemi. Elle circule entre l'orthodoxie et le séculier, entre le pieux et l'assimilé, entre celui qui parle au nom du ciel et celui qui parle au nom de l'homme. Il s'invicent, se méprise, se dénonce. Mais au moment décisif, lorsque l'histoire exige non des commentaires, mais du ner non des gémissements mais du courage, non des états d'âme, mais une volonté. Alors là, il retombe parfois dans la mémoire. La peur panique d'assumer la force légitime.
2:42 Les uns ont fait de l'impuissance une vertu religieuse. Les autres ont fait de l'impuissance une élégance morale. Les uns appellent cela pureté, les autres appellent cela humanité. Mais dans les deux cas, mes amis, le résultat peut-être le même. L'homme juif sorti de l'exil continue à parler comme s'il y était encore enfermé. Voilà le scandale à mon homme avis. Car l'ennemi lui n'est pas en exil, il n'est pas dans le doute, il n'est pas dans la nuance. Il n'est pas occupé à scruter son âme pour savoir s'il a le droit de vouloir vivre. Il dit ce qu'il veut, il le répète, le réitère, l'enseigne, il l'écrit, il le chante et le clame.
3:27 Il embrasse comme un programme. Il ne cache ni son désir d'effacement, ni sa jouissance de la destruction. Il ne rougit pas d'appeler au meurtre. Il ne demande pardon ni à la morale ni à l'histoire. Il avance avec la netteté du mal qui s'assume. En face, et bien que voit-on ? et conscience encore occupé à trembler devant leur propre droit à la défense. Des voix qui parlent de retenu comme si la retenue désarmait les massacreurs des âmes qui se croient supérieures parce qu'elles préfèrent la belle innocence verbale à la dure responsabilité de protéger les vivants.
4:11 Viva mon regard des manifestants contre la guerre qui faitent d'ignorer qu'il est des guerres qui ne sont pas choisies mais imposer des guerres qui ne relèvent pas de l'idéologie mais de la nécessité des guerres qui ne sont pas le contraire de la morale. Mais je vais vous dire sa dernière muraille quand le meurtre se fait doctrine, mes amis, qu'on cesse donc de travestir la faiblesse en profondeur, qu'on cesse d'habiller la peur avec les tissus nobles de la soi-disant conscience, qu'on cesse d'appeler paix, ce qui n'est souvent que la vieille terreur de devoir se battre.
4:48 qu'on cesse surtout de faire passer pour grandeur d'âme, ce qui n'est parfois qu'une rechute. La rechute dans la psychologie du suppliant, du toléré, du minoritaire qui espère encore attendrir le bourreau ou le seigneur par sa délicatesse. Il faut oser le dire, mes amis, avec cruauté, une part de ce discours n'est pas noble.
5:14 Il est honteux, honteux d'être fort. Honte d'être armé. Honte de répondre, honte, honte pardon d'avoir un état, honte d'être sorti du getto moral où l'histoire juive était tolérée à condition de souffrir avec élégance. Honte de ne plus être seulement victime, mais sujet. Honte devoir entrer dans la tragédie adulte des peuples réels. Or, mes amis, cet ami est pourri. Cette honte, pardon, est pourrie. Elle corrom l'intelligence, elle fausse la morale, elle paralyse le jugement. inocule dans la conscience nationale un poison plus dangereux parfois que l'ennemi visible parce qu'elle s'infiltre sous les apparences du bien du scrupule de la finesse, de la religion, de la compassion, de l'universel.
6:09 Elle vient dire ou plutôt susurit réfléchis encore. Elle me dit justifie-toi davantage. Elle dit sois plus pur, n'exagère pas ta douleur. Ne frappe pas trop fort, reste présentable. Et pendant ce temps, le mal lui n'augmente pas. Il creuse, il arme, il enrôle, il ensevelit, il recommence. Voilà pourquoi le syndrome de l'exil n'est pas seulement une faiblesse psychologique, c'est une faute devant l'histoire. Car un peuple revenu sur sa terre n'a pas le droit de continuer à penser comme s'il vivait sous permission. Un peuple qui a retrouvé sa langue, son sol, sa souveraineté, ses frontières, son armée, ses morts et ses enfants, il n'a plus le droit de rêver la pureté stérile des consciences sans responsabilité.
7:06 Il se doit de grandir. Il se doit de consentir à la gravité de l'existence nationale. Il se doit de comprendre que la bonté sans défense n'est plus de la bonté, mais une offrande faite au tueur. Il se doit comprendre que la force n'est pas une honte lorsqu'elle protège la vie, mais une obligation.
7:25 Il doit comprendre car cette certaines heures ne pas frapper, c'est laisser frapper les siens. Je le redis, mes amis, cette guerre intérieure contre la souveraineté n'oppose pas seulement des idées, elle oppose deux anthropologies. D'un côté, l'homme de l'exil, habile, tremblant, moraliste, inquiet du regard extérieur, incapable de croire tout à fait à sa propre légitimité, toujours prêt à se justifier avant même d'avoir vécu, toujours disposé à renier sa vérité pour acheter un peu de répis.
8:00 de l'autre, l'homme hébreu, relevé, non pas ivre de force, non pas brutal, non pas idolâtre du pouvoir, mais debout sobre, responsable, lucide, décidé à ne plus confondre la justice avec l'impuissance, ni la compassion avec le suicide, ni la pudeur morale avec le renoncement. Le premier, mes amis, veut encore être absus. Le second sait qu'il lui faut vivre. Le premier espère un certificat de bonté. Le second assume la dureté tragique d'empêcher le meurtre. Le premier parle comme si l'histoire allait récompenser sa délicatesse.
8:48 Vous le savez comme moi, l'histoire est pavée de bonnes intentions. Mais c'est pas seulement l'histoire, c'est l'histoire devenue enfer. Le second, c'est que l'histoire piétine les peuples qui refusent de croire leurs ennemis lorsqu'ils annoncent leurs intentions. Assez, assez donc assez de cette morale d'exil qui demande au menacés d'être plus pur que le meurtrier. Assez de cette spiritualité dévoyée qui redoute davantage la puissance protectrice que la sauvagerie homicide. Assez de cette élégance sépulcrale qui préfère les morts irréprochables aux vivants accusés.
9:22 J'en ai assez de ces consciences fatiguées qui noent fatalité ce qu'elles n'ont plus la force de combattre. Assez de ce judaïsme intérieur qui n'a pas encore compris qu'être revenu dans l'histoire signifie aussi répondre de l'histoire. Alors, je vous le dis, mes amis, ensemble, refusons le fatalisme, refusons la honte, refusons la nostalgie de l'impuissance, refusons de tendre encore la nuque pour paraître innocent.
9:54 Refusons d'enseigner à nos enfants que la plus haute vertu serait de mourir avec une conscience propre plutôt que de vivre avec le poids tragique d'avoir défendu les leurs. Nous voulons une conscience redevenue adulte. Une conscience qui n'adore ni la guerre ni la faiblesse. Une conscience qui sache qu'il existe un temps pour la parole et un temps pour l'acte. Une conscience qui sache que la paix n'est pas le refus de la guerre à tout prix, mais l'ordre dans lequel le meurtre ne décide pas du destin des innocents. Une conscience qui sage que face au mal déclaré, la résistance n'est ni un excès ni un scandale, mais le dernier nom de la dignité.
10:35 Le temps est venu de briser cette vieille chaîne mentale. Le temps est venu de cesser de penser avec l'estomac de l'exil. Le temps est venu de congédier les pédagogues de l'humiliation, les prêtres de l'impuissance, les esthètes de la capitulation, tous ceux qui transforment leur peur en leçon de morale adressée aux vivants. Un peuple ne renaît pas pour recommencer à trembler. Un peuple ne revient pas sur sa terre pour continuer à mendier sa légitimité. Un peuple ne ressuscite pas pour offrir au monde le spectacle raffiné de sa propre inhibition. Non, mes amis, le peuple revient et il revient pour vivre, pour défendre, pour répondre, pour mettre fin enfin à la vieille liturgie de la honte.
11:32 Et que cela plaise ou non. aux consciences exiliques, aux âmes encore fascinées par la faiblesse, aux fidèles de la justification infinie, il faut le dire sans trembler. Nous ne demanderons plus jamais pardon d'exister. Nous ne demanderons plus pardon de nous défendre et nous ne nous laisserons plus comment dire les héritiers intérieur de l'exil saboté au nom de la morale le droit élémentaire des vivants à ne pas se laisser égorger au diable les gens foutraient les mals propres Israël est de nouveau rené sur sa propre terre et comme nous avons l'habitude de lancer ce slogan plein de densité, plein d'entendement et de compréhension au-delà du savoir qui s'y réfère et de la conscience qui s'y attelle à Israël.
12:38 Shalom ! Shalom ! [musique]