La gauche radicale prépare-t-elle le retour du fascisme ? Dans cet édito, Rony Akrich, historiosophe de la Bible, développe une réflexion sur l’évolution de la gauche radicale en Occident et en Israël. Selon lui, l’abandon des idéaux sociaux historiques au profit des politiques identitaires, de l’antisionisme et de certaines formes de militantisme moral ouvrirait la voie à de nouvelles formes de dérives autoritaires.

En s’appuyant sur les travaux et les pensées de Léo Ferré, Karl Marx, Nietzsche, Hannah Arendt, Albert Camus, Raymond Aron, Gershom Scholem, Emmanuel Levinas, Spinoza et David Ben Gourion, Rony Akrich interroge la crise spirituelle de l’Occident, la place d’Israël dans le débat contemporain et les risques qu’il voit peser sur les démocraties.

Cet édito propose une lecture philosophique, historique et politique des transformations idéologiques actuelles, du rapport entre antisionisme et antisémitisme, de l’héritage du sionisme social et des fractures qui traversent aujourd’hui les sociétés occidentales.

00:00 Introduction
00:40 De la gauche sociale à la gauche identitaire
01:52 Marx, Nietzsche et la crise du progressisme
02:54 Antisionisme et retour de l'antisémitisme
03:39 Hannah Arendt, Camus et les dérives idéologiques
04:50 L'Occident face à sa crise spirituelle
05:56 Israël au cœur du conflit des idées
06:50 Le sionisme social selon Ben Gourion
07:28 La gauche israélienne et ses contradictions
08:31 Le « fascisme de gauche » selon Rony Akrich
09:29 Pourquoi Israël est devenu le test de l'Occident
10:32 Conclusion : retrouver la lucidité

M. Rony Akrich, écrivain, essayiste, conférencier et penseur israélien. Il enseigne notamment l’historiosophie biblique, une approche qui étudie les récits et les figures de la Bible comme une réflexion sur l’histoire, la souveraineté, la responsabilité morale et le devenir collectif.
Auteur de nombreux ouvrages en français et en hébreu consacrés à la pensée hébraïque et à la société israélienne, il publie également des chroniques, des analyses et des réflexions philosophiques dans différents médias. Son travail établit un dialogue constant entre les textes bibliques, la philosophie occidentale, l’histoire juive et les interrogations contemporaines d’Israël.
Rony Akrich est également le fondateur de Café Da’at – l’Université populaire gratuite, initiative éducative active notamment à Jérusalem et à Ashdod. Ce projet vise à rendre la connaissance accessible au plus grand nombre, sans condition de diplôme ni frais d’inscription, grâce à des conférences portant sur la philosophie, la Bible, l’histoire, la science, la médecine, la littérature, les arts et les grandes questions de société.
Par son enseignement et son action culturelle, Rony Akrich cherche à faire de la connaissance non pas un privilège académique, mais un instrument d’émancipation, de responsabilité civique et de réflexion collective. Sa conférence de Ticha BeAv au Centre culturel Monart s’inscrivait pleinement dans cette démarche : relire les destructions du passé afin d’en tirer des enseignements concrets pour l’avenir moral et national de la société israélienne.