0:04 Chers amis, bonjour. On se retrouve pour les passions d'un Hébreu. Shalom les couames à tous. Aujourd'hui, je vous propose un éclairage philosophique et éthique sur une figure majeure de la pensée française du 20e siècle, le professeur Vladimir Yankelevic, philosophe de la mémoire, de la responsabilité, du pardon, il fut aussi un témoin aigu de son temps, très lucide et sans concession face à la haine des Juifs sous toutes ses formes.
0:31 Nous allons voir ensemble dans ces quelques minutes comment sa parole raisonne étrangement avec notre époque. Vladimir Kevic est l'un des rares philosophes français du 20e siècle à avoir fait de la morale un combat existentiel et non pas un simple sujet académique. Chez lui la philosophie n'est jamais détachée du réel. Elle vibre dans la la chair blessée de l'histoire dans les abîmes du silence surtout après Aushwitz. dans la tension entre la justice et l'impossible pardon. Lui né en 193 dans une famille juive russe émigrée.
1:12 Il grandit dans une France encore républicaine mais déjà secouée par l'affaire d'Efus. Il incarne cette génération d'intellectuels juifs profondément intégrés à la culture française, mais que la guerre et le régime de Vichine viendront brutalement réveillé à leur altérité essentielle. En 1940, il est déchu de sa chair par les lois raciales. En 1942, il entre en résistance près de Toulouse. Ces épreuves ne feront pas de lui un idéologue, elles feront de lui un philosophe du scrupule et de d'irréductible. La mémoire est comme un devoir éthique et dans son ouvrage essentiel de 1986, l'imprescriptible Yankilevic fait entendre une voix à contre-courant.
2:02 Alors que le pardon est à la mode, que la réconciliation est rigée en impérative politique, il rappelle une chose simple et dérangeante. On ne peut pas pardonner l'impardonnable. Et la joie, dit-il n'est pas une faute qu'on peut racheter. C'est une souillure absolue, une rupture morale que rien ne peut laver. Le pardon, dit-il, n'est pas une amnistie et l'oubli n'est pas une vertu. Chez lui, le souvenir n'est pas un ressassement, c'est une fidélité, une responsabilité morale envers ceux que l'histoire a dévasté. L'éthique ne commence pas dans les systèmes, mais dans la vulnérabilité, la loyauté, l'exigence de justice envers les morts.
2:50 Une fidélité éthique à la judéité sans religiosité chez lui. Yankelevic n'est ni théologien ni penseur religieux. se méfie des dogmes comme des cléricalismes. Pourtant, il se sent profondément lié au peuple juif. Non foi mais par épreuve. Il ne parle pas en théologien, je l'ai dit, je le répète, mais en escapé, en témoin, en homme que l'histoire a placé face à un mal radical.
3:19 Être juif aujourd'hui, c'est porté le soupçon d'un peuple éternellement coupable, écrit-il dans une lettre de5. On vous est parce que vous êtes et cela suffit. Cette phrase ne dit pas seulement la persistance de l'antisémitisme. Elle révèle l'ontologie du soupçon qui pèse sur le juif dans l'imaginaire occidental. Même après la choix, le juif reste celui dont l'existence dérange, irrite, déstabilise. L'antitionnisme est le nouvel habit de l'antisémitisme. Il le comprend dès après la guerre des 6 jours en 1967. C'est dans ce contexte que Yankelevic perçoit à ce moment-là la montée d'un phénomène inquiétant, l'antitionme militant.
4:13 À ses yeux, cette hostilité à Israël n'est pas une simple divergence politique. Elle manifeste une reconfiguration idéologique de l'antisémitisme qui a troqué les dogmes religieux ou raciaux contre les justifications morales et universalistes. L'antitionnisme est une incroyable auè. Il nous donne la permission et même le devoir d'être antisémite au nom de la démocratie. Cette formule n'est pas une provocation. Elle dit de sa part une véritable une vérité brutale dans le monde post-colonial et post. Il est devenu impossible d'assumer une haine du juif cert mais il est devenu un homme voire héroïque de s'attaquer à Israël présenté comme un état raciste, colonial criminel.
4:59 Ainsi la haine perdure sous un autre langage et je vous rappelle nous sommes après 1967. et Yankenevic va plus loin. Ce qui est en cause dans l'antisionisme extrême, ce n'est pas une politique ou un gouvernement, c'est l'existence même de l'État juif. On ne manifeste pas contre la Chine, on ne boycotte pas l'URSS, mais on s'achande sur Israël. Pourquoi ? Parce que c'est le seul état juif. Autrement dit, quand on nie à Israël le droit d'exister, on ne fait plus de la géopolitique, on fait de l'histoire négationniste.
5:40 Pourquoi cette pensée nous parle aujourd'hui ? Autant pourquoi est-ce que j'ai décidé de vous entretenir de cela ? La pensée de Jankelevic conserve une actualité brûlante dans un monde où le langage de la justice est souvent retourné contre ceux qui ont le plus souffert. En Europe, comme dans certaines universités américaines, Israël est devenu le diable, le mal absolu, le démon, le symbole du péché politique, cette espèce de diable utile des idéologies bienpensantes. Et cela nous oblige à vous et à moi, à cette lucidité que Jank Kelevit exigeait de ses lecteurs.
6:24 Il y a presque 50 ans, quand une haine devient acceptable, valorisée, médiatisée, académisée, ce n'est pas une critique, c'est une haine réhabilité. Et lorsqu'elle vise toujours le même peuple, le même état, la même histoire, alors l'antisémitisme ne meurt pas, il se recycle. Il faut résister à l'inversion morale et Jankelevic n'a pas cherché à créer un système philosophique qu'il a tenté de maintenir en éveil la voix de la conscience face aux silences complices du monde. Il nous dit aujourd'hui encore ne cédez pas aux justifications faciles aisées.
7:02 Ne vous laissez pas séduire par les habuves du ressentiment. Le véritable courage moral ce n'est pas de critiquer les puissants à la mode, mais de défendre la mémoire. et la dignité là où elles sont à nouveau menacées. Il me reste à vous dire Tod merci d'avoir écouté cet épisode. Si la pensée de Yankelevit vous interpelle, alors je vous invite très certainement à lire cet ouvrage incroyable, impresceptible et à méditer son appel à une conscience morale active. Alors, je vous dis à très bientôt pour une nouvelle traversée de la pensée critique, certes philosophique mais d'autant plus actuelle.
7:43 Car la philosophie, ce n'est pas l'amour de la sagesse pour l'amour de la sagesse. Elle n'est pas platonique cette philosophie. Elle tend et elle aspire à un devenir de l'homme dans son vécu d'être au présent ici et maintenant. Shalom. Shalom.