0:10 Chers amis, bonjour. On se retrouve pour les passions d'un Hébreux. Je voudrais vous entretenir aujourd'hui d'un sujet qui fait couler beaucoup d'ancre. Y aurait-il véritablement un rapport entre le sionisme et le messianisme ? Alors, allons y voir de plus près. Ce ne sera bien évidemment pas suffisamment exhaustif, mais ça nous donnera une idée du sujet qui me paraît très important parce que figurez-vous les fondateurs de l'État d'Israël du sionisme avaient une fidélité particulière pour l'idée même du messianisme et nous allons le voir.
0:49 Le problème qui fait couler beaucoup d'encre aujourd'hui, c'est comment ce concept, cette idée, cet idéal qui a mené les majues au long de l'histoire et encore jusqu'à aujourd'hui est porté à l'eau propre de certains milieux politiques intellectuels. sionisme tel qu'il fut pensé, formoué et porté par ses perfondateurs n'a jamais pu et ne peut toujours pas être séparé du messianisme. Il ne s'agissait pas pour eux d'une mystique irrationnelle, ni d'une attente miraculeuse suspend suspendue, je dirait, à l'improbable, mais d'un dynamisme historique, d'un souffle prophétique qui donnait au retour d'Israël sur sa terre une signification unique, singulière.
1:43 Réduire le sionisme à un projet technique de colonisation ou à la gestion pragmatique d'un état moderne serait en manqué radicalement. La finalité. Cette tension entre messianisme et histoire, entre promesses et réalisation est au cœur de la pensée et de l'action des fondateurs du mouvement national juif. Et oui, cela nous paraît absolument étonnant et interloquant, mais allons-y. Elle explique pourquoi dès ses origines le sionisme a été porteur d'une double dimension. D'une part, une praxis concrète faite d'achat de terre, de création d'institution et de défense armée, mais d'autre part une aspiration transcendante enracinée dans la Bible et les prophètes, visant à accomplir dans l'histoire ce qui avait été rêvé, annoncé et attendu pendant deux millénaires d'exil.
2:47 Notre premier exemple, David Benorion, premier ministre d'Israël, premier premier ministre d'Israël, ne craignez pas d'affirmer devant ses pères au congrès sionistes de Bal en 1946, le sionisme est la continuation du messianisme juif. Non pas un messianisme de miracle, mais un messianisme qui se réalise dans l'histoire par les actes des hommes. Vous trouverez cela dans les archives de Ben Gourion, le dossier 1634. En 1951, il ajouta la knissette : "Nous ne sommes pas venus ici pour être un peuple comme les autres, mais pour réaliser la vision des prophètes." Ceci est rapporté dans les divré Acnes au volume 9, page 11 123.
3:34 Car oui, pour Benouren, la politique n'était pas rupture avec le prophétisme mais son prolongement. Autre personnage éminent, Berl Cselson, dans son essai tradition et révolution écrit en 1934 exprimait la même intuition. Sans la source messianique qui nourrit le sionisme, il ne reste qu'une coquille vide. La renaissance du peuple n'est pas seulement un programme politique, mais une révolution de l'existence toute entière. Vous trouverez cela dans les écrits de B C Nelson au volume 2 aux éditions de Amoved en 1957 à la page 142. Pour lui, l'entreprise sioniste ne pouvait survivre si elle se réduisait à un projet d'ingénierie politique.
4:17 Elle devait puiser sa sève dans les eaux profondes de la tradition et et de de l'espérance biblique. Autre personnage du sionisme séculier, Benahemouskin, président du Kiren Kayemet les Israël proclamé en 1920 à Londres. Nous ne faisons pas que planter des arbres ou acheter des terres. Nous accomplissons une mission historique, une œuvre de rédemption qui appartient à tout Israël. Ceci a été édité par l'agent juive dans les discours d'Osuskin. Planter un arbre ou bâtir une école n'était pas des gestes neutres. Il prenait place dans la trame prophétique de Jérémie.
5:03 Je les ramènerai dans leur pays que j'ai donné à leur père. Chapitre 16 verset 15. Achadaam, autre père fondateur de l'idée nationale, Ginsberg, il s'appelait, il était des figures du sionisme spirituel. Il écrivait déjà en 1891. Donc ce n'est pas la bonne voix. Le véritable sang de notre renaissance sera spirituel. La terre d'Israël ne saurait suffire à nous offrir un abri matériel. Elle doit revenir, redevenir le foyer de l'esprit du peuple juif. Vous retrouverez tout cela dans les œuvres complètes deadamité aux éditions de Vir en 1947 et ce passage est à la page 45.
5:50 Pour lui, sans cette renaissance de l'esprit, l'État juif risquait d'être une coquille vide incapable de jouer son rôle historique et universel. historique pour lui-même et universel dans sa dimension de devenir. Autre personnage éminent, Aaron David Gordon ou comme nous l'appelons Aève d'Al Gordon dans Travaill et Culture écrit en 1910, la renaissance de notre peuple doit être une renaissance de l'âme.
6:19 Ce n'est pas seulement une question de politique ou d'économie, mais de vie intérieure. Nous sommes appelés à redevenir créateur, à renouveler la source messianique en nous, dit-il. Vous retrouverez cela dans ses écrits dans la la publication de Amoved à la page 27. Chez lui, il avourit la terre, plantait des vides, irrigait des champs. Cela devenait des ailes de liturgie, l'équivalent moderne d'un service divin. Autre personnage dont on ne se serait pas particulièrement attendu de sa part à cela, Martin Bubert, philosophe théologien affirmé dans ses conférences des années 1930.
7:00 Sans l'idée messianique, Israël n'aurait pas survécu. Elle et son souffle vital, son horizon, le fondement de son existence. son existence. La politique sioniste doit rester fidèle à cette dimension, sinon elle dépériera. Vous retrouverez ça cela ces propos là dans les voix de la foi édité par le Mossad Bialic en 1947 et ce passage à la page 211.
7:33 Un tout dernier que beaucoup d'entre vous certainement connaissent, Mosché S. Moses S, le qui est écrit en 1862 dans son célèbre Rome et Jérusalem et cette perspective de sa part. Le judaïsme est par essence messianique. Le retour à Sion ne peut pas être seulement une renaissance nationale. Il doit être la réalisation d'une mission universelle. Incroyable. Celle-ci a été publiée à Lepsig en 1962 et et réédité en 1969 aux éditions Bialiques que vous trouvez en hébreux la page 93. Ce qui frappe, c'est la continuité entre ces paroles modernes et la tradition biblique.
8:12 Le prophète Isaïe annonçait car de Sion on sortira la Torah et de Jérusalem la parole de l'Éternel. Chapitre 2 verset 3. Le prophète Amos proclamait que le droit jaillisse comme les eaux et la justice comme un torrent intarissable. Chapitre 5 verset 24. Jérémie promettait : "Je les ramènerai dans leur pays." Chapitre 16 verset verset 15. Ézéchiel lui aussi. Je mettrai en vous un esprit nouveau. Chapitre 36 verset 26. Le sionisme moderne loin d'être une invention exniilo à partir de rien du néant se comprenait comme la traduction historique de ses visions.
8:55 Les fondateurs lisaient les prophètes non comme des poètes abstraits mais comme des guides politiques. Or aujourd'hui parmi nous le mot messianisme est devenu dans la bouche de la gauche radicale israélienne et de ses relais occidentaux. Une insulte commode. On l'utilise pour disqualifier toute inspiration hébraïque enracinée pour stigmatiser l'attachement au sol, à l'histoire, à la vocation particulière d'Israël. On l'emploie comme synonyme de fanatisme, d'archaïsme, d'extrémisme, d'irrationalité. Ce faisant, on démontre surtout une profonde ignorance.
9:40 Ignorance de la tradition biblique, ignorance de l'histoire juive, ignorance même des écrits des fondateurs du sionisme. Ah l'ignorance ! Ce renversement est révélateur d'un phénomène plus large, le passage de la culture du texte à la culture du slogan. Les pionniers disaient Isaïe en plant des vignes. Il récitait les psaumes en bâtissant des maisons. Il citait Amos en fendant des kiboutimes. Chaque geste, chaque mot, chaque sacrifice était vécu comme une participation à la prophétie, au devenir prophétique.
10:22 En face, nous trouvons la gauche radicale aujourd'hui qui défile avec des crânes rasées, des visages blanchis et des t-shirts noirs couverts de devises simplices contre le mal pour la paix stop au crime des formules vides importées des campus américains européens sans enracinement dans l'histoire hébraïque. L'hébraïsme, voilà un terme complètement ignoré. Ce contraste dit tout. D'un côté la profondeur, la fidélité, la mémoire. Isaïe, Jérémie, Amos, Ben Gourion, K Nelson, Gordon, Bubert, S de l'autre le bruit, l'oubli, l'imitation, l'atrophie intellectuelle, le manque de connexion synaptique dans l'intelligence manquante.
11:13 Ici, la culture du texte qui exige de penser, de lire, de se confronter à la complexité. Là, la culture du slogan qui se contente de répéter des mantras calibrés pour les caméras. Ah non, ce n'est pas une querelle de vocabulaire. Non non, c'est le cœur même de l'identité nationale qui est en jeu.
11:31 Mes amis, lorsqu'un mot comme messianisme qui fut le souffle des fondateurs devient une insulte, cela signifie que l'on a perdu le lien avec ce qui a rendu possible l'existence d'Israël. Alors à vous juifs, à vous Israéliens, à vous les Hébreux d'aujourd'hui, vous n'avez pas le droit d'oublier. Vos pères fondateurs savaient que le sionisme est messianique où il n'est rien. Ils savaient que sans la prophétie, Israël n'est pas un peuple comme les autres, mais une entité vouée à se dissoudre. Il savait que chaque arbre planté, chaque maison construite, chaque champ irrigué était l'accomplissement d'une promesse.
12:16 La question est désormais devant nous tous, devant vous tous. Voulez-vous être l'échâle de slogans importés, les spectateurs de votre propre effacement ou bien les héritiers fidèles des pionniers au visages brûlés par le soleil, aux mains caleuses, aux yeux levés vers Jérusalem ? La vérité, mes amis, est simple et même radicale. Sans messianisme, il n'y a pas de sionisme. Sans culture du texte, il n'y a qu'un peuple perdu dans le bruit. Mais en restant fidèle au prophète, en assumant que notre retour accomplit une vision antique et nous demeurons vivants.
12:54 Nous restons entiers et nous offrons au monde non pas une caricature de modernité, mais la vérité de notre identité. Voilà, j'ai essayé de vous donner un aperçu bien entendu, il faut aller dans les textes. Il faut continuer de puiser dans cette recherche, dans cette quête de savoir, de connaissance pour mieux entendre et mieux comprendre.
13:20 À très bientôt. Shalom. Chalom. [Musique]