0:10 Chers amis, bonjour. On se retrouve pour les passions d'un hébreu depuis d'OD, ce bord de mer derrière moi. On ne va pas parler essentiellement encore d'actualité et d'autres divergences politiques, mais essayer de parler de l'homme, de l'être, de l'humain qui est en nous, de celui qui traverse l'ensemble de ces existences empli de méandre, de turpitude et qui nous demande plus d'une fois et cette interrogation qui a fait l'un des cœurs de la philosophie à savoir le sens de la vie.
0:43 Et il y a dans la vie des silences qui interrogent des ruptures qui ébranlent des matins où rien ne fait vraiment sens. Parfois, sans cri drame, une question silencieuse nous saisit. Pourquoi donc vivre ? Que signifie une vie réussie, pleine, bonne ? Ces interrogations, loin d'être un luxe intellectuel surgissent quand le réel nous demande des comptes. Elles sont peut-être ce qui nous rend pleinement humain, des êtres capables de douter, d'aspirer, de choisir. Camu dans le my cisif le formule lui avec brutalité.
1:20 Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécu, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Autrement dit, la question du sens est préalable à toutes les autres. Elle est le socle, la source, l'origine du besoin de penser, d'agir, mais aussi d'espérer. Cette quête de sens ne prend pas une seule forme. Elle traverse les cultures, les époques, les systèmes de pensées. Ce que je dis vous propose d'explorer cette question à la lumière de trois grandes traditions de sagesse. La philosophie grecque, la tradition juive et la pensée chinoise dont on parle très peu.
2:00 Elles offrent chacune à leur manière des chemins pour comprendre ce que peut vouloir dire vivre une vie pleine de sens. Le sens de la vie comme quête de la vérité chez Socrate, Platon, Aristote. La philosophie grecque que certainement vous connaissez place la recherche de vérité au cœur de l'existence humaine. Socrate est peut-être le premier à avoir fait de cette question une urgence vitale. Lors de son procès dans l'apologie, il affirme "La vie non examinée ne vaut pas la peine d'être vécue. La vie non introspectée. Cette formule aussi simple que radicale montre que vivre sans réfléchir, sans interroger ses choix, ses croyances, ses désirs, c'est vivre comme un automate pour Socrate, le sens de la vie n'est pas donné par les dieux ou par la tradition.
2:52 Il se construit dans le dialogue, l'introspection comme je le disais, la lucidité critique. Son élève Platon va poursuivre cette idée mais y ajouter une dimension métaphysique. Le vrai, le beau, le bien sont les réalités suprêmes vers lesquelles l'âme humaine doit tendre. Le sens de la vie est ici orienté vers une élévation, un arrachement aux apparences sensibles pour contempler l'idée du bien. C'est une quête exigeante tournée vers la vérité comme absolu. Aristote quant à lui, plus enraciné dans l'expérience concrète affirme dans l'éthique anomac que le sens de la vie est de réaliser notre nature propre, celle d'un être rationnel et social. Comment ?
3:38 Bien à travers l'exercice de la vertu. Le but ultime, dit-il est le démonia, un bonheur stable, fruit d'une vie bonne, équilibrée, orienté vers le bien. Dans ces trois pensées, le sens de la vie est une affaire d'accomplissement. accomplissement intérieur de cohérence entre ce que nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous visons.
4:04 La tradition juive quant à elle, vivre sous le signe de la responsabilité et de l'éthique, ainsi la nommerai-je ? Si la pensée grecque cherche l'universel dans la raison, le judaïsme ou plutôt vous me connaissez je dirais l'hébraïsme répond à la même quête par l'expérience éthique et le lien à autrui. Ici la question du sens est indissociable de la relation relation à Dieu, à la loi bien sûr, mais relation au prochain. Le livre de Coellette, ecclésiaste est d'une lucidité presque niiliste et il commence par cette phrase célèbre que tout le monde connaît.
4:45 Vanité les vanité, tout n'est que vanité. Rien ne dure, tout passe. Travail, sagesse, plaisir. Tout semble voué à disparaître. Cette apparente désillusion prépare en réalité une réorientation du regard. Le livre se clos sur une note d'espérance sobre. craint Dieu et observe ses commandements. Autrement dit, le sens n'est pas à chercher dans les résultats visibles mais dans la fidélité à un engagement éthique. Le Talmud lui met au cœur de la vie la valeur infinie de chaque individu. Le traité de Sanrine enseigne, celui qui sauve une vie sauve l'humanité toute entière.
5:25 Dans cette perspective, chaque existence a un poids unique et le sens de ma vie ne se trouve pas en moi seul, mais dans la relation à l'au, dans le devoir de justice. Rambam Maimonide, grand penseur du Moyen-Âge, relie raison et foi en affirmant que la finalité de l'homme est la connaissance de Dieu à travers la science, la morale et la contemplation.
5:50 Son œuvre si géniale, le guide des égarés, nous montre un chemin exigeant. penser clairement agir avec droiture vivre en accord avec l'ordre du monde. Dans cette tradition, le sens de la vie est éthique avant tout. Il ne s'agit pas de réussir sa vie mais de répondre à un appel de vivre sous le signe de la justice et de la responsabilité.
6:14 Passons maintenant, si vous le voulez bien, à la pensée chinoise. Le sens comme harmonie, ainsi l'intituler la philosophie chinoise. Quant à elle, il nous propose un déplacement radical du regard, ni centrer sur l'absolu d'une part, ni sur l'autorité divine d'autre part. Elle nous invite à repenser le sens de la vie à partir de l'harmonie, du mouvement, du non agir conscient. dans le taoïme tel que le développe la dans le dao dejing c'est le le titre du livre la sagesse consiste à suivre ce tao c'est-à-dire en français la voix cette réalité indéfinissable qui structure l'univers.
6:59 Là haut de ce écrit : "L'homme suit la terre, la terre suit le ciel. Le ciel suit le Taao, le Tao suit ce qui est naturel." Le sens de la vie n'est pas à chercher dans une conquête, mais dans une désidentification du moi égoïque, un laisser être. L'idéal n'est pas l'effort surhumain, mais la capacité à s'accorder au rythme du monde, à vivre en fluidité.
7:22 Cela m'a profondément marqué et si cherchait le sens n'était pas toujours s'élever mais parfois s'abandonner avec lucidité. Bonne question. Le confuscianisme de son côté mais l'accent sur la relation humaine, l'ordre social, la culture de soi, le concept de reine, c'est-à-dire l'humanité bienveillance. Et bien ce sujet-là est central. confus cré cultiver sa personne ordonner sa famille gouverner son état pacifier le monde. Ici vous l'entendez bien le sens de la vie passe par une harmonisation progressive entre soi et le monde entre l'intérieur et l'extérieur.
8:02 Il n'est ni mystique ni purement éthique mais relationnel et éducatif. Alors en conclusion je vous dirai qu'il s'agit d'un sens à habiter non à posséder. habiter la vie, non à posséder la vie. Et que que pourrions-nous retenir de ce triple parcours ? déc grec. J'ai appris que le sens de la vie se cherche dans l'accomplissement intérieur, dans l'hébraïsme que le sens se révèle dans la responsabilité envers autrui et la fidélité à une éthique. Dans la Chine ancienne et bien que le sens peut aussi surgir de l'accord avec le monde, de la fluidité, de la simplicité vivante.
8:45 Le sens de la vie n'est pas une réponse ni un objet à trouver. C'est une manière de vivre, de sentir, de penser, d'aimer, de choisir. Il se cherche dans le chemin, non dans la possession. Dans la tradition juive, on parle de alaha, c'est-à-dire la marche. En Chine, on suit le tao, la voix. En grec, le mot éos désigne à manière d'habiter le monde. Tout converge. Le sens est un chemin, pas une destination. Et si finalement vivre avec sens, c'était tout simplement cela. marcher avec conscience, habiter son existence comme une œuvre inachevée, ouverte, libre, mais responsable et peut-être parfois lumineuse.
9:29 Qu'en dites-vous ? Nous avons ainsi, vous et moi, de quoi réfléchir sur le sens de notre vie malgré malgré cette turpitude et les méandres de l'histoire. À très bientôt. Shalom. Shalom. [Musique]