0:13 [Musique] Bonjour à toutes et à tous. Je suis très heureux de vous retrouver sur Tandem TV pour une émission spéciale et je suis aujourd'hui en compagnie de Francine Chapiro. Madame Chapiro, bonjour. Bonjour. Je vous interroge aujourd'hui parce que vous êtes la fondatrice de la galerie Sair qui depuis plus de 40 ans travaille sur la mémoire et la lutte contre l'antisémitisme à travers l'art.
0:36 Francine, racontez-nous tout. Et bien, il y a aujourd'hui 46 ans, 1979, une jeune journaliste travaillant pour la presse juive et spécialisée dans la culture et les chroniques d'art pour la presse juive. l'agence télégraphique juive à l'époque et le journal Larche et un passionné de culture juive, d'histoire juive et d'art également. Mon défunt épouxe Chapira, fondateur de la commission française des archives juives, enseignant de l'art juif à l'Inal ont décidé ensemble de créer un lieu, une galerie dédiée à la culture juive en la présentant de façon vivante dans la vie comme elle existe, en mettant la vie sur la culture vivante et en mouvement dans ces dialogues avec les cultures.
1:34 environnante et sans l'enfermer dans un dans un ghetto culturel, dans un ghetto et c'est ainsi qu' née la galerie Safir ans. Alors la galerie se situe à Paris dans le quartier juif de Paris ou l'ancien quartier juif de Paris, on pourrait dire. Oui, on peut dire les deux puisque le musée d'art et d'histoire du judaïsme dont nous sommes le voisin que nous jons et dont nous sommes séparés par les pierres de soutainement de l'ancienne muraille de Philippe Auguste draine les visiteurs juifs ru de culture et d'histoire juive du monde entier et les amateurs d'art en général euh qu'il soit juifs ou non juif.
2:21 C'est d'ailleurs l'ambition du musée comme celui de la galerie d'ailleurs, d'ouvrir à la culture juive les visiteurs non juif et de la faire connaître. C'est une d'abord le premier moyen de lutter par la connaissance contre l'antisémitisme. Alors effectivement, c'est la lutte à travers le problème de l'ignorance et donc lutter contre l'ignorance pour lutter contre l'antisémitisme.
2:47 Et vous parliez d'art. On parle bien d'art au sens large, à la fois donc des peintures comme on peut les voir derrière vous, mais il y a également des dessins, des gravures de la sculpture. C'est vraiment l'art au sens très large euh que vous proposez dans la galerie. Absolument. Euh l'accent est mis sur la création en général. D'ailleurs, qu'elle soit du passé ou moderne ou contemporaine, ça commence par les objets judaïca. Euh nous nous présentons aussi bien des mains de lecture que des bibles, des des yades, des lampes de Ranoua uniquement ancienne parce que on ne veut pas présenter de copies et ce sont ça a toujours été des idées de cadeaux absolument unique et patrimonial que les juifs du monde entier peuvent se transmettre.
3:43 Donc il y a un facteur transmission qui est très important et on a toujours joint mon mon défin mari étant un grand bibliophile, on a commencé avec une partie de sa collection de livres. On a toujours fait coexisté livre et art en faisant tomber les barrières, ce qui était tout à fait iconoclasse à l'époque où nous avons ouvert la galerie entre les domaines de création et les époques.
4:12 parce que à notre avis tout dialogue et on ne peut pas comprendre la culture contemporaine sans avoir une connaissance à la fois des des cultures environnantes et en même temps de l'histoire juive. Et tout est une question de dialogue, d'ouverture et de compréhension muscuelle. ce qui est vraiment vous parler de lutte contre l'antisémitisme, c'est et ça a toujours été la philosophie de la galerie et c'est fondamental d'une façon générale pour lutter contre l'antisémitisme. Et donc au-delà des de la judaïica, est-ce qu'il y a des thèmes particuliers ou des périodes de l'histoire qui ont été particulièrement représentées dans la galerie à travers des œuvres ou même des expositions ?
5:03 Absolument. Euh on a on a fait des expositions que ce soit dans le cadre des galeries parce qu'on a aussi notre galerie à Dinard en Bretagne en face de Saint-Malot où on essaye le vendredi soir quand nous sommes là. C'est ouvert toute l'année mais pas pendant nous ne sommes pas présents pendant les vacances hors scolaires de faire des quidouches pour permettre aux juifs de passage de se rencontrer.
5:28 Et on a toujours fait des expositions thématiques. Par exemple des expositions sur Jérusalem, Jérusalem célèbre, Jérusalem terrestre qui permettait de montrer à la fois la vision de Jérusalem juive et chrétienne et de les faire dialoguer. Et on a bien sûr, je me souviens d'une exposition qu'on avait même organisé hors les murs à tr la demande de la municipalité autrefois.
5:56 Il reste un catalogue sur la la c'est une interrogation sur l'identité de la de l'art israélien sous forme de point d'interrogation comme je l'ai dit l'art israélien art juif art israélien continuité ou rupture point d'interrogation et ce point d'interrogation est toujours valable oui oui j'allais j'allais vous poser la question si vous ayez une réponse à cette question Euh et bien j'ai toujours le point d'interrogation mais c'est une sorte de va et vien culture diasporique mondiale et les spécificités de la culture israélienne en fonction de l'histoire et tout ça est mouvant et pas du tout figé et la culture est quelque chose de vivant et de mouvant et c'est ce qui fait l'intérêt de de la de la façon dont nous enfin Je pense la façon dont nous voulons présenter la culture juive dans sa mouvance aussi, dans son évolution. Et en ce moment, je dois dire que malheureusement ça se précipite à une vitesse non V grand V. Et euh notre rôle est particulièrement important parce que on se rend compte que la présentation de la culture, les échanges, l'ouverture à l'autre euh sont fondamentaux et euh et donc c'est on peut dire que ce sont les derniers refuges de l'humanisme, de l'expression humaniste. Ah oui.
7:33 C'est ça. Tout à fait effrayant. que nous vivons à l'heure actuelle. Les gens qui viennent, qui découvrent la galerie, est-ce que vous avez le sentiment que ce sont plutôt des professionnels ou des non professionnels et plus des Français ou des touristes ? Euh c'est absolument très ouvert. peut dire que depuis que nous sommes dans le Marais, c'est une très grande ouverture internationale euh d'une part grâce aux retombées de notre travail de plus de 40 ans parce que la galerie a une certaine notoriété et d'autre part grâce au magnifique travail que réalise notre voisin le mage, le musée d'art et d'histoire du judaïsme qui draîne une clientèle internationale de gens qui veulent veulent approfondir leurs connaissances ou au contraire euh se oui approfondir ou connaître.
8:33 Et euh nous nous touchons là vraiment une clientèle internationale avec laquelle nous restons en contact y compris beaucoup d'Israéliens bien sûr qui viennent automatiquement visiter le musée. Bien sûr. Et d'autre part, nous avons depuis la création de la galerie assisté à une à une évolution de la clientèle française parce que nous avons assisté à de nous avons comme visiteurs deux générations les de collectionneurs de de juifs qui deviennent collectionneurs là au tout début de la galerie pendant la première génération j'allais dire nous avons ont eu comme clients et visiteurs des gens c'était au lendemain de la guerre.
9:25 Donc une volonté de reconstruction d'une identité détruite ou éparpillée et notre rôle a été, j'allais dire je pense relativement important. Mon mari a organisé les premières ventes internationales de Judaïica. Je me souviens qu'à l'époque nous trouvions, nous cherchions et nous trouvions des objets juifs par terre au pu, ça n'avait aucune valeur. Et le fait d'avoir organisé des ventes, de donner une valeur marchande, que ce soit au niveau des tableaux, d'ailleurs tableau de l'école de Paris, de peintre qui était et qui sont toujours pas encore reconnus. Il reste encore beaucoup de travail à faire parce qu'en dehors de Chagal, donc vous voyez les œuvres ici et des non connus comme Soutine Modi Guani, il y a beaucoup d'artistes qui ont disparu dans la Shoah et euh où les les malheurs de du destin ont fait que personne n'a pu soutenir leurs souvenirs et qui étaient de grands artistes qui méritent d'être reconnus.
10:40 Il y a maintenant un travail de chercheur qui est très important et c'est un peu notre rôle de les faire découvrir. Et donc euh cette génération pour en revenir à ce que je vous disais était assoiffé de reconstitution d'un patrimoine détruit, d'un patrimoine dispersé. Et le fait d'avoir donné une valeur marchande à cette culture a fait à ses objets euh à ses témoignages de la vie d'avant euh a donné à fait ressortir beaucoup d'œuvres qui étaient ou détruites ou euh ou complètement euh oublié oublié et ça a donné un nouveau souffle et on a assisté à une génération de collectionneurs de grands collectionneurs passionnés.
11:32 Donc certains ont choisi de terminer leur jour en Israël et euh et le et voilà. Et donc cette génération malheureusement est en train de disparaître et leurs enfants par contre que comme la plupart certains ont repris si vous voulez le la passion de leur et la volonté de leurs parents. D'autres ont voulu reconstruire quelque chose à eux comme beaucoup de jeunes qui veulent se démarquer et affirmer leur voilà leur propre identité. Donc davantage s'intégrer à la création contemporaine en général et sont devenus de grands collectionneurs d'art modernes en général.
12:25 Et c'est la raison pour laquelle aussi la galerie a évolué en montrant toujours le dialogue entre les créateurs non juifs du monde entier en montrant on a organisé des expositions sur le thème de l'exil ou du combat des combats plasticiens avec l'aide de d'historien d'historiennes de l'art comme Delphine Durant qui vient d'écrire un livre sur Serge Kantorovitz dont les parents ont disparu pendant les Allachoa et qui s'est reconstruit grâce à l'art.
13:04 Et euh c'est là que nous continuons à à jouer un rôle toujours actif mais renouvelé dans la création moderne et contemporaine en faisant dialoguer les œuvres de différents continents de tous les horizons. Et c'est le thème de notre exposition actuelle que nous avons appelé en puisque nous sommes à Paris et que Paris a jouer un rôle fondamental dans la lutte contre l'antisémitisme puisque'en ce moment a lieu à côté de chez nous l'exposition sur l'affaire de réfus bien sûr qui est vraiment d'une actualité brûlante.
13:43 dans l'affaire de RFUS, on l'a toujours présenté à travers des témoignages anciens, livres, gravure, euh aussi tableaux et en même temps, on l'a appelé pour le vous parler de notre combat contemporain qui a Paris capital monde en montrant les créations, les dialogues entre des artistes venus comme je vous l'ai dit de de tous les continents de Cuba pour Vfredolam de euh de Roberto Mata.
14:17 Euh la France bien sûr représentée par Matis, enfin je parle des noms très connus, Batisin, Chagal bien sûr et puis des artistes de l'école de Paris moins connus comme Zigmund Schretter, comme Ben Zilbert qui était le l'américain de l'école de Paris et autour duquel nous allons préparer de nouvelles expositions. On a reçu des il a des œuvres dans plusieurs musées américains. Il venait de Russie et il avait été prise en main avant guerre par le grand marchand de l'école de Paris, Paul Guillaume. Et il a fini sa vie aux États-Unis. il a voyagé à travers le monde et lui-même est un exemple du dialogue interculturel qui est, je pense, à la fois propre au judaïsme et à Israël, si je pense qu'on peut décrire une nouvelle identité artistique et culturelle israélienne.
15:23 C'est ce dialogue serait peut-être au centre de son évolution actuelle. Ouais, tout à fait. Francine Chapiero, merci beaucoup. C'était un un plaisir d'échanger avec vous et tout le travail que fait la galerie Saphir à travers la mémoire, la lutte contre l'antisémitisme et j'en profite pour reprendre vos mots pour vous inviter tous à aller voir cette très belle exposition hommage concernant l'affaire de RFUS actuellement à Paris.
15:48 Francine Chapiero, merci beaucoup d'avoir été galerie et visiter la galerie qui est ouverte jusqu juillet et qui rouvrira le 1er septembre. Tout à fait avec le le en participant comme tous les ans aux journées européennes de la culture et du patrimoine juif. Merci pour ces précisions et merci beaucoup d'avoir été avec nous sur Tandem TV. À très bientôt. Merci beaucoup. Au revoir. Au revoir. [Musique]