0:13 Dov Maimon, bonjour. Oui, bonjour, cher ami, bonjour, chers auditeurs, bonjour Tandem. Merci d'être avec nous sur Tandem TV. Alors, certains s'inquiètent des chiffres qui sont sortis dernièrement sur le nombre d'Israéliens qui ont quitté le pays. Est-ce qu'on parle d'une vague? Est-ce qu'on parle d'un phénomène nouveau? On a besoin de vos lumières pour comprendre et analyser ces chiffres.
0:35 Est-ce que c'est une nouveauté ou est-ce que c'est vraiment une tendance, ces départs d'Israéliens? D'abord, il y a des chiffres qui ont augmenté depuis 2022, en 2023 d'abord, puis ensuite dans 2024, 2025, 2026. On a plus d'Israéliens qu'avant et c'est une courbe qui est montée et qui doit nous inquiéter. Elle doit d'abord nous inquiéter parce que chaque Juif qui quitte Israël, on sait que 95% de leurs enfants se marient avec des non-Juifs et en général, leurs petits-enfants ne sont pas Juifs.
1:03 C'est des chiffres qu'on connaît, c'est des chiffres qui sont validés à peu près partout. Il peut y avoir des exceptions. Les Juifs de l'Ebraque vont s'installer à Strasbourg, il y en a plus d'une centaine. Ceux-là, ils blanquent, leurs petits-enfants seront encore Juifs, peut-être encore à Strasbourg. Mais d'une manière générale, ceux qui font leur relation, les gens qui ont un tropisme plutôt Juif, qui ont envie de renforcer leur identité Juive et qui se sentent très très Juifs, qui ont envie de pouvoir avoir plus de cohérence interne, d'être plus alignés avec leurs valeurs.
1:36 Et ceux qui quittent, en général, c'est les gens pour qui le judaïsme et le sionisme ne sont pas des valeurs très importantes pour eux. C'est ça comme Bonjour. Donc il y a une vraie différence entre ce qu'on pourrait appeler les laïcs et les religieux. Vous êtes directeur de recherche, je le rappelle, à l'Institut Politique de Jérusalem.
1:55 On a l'impression que le 7 octobre a marqué un tournant. Est-ce que cette impression est vraie ou pas dans la vague de départ ? Le mouvement avait commencé en 2022, ça veut dire avec la réforme judiciaire. Donc si on va reprendre les grands mouvements, le grand mouvement, ce qui se passe, c'est que ceux qui s'en vont, c'est d'une part parce que le coût de la vie est cher et deuxièmement qu'ils ne voient pas d'horizon à leur vie.
2:21 Ces gens-là ont l'impression que l'horizon est bouché. Alors, on a plusieurs indicateurs qui nous disent, on n'a pas de syndicat des gens qui s'en vont. C'est un peu comme le syndicat des GIG qui veulent s'assimiler et on n'en a pas. Donc c'est toujours un peu compliqué, mais on a quelques chiffres. On a les chiffres des impôts, on a les chiffres des différents instituts de statistiques israéliens qui nous disent que ces gens qui s'en vont sont des gens qui sont laïcs en général.
2:48 C'est des gens pour qui, justement, ils ont l'impression que quelque chose est en train de se passer dans ce pays qui n'est pas à leur goût. Alors nous, ce qu'on a fait au JPPI, le centre de recherche pour lequel je travaille, le Jewish People Policy Institute, où on fait des sondages en permanence.
3:03 On a une base de données, un panel comme ça de 10 000 Israéliens, 10 000 Juifs aussi aux États-Unis. Et on leur demande des questions en permanence qui nous permettent d'avoir énormément de data. C'est beaucoup quand on a 10 000 Israéliens qui sont représentatifs. On les sait parce que c'est coupé avec les instituts de statistiques israéliens.
3:22 Donc on demande aux gens, est-ce que parmi vos amis proches, vous avez des gens qui ont quitté le pays ou qui envisagent de partir ? Oui, il y a cette notion d'intention. Les intentions. Et là, on voit qu'il y a quelque chose de particulier. Je sais que chez les ultra-orthodoxes et chez les sionistes religieux, personne ne connaît des gens qui partent.
3:40 Très peu. Et par contre, chez les laïcs, de tels à vivre notamment, ceux-là, ils en connaissent beaucoup autour d'eux. Donc en fait, c'est comme ça qu'on peut savoir un peu quand on dit parmi tes quatre meilleurs amis combien il y en a qui font telle ou telle chose, c'est plus que dire sur soi-même.
3:55 Et c'est plus facile, les gens vont vous dire, vont donner une information, même si on doit prendre évidemment un coefficient, de savoir qu'on est en train d'avoir une intention et c'est un témoignage, ce n'est pas une valeur statistique. Alors c'est là qu'on s'aperçoit que plus les gens... En Israël, il y a une corrélation entre le fait d'être à droite et le fait d'être religieux.
4:14 Ça veut pas dire que tous les religieux sont à droite et plus on est religieux, plus on est à droite, ni que plus on est à gauche et plus on est laïque. Mais statistiquement, c'est quand même comme ça que ça se passe. Donc en général, il y a une adéquation entre le degré de religiosité et le degré de droitisation.
4:32 C'est comme ça. Donc on a quelque chose qui est presque prédictif et on s'aperçoit que ceux qui s'en vont sont les gens pour qui l'identité juive est moins importante que d'autres valeurs, comme l'accomplissement de soi. Comme par exemple le fait. Alors quel est le grand problème ? Et là, je vais mettre directement les pieds dans le plat.
4:47 En fait, il y a des gens qui se disent qu'on a une démographie galopante de la population hulcroite d'Aux-Saint-Israël. D'ici 15 ans, 20 ans, ils doublent tous les 15 ans, comme chacun sait. Et ils étaient 3% dans les années 80-90. Ils sont aujourd'hui 13%. Ils seront dans 15 ans, 26%. Et tout à coup, si ça continue avec une population qui est en déficit, ils reçoivent plus d'argent que ce qu'ils donnent au niveau objectif, en tout cas au niveau rationnel.
5:15 Alors ces populations-là vont coûter très cher. Il va falloir payer presque 20 à 30% de plus dans nos impôts pour soutenir ces populations. Pas parce qu'elles qu'on se passe, qu'on leur donne forcément de l'argent personnellement, mais parce qu'il y a des coûts pour les routes, il y a des coûts pour l'école, il y a des coûts pour les différents ministères, pour la santé.
5:33 Et c'est comme ces gens-là nous contribuent très très peu, et comme ces gens-là contribuent très très peu, finalement ça coûte au budget. Et on risque de se retrouver un pays du tiers monde. Voilà, ça c'est le grand projet. Ces familles-là dont on parle, elles font 7-8 enfants en moyenne, c'est ça ? Voilà, il y a une grande population, grâce à Dieu.
5:50 Et donc ces populations-là qui contribuent moins économiquement au pays, en tout cas d'après ce qui semblerait, parce que si on considère quelque chose de beaucoup plus large, elles contribuent d'abord au niveau de la cohésion sociale, de l'identité du pays, elles contribuent à différentes manières. Mais si on veut regarder simplement, objectivement, l'économie, 80% des juifs laïcs en Israël considèrent que les ultra-orthodoxes sont des gens qui ne contribuent pas beaucoup au pays.
6:17 Par contre, chez les ultra-orthodoxes, 80% considèrent qu'eux, ils contribuent plus que les autres au pays. Bien sûr. Donc c'est un discours de sourds. Donc on a un petit dialogue de sourds entre les deux parties d'Israël. On peut aussi considérer, si on regarde d'une méta-physique, que le gaz israélien, par exemple, rapporte plus que la hi-tech israélienne et que c'est grâce au gaz israélien, peut-être que c'est justement la bénédiction divine que tout à coup...
6:41 On a trouvé du gaz, vous comprenez ? Donc, est-ce que vous savez comment ça marche ? C'est très compliqué, l'économie divine. Donc là-dessus, c'est des équations qu'on ne connaît pas bien chez les ingénieurs. Donc c'est des équations avec des inconnus qui sont liées à l'infini et qui nous disent que tout à coup, quelqu'un qui va étudier la Torah, peut-être qui fait que le pays, tout à coup, va avoir une bénédiction divine.
7:00 Et c'est pour ça que celui qui va travailler dans la hi-tech va pouvoir vendre sa société à la hi-tech. Donc, les gens n'utilisent pas forcément les mêmes algorithmes et donc ils ne sont pas forcément d'accord les uns avec les autres, même s'ils sont d'accord sur beaucoup de choses. Donc toujours est-il. Ceux qui s'en vont sont souvent des gens laïques et c'est souvent des gens aussi.
7:21 Et ça, c'est nouveau. On a des gens qui sont avec un revenu supérieur à la moyenne. C'est ce que nous dit le ministère de l'économie. Les métiers, est-ce qu'on a des précisions sur les métiers représentés qui partent ? Alors voilà, on a des précisions sur qu'il y a beaucoup de docteurs, de médecins et beaucoup d'ingénieurs.
7:40 Donc, c'est un vrai problème. On sait que dans le monde entier, on manque plus d'hommes qu'un million de médecins. Donc, si vous êtes médecin, vous voulez aller vivre à Oklahoma, vous allez trouver simplement un endroit où vous pouvez gagner dix fois plus que ce que vous gagnez en Israël. Alors si en plus de ça, c'est très facile, c'est des gens qui vont partir, ce sont des gens qui maîtrisent l'anglais en général, maîtrisent d'autres langues étrangères qui ont des diplômes qui eux peuvent pouvoir partir parce que pour partir, il faut quand même avoir des compétences qui sont capables...
8:10 Et plutôt jeunes. Voilà, mais ce qui est nouveau aussi, c'est qu'on avait ça, on ne l'avait pas avant, c'est entre les gens de 40 et 50 ans. Tout à coup, on a une nouvelle population de gens qui disent nos enfants relativement grandissent et nous, on ne voit pas nos enfants et nos petits-enfants grandir ici.
8:25 Plus qu'on a dit, on va devenir... Si on devient un pays orthodoxe, ultra-orthodoxe, il y a un livre qui est sorti qui s'appelle « Keshéach haredi ni yurov », quand les ultra-orthodoxes seront la majorité d'Israël. Et là, c'est le calvaire de beaucoup d'Israéliens, qui se disent, ces gens-là seront la majorité. Si on veut rester un pays démocratique, quand on leur laisse le pouvoir, ils vont nous transformer ce pays en une théocratie, un pays où tout à coup, le pouvoir sera aux mains des rabbins.
8:53 Et donc, ce sera un pays absolument invivable pour nous. Et plus ça va aller, on va voir que ce sont des gens qui nous prennent comme un boulet. Et ce boulet-là, nous, on n'a pas envie de vivre ici. Le projet sur lequel on s'est associé et qu'on a voulu rentrer dans ce pays du revenir sur notre terre, devenir un peuple souverain, n'était pas pour qu'on devienne un pays du tiers-monde.
9:11 Et si on devient un pays du tiers-monde et connequement, on ne pourra pas être un pays du premier monde pour la guerre économique et pour la guerre militaire. Et donc, on se retrouve avec une population où on voit que le projet sioniste a l'air de fâner. Et là, on s'en sortira pas. Donc, ça, c'est la logique qu'on peut critiquer de pas mal de gens qui se disent, de toute façon, le pays va de mal en pis, on va devoir partir.
9:33 On commence tout ce temps en mettant les pieds dans le plat. Il y a des gens qui se disent, le pays est inible, que le dernier éteigne la lumière. Moi, de toute façon, je sauve ma peau. Je sauve mes enfants. Et je vais m'installer là-bas dans l'Oklahoma ou en Irlande ou alors je vais m'installer dans le nord de l'Italie.
9:50 C'est tellement beau là-bas. C'est tellement merveilleux. Et je vais vivre le paradis en Suisse ou en Italie ou en Irlande ou alors en Afrique du Sud. Alors, évidemment, il y a une question que j'ai envie de vous poser. Est-ce qu'il faut s'inquiéter aujourd'hui de cette vague de départ ? Alors, pour l'instant, d'abord, il y a plusieurs choses qu'il faut savoir sur quel est le profil des gens qui s'en vont.
10:12 Alors, le profil des gens qui s'en vont, d'abord, on en a parlé une fois ici un tout petit peu, c'est que d'abord, plus de 50 % ou 49 %, plus précisément, sont des gens qui ne sont pas nés en Israël, qui sont des immigrants souvent récents, qui sont souvent des pays qui venaient des pays post-soviétiques, même s'ils contribuent au pays.
10:30 Et pour qui l'identité était... Venir en Israël était un peu une opportunité. Alors, quand tout à coup, ils ont pris des scudes et des missiles sur la tête, surtout les gens qui sont arrivés d'Ukraine depuis 2022, depuis l'invasion russe en février 2022, et bien, ces gens-là sont partis, donc beaucoup de gens parmi là.
10:48 Et on a 39 % des gens qui partent, et 50 % tout, si on compte les Arabes aussi, qui sont des gens qui ne sont pas juifs d'après là à là. C'est-à-dire qu'ils ont peut-être un grand-père juif, ou un grand-père part du conjoint qui est juif, ça leur suffit pour entrer dans le cas de la loi du retour.
11:06 Ces gens-là sont venus d'Ukraine parce qu'ils fuyaient la guerre et ils sont arrivés ici. Et finalement, ils en vont. Donc ça, c'est une grande partie, à moins 50 % qu'ils ne sont pas juifs, enfin pas juifs d'après là à là, en tout cas, qui sont sans pas se sentir, ils ne se sentent pas suffisamment attachés à ce pays.
11:21 Et ça veut dire aussi que les 50 autres % qui restent dans ce pays, eux par contre, même s'ils sont d'après là à là, parmi les 600, 700 000 personnes qui ne sont pas d'après là à là, juifs, eux qui s'engagent dans les unités d'élite, qui s'engagent dans la high-tech et qui s'engagent, qui ont été le plus grand miracle d'Israël, c'est l'arrivée des juifs soviétiques.
11:38 C'est un miracle incroyable qui aurait cru, si le miracle déjà, l'Alya est un miracle, c'est écrit d'ailleurs dans la prière tous les jours, on le dit trois fois par jour, Nes Kibbutz Galyotene, le miracle du rassemblement des exilés. En fait, ça veut dire lever l'étendard des exilés, mais le mot Nes veut dire à la fois l'étendard, il veut dire aussi le miracle.
12:01 Et en vérité, c'est un miracle qu'un peuple puisse revenir sur sa terre après 2000 ans et créer ici un pays démocratique qui réussit socialement et qui n'est pas devenu, comme dans beaucoup d'autres pays dans le monde, tous ces pays qui ont pris leur indépendance, ils sont devenus finalement des systèmes totalitaires. Donc on est resté un système à la fois démocratique qui réussit socialement, qui réussit économiquement.
12:21 Alors il y a des gens qui en tout cas qui s'en vont parce qu'ils ne se sentent pas vraiment à l'aise, ils ont l'impression que leur avenir est bouché. Donc ce n'est pas seulement au niveau du coût de la vie, c'est essentiel. Et si on veut changer quelque chose pour éviter, autant éviter le départ des Israéliens qui quittent qu'éviter et augmenter le nombre d'olimes d'immigrants qui vont arriver des pays développés comme ceux de France, d'Angleterre, des États-Unis, d'Afrique du Sud, etc.
12:49 Là, il va falloir diminuer le coût de la vie, digouner le coût de l'argent. Tout ça, c'est possible, c'est des décisions politiques. C'est très intéressant parce qu'autant sur la question de la sécurité, c'est quelque chose que le gouvernement peut avoir du mal à mettre en place, autant le coût de la vie, il a la main.
13:05 Et quand on sait que c'est le premier frein pour les olimes pour venir et que c'est la première raison de départ des Israéliens, on se dit qu'il y a une vraie question et un vrai enjeu qui peut-être là va enfin arriver dans les élections prochainement sur cette difficulté et ce coût de la vie en Israël.
13:21 On ne voit pas beaucoup de gens qui en parlent. Bénette en parle de temps en temps. Les autres n'en parlent pas beaucoup. Ils doivent avoir leur propre sondage ou alors ils pensent que ça ne va pas changer. C'est dommage parce qu'on a besoin d'une nouvelle équipe qui justement ne sera plus, qui va casser ses oligopoles, qui va casser ses monopoles, qui va ouvrir le marché et diminuer le coût de la vie.
13:41 Et c'est totalement possible. Construire énormément, il suffit de construire. Pour diminuer le prix du logement, il faut construire plus d'appartements. C'est une question d'offre et de demande. Donc, tout ça, c'est des choses qui ne sont pas très compliquées à faire. Et plus que plus de 60% du coût d'un appartement, c'est des taxes de l'État.
13:58 Donc, en vérité, c'est juste une question politique. On veut réussir à diminuer le coût de la vie. Et là, on aura beaucoup de personnes qui vont rester dans ce pays et beaucoup de gens qui rêvent de venir et qui ne peuvent pas le faire aujourd'hui. Et ça, c'est pour ça qu'il faut changer le gouvernement.
14:14 Parce que pour l'instant, le gouvernement, en tout cas depuis ces 15 dernières années, il n'a pas pris de mesure, à part la petite période où Bénette était au pouvoir, pour essayer de casser ce genre de choses. Et là, il faut que ce soit une nouvelle équipe qui change. Je ne suis pas contre M. M. Javontagnou, qui est, pour l'instant, on ne voit pas tellement qui peut le remplacer.
14:33 Je vais vous dire de manière très simple, puisque cette question revient souvent sur la politique. Je n'ai pas d'avis sur la politique. Je m'occupe que d'Alien et des juges qui peuvent venir en Israël et qui doivent sauver leur poste. Ils sont dans un pays engangé. Et la France est en Belgique, malheureusement. Ils sont des pays où ils pourraient avoir des risques de pogrom.
14:49 Donc, c'est pour ça que j'en parle. Mais par contre, M. Netanyahou n'a jamais fait grand-chose pour les olim. Il n'a jamais mis en place comme ce qu'il a fait pour les Éthiopiens, pour les Russes. Il n'a pas fait pour les Français des choses pour les accueillir, pour les aider à arriver en Israël.
15:04 Il n'a jamais eu un plan très courageux pour cela. Et c'est seulement Bennett qui a fait quelque chose. Mais par contre, si on regarde, qu'est-ce qui va se passer ? La seule chose qu'on peut dire pour Netanyahou et qui est importante à savoir, c'est que par rapport aux autres candidats que nous avons actuellement, je veux dire Eisenkot, Lapid et Bennett, notamment, et Gantz, lui, c'est le seul qui a résisté à la pression américaine.
15:29 Il va y avoir des pressions américaines sur ce qui est le plan de Gaza de Donald Trump aujourd'hui. Il faut avoir le courage de s'opposer à la puissance américaine, puissance à Donald Trump ou demain quelqu'un d'autre. Et ça, le seul qui a fait des preuves, qui a des preuves, qui a fait contre Obama, qui a fait contre Biden, qui l'a fait contre Trump, c'est Netanyahou.
15:47 Donc si on a quelque chose où on a quelqu'un qui a déjà eu, parce qu'il a été en situation et qu'il a prouvé cette capacité, c'est Netanyahou. Pour le reste, je dis clairement, Netanyahou n'a pratiquement rien fait pour les olim. Il n'a pas fait de plan courageux. Il aurait pu faire des plans où il aurait donné des choses qui pourraient ouvrir les portes aux olim, notamment aux olim de France.
16:07 Et la raison pour laquelle il ne fait pas grand chose pour les olim de France, alors qu'il y en a autant que les Éthiopiens et qu'il a eu des ministres éthiopiens, et il y a toujours au moins un ou deux membres de la Knesset qui sont éthiopiens, c'est que les Français, malheureusement, sont des fanatiques de Netanyahou.
16:22 Ils sont des groupies de Netanyahou, ils ont une fonction narcissique par rapport à eux. Et comme il les a de toute façon dans sa poche, c'est comme ça que ça marche la politique. Quand on a des gens qui de toute façon vont voter pour vous, alors vous n'allez pas faire d'efforts pour eux et vous allez mettre vos pétettes sur d'autres populations.
16:38 Et un dernier mot avant qu'on se quitte, on en parlait avant, c'est la situation des Israéliens qui sont à l'étranger. À titre personnel, je suis convaincu qu'il y aura énormément de retours parce qu'ils vont découvrir trois choses qui n'existent pas ou très peu en Israël, qui sont l'antisémitisme, la sécurité, le soi et le mot solidarité.
17:05 Et ces trois piliers qui en découvrent les inconvénients à l'étranger, je pense notamment à ces milliers de Juifs qui sont partis depuis trois ans au Canada, alors qu'il y a une explosion de violence et d'antisémitisme et que l'année dernière, on a recensé 6 800 actes antisémites au Canada. Tout à fait. Jérôme, vous avez tout à fait raison de rappeler tout ça parce que les gens savent quand on quitte quelque chose, on a l'impression que le gazon en face est beaucoup plus vert que votre écran.
17:34 Mais en fait, quand on arrive là-bas, on s'aperçoit qu'en Israël, on est peut-être un petit peuple, mais on est une grande famille, que les femmes peuvent sortir à deux heures du matin avec leur bébé dans une poussette sans avoir vraiment peur, en tout cas dans 99% des endroits d'Israël. On sait qu'on a ici une qualité de la vie, on a une socialité.
17:52 Les gens partent aux Etats-Unis, et au bout de 10 ans, ils finissent par comprendre qu'en fait, ils sont seuls, ils n'ont pas d'amis qui ne sont pas des vrais amis. Alors qu'en Israël, on a une relation, un peu comme chez les Français, extrêmement fusionnelle, très proche. Les gens vous racontent tout ce qu'ils ont.
18:04 On peut être complètement soi-même. Donc les gens ne se rendent pas compte au début. Ils ont l'impression qu'on vit mieux, on oublie notre judaïsme, on met notre judaïsme de côté, on va vivre une vie qui sera déjudaïsée. Mais le plus important, c'est que mes enfants soient des bonnes conditions, une coute de la vie un peu moins chère.
18:20 On l'a vu pour les Juifs qui sont partis à Berlin. L'immense majorité, on a très très peu de Juifs qui sont restés longtemps en Allemagne aujourd'hui. L'immense majorité revient. Et face à l'antisémitisme qui n'a pas l'air, on a au début seulement de la phase, la vague d'antisémitisme qui s'annonce, et bien il est très posé que ces gens-là vont finir par contrer.
18:39 Ou alors ceux qui vont rester, c'est ceux pour lesquels le judaïsme était si peu important qu'ils vont être prêts à cacher leur identité. On voit déjà, les Israéliens, sont obligés de parler en anglais entre eux, de cacher le fait qu'ils sont Juifs. Ils vivent une vie où ils sont obligés de cacher et ne pas dire qui ils sont.
18:54 Enfin, ils vivent comme un Jules de Diaspora qui est obligé de cacher et de maraniser. Est-ce qu'on a envie vraiment de vivre ce genre de choses ? Pour les gens qui, comme nous, sont nés à l'étranger et qui ont vécu cette vie-là ailleurs, quand on vient en Israël, on sait quel est l'avantage.
19:09 La chance qu'on a, on perd tellement moins d'énergie à gaspiller, et qu'on a peu faire notre coming out. On peut être soi-même, que ce soit nos identités religieuses ou sexuelles ou minoritaires d'une autre manière. On peut être soi-même et que ça coûtera ce que ça coûtera. Mais au moins, on reste debout. On n'a pas besoin de se cacher.
19:29 On n'a pas besoin d'éviter de parler de tel sujet, de ne pas avoir des gens qui, tout à coup, le 8 octobre ne pouvaient plus parler avec leurs voisins et qu'ils ne peuvent pas dire qu'est-ce qu'on est d'accord de ce qui se passe en Israël et qu'on pense qu'Israël est dans la justice et fait ce qui est le bien dans le monde et qu'on bat les ennemis du monde.
19:46 Le prix est tellement cher qu'on va voir ce qui va se passer. Toujours est-il qu'on a des gens qui partent. Je vais donner un dernier chic pour ceux qui ne connaissent pas. C'est le chic que m'avait donné Ophir Sopher, le ministre de l'Alya que je dois voir demain matin d'ailleurs, et qui disait qu'on a fait venir 300 médecins avec un nouveau programme israélien.
20:06 Il y en a 150 médecins israéliens cette dernière année et 150 médecins israéliens qui sont partis. Donc c'est 150 israéliens qu'on a pris. C'est vrai qu'il y a une partie beaucoup d'arabes parmi eux, mais qui sont appris leurs études en Israël et qui finalement quittent le pays. Alors on se dit, est-ce qu'on ne ferait pas faire des efforts pour retenir ceux qui ont fini leurs études ?
20:26 Eh bien on ne peut pas toujours retenir les gens. Ceux qui partent, c'est ceux qui pensent que finalement ils préfèrent partir aux États-Unis. Et puis dernière chose dont je ne voudrais pas éviter que tout le monde comprenne, le CBS, le centre, le LAMAS, l'Ishka Amercasie des Statisticas a changé sa formule pour compter combien de personnes qui partent.
20:43 Avant c'était 9 moins et en 2025 il a changé à 3 mois. Alors évidemment partir pour 3 mois, c'est pas pareil que partir pour 9 mois. Et donc ils ont augmenté leurs chiffres. Peut-être que c'est des intentions politiques, peut-être que c'est des intentions simplement, bah ils l'ont changé, ils en ont pas beaucoup parlé.
20:59 Toujours est-il, ça fait les choux gras de toutes sortes de gens qui ont envie de dire que le pays ne fonctionne plus, que Nathanieu n'a pas réussi face au Hamas, Nathanieu n'a pas réussi face au Chris Banin, n'a pas réussi face à l'Iran, s'entend mal avec M. Donald Trump, s'entend mal avec M. Emmanuel Macron.
21:14 Nous, t'es pourri dans ce pays, il faut changer le gouvernement, on est en pleine période électorale, donc c'est des chiffres extrêmement délicats, extrêmement politiques. Ce qu'on sait, nous, c'est que on a peu à voir 25 000 personnes qui partent d'Israël, et bah c'est pas très grave, on a 200 000 naissances, grâce à Dieu, et ça va probablement encore augmenter.
21:32 On s'attend à une vague de plusieurs centaines de milliers de juifs qui vont arriver de Diaspora prochaines années. La même chose qu'on a eue, c'était en 1974, l'année juste après la guerre de Kipour. Là, il y a eu la plus grande vague de Yérida, c'est-à-dire de gens qui ont quitté le pays, c'était en 1974.
21:49 Ce qu'on peut dire, c'est que quand on interroge ces gens-là, ils regrettent leurs décisions. Ils voient leurs enfants qui sont plus juifs, ils voient qu'ils n'ont pas forcément réussi si bien économiquement. C'est rien que l'immobilier, finalement ils auraient acheté 10 appartements à leur époque plutôt qu'à aller habiter à New York ou à Paris, et bah finalement ils auraient été beaucoup plus riches aujourd'hui en Israël.
22:09 Enfin bon, donc le fait de partir, quitter ce pays qui est un pays en pleine croissance, alors que c'est pas forcément une très bonne idée, mais quelque part, et plus qu'on est aujourd'hui, guimel et lou, l'anniversaire des 91e années du départ du Rav Avram Israq à Koh-en-Kouk, on va dire une phrase du Rav Kouk qui est très difficile, je l'ai dit d'une manière avec difficulté, mais c'est pas moi qui l'a dit, c'était déjà dans le Talmud.
22:32 La terre d'Israël, il dit, il faut pas être trop sectoriel, ne pas être très sélectif quand les gens veulent venir en Israël, parce que la terre d'Israël elle-même, elle fait son propre tri. La terre d'Israël accepte les gens qui lui correspondent ce qu'elle aime, elle lui montre leur beau visage, un peu comme une femme qui voit un bel homme, elle lui dit, et quand une femme ne veut pas voir un bel homme dans le rencontre pour la première fois, elle fait semblant d'être un peu débile, et l'homme lui dit, mais c'est qui cette femme, comment vous avez-vous elle à présenter ?
23:00 Donc la terre d'Israël elle-même fait son propre choix, ceux qui restent sont ceux qui ont le plus envie d'elle, ceux qui ont envie d'habiter dans ce peuple, qui ont envie de se rejoindre leur peuple, leur terre, leur langue, et réussir dans ce pays, et ceux qui s'en vont sont parfois des gens qui, il y a aussi beaucoup de statistiques, et c'est des accidents statistiques où ils n'ont pas eu de chance, ils n'ont pas trouvé de travail, et ceux qui ont quand même statistiquement, si on enlève l'anecdotique, statistiquement ceux qui sont restés sont souvent les gens qui avaient le plus de volonté, beaucoup de chance aussi, beaucoup de bénédiction, et qui sont connectés, qui ont trouvé les forces en eux-mêmes et ailleurs à sourire à ce pays, et ce pays leur a souri.
23:37 Donc c'est un pays qui sourit à ses habitants, et qui maudit les habitants qu'elle ne veut pas. Alors celui qui veut ici, qui vient en Israël, il sera béni, et on se bénira, et on sera tous bénis par la terre d'Israël, qui est en fait, évidemment, la bénédiction divine qui s'incarne sur un bout de territoire.
23:56 J'invite les gens à rejoindre... Merci Koudov, merci pour ces mots de conclusion et pour votre analyse sur cette situation. À très bientôt avec nous sur Tandem TV1.