0:12 Alors que les demandes d'Alya explosent, que la communauté juive de France s'inquiète de plus en plus de son avenir dans son pays d'origine, une association d'Or Khadash aide beaucoup les Olims pour venir s'installer en Israël et j'ai le plaisir d'être avec la présidente de cette association, Patricia Hassoun, bonjour. Bonjour. Alors votre association fête bientôt son sixième anniversaire et j'aimerais que vous nous parliez de ce que vous faites avant, pendant et après pour aider toutes ces familles francophones à réussir leur alliée.
0:46 Eh bien, écoutez, la tâche ne manque pas. Donc nous, ce qui est important, c'est de permettre aux personnes qui le souhaitent, et uniquement celles-là, de monter en Israël dans les meilleures conditions. Donc forcément, comme vous l'avez dit, avant, pendant et après, donc avant, ça passe bien évidemment par une préparation. Cette préparation, pour nous, elle est faite de façon individuelle parce que chaque famille qui s'adresse à nous a un profil différent, puisqu'on s'occupe de personnes seules, de familles monoparentales, de familles avec enfants, sans enfants, avec moyens et sans moyens.
1:24 Donc ça aussi, c'est important parce qu'à la base, nous voulons aider des personnes qui pensent ne pas pouvoir monter, justement, à les aider à trouver des solutions viables pour pouvoir s'installer en Israël. Alors effectivement, c'est une des particularités de l'association, c'est que d'abord, c'est un accompagnement qui est personnalisé, vous êtes une équipe de bénévoles, et puis l'idée est de s'adresser à tout le monde, quelle que soit les situations financières, familiales et religieuses.
1:52 J'ai envie de vous demander combien de temps avant l'alias, il faut commencer à préparer son alias. Alors ça dépend de chacun, comme on l'a dit, vu que c'est particulier à chaque famille, il y a des personnes avec qui on a mis trois mois, et il y a des personnes qui sont encore en accompagnement après trois ans, et ça n'est pas de leur faite.
2:10 C'est par rapport à leur situation et à l'administration israélienne. Pour pouvoir monter en Israël, il faut s'inscrire à l'agent juif, ensuite il faut constituer son dossier. Et quand on constitue son dossier, quelquefois, les familles ont des surprises. Ces surprises-là, ce sont des déblocages de dossiers administratifs très souvent avec le MISRA d'APNIM, et c'est très très problématique parce que ça peut prendre un certain temps, et qui ne dépend pas de nous, qui ne dépend pas non plus forcément de l'agent juif, mais voilà, c'est comme ça.
2:42 Ça peut être quoi ce genre de surprise ? Ça peut être par exemple une personne, là je prends un cas qui me vient à l'esprit, une personne dont les parents étaient montés il y a très longtemps en Israël, le papa et la maman, dans les années après la guerre par exemple, et puis donc ils ont une théodate zéaute, elle quand elle a fait sa demande, elle n'a jamais mis les pieds en Israël, elle a plus ses parents depuis, parce qu'elle-même maintenant elle approche de la retraite, mais quand ses parents se sont inscrits, au moment de la transcription des documents de la maman, qui était née en Allemagne, ils se sont trompés dans sa date de naissance.
3:19 Et là, elle est quand même considérée comme israélienne, mais avec un statut particulier, puisque ses droits resteront entiers, mais le consulat d'Israël à Paris, pour l'instant, ne peut pas avancer sur son dossier, tant que le Miserad Haplim ne reconnaît pas qu'il y a une erreur de transcription dans la date de naissance, à savoir 1937 au lieu de 1939.
3:40 Donc voilà, et là, et là c'est terrible, parce que bon, mais on essaie d'être toujours là, alors on a des psychologues dans l'équipe, on a énormément de relationnels, on est en relation, puisqu'on est partenaire de l'agent Gilles du Miserad Haklita, donc on suit vraiment l'affaire, mais malheureusement, on ne peut pas passer outre.
4:03 Débloquer vous-même ce problème-là, mais bon, vous êtes dans la compagnie. Il y a des fois où on arrive à débloquer des situations, quand les familles ont un avocat, et alors là, on essaie avec l'avocat, effectivement, de les aider, quelquefois aussi de nous engager, mais bon, toujours dans la mesure du possible, pour essayer de débloquer les situations.
4:24 Alors toujours dans cette phase d'avant, il y a quoi ? Il y a l'apprentissage de l'ébreu, histoire qu'on arrive avec une bonne base ? Ce qui nous a semblé, effectivement, important, et on le voit encore aujourd'hui, c'est la langue. Donc il y a des personnes qui ont l'anglais, déjà elles peuvent se débrouiller avec ça, mais ça ne suffit pas, évidemment.
4:43 Tous les documents ici sont en hébreu, ou en arabe, ou en russe. Le français, bon, encore quand c'est en anglais, on a de la chance. Le français, pas du tout. Donc on a pris avec l'Organisation Zioniste Mondiale et un peu plus de quatre ans l'initiative de mettre en place à Nulpan, de cinq mois, dans des classes, on va dire, soit en présentiel, soit en distanciel, d'une dizaine ou une quinzaine de personnes de même niveau.
5:12 Et au tout début, quand on a commencé, c'était gratuit. Bon, maintenant, les frais sont minimes et sont remboursés. D'un autre côté, on a aussi étudié la question de tout ce qui était apprentissage de la langue. Et certaines personnes ont des notions et quelquefois, il y a d'autres méthodes qui sont plus accessibles. Et là, on vient de faire un partenariat avec l'Ulpan Zahav qui vit à WhatsApp et tous les jours, pendant toute la semaine, sur un sujet défini en début de semaine et un sujet d'actualité de tous les jours, parce que les gens, ils ont besoin, en arrivant, de parler de choses simples, de leur permettre d'avoir déjà accès à un maximum de choses avec un minimum de vocabulaire.
5:57 Génial. Il y a d'autres choses auxquelles on ne pense pas forcément dans cette phase d'avant, Lalia ? Oui, bien sûr. Alors, par exemple, quand on a des enfants, toute la partie qui concerne l'éducation. Alors, c'est vrai que le ministère du Rinour en Israël a énormément de personnes qui viennent au salon, qui les renseignent.
6:20 Moi, je travaille beaucoup avec Karine Berda, mais ça ne suffit pas parce qu'une fois que les parents sont en situation directe avec les écoles, il y a un problème de langage, puisque dans les écoles, il y a beaucoup des groupes WhatsApp qui fonctionnent. Ensuite, de compréhension. Les codes de l'éducation en France et en Israël, ça n'a rien à voir.
6:39 De la langue, parce que même les enfants qui sont en écoles juives ne savent pas forcément parler l'hébreu. Le problème émotionnel, parce que les enfants ont suivi des parents et que bien des fois, ils auraient préféré rester avec leurs amis. Donc, en fait, tout ça pose des problématiques que les parents qui ont déjà la tête dans le guidon, si je puis m'exprimer ainsi, une fois arrivés, pour eux, ça fait beaucoup.
7:02 Donc, ils ne peuvent pas et s'occuper du logement, de l'où le pain, du travail, des enfants, c'est énorme. Donc, quand déjà, on les prépare à ce qu'ils peuvent trouver, on les met en relation avec une structure associative et avec l'OSM en amont par des séances de préparation et d'accompagnement, ça aussi, ça les soulage psychologiquement.
7:26 Génial. Et alors, votre accompagnement, il va jusqu'où, en fait, une fois que les gens sont en Israël ? Il va très loin. En fait, il va très loin parce que d'abord, comme on s'en occupe de façon personnalisée, alors ça crée du lien, bien souvent, les gens s'identifient un petit peu à la famille d'Orkhadash qui est devenue vraiment une grande famille puisqu'on a fait monter plus de 250 personnes en 6 ans et tous les profils confondus et les personnes qui sont montées, à leur tour, deviennent bénévoles très souvent dans l'association.
7:57 Donc, on va dire voilà, il y a des groupes WhatsApp, les gens sont pas en relation et celui qui a envie d'apporter sa pierre à l'édifice est le bienvenu. Mais donc, ce qui fait qu'on est toujours en contact, on est toujours en lien. Ça peut être une personne qui est installée dans une ville et qui veut déménager, qui a besoin de nouveaux contacts ou un enfant qui était au éogane ou à la crèche et qui, en changeant de ville aussi, veut savoir comment ça fonctionne les écoles, l'aider à trouver un logement.
8:27 Ça peut être une fuite d'eau dans un appartement parce qu'on vérifie aussi les baux avec l'avocat qui fait partie de notre association tout à fait gratuitement. Et ça, ça les rassure parce que le logement, c'est un gros problème aussi. Donc, indépendamment de toutes les réunions d'informations qu'on fait sur le logement, ils sont rassurés parce que le bail est lu.
8:49 Donc, ils n'ont pas l'impression qu'ils se feront avoir et c'est la vérité. On essaie aussi de demander toujours un an renouvelable, un an avec le même montant de loyer, histoire de les sécuriser complètement, les sécuriser à l'arrivée. Et puis, ils ne connaissent pas les lois. Donc là, on a eu le cas d'un des gars des eaux, quelqu'un qui était inondé, qui ne savait pas comment faire.
9:11 Donc, tout de suite, on lui a donné des contacts, on l'a renseigné, on s'est occupé. Ça peut arriver aussi qu'il appelle un agent immobilier pour essayer de solutionner un petit litige. Voilà, en fait, on est proche. Génial. Alors, toutes ces familles que vous avez accompagnées géographiquement, il y en a partout, dans le Nord, dans le Sud, dans le Sang...
9:33 Au début, on a fixé Norfa-Gali, de fait, parce que c'est là la ville qui était intéressée par notre programme. Nous, on a beaucoup aimé ceux qui sont montés aussi. On avait mis en place un vrai système, on va dire, d'Aliac-Léon-Main avec l'accueil en Mer-Casclita, avec les documents, les formalités administratives faites dès la première semaine, avec les inscriptions en l'oulpane, etc.
9:57 Donc, ceux qui sont montés, d'ailleurs, ils sont restés très liés. Ils se voyaient régulièrement, ils n'habitent pas forcément au même endroit. Mais je sais qu'ils se font des rencontres, des repas, qui est à Jérusalem, qui est allé à Foula, à Haifa, etc. Ils sont encore tous en contact, et nous avec. Et donc, c'est pour ça que le Nord, le Nord pour nous, c'était important aussi, parce que ça permet de ne pas se retrouver dans un milieu trop francophone et de se débrouiller un peu par soi-même.
10:31 Et donc, c'est ce qui a fait aussi que ça les a liés, parce qu'ensemble, ils ont trouvé des solutions. Ils se sont retrouvés dans un milieu complètement israélien, parce qu'Anofa Galil apparaît, il n'y en avait quasiment pas qui parlait le français. Et non, ils ont été très courageux, et tous ceux qui sont montés avec nous ont été très courageux, je dois dire, parce que c'est aussi dans l'état d'esprit.
10:50 Ça fait partie de la préparation. C'est dire aux personnes que quand on monte en Israël, alors ça ne va pas être facile. Le choix de la ville n'est pas évident, mais on n'a pas parlé de la partie budget. Donc, c'est aussi un accompagnement, on va dire, pratique, logique et économique. C'est essayer de leur faire dépenser le moins d'argent aussi quand ils arrivent.
11:14 Donc, ce qui n'est pas évident d'accepter ça psychologiquement, d'aller, voilà, de descendre. De descendre matériellement. Très souvent, la première génération qui est arrivée en Israël, c'est quand même un peu sacrifié pour ses enfants. Et surtout ceux qui viennent de l'Europe de l'Ouest ou de l'Amérique du Nord, il faut accepter au moins un certain temps que matériellement, ça peut être moins confortable.
11:38 Pour les Français, c'est plus difficile que pour les Américains ou les autres qui ont une mentalité déjà plus ouverte. Bien sûr. Nous, les Français, on est quand même assistés. On a l'habitude qu'on nous donne des aides, même quand on ne les demande pas. Donc, voilà, c'est un peu spécial. Mais je dois dire que non.
11:56 Quand les gens ont véritablement cette envie de monter, de venir s'installer en Israël, de faire le pas pour leurs familles, pour leurs enfants, alors... Et puis bon, on les prépare. Ça veut dire que c'est pasta, mais ils arrivent comme ça. Ils ont déjà une idée du travail. Il y en a certains qui ont déjà le pied à l'étrier.
12:10 Non, non, et puis vous leur vendez pas du rêve. Ça dédramatise et ils acceptent. Moi, je leur dis, il faut devenir comme les Russes. C'est-à-dire que même si vous êtes ingénieur, si vous êtes dans le domaine médical, alors il ne faut pas hésiter au moins pendant l'Ulpan à prendre un emploi, on leur propose un emploi alimentaire, pour être au cœur de ce qui se passe dans le pays.
12:33 C'est très important pour l'intégration. Génial. Génial. Alors dernière question. Comment les gens peuvent vous contacter sur le salon de l'Alya par Internet ? C'est quoi le plus facile ? Alors, les personnes, oui, effectivement. Alors, on a un site Internet. On va avoir un très beau site qui va sortir très prochainement, mais l'adresse est exactement la même.
12:53 C'est www.dor-hadash.com. Je ne sais pas si c'est quelque chose que vous allez mettre en ligne. Oui, oui, on mettra le lien. Ensuite, la part téléphone. Deux numéros, le mien et celui de notre collaboratrice, Laurence, qui est aussi sympathique, humaine et avec qui le feeling passe très bien. Et puis, le salon de l'Alya, le prochain, c'est le 11 octobre à Paris, le 12 à Marseille, le 13 à Lyon.
13:22 Et puis, nous faisons aussi, on profite quand nous sommes sur place, parce que bon, nous, nous sommes bénévoles, donc nous n'avons pas de gros moyens. Et on profite de venir, on profite lorsque nous sommes en France, de faire des réunions aussi dans les communautés. Voilà, pour être plus proche des gens et répondre directement à leurs questions.
13:42 Alors avec, bien sûr, la présence de le responsable de l'agent Jules, du ministère d'Aquitat et d'un autre membre de l'équipe. Voilà, mais on est assez... Notre téléphone est ouvert, j'allais presque dire 24 heures sur 24, mais non. Quasiment. Voilà, on est à l'écoute en tout cas, et ça, c'est important. On leur tient la main, mais on ne les assiste pas.
14:03 Ça aussi, c'est important. Et on est là quand ils ont des frayeurs, ce qui peut, ce qui arrive souvent, pour le départ, pour le déménagement, pour la vente d'une maison qui ne se fait pas, pour le logement en location qu'on ne trouve pas. Bon, les raisons sont variées multiples et elles ne manquent pas.
14:24 Mais voilà, ça fait partie de notre activité. J'allais dire notre travail, mais bon, c'est plus un travail, c'est... Un engagement. Un engagement, exactement. Génial. Patricia Assoune, merci beaucoup. Merci à ce que vous faites. Merci à Dor Khadash et puis beaucoup de réussite pour la suite. Merci beaucoup d'avoir été avec nous sur Tandem.
14:46 Merci beaucoup. J'ai remercié à Tandem et à tous les auditeurs qui nous écouteront. Je les invite au moins à nous contacter pour se renseigner. Merci à vous. À très bientôt. À très bientôt. Merci. Au revoir.