0:16 Bonjour à tous et bienvenue sur Tandem TV. Bonjour Jean-Pierre Yed, bonjour tout le monde. Alors, vous êtes né à Tlemsen, vous êtes originaire d'Algérie depuis 26 siècles, vous nous dites par votre mère juive et depuis quatre générations par votre père d'origine espagnole. Mais vous avez dû quitter l'Algérie en 93 suite à des menaces islamistes et vous nous direz tout à l'heure pourquoi vous vivez en Israël donc depuis 2011. Vous êtes réalisateur de cinéma. Vos films sont tous consacrés à l'échec du rêve d'une Algérie indépendante et multiethnique.
0:54 Le dernier film Algérie histoire à ne pas dire a été interdit en Algérie en 2007 et le demeure toujours aujourd'hui. Mais avant de commencer donc à parler de de l'Algérie, euh je voudrais toujours sur l'Algérie vous faire réagir sur trois déclarations. La première qui sont pas de moi, celle de Bruno Rota. L'Algérie humilie et agresse la France. La deuxième, celle d'Éric Siotti, un député et en politique français. Le premier aussi d'ailleurs. L'Algérie est à voyou. La troisième, celle du fils d'un ancien président de la République, c'est pire, c'est Louis Sarkozi, qui dit "Il faut brûler l'ambassade d'Algérie."
1:41 Qu'est-ce que vous pensez de ces déclarations ? Toutes ces déclarations sont sont arrivées ces derniers temps. En fait, c'est suite à l'arrestation de l'écrivain algérien franco-algérien puisqu'il a obtenu la nationalité française il y a pas très longtemps. Il s'agit de Boem Sansal euh qui le 16 16 novembre 2024 de l'année passée, donc ça fait à peu près 5 mois, euh a été arrêté en arrivant à Alger depuis il est en prison. Alors bon euh pour le fait d'avoir le fait d'avoir arrêté et euh depuis avoir requis euh euh 10 ans de prison pour un écrivain pour des propos qu'il aurait tenu par et qu'on donnait et condenait à 5 ans et et une semaine après et une semaine après sans sans sans vraiment qu' sans qu'il ait de la possibilité d'avoir un avocat de défense.
2:42 Oui, parce qu'il est juif. Ils ont dit parce qu'il est juif. Ça a été parce qu'il est parce que attendit lui attendit à sans sal euh qu'il était juif et qu'il valait mieux qu'il change d'avocat. Euh donc pour toutes ces raisons euh euh il y a eu ça a déclenché évidemment on va on va on va évidemment en reparler seulement.
3:07 Franchement, elles sont elles sont surtout pour celles de Louis Sarkozi, elles sont un peu violentes quand même. Euh, il faut brûler l'ambassade d'Algérie. Aller jusque là, faut Je pense que il va un peu loin. C'est pour ça que je voulais vous faire réagir un peu à à cela. Mais mais on va commencer par vous hein en tout en tout bien tout honneur. Euh vous avez quitté l'Algérie, je le disant 93 c'est-à-dire que vous avez vécu donc dans ce pays entre 62 et 93 et vous l'avez quitté donc en 93 suite à des menaces islamistes. Qu'est-ce qui s'est passé ?
3:40 Est-ce que vous pouvez nous raconter si vous le voulez ? Oui, c'est enfin euh c'est ça serait long à tout dire. Non mais oui bien sûr mais je vais essayer d'aller licenciant Oui. Bon j'ai écrit un livre qui s'appelle le voyage interdit de d'Alger à Jérusalem. C'est vrai. Là, je m'explique évidemment très longuement sur tout ça, mais euh si vous voulez, bon, au moment de l'indépendance en 1962, mon père a décidé de rester en Algérie. Mon père était communiste. Euh il s'était il était pour l'indépendance mais il était évidemment comme tous les communistes d'ailleurs pour une indépendance avec tout le monde si si je puis dire.
4:24 c'est-à-dire avec les chrétiens, avec les juifs et pas seulement une Algérie arabo-musulmane comme le le voulit depuis très longtemps d'ailleurs les partis nationalistes. Alors en 62 donc ça s'est pas passé comme ça. Euh 1 million de juifs et de chrétiens ont quitté subitement l'Algérie. Ça changer complètement le paysage humain. Moi ça m'a j'étais enfant. Bon, j'étais j'avais j'avais 14 ans et demi. Ça m'a j'ai eu un malaise parce que vous savez du jour au lendemain comme ça, vous avez un paysage humain qui change complètement. Euh ma mère est vous disait à mon père que on a la famille côté maternelle ou paternelle était partie en France.
5:07 Mon père non, je voulais rester parce que je pense queil ne voulait pas accepter une défaite en fait. Oui, parce que vous êtes resté plus de 30 ans quoi. Entre le 62 93, ça fait plus de 30 ans. Alors pour moi, alors pour moi, oui. Alors après euh euh en fait, j'ai voulu savoir si je pouvais me considérer comme un français.
5:28 Donc j'ai après mon bac, je suis allé en France soi-disant pour étudier mais c surtout pour tester. Et très rapidement, je me suis dit non, je suis pas français. Je me sens pas je me sens pas français. et et donc je me suis inscrit dans l'algérianité, si on peut dire, à partir-là, à travers des organisations politiques essentiellement, c'est-à-dire un parti équivalent d'un du parti communiste qui était devenu le parti de l'avant-gade socialiste. Et puis aussi les étudiants.
5:57 Il faut savoir qu'en 65, il y a eu un coup d'état enfin en Algérie que l'organisation des étudiants était la seule à s'être opposé à son cul d'état et depuis donc c'était être étudiant être dans cette organisation d'étudiant c'est c'était être dans la contestation. Voilà. Donc, j'ai vécu comme ça. Après, j'ai fait mes j'ai fait des études de cinéma à Moscou et après je me suis marié à Moscou avec une algérienne et je suis rentré après en Algérie. J'ai demandé tout de suite la nationalité algérienne parce que euh dans mon cas, il fallait la demander.
6:33 Vous savez que le code de la nationalité en Algérie, c'est après l'indépendance, c'était que si vous êtes musulman, vous êtes automatiquement algérien. Et si vous ne n'êtes pas musulman, il faut faire un dossier et cetera ce que j'ai fait. Et en fait, on a tout fait pour ne pas me la donner. Ça a duré 4 ans et c'est grâce à un très gros piston que je suis arrivé à la voir cette nationalité. C'était votre jud c'était votre judaïé, votre judaïsme ou votre ascendance judaïque ? C'était quoi ? Pourquoi il le refusait ? Parce que vous n'étiez pas musulman. Point barre.
7:03 Ah oui, parce que j'étais pas musulman, il fallait que je remplisse un dossier. OK. Ou ou voilà. et et ce dossier pouvait être accepté ou refusé. Pendant 4 ans, personne ne me donnait de réponse et cetera. Finalement, finalement, je l'ai eu. Mais en fait euh voilà, donc je la France pour moi n'était pas mon pays.
7:24 Je savais pas que j'avais un pays en fait. Je savais pas que j'avais Israël. Voilà. Et donc c'est bien plus tard, bien plus tard euh donc je vais je évidemment quand je quitte l'Algérie en 93, c'est parce que je suis menacé directement par les islamistes. Euh en 93, vous savez le fils et qui devient enfin qui a une organisation qui s'appelle le GIA, les groupes islamiques armés vont déclencher une guerre civile et les premières qui les premières cibles, ça va être les intellectuels. D'ailleurs, on le réserve une journée dans la semaine.
7:58 C'est le mardi. Tous les mardis, il y a un intellectuel qui est assassiné. Le premier, c'était un très grand écrivain qui s'appelait Tar Jaout. Euh et suite à ça, nous avons j'ai enfin j'étais un des animateurs même euh d'un d'une association d'un Oui. d'une association qu'on a créé qui s'appelait Tar Jaoud justement. Et là, nous avons reçu des six d'entre nous ont reçu des menaces de morts et et la police nous a dit qu'on devait être protégé. Voilà, ça s'est passé comme ça. Et puis tout le monde disait que le 5 juillet 93, c'est le 5 juillet, vous savez, c'est la faible de l'indépendance en Algérie, on disait que le 5 juillet, il allait avoir beaucoup de gens qui seraient assassinés. Voilà dans moi.
8:42 Et donc bon, je suis parti le 30 juin et effectivement le 5 juillet, il y a des gens qui sont venu à la maison, soit-disant des policiers mais c'était c'était pas des policiers, c'était voilà. Donc voilà, je me suis retrouvé en France et euh voilà. Donc alors, je suis très reconnaissant à la France de m'avoir accueilli et cetera, mais toujours je me sentais pas français.
9:10 Et quand j'ai je mon film, j'ai fait un film, le dernier film que j'ai fait sur l'Algérie, il s'appelle Algérie histoire ne pas dire. C'est un film qui a été interdit comme vous l'avez dit en le en 2007. Et là euh j'étais à Toronto, il y a une délégation israélienne qui était là, qui a vu le film et ils m'ont fait dire par quelqu'un, pas directement, si je voulais bien donner un DVD pour le festival de Jérusalem qui se tenait en 2008, en juillet 2008.
9:39 Bon, j'ai beaucoup hésité mais quand même, je leur ai donné, je me suis dit mon film est interdit, tout le monde m'a tapé dessus, y compris mes amis euh communistes, algériens et cetera pour avoir fait ce film. En fait, ce film, c'est un un film où on on montre que du début de la guerre jusqu'à la fin, le FLN a pratiqué une politique de terreur euh qui avait un but qui avait un but, c'était de faire partir tous les non-musulmans si possible avant même l'indépendance. Voilà.
10:12 Et ils y sont arrivés. Donc je me suis dit voilà, ton film a été interdit, euh tes tes copains t'ont tapé dessus. Bon, alors réfléchis avec ta tête, tu y vas et puis tu verras bien qu'est-ce que c'est Israël. Euh parce que évidemment la question d'Israël était une question complètement complètement occultée, c'està-dire jamais jamais elle a été traitée ni dans ma famille ni Pourquoi ?
10:33 Parce que vous étiez communiste. C'était lié à votre à votre idéologie communiste. Oui. Oui, on peut dire ça parce que quand j'ai dit à ma fille bien plus tard, "Mais qu'est-ce que je vous disais quand quand vous étiez petit ? Alors, elle il savait qu'ils avaient une grand-mère juive. Euh, elle me dit "Ben, tu nous disais que les juifs, ils vaient pas confondre les juifs avec les sioniste ?" Voilà. Et mais en fait, en dehors de ça, il y a pas il faut dire que dans la période que j'ai vécu moi, en tout cas en Algérie, j'ai il y a jamais eu des il y a jamais eu des grosses manifestations contre Israël et cetera.
11:10 Il y a il y a eu en 67, ils ont brûlé le centre culturel américain, mais moi j'étais à Paris à ce moment, j'ai pas vu hein, j'ai pas vu ce qui s'est passé. Donc ça c'est important. Euh ceci dit, vous savez c'était complètement je voulais pas voir aussi hein sans du temps parce que il y a une une écrivaine qui s'appelle Link Meller.
11:30 Un jour elle est venue, elle était en Algérie, c'est elle qui s'occupait de la communauté juive jusqu'à la fin avec ses avec son frère qui s'appelait Roger Saïd. et elle elle a fait une conférence à l'institut devis sur l'antisémitisme en Algérie. Et pendant 1 heure, elle a parlé de ça avec des citations de journaux.
11:48 Ces journaux, moi je les lisais et c'est comme si tout ce qu'elle disait comme c'était un autre pays. C'est comme si j'avais pas vécu ça. J'avais pas lu ses journaux. Évidemment, j'avais ces journaux mais en fait tout ça était complètement occulté. Et en 2008, alors effectivement en 2008, je viens en Israël euh poussé aussi par ma fille qui me dit "Nous avons une famille parce que effectivement le frère de ma mère habitait à Jeddod euh depuis depuis 1961."
12:18 Et donc j'ai mis les donc j'ai accepté en me disant bon si Israël c'est c'est comment me l'avait dit et ben je reviendrai plus et puis si c'est le contraire je changerai d'opinion tout simplement comme j'avais changé d'opinion par rapport au FLN et tout ça en faisant mon film mon dernier film voilà et donc je suis arrivé en 2011 et en 2011 vous vous installer en Israël et oui euh d'abord je dois dire qu'en 2008 bon c'était le coup de fou si on peut dire c'était comme en fait si je devais utiliser une image, c'est comme une terre, vous savez, a ride qui est complètement cassée et cetera et puis tout d'un coup, elle reçoit de la pluie.
12:57 Voilà, c'était il y avait une j'ai j'ai je me suis euh j'étais absorbé ou complètement j'ai absorbé, je ne sais pas dans quel sens euh en fait Israël c'était ce c'était le pays euh qui me c'était le pays qui me manquait enfin le pays l'Algérie. J'avais voulu j'avais voulu que ce soit mon pays mais ça n'a pas été.
13:17 Je pourrais vous raconter beaucoup d'anecdotes là-dessus, mais enfin une seule en 90 c'était déjà le pluralisme. Donc euh la télévision algérienne pour la première fois depuis 1976 m'intervie et me demandait qu'est-ce que qui vous êtes monsieur Jean-Pierre Yedo. Bon alors j'ai commencé à parler de mon père le catalanom Yedo. Puis ensuite j'ai parlé de ma mère. Je crois même que j'ai pas osé dire vraiment qu'elle était juve. J'ai dû dire qu'elle était judéo berbère. Voilà. était j'atténuais la chose alors que du côté de ma mère, il y a absolument rien de de berbère.
13:54 Bon et euh le lendemain, la voisine la voisine et pourtant son mari était dans le même parti que moi. Sa voisine disait à mon fils sale juif. Voilà. Ouais. D'accord. Donc euh c'est c'est c'est quelque chose évidemment qui c'est c'est l'antisémitisme. L'antisémitisme, je l'avais je je l'ai rencontré. Je parle de l'antisémitisme profond hein dans un lorsque je tournais le film justement Algérie histoire ne pas dire à Constantine euh la ville de mes ancêtres. La ville de mes La ville de mes ancêtres d'cord. Ah oui, d'accord.
14:36 Alors en fait c'était un film où c'était une partie c'était une partie c'est la tremè partie du film, il y en a quatre où euh je je m' je le personnage principal c'était Raymond Leris le musicien grand musicien de Mandalou cher Rond il aimait beaucoup aller dans un le plus vieux hamam de Constantine c'était des gou il s'appelle ce ce hamam et celui qui s'occupait de lui était un jeune à l'époque avait 18 ans.
15:03 Maintenant, c'était était devenu le patron. Alors, on lui a demandé alors les juifs et et les Arabes se mêlent dans le Hammab. Bah, il Non, il y avait des heures pour les Juifs et des heures pour les pour les Arabes déjà à l'époque. Et il ajoute et il ajoute vous savez les juifs, ils ont une odeur.
15:22 Voilà. Ouais. Mais alors euh d'ailleurs ma chef monqueuse à l'époque qui était tunisienne, elle elle m'a supplié de d'enlever d'enlever ça. J'ai dit "Non, je peux pas l'enlever parce que c'est intéressant dans le sens où ça montre qu'il a un antisémitisme profond, populaire si je veux dire. C'est pas simplement des politiciens et cetera." Non, c'est plus grave parce que ça c'est ça touche au peuple très profondément. Dites-moi, Jean-Fano, toute votre famille maintenant vitraël ? Euh, alors je votre famille, votre épouse et vos enfants. Alors, mon épouse, j'ai divorcé, d'accord, avant de venir parce que voilà, c'est il y avait des problèmes entre nous, hein.
16:06 Mais c'était pas c'était pas à cause de ma judéité ou d'Israël et cetera. Ma femme était algérienne mais c'était pour d'autres raisons. Enfin tout simplement, il y a une couple qui se sépare au bout d'un certain moment. Ça nous est arrivé. Alors j'ai bon j'ai une fille qui qui habite en France et et qui participe au film au dernier film que j'ai fait qui s'appelle Israël, le voyage interdit.
16:33 Et donc elle est venue, elle tenait absolument à être avec moi pour ce film. Et donc c'est un film que nous avons fait ensemble. C'est un film qui est fait d'entretien en fait. Je parcours Israël du nord au sud, est en ouest. Je rencontre des gens et en même temps, j'essaie de comprendre pourquoi euh j'ai je j'avais exclu, pourquoi j'avais euh euh occulté Israël et ce que je pensais euh d'Israël avant, je le confronte à ce que je vois avec ma caméra pendant que je tourne.
17:05 Et donc nous entretenons avec des gens différentes. Euh c'était passionnant et elle elle fait partie euh disons des elle interroge, elle questionne et elle dit aussi ce qu'elle pense. Voilà, j'ai un fils alors lui euh il a en 1999, il a voulu retourner en Algérie et je dois dire que bon nos relations ne sont ne sont pas très bonnes, n'ont jamais été très bonnes, mais avec Israël, ils ont complètement disons disparu.
17:37 C'est ça c'est n avons plus quasiment plus de donc un fils en Algérie et votre fille qui elle vit en France. Oui. Alors revenons maintenant plutôt à ce qui nous intéresse de en premier chef, c'est-à-dire les les relations entre euh l'Algérie et la France. Je voudrais que vous nous expliquiez quel est en fait ou quelles sont les origines du conflit entre la France et Israël. Est-ce que c'est uniquement l'histoire du Sara occidental entre l'Algérie ? Voulez dire entre l'Algérie ? Oui. Oui. L'Algérie et la France. Oui.
18:09 Et entre l'Algérie Ah l'Algérie et la France. Et la France. Euh quelles sont les origines de ce conflit qui perdure encore aujourd'hui ? les origines du conflit, si vous voulez. Euh, je dirais que normalement l'origine, bon, c'était la colonisation. Euh, il y a eu une guerre. Euh l'Algérie euh enfin le mouvement qui a mené cette guerre a obtenu l'indépendance parce que de Gaul à l'époque voulait se débarrasser du problème algérien. C'est pas pas véritablement parce que l'armée de l'Allen aurait remporté la victoire comme l'ont fait par exemple les Vietnamiens.
18:52 C'était pas du tout ce scénario. Euh au contraire, c'était euh l'armée française qui qui avait qui dominait complètement. Bon donc il y a eu l'indépendance et depuis cette époque elle est arrivée cette indépendance d'ailleurs à travers ce qu'on a appeler les accords déviant hein. Les accords déviant. Alors en fait, ils ont duré à peu près 3 ans de négociation parce que la France disait le Sahara il est euh il sera français et puis il faut que toutes les populations donc chrétiennes et juives et cetera puissent devenir algérien avec l'indépendance comme comme les musulmans.
19:35 Ça a duré 3 ans les négociations à cause de ces deux choses essentiellement. Et euh finalement euh l'Algérie le FLN est resté ferme. Non, le Sahara il sera algérien. Et puis et puis finalement le quand quand la dans ces accords d'évion, on disait que euh la France pourrait bénéficier du pétrole pendant 10 ans, donc finalement la France a accepté et elle a accepté aussi que on ne donne pas la nationalité algérienne automatiquement à toutes les populations. Voilà.
20:15 Donc euh à partir de là, le on peut dire queeffectivement le le FLN même si euh la direction suprême algérienne avait à l'époque refusé de reconnaître les accords des vients, mais bon voilà, ça s'est passé comme ça. Et depuis ce temps-là, alors depuis ce temps-là, le pouvoir algérien, si vous voulez, il y a une chose qu'il faut bien comprendre y compris.
20:41 Si on reparle encore, je j'espère on va parler un peu de comment ça s'est passé pour Boisam sans sal bien sûr mais euh si vous voulez il y a une chose qu'il faut bien comprendre que la légitimité du pouvoir algérien depuis 62 jusqu'à maintenant c'est euh disons le fait c'est une légitimité qui se veut historique c'est-à-dire nous avons combattu la France nous avons obtenu l'indépendance et par conséquent Voilà notre légitimité.
21:11 Sauf que alors cette légitimité, elle est combattue de deux manières. Elle est combattue par les islamistes qui disent eux l'islam, nous devons revenir à l'islam et cetera. Et ce mouvement islamiste euh profitant de disons de de l'incurie des pouvoirs publics euh dans les années euh 80 et 90 a eu une montée en flèche jusqu'au moment où il y a eu le pluralisme.
21:40 On a autorisé les islamistes à se présenter alors que normalement la constitution algérienne disait "On ne peut pas créer de partis politiques euh sur la base de la langue ou de la religion." Euh et bien ils ont ils ont ils ont gagné les élections euh communales quoi que millions de voix et cetera et ils allaient gagner les élections législatives euh en 91 et finalement c'est comme ça qu'il y a eu une sorte disons de coup d'état masqué si on peut dire euh l'armée a fait démissionner le président de la République et donc on a interrompu finalement le processus électoral mais à l'époque des islamistes aurait eu de tiers des des voies au parlement et à ce titre-là, ils auraient pu décréter sans sans besoin d'un référendum que l'Algérie était comme l'Iran par exemple une République islamique. Alors, les islamistes étaient les plus forts, ils demeurent les plus forts. Si aujourd'hui il y avait des élections libres en Algérie, ils seraient ils gagnerait sans doute.
22:41 Euh donc ça la si vous voulez le nationalisme, l'idéologie nationaliste, elle est mise en cause par l'islamisme mais elle est aussi mise en cause par l'incurie si je veux si je puis dire. C'est-à-dire que nous avons un pays aujourd'hui avec je crois à peu près 46 ou 47 millions d'habitants. C'est énorme. En en 62 c'était 9 millions de musulmans. Aujourd'hui c'est 47 millions. Et l'Algérie est tout simplement incapable aujourd'hui malgré toutes ses richesses extraordinaires et de nourrir sa population. Donc en même temps euh donc euh la il y a la rente pétrolière, la rente pétrolière qui permet justement euh qu'il n'y ait pas trop euh de pauvreté si vous voulez au point où il y aurait une explosion de la comme ça s'était passé en Égypte par exemple la révolte du pain hein il y a quel il y a déjà plusieurs deux décennies je crois euh non il y a alors avec la avec le pétrole l'Algérie achète les consciences elle achète le elle courend en fait Pup, c'est un c'est un pays qui qui est un pouvoir qui est corrompu de jusqu'à l'os, on peut dire. Le pouvoir est corrompu parce que vous savez euh le ceux qui dirigent justement le pays, c'est euh l'armée. Et quand je dis l'armée, c'est pas l'armée en général, c'est les services de sécurité, hein.
24:01 OK. Ce sont les services de sécurité qui nomment le président de la République. Ce sont les services de sécurité qui nomment les ministres. Ce sont les services de sécurité qui nomment tous les directeurs d'entreprise importantes nationales, hein, qui sont pas privées euh nationales. Euh c'est c'est vous pouvez pas imaginer qu'un directeur puisse ne pas être de la sécurité militaire s'il est euh le directeur d'une entreprise importante. Ça c'est impossible. Alors c'est c'est ce c'est c'est comme ça que ça ça fonctionne. Le président TB actuel a été choisi par l'armée et cetera et cetera.
24:32 Donc voilà le la raison. Alors euh le nationalisme est est fondamental. Ce que je veux dire c'est que le nationalisme, l'idéologie nationaliste, c'est le ciment de l'Algérie surtout pour un pays qui reste un pays très fragmenté socialement. C'est-à-dire que l'Algérie, c'est toujours les clans et les tribus, hein. Il y a en 2005, je crois quelque chose comme ça, il y avait un ex-premier ministre qui était d'ailleurs un des meilleurs un des plus intelligents en politique de l'Algée, qui n'est pas mort. banque, c'est Mulot Morouch. Euh, il avait dit euh en Algérie aujourd'hui, il y a pas de politique, il y a que des clans.
25:13 Il dit "Pour de la politique en Algérie, il faut remonter aux années 40." Vous vous imaginez ? C'est-à-dire du temps de la colonisation. Et effectivement, il y avait à cette époque, il y avait des partis politiques, y compris nationalistes et cetera. Donc si je si je vous suis euh le différent sur le Sara occidental avec le Maroc, c'est c'est mineur. Alors c'est pas c'est un prétexte pour dire au pour pour que les autorités algériennes disent au gouvernement français vous avez pris position pour le Maroc donc on est en désaccord avec vous.
25:48 C'est un c'est qu'un prétexte. Oui, c'est-à-dire que avec le Maroc, c'est toute la position par rapport au Maroc. Bon, il y a le Maroc quand l'Espagne est parti du Maroc du Sahara occidental. Euh donc le Maroc le Maroc a a pris cette a eu cette partie comme une partie de son territoire et à ce moment-là l'Algérie s'y est opposée.
26:14 Alors bon alors il y a il y a les les les la population la population du Sahara occidentale euh elle aurait pu être consultée par référendum et cetera. Euh pourquoi l'Algérie pourquoi l'Algérie a fait du Sara occidental un problème tel qu'elle a remplu les relations diplomatiques avec la le Maroc ? Elle aurait pu soutenir comme on soutient tel ou tel mouvement de libération. Euh la Chine a soutenu le Vietnam, la l'Union soviétique à l'époque aussi. Pour autant ils ont pas rompu les la relation avec les États-Unis ou voilà. Donc pourquoi l'Algérie ?
26:59 Il faut savoir il faut savoir aussi que il y a un contentieux très ancien entre le Maroc et l'Algérie, c'est le fait qu'à soulevé justement c'est la chose qu'a soulevé Bonam Sansal dans lorsqu'il avant de qui a été le prétexte justement pour le le mettre en tool, c'est qu'il a dit quelques jours avant de d'être arrêté, il avait dit euh vous savez c'est difficile de coloniser un pays un ancien pays, un pays qui qui qui était une nation enfin qui était ou du moins un royaume de très ancien, c'est le Maroc.
27:36 Effectivement, vous savez le Maroc c'est c'est une royauté, une monarchie une des plus anciennes dans le monde, hein. Et c'est il y a eu une monarchie au Maroc avant même une monarchie en France par exemple. Et euh donc c'était Idriss 1er, je crois que c'était en 789 quelque chose comme ça. Et et donc il a dit ça et puis euh et il a dit c'est plus plus facile de coloniser des petits trucs. effectivement en parlant de l'Algérie, ça n'a pas plu aux autorités mais la réalité est que si vous voulez le l'Algérie précoloniale c'était une Algérie dominée par les ottomans mais qui euh respectait si on peut dire la structure sociale de de l'époque était en fait structure tribale hein.
28:24 Il il y avait que l'islam qui plus ou moins unifiait les choses et encore il y avait des luttes entre les tribus qui étaient musulmanes et lui-même l'mir Abdel celui qu'on appellera l'mir Abdel Kader qui va mener la résistance à la France euh lui-même il a pas il a pas réussi il a pas gagné la France tout simplement parce que il est pas arrivé à agréger autour de lui toutes les tribus d'Algérie.
28:48 Il a réussi seulement celle un peu celle de l'Ouest. Mais pour vous dire pour vous dire Wem Sensal a dit toute une partie du de l'Algérie de l'Ouest était la possession de du Maroc. Ce qui est vrai, c'est attesté par les historiens qui connaissent cette histoire. Et et donc il était en 61, il y avait eu même un accord entre le FLN qui était avant l'indépendance et le Maroc pour que après l'indépendance euh le le l'Algérie rétrocède des territoires au Maroc parce que ces territoires là du Maroc avaient été pris par la colonisation française hein qui avait élargi en quelque sorte et qui avait pris des territoires marocains et qui les avait mis dans comme une possession de la France et après l'indépendance.
29:37 Après l'indépendance et bien voilà euh l'Algérie évidemment a a gardé ses territoires alors qu'elle s'était engagée à à rétrocéder certains territoires en tout cas. Donc dès le début, vous savez en 60 l'Algérie, c'est l'indépendance 62. En 63, il y a déjà une guerre entre le Maroc et l'Algérie, hein. La guerre des sables qui était d'ailleurs en défaveur de l'Algérie de l'Algérie. C'était l'OUA, l'organisation de l'unité africaine qui a essayé de disons de rabibaucher et cetera. Alors, revenons revenons au relation conflictuell entre la France et l'Algérie, ce qui qui ce qui nous intéresse.
30:21 Quel est Expliquez-nous ce que sont les accords de 68 dont on parle souvent, puis après ceux de 2007 ? Pourquoi c'est pourquoi la France ancienne ancienne mère coloniale euh a-t-elle fait des accords aussi ? on va dire positif euh avec l'Algérie. Ils l'ont ils l'ont pas fait avec d'autres pays de l'espace colonial français, mais avec l'Algérie, ils ont fait des accords qui sont très pro Algérie.
30:53 Pourquoi ça s'est passé comme ça en 68 ? Oui. Euh en 68 en gros, excusez-moi, moi je de je je m'intéresse pas de de très près à la politique française aujourd'hui, mais à peu près euh en 68, oui, il y a eu des accords entre la France et l'Algérie pour favoriser une émigration algérienne par rapport aux autres États.
31:21 ça et quelques années après quand même je sais plus c'est en 2001 peut-être je sais pas 2007 il y a eu des accords qui permettaient de de disons de de ne pas donner de visa enfin de de rendre nécessaire le visa pour ceux qui étaient détenteurs d'un passeport diplomatique la nomatoura on va dire absolument donc en fait c'était un tout un accord essentiellement pour favoriser la nomenclatura algérienne qui est la plus grande au niveau qui la qui qui a un discours nationaliste très agressif mais qui dès que il y a le moindre bobo ils vont ils arrivent ils arrivent en France ça c'est c'est clair.
32:06 Euh alors pourquoi pourquoi cette la France considère qu'elle a besoin de d'immigration, que c'est une population qui vieillit, elle a besoin d'une population jeune et vous savez il y a aussi il va y avoir crois que c'est en 74 avec Giscard destin, il y a le fameux regroupement familial. Oui. Oui. Et qui va qui va évidemment déclencher une très grosse qui va changer complètement d'ailleurs la structure de l'immigration algérienne parce qu'avant l'immigration algérienne une immigration qui venait travailler et qui reportait en Algérie. Absolument.
32:42 De 74 c'est une ça va fixer parce que les enfants qui naissent en France à ce moment disent à leurs parents nous on est né en France, on est français. Qu'est-ce qu'on va à là-bas dans un pays et cetera ? Bon voilà. Alors euh euh d'autre part, il faut savoir aussi que ça c'est Billor qui qui décrit parfaitement tous ces processus avec des tonnes de documents à l'appui.
33:08 Il y a un deal entre l'OCI, c'està-dire l'organisation de la communauté islamique et les pays européens et la France notamment pour que en échange du pétrole la politique de ces pays deviennent favorable au au pays arabes et aussi reconnaissent la Palestine. C'est c'est du donnant donnant. On vous donne du pétrole et on fait ça. Ça c'est attesté hein. Il y a des documents pour ça. Euh Bâtior a a écrit euh Erabia euh sur ça. Je vais absolument lire ce livre euh pour comprendre qu'est-ce qui se passe en Europe aujourd'hui. Voilà.
33:42 Donc euh pour le l'Algérie donc euh et la France et c'est essentiellement une histoire de de pétrole malheureusement pour Est-ce mais est-ce que d'après vous euh l'Algérie crée-elle volontairement un un risque migratoire et terroriste ? On parlait à l'époque vous parliez à l'instant de de de bâtier or. C'est aussi un peu ce qu'elle dit. cette cet Arabia entra des risques terroristes de la part de de ce que l'on appelle manière un peu vulgaire les islamistes. Moi, j'ai jamais compris quelle était la différence entre l'islam et les islamistes. Mais en fait, est-ce que donc d'après vous c'est une volonté de l'Algérie de euh de par ce par ce risque migratoire de de de favoriser un terrorisme en France ?
34:30 Écoutez, ce qui est clair, c'est que il y a une adéquation entre terrorisme et immigration. Ça c'est clair. Aujourd'hui, 90 % ou 95 % des attentats terroristes euh sont sont le fait de gens qui font partie des migrations qui vient de du monde musulman, ça c'est et et particulièrement de l'Algérie. Euh, il faut savoir que euh quand il y a eu justement quand il y a eu la guerre civile en Algérie entre les islamistes et le pouvoir, il y a énormément de d'islamistes qui ont quitté l'Algérie, menacés soi-disant pour leurs opinions politiques et qui ont été acceptés par la France.
35:15 Donc la France a accepté des des centaines des milliers peut-être d'islamistes euh donc potentiel terroriste en fait qui qui quittaient l'Algérie parce qu'ils avaient ils auraient été arrêtés ou tués par l'armée et ils arrivaient en France et comme ils étaient menacés soi-disant pour donc pour leur opinion et ben voilà ils bénéficiaient euh alors il y a il y a ça vous avez ça et puis vous avez le fait aussi euh c'est c'est comment Vous savez ce que on vient de dire juste avant ?
35:48 C'est-à-dire que à partir de 74, il va y avoir une nouvelle un nouveau statut de l'immigration qui reste en France et qui ne veut pas partir. Les enfants vont être dans un vertige. Moi, j'ai fait un film qui s'appelle Algérie Phantom. J'ai circulé dans toute la France. C'est c'était à la à la enquête de toutes les Algéries qui avaient existé et qui se retrouvait toute côte à côte en France. C'était ça le thème du film. J'avais rencontré beaucoup de à l'époque on les appelait des beurres des jeunes beurrou qui disait qui étaiit euh qui étaiit il y avait ils avaient un sorte de vertige identitaire qui on est.
36:22 Est-ce qu'on est français ? Est-ce qu'on est algérien ? C'était dans un trouble terrible. Certains pleuraient même devant la caméra et euh le les islamistes qui à ce moment sont de plus en plus nombreux en France, il ils sont très intelligents. Ils ont compris que dans que ce trouble devait être exploité euh du point de vue de des islamistes et ils ont fait un petit point véritable quoi.
36:48 C'est-à-dire que vous êtes désormais vous êtes français mais vous pouvez pas être français comme les français chrétiens. les juifs qui sont déjà là, il faut que vous soyez français en tant que musulman. Et donc à partir de là euh il va y avoir un mouvement, on peut dire islamiste qui se développe de plus en plus en France jusqu'à maintenant et c'est assez terrible.
37:11 Et c'est là c'est à ce moment-là que les que les frères et les frères musulmans se sont accrochés au wagon de l'islamisme algérien que j'ai envie de dire. Oui, c'est c'est Oui, c'est vous savez les islamistes algériens, les islamistes algériens d'où ils viennent, c'est les frères musulmans. Bien sûr. Et les frères musulmans c'est c'est comme ça qu'on les appelait en Algérie on les appelait les frérots, hein. On les appelait les frérots. Euh c'est c'est eux c'est eux qui ont cette idéologie euh islamiste qui veut devenir euh qui devait devenir un état hein qui veut une seule solution disait-il en arabe une seule solution à l'islam c'est c'est vient c'est la théorie de des frères musulmans de Hassan Bana Hassan Al Bana absolument oui.
37:56 Pourquoi d'après vous, je rentre je reste toujours dans le dans ce dans ce conflit ou dans ces relations difficiles entre l'Algérie et la France ? Pourquoi le gouvernement algérien donc Teboun et son gouvernement refuse constamment de récupérer les OQTF, c'est-à-dire les Algériens qui sont censés être euh euh qui sont censés quitter le territoire français, repartir chez eux.
38:22 Donc il les Algériens disent "Non, non, on nen veut pas." Mais pour quelle raison d'après vous ? Bon mais là vous savez ça euh cette mesure a été euh enfin l'Algérie la France a voulu se débarrasser d'un certain nombre de QTF. Effectivement c'est au QTF c'est obligation de quitter français. Voilà. Euh ça c'est venu dans la dans l'affaire sans sal, c'est-à-dire que vous savez pour la libération de sans sal, il y a eu deux disons deux stratégies euh il y avait la stratégie douce, c'està-dire on va laisser le quedors gérer l'affaire et obtenir quelque chose.
39:03 Euh et puis face à ça, il y avait la stratégie du rapport de force. C'est-à-dire si on on ne met pas disons le euh la pression Oui. La pression sur le gouvernement algérien, bon Sansal, il va rester en prison. Et donc le l'avocat par exemple l'avocat de de Sansal qui a été par Galimar, c'est un avocat qui a été pris en charge par Galimar qui s'appelle Francis Zimré.
39:30 lui-même a fait une conférence de presse il y a pas très longtemps justement pour dire "Nous avons cru que cette stratégie douce était suffisante. Manifestement, nous nous sommes trompés et aujourd'hui je je ne vois pas d'autre stratégie que le rapport de force et donc je vais déposer un dossier auprès de l'ONU et cetera et cetera." Voilà.
39:52 Alors euh ça alors ensuite le gouvernement français avec monsieur le le ministre de avec le ministre je l'intérieur Armand il saut pas comment faire elle aurait pas voilà euh donc le Retaillot Oui, c'est c'est la bagarre entre les durs incarnés par le ministre de l'intérieur Rota et ceux qui pour une position plus douce, celle du président et de son ministre des affaires étrangères barreau. Oui.
40:28 Toujours est-il toujours est-il que bon après le le quedors on le connaît, c'est un un quedors qui est probe depuis depuis moment de Gaul. Donc euh et ben est-ce que vous est-ce que vous pensez qu' qui finalement bon il a écopé de 5 ans de prison au lieu des 10 requis par le procureur.
40:47 Est-ce que vous pensez que finalement Balemansal va être libéré ? Alors vous savez euh le le procès le le procès le la première partie du procès c'était je crois le 20 mars. Il a eu 10 ans de prison. Bon, on a requis 10 ans de prison pour lui. Alors, c'est je des prétextes incroyables, c'est-à-dire atteindre intelligence avec le MI, déstabilisation, enfin en tout cas l'article 87 B du code pénal algérien qui qui est destiné à ce que l'on on appelle des terroristes.
41:28 Et donc euh euh c'est quand quand on connaît Bohem Sansal qui ne fait pas partie d'aucun qui n'est d'aucun parti politique, qui est d'une extrême gentillesse et douceur, euh il a des opinions mais bon si on est un écrivain qu'on a pas d'opinion, il vaut mieux changer de métier et cetera. Donc euh pourquoi subitement pourquoi subitement le pouvoir euh s'attaquer à cet homme euh alors qu'il aurait pu le faire depuis longtemps ? parce que les déclarations disons très antipouvoir de de son sal elles sont connues. Mais il était tout le temps entre la France, le monde entier parce qu'il promuvait son livre et l'Algérie.
42:09 Il est venu en Israël en 2012. Il a répondu à à la il était invité d'honneur du salon international du livre à Jérusalem. il a accepté de venir et c'était public euh parce qu'entre parenthèses, il y a beaucoup de d'intellectuels arabes qui viennent en Israël mais euh euh il ne le déclare pas, hein.
42:29 C'est moi incognito euh et lui non. Euh donc normalement euh venir en Israël euh c'est la prison hein. Normalement est-ce qu' est-ce que d'après est-ce que d'après vous finalement avec les pressions et la et et et la politique douce ou pas douce dure ou pas dure, est-ce que finalement les le gouvernement algérien de Teboun va libérer son salle d'après vous ?
42:51 D'après vous ? Alors bon, ce que je disais c'était que le le la première partie du procès c'était le 20 mars, une semaine après, il y a eu le verdict dans un procès qui a duré 20 minutes euh et on lui a collé euh 5 ans. Euh voilà. Et à partir de là, euh cette précipitation, si vous voulez, euh a été analysée par certains comme la possibilité que sans sal soit libéré au moment de laï.
43:24 le petit la fête de la fin du Ramadan qui vient de se passer là ces jours-ci et euh manifestement les laï est déjà passé aujourd'hui. Il y a pas eu de grâce comme prévu. Certains disent à ce moment-là il y a une date de rattrapage, c'est le 5 juillet parce que c'est la fête de l'indépendance.
43:43 Mais euh moi je je suis pas très optimiste. Il y a quelque chose qui pourrait aller dans ce sens par contre et c'est d'abord qui est matérialisé par une conversation téléphonique qui a eu lieu ces jours-ci. On est quel jour aujourd'hui ? Le le 2 avril, je crois. C'est le 31 mars, il y a eu une discussion téléphonique entre Macron et Teboun. Boun qui venait de déclarer un jour ou deux avant que pour lui le seul interlocuteur valable c'était Macron, le président de la République ou bien son son ambassadeur, c'est-à-dire son ministre des affaires étrangères.
44:24 Et euh alors est-ce que ça ça ça et cette conversation téléphonique euh Macron a parlé de son salle et il a fait appel à son humanité et cetera et en tout cas ils ont pas parlé du ils ont dit que il fallait se rencontrer, que il fallait sur le plan économique, il y a des tas de choses à faire ensemble et cetera et cetera et ils n'ont pas parlé du tout du problème du Sahara occidental hein.
44:48 Vous rappron Macron qui euh Ouais. avait euh avait déclaré que la la marocaité du du Sara occidental et tout d'un coup, c'est plus une question euh euh d'importance. Alors, peut-être peut-être que il y aura mais si vous voulez en dehors de la pression parce que là je crois que l'Algérie a a vu que il y avait quand même que la France elle elle avait des menaces assez sérieuses que ça pouvait être grave pour l'Algérie.
45:21 D'ailleurs, on parle on parle d'une calmie ces derniers jours depuis hier. Oui, mais il y a aussi un autre une autre chose dont j'aimerais pouvoir parler, c'est que euh si vous voulez l'arrestation de Boem Sansal a mis sur le devant de la scène le fait que en Algérie, il y a des milliers de gens qui sont en prison pour leurs opinions politiques et bon et c'est essentiellement et c'est essentiellement des cabiles euh et il y a 38 condamnés à mort parmi eux. Donc ça c'est important.
45:52 Et toutes ces choses si vous voulez c'est avec le le le l'arrestation l'arrestation de sans sal a mis sur le devant de la scène ça et du coup maintenant le pouvoir en Algérie est est sur la la comment dirais-je ? Il est en train de s'apercevoir qu'il a fait un mauvais calcul en en arrêtant sans salle que c'est en train de on a jamais parlé autant des cabiles.
46:16 Il y a eu des émissions sur France 2, sur BFM TV et cetera parlant de la revendication des Kabille pour l'indépendance qui est le président d'ailleurs le président du gouvernement en exil Kabille qui s'appelle Ferhat Meni euh a été il est il est il est domicilé en France et donc tout ça voilà je crois que c'est une des raisons si sans sal est libéré assez précocement si si on peut dire euh je pense que ça ça fait partie des des raisons explicatives.
46:52 Faudra d'ailleurs qu'on reparle un jour ensemble euh de des cabiles de l'Algérie et des cabines de l'Algérie et des Juifs. On a pas trop le temps de revir. Ce sont de deux thèmes importants, mais euh on aura certainement l'occasion de de reparler de cette de tous ces thèmes et même de l'Algérie. En tous les cas, merci de vos éclaircissements Jean-Pierre Yed et un dernier voulais dire un dernier mot, c'est ça ? Je je vous laisse le dernier mot. Euh ben écoutez, le dernier mot c'est sans ça. Est-ce que vous êtes optimiste ? Est-ce que vous êtes optimiste dans les relations entre l'Algérie d'aujourd'hui et la France où ça ça va encore être ?
47:31 On a parlé d'ailleurs de cette je veux pas en parler tout de suite, on aura peut-être l'occasion d'en reparler de cette commission mixte d'historien enfin et on a l'impression si vous voulez que ce passif colonial ne va jamais s'arrêter qu'il y a une espèce de rente mémorielle. Oui, cette rente mémorielle c'est Macron qui en a parlé je crois en 2021. Il s'adressait à des jeunes euh des jeunes pied noirs d'ailleurs, je crois et des jeunes archis et cetera. Et il leur avait parlé de ça. Il leur avait dit "L'Algérie fonctionne avec cette honte, cette rente mémoriale et elle est basée sur un système militaire.
48:05 C'était explosif hein à l'époque le la G avait ramené son ambassadeur et cetera et cetera." Donc là, c'est c'est ce que je vous disais tout à l'heure euh quand on a parlé de l'idéologie nationaliste de la nécessité pour l'Algérie de de disons de de remettre à chaque fois sur le le tapis la question du de disons de la colonisation hein.
48:32 En s'adressant à des gens qui aujourd'hui les gens qui ont vécu la colonisation sont en train de mourir. Les jeunes savent tant en Algérie que en France, ils connaissent vraiment pas cette histoire, mais l'Algérie remet à chaque fois ça sur le plat en quelque sorte. tout simplement tout c'est c'est toujours pour qu'elle ça veut dire qu'elle est en état de faiblesse, ça veut dire qu'elles se sont menacées et il y a la seule chose qui peut encore elle elle espère du moins elle escomte euh que c fasse disons euh arrêter un processus disons euh vers la révolution disons vers l'explosion vers la révolte parce qu'il y a des trop trop de raisons en Algérie pour qu'il y ait la révolte hein de la jeunesse.
49:17 Bon, c'est pas pour rien qu'elle veut quitter l'Algérie. Si si les portes étaient ouvertes, il y avait pas besoin de visa pour les États-Unis ou la France. C'est tous les tous les tous les les jeunes ce serait une subversion une submersion miratoire en fait. C'est c'est c'est c'est c'est alors voilà, il y a il y a ça et un historien euh l'historien français mais enfin il est juif d'Algérie, Benjamin Stora, c'est quelqu'un qui justement fait beaucoup de mal dans ce sens où euh il se veut quasiment l'ambassadeur l'ambassadeur idéologique de la France.
49:54 euh il reconnaît pas, il veut il il le discours de de Stora est un discours qui est calqué sur le nation le discours du nationalisme algérien. Alors euh avec ça et et je ne comprends pas pourquoi Macron on a fait son historien officiel puisqu'il lui avait confié à faire un rapport sur la relation comment gérer les problèmes de la colonisation.
50:18 fameuse commission mixte d'historien. On a l'occasion d' d'en reparler un véritable un véritable sujet sujet également des archis le sujet des juifs et de et de l'Algérie, le sujet pas simplement c'est le problème de Benjamin Stora qui est lui-même juif Algérie d'algéorigine algérienne de Constantine mais également les berbères et les Kabiles beaucoup de sujets on aura l'occusion d'en reparler.
50:46 Merci Jean-Pierre Yed d'être intervenu pour une fois et pas la dernière sur Tandem TV. Euh et donc à très bientôt pour reparler de tous ces sujets parce que il nous faut encore au moins une petite heure. Merci beaucoup, à très bientôt. Merci à vous et au revoir à vos auditeurs. Au revoir. Merci. Au revoir.
51:08 [Musique]