0:17 Bonjour et bienvenue sur Tandem TV. J'ai le plaisir et l'honneur d'être avec Raphaël Becache qui euh a sorti un livre le le combat infini. Raphaël Bek de de Tsahal et qui apporte un témoignage poignant d'un d'un franco-israélien qui il y a 2 ans s'est retrouvé à Gaza. Alors, il va nous expliquer d'ailleurs comment il s'est il s'est retrouvé à Gaza il y a 2 ans. C'était donc le 7 ou le 8. Je crois que c'était plutôt le 8. nous dira exactement la date. Raphaël Becach, vous êtes en fait un réserviste de salle et donc vous avez écrit ce livre puisque vous avez dit quelque part, je crois dans votre intro, "J'ai été invité de la pire des manières à vivre l'histoire à l'écrire."
1:03 Euh c'est c'est carrément un testament quoi. C'est une voulais dire par là. C'est-à-dire que en écrivant ce livre, je voyais une très grande importance à faire un travail au final de mémoire euh sur ce que on est en train de vivre, ce que ce que nous avons vécu notre génération en tant que réserviste, en tant que combattant lors de cette guerre.
1:25 Alors euh bon, effectivement, on peut le prendre de manière un peu rigolote sur le testament, mais effectivement, c d'essayer de se rappeler de ce qu'on a vécu en tant que juif. C'est quelque chose qu'on a très souvent. Te rappelle de ce qui s'est passé il y a 2000 ans, il y a moins de 2000 ans.
1:37 Toutes nos fêtes sont comme ça. Euh et pour moi, je pense que là effectivement le 7 octobre et cette guerre euh qui j'espère arrive à sa fin, on a vécu quelque chose qui va marquer l'histoire juive, qui va marquer l'histoire d'Israël et c'est important de se rappeler des détails malgré tout avec le temps comme tout le monde en oublie.
1:57 Mais c'était pour important, pas tout à fait à chaud, mais pas non plus après trop de temps, d'écrire, de mettre les mots et d'expliquer ce que j'ai vécu, ce qu'a vécu ma génération pour ne pas l'oublier, pour mieux apprendre de ce qu'on a vécu et de pouvoir s'améliorer. Al, j'ai donné une date, mais je me suis peut-être trompé. Euh, comment ça a commencé ? Vous étiez en France, je crois, le 7 octobre. Vous apprenez comme tout le monde par la radio ou la télé des choses en Israël et il se passe quoi ? J'étais j'étais en France avec une délégation de de Diplo Act pour ceux qui connaissent.
2:29 Diplo act, non, on sait pas ce que c'est dans Diplo Act pour ceux qui connaissent pas, c'est une organisation qui combat l'antisionisme et l'antisémitisme en France en essayant de montrer comment défendre Israël, d'expliquer l'histoire israélienne. La sbara quoi, comme on dit, c'est de la la sbara. On n'aime pas ce terme parce qu'on n'est pas là pour seulement expliquer mais aussi pour affirmer notre point de vue. Donc on essaie d'éviter le terme d'Azbara. Allez, on diraisse un peu, on va vers Mais c'est intéressant. Ouais. Alors, ce qu'on fait ce qu'on fait ce qu'on faisait alors j'en fais plus partie mais j'étais un des cofondateur et j'y étais encore à cette époque-là, c'est d'aller dans les universités déjà surtout c'était la but au début.
3:06 aujourd'hui, c'est aussi d'aller dans la communauté juive et de donner des outils sur comment répondre à ces questions difficiles, donner de la connaissance parce qu'au final, il y a pas de meilleur argument que l'histoire d'Israël et la vérité du terrain. Et c'est exactement notre but de l'amener cette vérité, de l'expliquer pour que les gens sachent mieux comment répondre à des accusations de temps en temps très difficiles. On a pu voir des étudiants, j'ai reçu après le début de la guerre beaucoup de messages d'étudiants qui étaient totalement séparés de leur cercle social qui était se retrouvit sans amis, sans personne parce qu'ils étaient juisses et du coup le demandé des explications sur Israël mais tout le monde n'est pas obligatoirement intéressé par Israël et un un grand connaisseur de cette question justement.
3:45 Du coup, il y avait cette ce besoin de donner ces outils. Donc vous étiez à Paris délégation et il se passe quoi ? message on vous appelle le 7 octobre matin euh donc c'était un shabbat je reçois un appel même Zatora effectivement je reçois un appel de mon de mon officier euh en France à ce moment-là il est 5 6h du matin donc je réponds un peu énervé il est chez Batin je comprends pas ce qu'il me veut et il me demande directement est-ce que tu es prêt direct direct de prê je lui demande il serait il sait que vous êtes en il sait pas du tout donc moi je lui demande pourquoi pourquoi qu'est-ce qui se passe réponds énervé, regarde les Tu es pas en Israël.
4:24 Non, regarde les infos et rappelle-moi. Non, il raccroche. Je vais j'allume la télé, je vois les horreur, j'ai tous mes tous mes amis, je viens d'Israël, j'habite ici. Donc tous mes amis qui envoient les vidéos que je regrette encore jusqu'à aujourd'hui d'avoir vu et je comprends ce qui se passe et de part ma compagnie, je comprends aussi qu'on va être comprenez ce qui se passe c'est-à-dire que c'est c'est c'est je comprends pas tout le détail mais je comprends que c'est la guerre.
4:46 D'accord. Ce qui est sûr, c'est que je comprends, c'est la guerre et je comprends que mon unité, ma compagnie sera appelée. Donc je rappelle mon officier, je dis immédiatement je suis prêt. Et très rapidement, je rentre dès le lendemain en Israël. Vous avez pu retrouver un avion, vous organisez. Il y avait Oui. Et là, le organiser pour les réservistes plus rapidement des vols pour de rapatriement. Donc, c'est ce qui s'est passé pour moi. Et je directement rejoint ma compagnie. Euh et donc effectivement dès le lendemain, j'étais déjà avec ma compagnie et à l'archonine donc au centre d'Israël qui était notre base.
5:18 Bah moi je suis tankquiste, donc c'est là où il y avait nos tanks et toutes nos affaires et on a été du coup après dans cet entrepôt. Vous partez pas à la guerre tout le temps, tout de suite évidemment. Euh donc vous êtes organisé, je vais pas rentrer dans les détails, c'est c'est c'est pas du tout le le but, c'est de savoir comment après une fois ce jeune français, vous avez quoi 23 ans à l'époque ?
5:38 24 24 23 vous avez 23 là vous avez 2 ans de plus aujourd'hui. C'est toujours le jeune français franco-isralien. Hm hm. Qui est en France, on lui dit "Attention, c'est la guerre, vous partez." Et et vous pensez à quoi tout d'un coup ? Qui vous vous pensez à la mort ? Vous pensez On pense à survivre. À survivre. La discussion effectivement le le la préoccupation principale c'est comment on rentre en vie et c'est tout ce qu'on va faire du coup. Comment on rentre en comment on rentre en vie ? Comment on fait la mission ?
6:08 Oui. Et comment on arrive à rentrer en vie après cette mission ? Et c'est pour ça que les premières choses qu'on va faire dans ma compagnie, c'est de se professionnaliser au maximum. Un des exemples que j'aime donner et moi au début de la guerre, j'ai on comprends pas la se professionnaliser euh l'argent est une armée professionnelle quand même.
6:26 Oui. Oui. Non, c'est-à-dire que Tal est une armée malgré tout qui est faite de de de citoyens qui font leur services militaire et certaines choses sont faites très rapidement. Je suis chef de tank. Euh chef de tank dans l'armée américaine, ça prend plusieurs années. En Israël, en en un an, on peut être chef de tank comme vous. Donc il y a certaines choses qu'on connaît pas obligatoirement professionnellement. On a jamais fait la guerre pour oublié peut-être. Voilà. Donc au début de la guerre, j'ai commencé en tant que rechargeur.
6:47 Après, j'étais plus tireur et en tant que rechargeur, pendant tout mon service, par exemple, je rechargeis plutôt lentement. Euh mais c'est assez énervant, embêtant de de charger des obus, c'est lourd. Euh donc pendant mon service, je faisais le minimum pour devenir chef, pour avoir ce qu'il fallait, mais j'étais pas obligatoirement le meilleur rechargeur.
7:06 Là, je comprends que le fait de charger lentement, ça peut nous coûter la vie tout simplement. Donc dès le moment où j'arrive, je prends mon officier, c'est même dans un temps qu'il faut être rapide quoi. Faut être rapide. On a eu des événements à Gaza qui ont été de ce genre-là. On a eu des événements, on a dû tirer 3 qu au rebus en 10 15 secondes. Faut faut les charger dans ce temps-là. Et du coup, j'ai pris mon officier et je lui dis maintenant on sort pas du tank tant que je charge pas rapidement. Et pendant plusieurs heures, j'ai chargé sans arrêt que vous êtes arrivé en Exactement.
7:35 Donc c'était cette réflexion là. La deuxième chose, c'était ass de comprendre qu'est-ce que la guerre. On a entendu parler. Là, on va y arriver. Dans ma compagnie, on a eu la chance d'avoir des gens qui avaient déjà combattu pendant bordure protectrice qui est une opération très différente. Mais on a voulu écouter vers où on arrive, quels sont et comment comment ça se passe ? Vous parlez, c'est un silence de de plédrage. Non mais mais euh vous vous regardez vous non en fait, il y a eu une très mauvaise ambiance très rapidement. La guerre étant difficile, on a aussi eu alors là il y a Mataneng qui est rentré, on peut enfin en parler un peu plus mais on a eu toutes ces toute l'histoire qui lui est arrivé le 9 octobre le chef Engert, je crois que c'est un non un des otages qui a été calé dernièrement. Oui.
8:22 Et on a toute l'histoire qui se passe. Quand on entend cette histoire, on comprend que le Hamas a préparé son opération, que le Hamas est extrêmement professionnel et on comprend aussi qu'il connaissent absolument toutes techniques de guerre. Toutes. On nous dit donc que vous le comprenez ou on vous le dit ? On nous le dit. On nous le dit même, on nous dit à partir de maintenant, on n' pas d'autres solution. Débrouillez-vous. Débrouillez-vous. Débrouillez-vous. Changez tout votre technique. Ne faites plus ce qui est prévisible.
8:48 Et débrouillez-vous. Et on a évidemment les vidéos de tout ce qui s'est passé avec Mathan et son tank. Évidemment les autres sont ont tous été tués moment. C'était à moitié vrai parce que cette opération c'était surtout la Nourba qui l'avait fait qui l'opération lui était spéciale du Hamas. Donc c'est pas vraiment ce qu'on a vu majoritairement les command du Hamas. Exactement. Mais qui ont du coup été quand même nettoyé dans les combats juste après le 7 octobre et le 7 octobre. Et du coup, il y a une ambiance qui assez difficile. Notre chef de compagnie le le ressent et un le premier vendredi soir prend toute notre compagnie, peut faire un cercle après le repas, ne dit maintenant chacun dit ses craintes et chacun dit ses pensées.
9:27 C'est carrément on est chez le psyc, on est chez le psy mais c'est une partie extrêmement importante de la guerre et c'est ce que je sais. Le chef de compagnie, il travaille de psyque. Oui, totalement. Mais parce qu'il comprend que l'état mental, l'état psychologique du combattant, vous êtes tous réservé. important, on est tous réservistes et certains ont des Il y en a le plus âgé de ma compagnie a combattu à la deuxème guerre du Liban. Donc il y a vraiment des gens qui de tous les âge. Mais on n'est pas des pions quand on va faire la guerre. On est des humains avec nos états d'âme, avec nos pensées, avec nos craintes et si on ne les gère pas, si on parle pas, on ne peut pas faire notre travail comme il se doit.
10:01 Et justement dans chef de compagnie, j'ai j'ai de la chance d'avoir un très bon chef de compagnie a eu cette intelligence d'en faire parler et là-dessus justement on a entendu du coup ceux qui avaient déjà fait la guerre qui nous ont expliqué les craintes ce qu'ils ont pensé leur retour aussi comment ça s'est passé et après on s'est senti plus près à ce qui nous attendait plus près au combat et on a eu pendant 3 4 semaines moi même euh des entraînements militaires pur et dur euh des de faire des des opérations militaires qu'on avait d'une ampleur que j'avais jamais fait pendant mon service avec un nombre de soldats qu'on avait jamais eu pendant de mon service parce que c'était ça avant que vous rentrez avant qu'on rentre et ça se passe en plus un archonyme qui est du coup au centre d'Israël c'est vraiment pas une base qui est faite pour ça les bases d'entraînement sont d'habitude dans le négève on était pas du tout dans le néguève mais on se prépare tous et c'était vraiment notre seule préoccupation notre chef de régiment a fait dans sa première prise de parole c'était un jeune ou c'était le chef de régiment non non c'était pas c'était pas un jeune, c'était un non non c'était un plutôt ancien mais qui nous a dit vous avez deux missions vaincre le Hamas et rentrer à la maison et ça nous a marqué et tenu effectivement c'est ce qu'on a fait jusqu'à notre rentrée à Gazain.
11:17 Alors Justin, vous vous rentrez chez vous une fois que vous rentrez à la maison, c'est ce qu'il vient de dire et vous allez le faire. Et comment ça ce retour à la maison avant de rentrer à Gaza ? rentrer chez vous. Alors et ça se passe comment avec la famille ? Parce que vous êtes déconnecté là, vous avez été entraîné, vous êtes dans dans le temp et en dehors du temp, vous êtes dans un cadre complètement militaire, vous vous pensez à la guerre, à la mort. Je je pense moi ça m'est jamais arrivé mais et puis tout d'un coup vous rentrez chez vous, qu'est-ce qui se passe ?
11:46 d'une douche à droite. Les premières semaines effectivement il y a une déconnexion qui est totale et ça arrive dès la première visite de ma famille à la base. C'est eux qui sont venus eux qui sont venus pour la première fois mais les sujets discutés étaient totalement déconnectés. C'est dire qu'on parlait déjà mais qu'est-ce qui s'est passé cette qu'est-ce qui s'est passé le 7 octobre où on a où on va qu'est-ce enfin une réflexion. On était pas dans la réflexion, on était dans la réaction et on était dans la préparation et du coup il y avait effectivement une énorme déconnexion.
12:13 Ensuite, moi j'ai une histoire, j'en parle plus longuement dans le livre, mais nous on était le premier tank de ma compagnie à devoir rentrer. Mais mon officier le premier tank à devoir rentrer. Ouais. Et c'était on avait on était on a été rapatrié en compagnie où des gens avaient été un tank avait été blessé, fallait remplacer le temps blessé.
12:28 C'est mon temps qui était censé aller remplacer le temps que blessé. OK. Sauf que rappelle que tout ceci vous le retrouvez dans son livre. Je vais présenter le livre quand même avant qu'on oublie hein. C'est surtout un livre internet parce qu'il est chez il est disponible sur Amazon. Mais enfin voilà le livre le combat infini. Je parlerai pas du titre parce que peut-être vous le direz à la fin pourquoi infini. Alors voilà le temps que vous donc vous vous retrouvez on se retrouve donc on va pour rentrer. C'est à l'époque où on sait pas encore qu' a des qu' a des combats.
12:57 On croit qu'Israël n'a rien fait. Ce qui était faux, Israël faisait ce qu'on appelle des ouvertures de terrain parce que tout était miné à Gaza. Donc avant de rentrer, il faut déminer les routes pour pouvoir rentrer avec les blindé. Donc il y avait des opérations fameux les gros engins là et les gros bulldozer effectivement ce qu'on appelle les D9 qui faisaient notamment euh ce travail de déminage.
13:15 Mais du coup c'est des opérations très complexes et on est appelé à faire ça. Donc on va pour le faire le matin. On a le la veille, on se prépare au mieux qu'on peut. On dort en sachant que le lendemain rentre à Gaza. L'opération est prête. On sait exactement où on rentre, quel temps que tout est prêt.
13:30 Le matin quand on se réveille, mon officier qui avait combattu pendant bordure protectrice quelques années avant avait fait en fait bordure protectrice et oui qui opération 2014 et se réveille pas, il arrive après bien en retard en t-shirt, les cheveux bourrissés et en fait on comprend qu'il a un poste trumate simplement 2014 qui n'a pas été traité.
13:52 Ça lui cause des migraines énormes. Ce qu'on avait déjà vu pendant les premières semaines de la guerre, on avait pas mis le doigt dessus et qu'il est juste pas apte en fait. C'est que l'officier qui doit diriger qui doit le temp il est pas apte, il est derrière post truma. Mais exactement, c'est c'est malheureusement la situation de de beaucoup de gens. Du coup euh il a été viré par l'armée évidemment mais du coup notre il y a plus d'officiers. Il y a plus d'officiers. Notre équipe du coup est renvoyée à la maison le temps qu'on comprenne ce qui se passe.
14:19 Ouais. Alors, ce retour là était particulièrement violent parce que je me lève le matin en me disant je vais combattre dans une opération qui est encore considéré secrète euh et dans une opération je sais qu'il y a des risques où je remplace des gens qui ont été blessés. Je remplace un temps qui a été touché. Oui. Et je me retrouve l'après-midi dans ma chambre d'ados parce que je vais chez mes parents à regarder le plafond. et dans un silence total sans savoir qu'est-ce qui va se passer le lendemain. Et là effectivement, cet écart était extrêmement grand.
14:51 C'est là où j'ai décidé jusqu'à jusqu'au moment où je vais être rappelé de partir chez moi à Bercheva mais j'habite dans un quartier qui un quartier étudiant et les cours avaient pas repris. Et donc je m'attendais à rentrer dans un quartier qui soit totalement vide vu que les cours n'ont pas repris et il y a aucune raison que les gens soient là.
15:07 Et en arrivant à Bercheva pour un peu m'éloigner de tout pour pouvoir être dans ma bulle, je me rends compte que c'est pas vrai du tout. Il y a plein de combattants comme moi qui pour rester dans cette bulle-là sont revenus à ce quartier-là et au final dans le quartier, on était que des réserviste euh qui ont eu ce besoin de s'isoler le temps de se préparer au combat futur.
15:32 Et puis arrive l'entrée vraiment dans Gaza. Hm hm. Alors ça sans divulguer les secrets militaires parce que je tout ceci va être je suppose de regarder par la censure non je plaisante mais enfin je veux dire euh vous ne divulguer aucun stocker militaire dans votre vie mais ce que je veux dire c'est comment ça se passe pour rentrer dans Gaza ça y est comme on dit moi c'est fait en deux étapes comme encore une fois mon officier était expulsé de l'armée j'ai commencé d'abord pas de remplaçant donc vous êtes tous non il y a pas de remplaçant les les c'est un des gros problèmes de l'armée il y a un manque de soldats encore jusqu'aujourd'hui ou euh donc j'ai commencé en étant dans ce qui s'appelle les centres de contrôle.
16:05 Euh comme j'ai une expertise, je suis un expert en tir d'Obus et j'ai d'autres expertises de ma carrière militaire considéré comme plutôt apte à faire ça. Donc j'étais pendant une semaine et demi dans ce centre de contrôle. Ce qui a fait que j'avais une connaissance, j'en parle dans le livre, ça permet de voir et de comprendre beaucoup de choses sur la manière d'Israël d'opérer, mais vous le verrez effectivement dans le livre.
16:24 Euh mais ça faisait que je connaissais très bien l'endroit où je rentrais vu que je l'avais étudié de de j'arrivais, il y a une sorte de Google Earth militaire qui permet de rentrer dans Gaza. Du coup, j'avais fait toute la zone des centaines des dizaines et centaines serait abusé mais des dizaines des dizaines de fois je connaissais par cœur chaque recoin reviérée.
16:43 Et du coup quand je rentre à Agaza, je rentre dans un quartier que je connais bien. Une des choses qui a était très bien par l'officier avec lequel je rentre par contre, c'est que je rentre avec la réflexion du 7 octobre et donc je rentre en fermant tout le temps qu'en étant d'une option très défensive.
16:59 Mais c'est justement le genre de chose qui peut amener des traumatismes et mon officier me dit dès le début me dit non tu ouvres. J'étais encore au chargeur donc au chargeur on peut sortir du temps. Tu ouvres le toit, tu regardes un peu autour. Ouais. Ouais. Alors c'est prendre un petit danger. On peut se faire tirer par des snipers ça qui faut être quand même très bas. Mais ça permettait aussi de comprendre ce qu'il y avait. Et au bout de 5 ou 10 minutes d'orgaza, on a notre câble pour tirer le tank au cas où le tank se retrouve dans une mauvaise posture qui tombe.
17:29 Il était mal attaché qui tombe. Mais du coup, il faut quelqu'un qui aille récupérer le câble. Le rôle celui qui est responsable de ça, c'est le rechargeur. Vrai film de guerre que vous me racontez. C'est pas les pile ça se tire bien de quelque chose. [rires] Mais et du coup au bout de 5 10 minutes, je me retrouve tout seul au milieu de Gaza. Vous êtes à remettre, je suis sorti du tank évidemment à remettre le câble de guerre avec mon mon officier qui tirait sur tous les côtés au cas où quelqu'un aurait l'idée de de s'approcher ou d'essayer de me tirer dessus.
18:00 Et du coup, ça fait une entrée assez rapide euh dans le sur le terrain et de là dans l'ambiance tout de suite quoi. On a l'ambiance directe effectivement. Et de là donc on a commencé notre notre temps, c'était à Hanunes pour la première opération. Et puis donc euh vous allez ressortir, revenir euh au combat.
18:21 C'est comme ça c'est y a des allers-retours. Pourquoi ? Pour faire pour vous reposer ou exactement, il y a des allersretours pour nous reposer. Et encore une fois la fin, on vous remplace, il y a quelqu'un qui je suppose il y a il y a vraiment un turnover qui est qui est effectué.
18:31 Genre là, la fin de la guerre est encore plus extrême. On est arrivé à quelque chose, une semaine, une semaine, mais c'était pas le cas au début de la guerre. Mais il y a effectivement un turnover encore une fois parce qu'on comprend l'importance de la psychologie de la personne et de la préparation mentale.
18:45 Euh j'ai une histoire un peu rigolote que je raconte dans le dans le dans le dans le livre ici comme ça ça va faire mais maising mais pour comprendre j'ai a il y a une personne de ma compagnie qui était chauffeur de tank et le chauffeur de tank quand il se pose souvent ils vont ouvrir leur toit pour respirer un peu.
19:03 Ouais c'est dangereux ça va ça ça dépend. Il y a pas eu beaucoup de problèmes avec ça. Mais j'ai peur Bour, c'est Ouais. Ouai mais non, ça souvent c'est justement quand l'opération est finie et il savait pas mais dans la maison à côté avait des il y avait des soldats de salle et les soldats de salle pour faire leurs besoins, ils font dans des bouteilles qui sont dans les trous de des trous de de balles de de fusil euh du dans les murs.
19:24 D'accord. Personne donc urine dans ce mur et ça coule à côté du mur et donc sur cette copain qui avait ouvert son toit et qui se prend tout sur la tête. à ce moment-là, il fait une crise logique. Oui. Et il y a besoin de le sortir. Ouais. Parce que psychologiquement, il est plus hate à combattre.
19:43 Alors ça, c'est une manière rigolote de voir ça. C'est quelque chose qui revient de manière constante sur comment on fait pour que les gens quand ils combattent sont vraiment que là-dessus et sont reposés, sont prémentalement. Et c'est pour ça qu'il y a effectivement des turnovers et qu'on rentre on se rend. Mais vous dites d'ailleurs quelque part aussi que le but de ce livre c'est de c'est c'est aussi d'humaniser d'une certaine façon la guerre. Et en réalité cette cet épisode de de de de de ce pipi sur la tête de ce pauvre tankquist, c'est c'est c'est la vie.
20:14 C'est on trouve l'humain quoi. Exement. En fait, ce qui était pour moi très important dans ce livre, c'était de ramener à cette guerre ce qu'il se passe avec les combattants. Trop de fois, on parle de l'intérêt macro stratégique de la guerre qui est souvent évident, mais on parle pas assez du micro de ce qui se passe chez les combattants même.
20:37 Moi, je suis un grand fan d'échec. J'ai été joueur à ton niveau et prof d'échec. Et je dis que c'est une très mauvaise analogie de le comparer justement aux échecs parce qu'aux échecs quand on va sacrifier un pion ou une pièce si ça nous permet de gagner c'est pas grave à l'inverse c'est la bonne chose à faire en guerre quand on demande à des gens d'aller faire la guerre il y a des effets à cela et il y a des des choses qui resteront pour toute la vie à ces soldats là c'est ce que je voulais je voulais vous me tendez une paire je voulais y arriver en fait euh vous vous parlez euh de de ce de ce mal terrible qui est en train d'arriver mais qui va arriver, qui va se développer, c'est les postraumas de tous ces ces réservistes euh et de tous les soldats euh c'est un et puis même des suicides. Qu'est-ce que comment vous expliquez tout tout ? Je sais vous venez de le dire mais c'est c'est énorme quand c'est postraum on parle de 10 ou 20000 personnes soldats ou oui et ce qui est important noter c'est que quand on parle du postraum on parle de la frange très extrême.
21:40 Les suicides évidemment encore plus mais c'est une frange très extrême mais il y a tout un spectre avant ces cas-là. Oui. Et que toute personne qui va aller combattre aura des conséquences euh sur sur sa vie, sur son retour. Une des choses dont je parle notamment dans le livre, c'est quand on rentre quand on rentre du front, il y a un mois lors duquel notre cerveau est en descendre d'adrénaline.
22:04 Lors de ce mois-là, on fait des cauchemars, on est beaucoup plus sensible, on a des problèmes de concentration et beaucoup de choses dans le genre. Beaucoup de gens ont eu des problèmes du coup à rentrer à leur travail et travailler beaucoup moins bien, était beaucoup moins concentré, avait plus de mal à travailler dans le bruit.
22:21 Et donc c'est quelque chose à laquelle il va falloir vivre et comprendre la société israélienne. On va devoir vivre avec des gens avec les postes trauma malheureusement c'est quelque chose qui est extrême. Effectivement j'ai très peur que dans les 2 mois ou mois après la fin de la guerre risque d'y avoir une énorme explosion et les suicides qui vont avec.
22:39 Car malheureusement pour être honnête il y a pas eu euh une vraie aide et des vraies actions qui ont été mises en place pour aider les soldats là-dessus. Et en plus de ça, il y a tous ceux qui ne sont pas postromas et qui ne vont heureusement pas se suicider, mais qui vont venir avec des difficultés, que ce soit ceux qui ont perdu leur travail.
22:58 Là, j'étais ma dernière mes dernières réserves que j'ai fini là il y a 2 mois. un/ers des hommes mariés de ma compagnie ont divorcé en 2 ans. Donc il y a aussi un aspect familial extrêmement fort. Sans parler du boulot, ça sans parler du boulot, sans parler de tout. Et pour pouvoir le gérer, pour pouvoir le comprendre, pour pouvoir faire les actions qu'il faut, il faut comprendre ce que les réservistes ont vécu. Et c'est le but de ce livre. Le but de ce livre, c'est par mon expérience qui est une expérience comme beaucoup d'autres, de permettre aux gens de comprendre qu'est-ce que c'est de vivre la guerre et comment après mieux gérer ça.
23:35 Comment gérer les effets de la guerre quelque part ? Parce que la société israélienne, là on parle de guerre de renaissance, ça vient d'être retrouvé, on est qu'au début de cette renaissance. On a encore un grand travail à faire et pour faire, il faut le comprendre. Et malheureusement qui m'a poussé à faire ce livre et que j'ai eu la sensation que dans le monde politique israélien de toutes parts, opposition comme coalition, ce sujet-là était totalement mis de côté. Oui, parce que vous dites les politiques sont déconnectés totalement.
24:04 Ils sont totalement déconnectrés de ce que vivent euh les réservistes sont très occupés à euh prouver que leurs actions, chacun de son côté sont celles qui vont aider. et personne ne regarde ce qui font les actions euh qu'ils demandent ou qu'ils ordonnent et ça risque de poser des problèmes. Donc effectivement, c'est de faire comprendre cela et de permettre à la société israélienne après de mieux réagir avec ça. Voilà, un livre ce que c'est c'est plus qu'un livre que je le disais, c'est un vous vous écrivez un témoignage, c'est c'est le témoignage d'une expérience personnelle de la guerre.
24:42 Donc c'est c'est quelque chose que que qu'on a on rentre d'ailleurs dedans comme si on était nous me rappelle un film qui qui s'appelait Beaufort euh qui parlait de la guerre du Liban numéro 2 où tout se passait dans un tank. Je sais pas si vous l'avez vu. Dans tous les cas, on a la même impression que d'être avec vous dans ce tank, d'être avec vous dans la guerre, mais on on narrive pas parce que on nous on communique pas assez, pas vous, le l'état d'Israël sur ces post-t-umas qui sont dramatiques quoi.
25:15 Et ça et c'est et c'est pas fini. La guerre n'est pas terminée, même si on parle de renaissance ou de de résurrection, de résurrection de quoi je ne sais pas. Enfin, la guerre n'est pas terminée, mais les post-traumas, ça ça va ça va durer combien de temps ? Ça peut durer toute la vie. Un post-t-Roma, ça se soigne pas. Alors, moi j'ai la chance de ne pas en avoir, mais un postraum, ça ne se soigne pas. Euh donc, pour ceux qui qui en auront, malheureusement, ce sera à vie. Il faudra apprendre à vivre avec et et trouver que faire avec.
25:42 Mais mais effectivement ce qu'on peut faire aujourd'hui pour les éviter euh c'est effectivement d'être plus à l'écoute de cela et après aussi de faire une pression. C'est ce que j'espère pour les dirigeants et les futurs dirigeants, euh d'aider les réservistes de faire des vraies actions en amenant des aides technologiques, des aides au travail.
26:04 Euh j'ai un ami là il y a pas longtemps qui un postrauma. Oui. Et qui parle du coup du problème qu'il a par exemple d'être dans une réunion. Il a explique que dès le moment où une porte s'ouvre et se ferme dans une réunion, il est totalement déconnecté. Mais du coup, il faut des des aides d'état qui viennent aider ce genre de personne à se réinsérer dans la société. Mais encore une fois, la première chose avant de rentrer dans ces débats là, euh c'est de comprendre, c'est de comprendre ce qui se passe, c'est d'écouter ce qui s'est passé.
26:29 Et c'est pour ça que ce travail de mémoire est important et c'est pour ça euh que j'ai écrit ce livre et j'espère que les gens en lisant auront envie après de rentrer dans la discussion en comprenant mieux de quoi on parle. vous le dites d'ailleurs, j'ai eu envie de partager la partie émotionnelle de la faire vivre à travers un livre à ceux qui ne l'ont pas vécu.
26:47 Et effectivement, on on vit avec vous dans ce livre, quoi. Je te rappelle le livre donc de Raphaël Becche que vous pouvez trouver sur Amazon, je le mets devant la caméra, le combat infini, un un témoignage bouleversant. C'est c'est je pense qu'il y en a pas eu d'autres. C'est la première fois qu'on qu'un qu'un qu'un réservice qui qui est toujours en active, j'ai envie de dire. Ouais. euh nous nous libre ce témoignage. Euh merci euh Raphaël Beck d'être venu dans ce studio. Merci de m'avoir invité et que puis-je vous souhaiter encore ?
27:19 Je sais pas moi qu'est-ce qu'on dit ? Bon courage, bonne continuation les deux. Ouais. Et la paix aussi oui parce que on parle de résurrection. Les résurrection de quoi ? De la guerre de la paix ça je peux rien vous dire. Merci d'avoir écouté cette émission. Je rappelle que vous pouvez la retrouver sur Annatel mais également sur tandemtv. net, c'est le site internet de la chaîne et puis bien sûr sur YouTube puisque YouTube pardon puisque cette interview vous allez le retrouver sur YouTube sur la chaîne ttv.net et surel. Au revoir, à bientôt.
27:52 Merci Raph. Merci. [musique]