0:16 Bonjour et bienvenue sur Tandem TV. Aujourd'hui, je reçois Laurence Ziza. Laurence Ziza, vous êtes la directrice artistique, arrêtez-moi si je dis des bêtises. Petit festival Jazz and Clitmer qui vient de se terminer à Paris. Et c'est à ce titre que je voudrais vous interroger sur ce que certains ont appelé euh l'antisémitisme d'atmosphère dans le monde de la culture.
0:38 Alors, on a tous en mémoire les problèmes qu'il y a eu et qui toujours avec le chanteur Amir qui qui est boycotté, c'est généralement par le syndicat CGT spectacle. Puis il y a eu l'histoire de la philharmonie encore plus grave. Et donc ma première question, c'est vrai que c'est l'essentiel, c'est de savoir est-ce que vous directrice artistique de ce de ce festival, vous ressentez sinon un ostracisme toutefois un antisémitisme de l'atmosphère ou pas concernant d'abord votre festival et ensuite les artistes juifs et ou israliens que vous invitez.
1:17 Et puisqu'on parle du festival, évidemment, je parle aussi des salles. Qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous pouvez me dire là-dessus, Laurence Aziza ? Euh longue question puisque ça traverse euh presque 2 ans et demi euh de de d'ostracisation de de boycotte de vous parlez de boycotte, c'est plus fort quand même que le mot.
1:40 Oui, parce que ça a démarré par ça a démarré par des alors ça a démarré par la peur il y a 2 ans et demi. Les salles tout d'un coup qui juste après le 7 octobre et les réponses de du gouvernement israélien sur Gaza très vite même avant d'ailleurs les réponses. On a eu des salles qui ont eu peur et qui nous ont demandé de déplacer les artistes éventuellement si c'était possible parce que les artistes israéliens leur faisaient peur pour la sécurité du public, pour leur parce que comme vous parliez tout à l'heure, c'est un milieu assez syndé et la CGT, pour ne pas la nommer, a beaucoup de de a une grande place dans le monde de la culture, du spectacle, auprès des techniciens.
2:28 auprès des artistes, auprès des salles. Et donc euh à ce titre, il y avait aussi euh plusieurs plusieurs refus de certains techniciens à à travailler travailler parce que ça leur donnait l'impression en accueillant un artiste israélien de jazz par exemple, ça leur donnait l'impression de soutenir un gouvernement, ce qui est aberrent, totalement aberrant.
2:52 Et c'est là où petit à petit, subtilement on n'est plus dans le domaine du boycotte de l'artiste israélien, mais on arrive dans l'univers de la non invitation ou bien ce que vous avez nommé, mais j'ai j'ai déjà oublié euh je sais plus l'antisémitisme d'atmosphère, c'est ce que j'ai luosphère. Euh je dirais la la capacité que qu'aujourdh qu'aujourd'hui ont des salles de ne pas programmer des artistes euh juifs ou ou de les faire terre simplement. Donc on peut pas parler de boycotte mais on parle de simplement ils ne sont plus ils ne sont plus invités.
3:28 Non mais de pas programmer des artistes juifs. C'est c'est de l'antisémitisme. Oui. Oui. C'est de l'antisémitisme de d'atmosphère encore une fois. Mais c'est vous pensez vraiment que c'est de l'atmosphère où c'est où ce sont des campagnes orchestrées vraiment. qui vient d'un certain de certains milieux politiques ou de syndicat, on vient de le dire, j'en sais rien. Je sais pas ça, j'en sais ça, je ne sais pas comment vous le vivez tout ça. Alors en fait ce que nous nous avons vécu au niveau de Jaz and Clesmer, c'est très simple.
3:52 C'est ce sont des des exemples très précis. Je parle de ça il y a 2 ans et demi. Cette année pour cette 23e édition par exemple, il y a une salle que je ne nommerai pas qui a refusé. C'est c'est pas celle où on est. Je dis que quand même pour je dis pour nos amis qui ne connaissent pas dans la salle de l'espace Rachi là vous avez aussi d'ailleurs des spectacles.
4:11 Alors si vous commencez comme ça, je vais commencer comme ça parce nous avons fait l'ouverture du festival Jazem Clesmer ici même à l'espace Rashi avec un artiste syrien et un artiste juif et une danseuse donc autour de la l'image du fou de Khalil Gibran. Donc on a par cette invitation et par cette programmation là à l'ouverture du festival eu la volonté de montrer l'ouverture qu'à le festival, le fait qu'il à aucun moment il n'a envie de se replier sur lui-même et qu'il garde ses valeurs de de de fraternité, d'ouverture sur la cité, sur Paris et sur la culture.
4:46 Donc voilà pour pour parler de Rashi, voilà comment on ouvre le festival. Donc à aucun moment on peut nous dire que vous êtes en festival communautaire ou quoi que ce soit. On a ouvert avec un artiste Moranad Aljaramani exceptionnel syrien venu présenter donc à 3 ce projet et pourtant on vous boycotte. Alors comment vous l'expliquer ? On ne nous justement vous on parle de de langage et c'est très important c'est très important d'utiliser les bons mots. Vous avez raison. Euh, on ne nous boycotte pas mais par exemple, on ne met pas qu'un un concert du festival Jason and Clesmer qui a été programmé dans une salle extérieure à l'espace Rachi.
5:24 Ce est une est un concert du festival Jason Rebert. Donc, il n'y a que l'artiste, c'est pas marqué. C'est marqué nulle part. Donc il y a pas de pub, il y a rien autour de de ce de l'artiste. Il y a de la pub autour de l'artiste mais il y a aucune pub qui dit que cet artiste est programmé dans le cadre du festival Jazz and CL.
5:44 Dites-moi Laurence Jazz and Cletsm il y a pas le mot juif pourtant ni d'Israël. Je sais. Et alors ? Je sais. Alors là on tombe dans le le ce que vous appelez antisémitisme d'atmosphère. Euh on tombe dans quelque chose qui euh euh est et est est littéralement tiré par les cheveux, qui est littéralement euh tiré par le du bas qui vient qui vient de de des profondeurs les plus obscures qui est que tout d'un coup euh un un festival de musique juif ouvert sur la cité.
6:11 Ça fait 23 ans qu'on donne des cancers des concerts dans toute parisienne. On invite des artistes polonais, des artistes maliens, des des artistes syriens et cetera et euh et tout d'un coup, on on prétexte parce que le prétexte était le suivant, c'est vous vous Oui, mais d'habitude vous vous programmez des artistes israéliens.
6:32 Donc premièrement, où est le problème ? Programmer des artistes israéliens. Deuxièmement, nous sommes loin d'être les seuls. Tout le monde programme des artistes israéliens. Ça va de la Salgaveau à au au duc des Lobard à l'Olympia tout à la Philharmonie. À la Philmonie, tout le monde programme des artistes israéliens et donc à ce titre, on fait pas exception. Au contraire, on soutient même on soutient les vous programmez des artistes israinens, je vous coupe, excusez-moi. Donc vous êtes génocidaire. Voilà, complice des génocides.
7:00 C'est pour ça que les mots me rendent dingues. C'est ça. Enf, il faut dire la vérité. Géocidaires ne veut rien dire. Ce génocide, vous êtes complice des génocida. Je ne suis pas une un un un organisme qui qui est apte à à valider le génocide ou non génocide. Moi, je pense que ça n'en est pas un. C'est une évidence, mais c'est pas à moi de définir ça. Il y aura des gens et des enquêteurs pour ça. Mais mais tout le monde tout le monde s'invente tout d'un coup euh sachant la réalité, c'est génocida. C'est ça.
7:26 Ça vient faire croix ici à part nous renvoyer de manière perverse la ce ce que les juifs ont vécu, c'est-à-dire un génocide systématisé, volontaire, écrit, préparé et industrialisé. Euh et on n'est pas les seuls. Il y a eu aussi au Rwanda la même chose. Ce qui s'est passé à à Gaza est affreux. On on on discvient pas. Et le problème c'est qu'on ne peut jamais. On est toujours obligé de dire c'est à frem alors que c'est juste pouroi ce mai quoi ? Le mai est là parce que tout parce que justement c'est transformé par ces gens qui se servent pour ostraciser les Israéliens.
8:06 La culture israélienne qui a toujours été ouverte sur le monde entier. Qu'est-ce qu'un artiste vient faire dans cette guerre ? Alors que les, je dirais les 4/5e, peut-être les 89es des artistes israéliens euh pense que c'est pas bien ce qui se passe à Gaza. Sont des gens euh humanistes qui n'ont envie que de de projet avec c'est leurs frères musiciens. D'ailleurs, euh je je reviens d'Israël où j'ai assisté à un à un grand festival de showcase à l'attention de programmateur étrangers. D'abord, je je tiens à dire que 55 pays étaient représentés.
8:41 Ah bon ? Il y avait quand même un festival avec 55 pays en Israël. Je je la prends 55. Je vis en Israël et je la prends. Personne a parlé. C'est pas un festival, c'est un c'est un événement showcase pour montrer réunion quoi. Un espèce de salon. C'est un salon. Exactement. C'est un salon de la music. 55 pays. 55 ce n'était ce n'étaient que des artistes israéliens mais 55 correspondants euh de Taiwan, de Russie, des États-Unis, de Hong de de Hong euh de de d'Autriche, euh Allemagne, euh Australie, qu'est-ce que je dis ?
9:11 Euh et pourquoi vous voulez me parler de ce fici ? Parce que c'était parce que ça veut dire une chose déjà les délégations étrangères sont venues en Israël. Oui, c'est important ça. Très important. Tout le monde est venu, tout le monde est venu pour redécouvrir la musique et la diversité et la qualité exceptionnelle de de la production euh de la de de israélienne, que ce soit de la du du pop, du rap, du jazz, des musiques traditionnelles.
9:36 Il y a vraiment un panel d'artistes absolument impressionnant à la fois des gens qui vont chercher dans leur racine iranienne, iraakienne, yéméénite, éthiopienne et cetera et d'autres qui se réinventent. Un jazz par exemple tout à fait puriste des années 50 60 en swing. Et donc on est là dans quelque chose, une réécriture du swing et c'est tout aussi talentueux. Euh d'abord, il y a beaucoup d'artistes de langue arabe, il y a beaucoup euh de groupes qui euh dialoguaient avec des artistes euh musulmans euh israéliens, musulmans, donc arabes israélien, je sais pas comment les nommer, mais en tout cas euh toutes c il y a quand même de 2 millions israéliens musulmans, on peut les en il y a 2 millions d'Israéliens qui sont de religion musulman absolument et et qui vivent là et qui et qui et qui font de la et eux n'étaient pas ostralisés en Israël, j'imagine.
10:28 B non. Non. Et alors ça vous a plu ? Ça vous a étonné ? Ça vous a plu ? Ça vous a Ça m'a pas étonné parce que je je connais bien Israël. Je sais de l'intérieur la complexité, la diversité, la variété de genre d'avis. Euh le ça va de Phil Bait qui est cette petite maison euh dans les collines de Jérusalem où euh où les artistes palestiniens et israéliens sont en dialogue de façon protégée parce que c'est compliqué pour tout le monde et essentiellement pour les Palestiniens.
10:58 Ça va à des artistes en avec Strimel qui chantent euh euh Elohim is a winner. Ellohim winner. C'est pas mal une voix une voix exceptionnelle. Ça voilà tout ça était là et donc toute cette variété était là. En fait, on n pas parlé politique. On n pas parlé politique. France en Israël, on ne parlait pas d'antisémitisme, on ne parlait pas politique. Il avait des artistes de tout de de alors pourquoi ça se passe en France ? Pourquoi ça existe ici ? Française euh pardon musulmans et et juif. Et pourquoi ça se passe ici ?
11:33 Pourquoi ça se passe ? Vous allez peut-être j'en sais rien. Et comment vous réagissez alors vous la directrice artistique ? Est-ce que vous êtes Est-ce que vous êtes aidé par des associations ? Est-ce que vous êtes aidé par des organismes ou vous êtes seul dans un comme dans un désert à crier toute seule ?
11:49 Non, on est d'abord moi je suis pas seul, on est toute une équipe. Le centre d'art de culture, il y a le fond social qui qui j'espère va nous donner un plus grand coup de main parce qu'effectivement ce qui se passe que on a eu un peu moins de monde. Euh c'est que on a voulu préserver une en terme de communication, on a été moins présent dans les dans les journaux par exemple nationaux, ce qui est pas notre d'habitude, on a des doubles c'est dingue dingue.
12:16 On a moins de choses. Je je je ne veux accuser personne. Peut-être que nous aussi on était on on voilà, j'en sais rien. Je je je veux pas accuser la autant je suis capable de pointer quand la chose est précise. Si elle ne l'est pas, elle ne l'est pas. Je la laisse telle qu'elle. Mais mais en tout cas, on a été moins présent dans les médias. Les radios nous ont évidemment soutenu. Donc notre partenaire TSF Teléama a soutenu et toujours le partenaire du festival. Mais et on a quelques mais on a on a eu on a clairement eu des quelques soucis d'argent.
12:46 On a rentré moins de on a en place, on a euh communiqué autrement. Euh on s'est un peu aussi euh resserré sur des lieux qui nous semblaient protégés puis qu'il y a des salles qui vous ont il y a des salles qui qui a il y a quelques années vous accueillir aujourd'hui vous ont dit non, c'est pas possible.
13:05 Non, il y en a aucune. Très honnêtement, on nous a pas dit non. Euh il y a une salle qui a qui a refusé de se Non. Bon elle on c'est pareil, c'est pas qu'on nous accueille pas, on nous répond pas. Ouais. On nous répond pas on répond pas à nos mails. On répond pas à nos mails.
13:22 C'est tu es triste triste mais on répond pas au mail ou alors ah j'ai pas vu. C'est des choses comme ça plutôt. Ce qui est ce qui est pire encore, j'ai j'ai envie de dire. C'est-à-dire que ce espèce de de de choses un peu voilà, on vous connaît plus quoi, on nous répond pas.
13:40 Incroyable. Oui. Et et donc euh je vous pensais que les choses vont empirer pour l'année prochaine ou les prochains mois quand on voit encore une fois, je parlais d'Amir ou de la philharmonie mais il y a des artistes m'aviez donné quelques noms quand on s'est parlé il y a pas très longtemps. Il vous il y a des artistes qui peuvent même plus se produire. Bah il y a eu un boycotte sur l'iras mais littéralement une déprogrammation de de la la chanteuse israélienne d'origine iranienne qui chante en Perse en Farci. Incroyable. Euh, elle a littéralement été déprogrammée de euh de la salle FGO Barbara, quand on s'appelle Barbara en plus par un effort.
14:17 Plus euh elle a été déprogrammée pour une raison tout à fait obscure. Ils se sont excusés, ils ont fait ils ont ils ont exprimé leur leur leur leur leurs excuses. Je tiens à le dire aussi, ça n'efface pas trop le non çafface pas trop la le le vrai mot faux pas parce que je sais pas pour des questions de valeur.
14:37 Alors aujourd'hui quand on est israélien et qu'on veut jouer quelque part et bien on nous demande enfin on leur demande pour qui il votent. C'est incroyable. Si on fait ça d'un artiste syrien, d'un artiste iranien, d'un artiste libre d'un artiste français. D'un artiste français. Alors pour qui il vote ? Ça me rend dingue parce que en fait je c'est en répondant à vos questions William que je je me rends compte à quel point tout ça est poureux et à quel point on arrive assez rapidement à la question de l'antisémitisme et il est plus tant d'atmosphère que ça il est bien plus présent mais je pareil quand on est dedans, on a on a c'est vraiment je sais pas je suis née dans le 2e à Paris j'ai pas envie de voir de voir.
15:27 J'ai pensé que ça n'arriverait jamais plus mais et on en est pas là. Mais mais malgré tout, vous avez peur de temps en temps souvent par exemple pendant les concerts, moi j' moi j'ai j'ai euh on est on est j'ai pas peur mais je fais attention. Euh c'est c'est très présent en fait à Paris.
15:49 Peut-être que en province c'est autrement. à Paris. Écoutez, en province, je sais pas mais vous avez peut-être entendu parler de cette animatrice de radio RJM, la radio juif de Marseille qui est boycotté parce que elle est juive parce qu'elle a reçu des Israéliens dans cette radio. C'est c'est délirant. Une animatrice de radio. On a tous en tête et en mémoire ce qu'a fait Arthur mais pour pour défendre à la fois ses idées et et et Israël. Mais mais là ça devient il y a plus de limite, non ? En fait le problème c'est qu'il y a une réécriture de l'histoire littéralement et et et au final si je comprends bien ce qui se passe, chacun va dans le sens de des valeurs qui lui sont propres et personnelles parce qu'on peut tout trouver sur internet.
16:34 On trouve des gens qui disent "Le colloque Palestine Europe du Collège de France a été annulé. C'est un scandale pour la liberté d'expression. Euh et c'est par des influenceurs, je sais pas, sionistes. Oui. Ce mot qui est une qui est pour moi d'une beauté inouie devient un mot qui qui qui voilà qui raisonne avec des idées que que je n'ai pas et que beaucoup d'Israéliens, énormément d'Israéliens, la plupart des Israéliens n'ont pas non plus.
17:03 Euh donc voilà, par exemple ce colloque euh je je des débats avec des gens proches dont petit à petit je je sais pas quoi faire mais tout d'un coup je les vois éclairer une un point de vue à oui mais quand même la liberté d'expression. Non c'est pas exactement ça en fait. C'est un colloque qui n'est pas organisé par le Collège de France mais par une association très très proche et très militante plutôt frères musulman clairement sans aucun doute. Et donc c'est le Collège de France qui a décidé de ne pas de de ne pas soutenir ce ce colloque de de l'annuler dans ses locaux.
17:39 Ce colloque a eu lieu dans les locaux de cette fameuse association. Donc il y a pas eu il y a pas de boycotte de la parole pour le coup. elle a juste été déplacée à l'endroit où elle était née. Et donc chacun y va de sa de son point de vue. Et c'est ça qui est un problème quand quand je discute avec des gens proches qui ne sont pas juifs qui à qui je dis vous savez ce que veut dire from the river to the sea ce que ça veut dire.
18:02 Non en fait personne ne sait que de la mer et quand on leur montre une carte parce qu'ils ne connaissent pas la carte un point de vue quand on leur montre la carte. Ah oui ! Ah ouais quand même. Ah oui, c'est peut-être un peu abusé mais il y a toujours le ma et là il y a toujours le ma et le mai c'est oui mais alors quand même ça s'est construit sur un peuple présent et là tu leur expliques que les Palestiniens c'était aussi les juifs.
18:29 Moi, j'ai un poster de 39, il y a marqué visite Palestine en hébreux parce que la Palestine c'était c'était un lieu un peu un lieu qui n'était pas un non lieu. Au contraire, il y a des gens partout, il y avait des gens et musulmans et juifs. Évidemment, il y avait des présences mais je vais pas refaire l'histoire, mais voilà.
18:47 Bon, il y a pas cette il y a pas cette filette d'analyse, il y a il y a tout d'un coup une réappropriation des mots de la validation de ce territoire de est-ce que vraiment pourquoi pourquoi les les juifs auraient un pays ? Enfin, ça on en arrive là. Et les Kosovars, ils ont un pays. Non, le Kosovo, les les les Serbes et les Croates et cetera et cetera, les Arméiens, tout le monde. Là, il y a une autodétermination extraordinaire ces dernières 70 années. Et en quoi on remet en cause Israël plus qu'un autre pays ?
19:17 Je me disais, il y a eu des déplacements de population partout. C'est compliqué. On est nous-même issu de déplacements de population. Moi je ma famille vient d'Algérie, donc j'ai grandi là en France dans un pays qui a accueilli qui je veux pas dire de bêtises parce que je suis pas historienne et que et que chaque cas est particulier donc il y a des choses plus difficiles que d'autres mais voilà je on peut pas ne pas prendre la parole à un moment et dire que tout ça c'est Oui.
19:43 Bah c'est on en revient à votre antisémitisme d'atmosphère c'est que finalement qu'est-ce qu'on revendique et est-ce qu'on abuse pas ? Je crois pas je crois pas qu'on abuse. Je crois qu'aujourd'hui on n'invite plus des artistes juifs parce que voilà la musique mer trouve de moins en moins de résonance et certains il y a pas longtemps une musicienne m'a raconté qu'un des un de ces musiciens a quitté le groupe parce qu'il se sentait plus de jouer de la musique Cla qui est une musique juive d'Europe de l'Est.
20:12 Donc on on la dérive est totale. La dérive est totale. Elle est elle est effrayante et je me surprends moi-même à le dire. Laurence disait vous êtes donc la directrice artistique de ce festival qui vient de se terminer à Paris Jazz and Kletmer qui qui encore une fois il y a même pas le mot juif ni isralli.
20:30 Ce sera peut-être ma dernière question mais est-ce que vous êtes optimiste ou pessimiste ? Euh la guerre s'est arrêtée à Gaza. La guerre entre Israël et Gaza s'est arrêtée. Euh donc j'ai envie d'être optimiste vraiment. Euh mais quelque chose s'est mis en place la la bête immonde comme on l'appelait s'est réveillé et là-dessus je il faut surveiller cet animal.
20:57 Euh d'ailleurs j'aime beaucoup les animaux donc j'ai pas envie d'appeler ça mais cette semaine pas ton petit chien je me souviens. Voilà mon chien et maman moucha il faut la surveiller il faut pas la il faut pas la laisser prendre du terrain mais c'est l'avenir qui me dira mais je en tout cas je j'ai des craintes et je surveille et et là je je reviens d'Israël et c'est vrai que ça fait du bien de pas entendre parler d'antisémitisme en Israël.
21:31 Ça repose ici c'est vous projetez de vous y installer. Non non là me faites pas dire ce que j'ai pas dit pour l'instant en tout cas. Non c'est une question comme ça subsidire. J'en sais rien. J'en sais rien. Des fois j'y pense ça je me surprends à y penser alors que je suis parl hébreux un peu en plus.
21:50 Oui je parle hébreux mais je suis une parisienne invitrestre. Je j'aime ma ville. C'est mon terrain, c'est ma gâage. Donc euh c'est mes amis, c'est j'ai j'ai des amis de partout mais euh et pas que je bide d'ailleurs. Ah ben non, évidemment évidemment je je suis pas du tout entourée que de juifs.
22:09 Et et c'est aussi à l'image du festival, vous me disiez ce que ce que je fais pour soutenir ou tenir le cap. Ben on on programme l'orchestre Andalou d'Israël HDOD. Ouais. Ouais. programme cet artiste dedans et on a peur parce que une semaine avant 2 semaines avant j'étais à la Philharmonie et on a vu ce qui s'est passé donc on a on a eu peur on a on a payé beaucoup de sécurité on a fait attention on on sait pas on a un peu moins communiqué et on a eu une salle comble donc on est ça fait plaisir quand même.
22:43 Ah oui ça fait plaisir. Après, on a toujours été ouvert, donc on a envie de rester de garder cette ouverture sur des gens qui ont envie de découvrir la musique Clair ou qui l'aiment tout simplement parce que ils aiment la musique cigane comme on aime la musique africaine comme je suis dingue de des chanteurs maliens.
22:57 Heureusement que la musique traverse les frontières donc il faut que les gens continuent à venir écouter du CLM. C'est évident. Alors vous vous le dites, vous l'avez dit plusieurs fois, vous revenez d'Israël, vous avez trouvé des artistes que vous allez programmer bientôt. Moi j'en ai trouvé si j'ai envie d'ouvrir un festival, j'ai envie de créer un festival tellement dans tous les styles musicaux que ce soit djing, chanteuse en anglais, j'ai trouvé une petite mais elle est extraordinaire. Mais vraiment, vous pouvez donner son nom, donner chaque aide. Saide Chaque Miller.
23:35 Chaque Miller. Je vais essayer de la boire. Elle elle se présente en Israël. Se produit. Non même pas. Je vais vous dire pourquoi parce que parce que vous la gardez la Je veux la garder pour moi. D'accord. Je vous laisse pour vous. Je vais la signer. Je je vais lui faire immensaire et je la salue. Je dis coucou. Euh mais il y en a d'autres. Il y a il y a une scène jazz toujourse. Il y a une scène euh il y a il y a une scène avec il y avait un groupe dont j'ai plus le nom extraordinaire. 8 10 personnes, ça ça dansait.
24:02 Il y avait une danseuse euh Soufie. Euh il y avait des chanteurs de toutes origines, musulmane, juives. Euh euh ça chantait en arabe, c'était il y avait des batteurs plutôt pop. Tout ça s'harmonisait, ça a donné une atmosphère dingue sur un rouf top. On a vécu des chouettes moments. Il y a il y a il y a un un musicien de jazz abaté qui qui est qui est extraordinaire, un saxophoniste. Il y a je sais pas, je vais pas tous les dire parce que c'est mais il y a il y a Oui, vraiment chaque scène était d'un niveau impressionnant des chanteurs, une chanteuse qui chante en héreux très pop mais qui raconte des choses.
24:41 Alors ça a l'air tout comme ça un peu un peu c'est tout rux c'est joli et puis quand on comprend les paroles qu'elle projette en anglais pour qu'on ait quand même accès à ces textes. Ah on se rend compte que ça va plus loin que c'est profond et qu'elle défend des choses vraiment fines.
24:55 Il y a beaucoup d'intelligence sur cette scène et de talent et vraiment on aura l'occasion de d'en revoir un certain nombre à l'occasion du prochain festival. Exactement. J'ai fait oui des deux parce que un autre j'ai dirigé un autre festival maintenant. Lequel ? Qui s'appelle le Sacré S festival ? Ah je connaissais pas. D'accord. Trop nouveau. C'est la trisème édition. Je pousse un peu plus les portes. Ça c'est un petit cousin de Jaz and Cla. C'est juste pour pousser un peu les portes et faire dialoguer les cultures et au départ les trois religions monothéistes dans ce qu'elles ont de spiritualité, espace de dialogue et puis peut-être aussi d'autres d'autres croyances, on verra plus tard. Oui, c'est à Paris.
25:38 Laurence Aziza, je vous remercie beaucoup. Je rappelle que vous êtes la directrice artistique de ce festival. Donc je viens d'oublier le nom mais c'est pas grave mais surtout des festivals Jaz Clisberg que je connais depuis des années pour pour y avoir euh pas participer mais pour avoir assister à un certain nombre de spectacles extraordinaire.
25:52 Euh je me souviens de Yaum le le le groupe Yom le clariniste. Le clarinétiste euh entre autres et d'autres choses. Merci beaucoup. Je rappelle que cette émission vous pouvez la revoir sur tandemtv.net net euh si vous êtes en Israël sur le le réseau Annatel et évidemment sur YouTube. Mais si vous aimez nos émissions et surtout celle-ci, abonnez-vous. À bientôt Laurence. À bientôt William. [musique]