0:16 Bonjour et bienvenue sur Tandem TV. Bonjour Léa Landman. Bonjour William. Alors vous êtes géopolitologue, consultante en politique et et stratégie dans le public et et le privé, également spécialiste des relations internationales. Et on vous connaît par votre podcast qui s'appelle, si je me trompe pas, Zone d'influence. Ouais. Alors voilà, ça fait 11 jours aujourd'hui que les USA et Israël bombardent l'Iran. Comment expliquez-vous que le régime des mollahs soit toujours debout, alors qu'en plus il vient d'élire Khamenei Junior nouvel ? Euh c'était à prévoir que le régime des mollahs soit encore debout, puisque d'abord l'Iran c'est un grand pays, ils ont créé des redondances, c'est-à-dire que le pouvoir ne se ne se désintègre pas si ces têtes sont éliminées.
1:09 Euh surtout, il y a aussi probablement un peu d'indépendance de la part des gardiens de la révolution qui donc eux sont ont ont toutes les armes, ont 40 % de l'économie iranienne. Euh et comme il y a pas pour l'instant une opposition suffisamment forte sur place, ça rend les choses très compliquées. Le régime iranien, on l'a déjà vu euh depuis 40 ans, il est en mode survie. Survie, ça veut dire ? Ça veut dire que même pendant la guerre Iran-Irak, qui a fait des deux côtés 1 million de morts, les Iraniens ne se sont pas pliés. En fait, la la méthode du régime islamique, c'est de faire durer du temps.
1:46 En plus, en plus de ça, ils sont très bien armés avec des armes sophistiquées, c'est pas seulement les drones, c'est les missiles balistiques et cetera. Donc en fait, euh pour faire tomber le régime, euh, il faudrait, en plus de la pression sur place, pour l'instant, les Iraniens ont plus peur de se faire tuer dans la rue.
2:04 Euh, on dit qu'il y a des barrages à chaque rue, euh, des gardiens de la révolution à chaque coin de rue, c'est-à-dire que ils descendent dans la rue, ils se font massacrer, en fait. Donc, de de bombarder, ça affaiblit effectivement le pouvoir, mais ça le ça ne l'élimine pas. Et justement, alors, est-ce que vous venez d'en dire euh quelques ? Euh, existe-t-il sérieusement une alternative aux ? Ou plus précisément, existe-t-il une ? On n'a pas l'impression qu'elle existe là-bas. On parle du Shah, mais le Shah, il est aux États-Unis.
2:34 Alors, alors, deux choses. Je je vais je vais parler de scénarios, parce que comme je peux pas voir le futur, euh, je peux que vous parler de scénarios. Ça, c'est pour quelqu'un d'autre. ? Ça, c'est pour quelqu'un d'autre. Voilà, c'est ça mon partage. Je suis pas futuriste. Euh, non, les scénarios sont comme ça. Il y a une opposition, ce qu'on n'entendait pas, par exemple, dans les manifestations, il y a deux ans, c'est qu'on entend scander le nom du fils du Shah. Donc, ça, c'est une réalité, et euh, quand vous entendez minimiser cette histoire, vous vous vous vous voyez quand même d'où ça vient.
3:04 Ça vient de Al-Jazeera, ça vient euh, de Middle East Eye, ça vient de de médias très pro-iraniens, ou en tout cas, en tout cas, très anti-américains et israéliens. Donc, ça, il faut l'avoir en tête. Euh, je ne dis pas que l'opposition Je ne dis pas que le Shah rassemble tout le monde, mais ce qui est sûr, que le fils du Shah rassemble tout le monde, mais ce qui est sûr, c'est que depuis les dernières euh, manifestations, depuis la dernière fois où les les Iraniens sont descendus dans la rue, on l'entend un peu partout.
3:34 Alors, comme on ne sait pas ce que ça veut On On sait pas réellement ce que comment ça se traduit sur place, mais il n'empêche que là, on l'entend. Deuxièmement, par rapport à cette histoire de l'opposition à l'étranger, ça sera pas la première fois. C'est vrai qu'il est pas sur place, mais il a su probablement rassembler sur place suffisamment de gens. Et puis, je vous rappelle quand même que Roumanie était en exil pendant 15 ans avant de retourner victorieux en Iran. Donc le fait qu'il ne soit pas sur place oui effectivement ça l'affaiblit mais c'est pas une raison suffisante pour pour le pour pour ne pas en voir un partenaire possible pour remplacer le le régime.
4:12 Après ce qu'il faut savoir c'est que un des scénarios plausibles c'est pas tant une opposition en fait il y a deux gros scénarios pour l'instant qui se qui se prépare. Donc on a parlé du fils du chat mais pour ça il faut que la structure sur place en fait par exemple que l'armée décide que ils ne soutiennent plus le régime.
4:29 ? Donc l'armée pas les pas les gardiens de la révolution l'armée. Ça c'est déjà un un un point en plus pour l'opposition. Donc ça c'est un scénario. Le deuxième scénario c'est que le régime décide de de mettre en avant en fait des ce qu'ils appellent eux des modérés. C'est pas des modérés à l'occidentale. Ce sont ils sont un peu plus modérés que les mollahs. Après la structure des mollahs elle existe toujours elle a pas disparu. Je ne sais pas vérifier si c'est vrai mais apparemment Khamenei aurait demandé aurait écrit de ne pas élire son fils comme successeur pour ne pas créer une sorte de dynastie.
5:10 Bon maintenant il est mort et ils font ce qu'ils veulent. Apparemment les gardiens de la révolution veulent le fils du chat. Oui. Il est là il est déjà il a déjà été élu. Puis dire il a été bercé par ça. Il a été élu mais ça c'est c'est quand même intéressant de savoir que c'était peut-être pas ce que l'assemblée des experts aurait décidé dans d'autres circonstances.
5:23 Alors encore une fois ce qui se passe en Iran est très opaque il y a pas d'internet on sait pas exactement ce qui se passe. On sait juste que probablement les gardiens de la révolution ça c'est ça c'est effectivement ce qui sortait d'Iran ont fait pression pour que ce soit lui. Donc ça c'est un deuxième scénario. Et le troisième scénario c'est qu'on a une sorte de coup d'État militaire dans le sens où on aurait une junta en fait des gardiens de la révolution. Donc voilà les à peu près les trois scénarios qui peuvent se dessiner en fait.
5:59 Mais alors autre question, pourquoi les pays du Golfe voire l'Arabie Saoudite bombarder chaque jour, pourquoi eux ne réagissent-ils ? Alors ça c'est le la la grande grande grande question, ? Et là j'ai encore une fois deux explications possibles. Une qui des voix qu'on entend du monde arabe, c'est de dire en fait ils ont pas conscience que les Américains les protègent.
6:21 Je mets ça je doute un peu de cette explication, mais c'est une explication qu'on entend euh euh du monde arabe. Et la 2e explication, c'est qu'ils savent que Israël et les les États-Unis vont faire le travail. Et comme ça eux se laissent en fait une certaine marge de manœuvre. Euh si comme on l'entend maintenant Trump a dit hier que la guerre est bientôt terminée parce que la semaine probablement la semaine prochaine. Bien sûr on va en reparler, mais ça me laisse penser quand même qu'ils se laissent une certaine marge de manœuvre parce que si la guerre s'arrête la semaine prochaine, le régime est toujours en place.
6:50 Euh alors oui euh le programme balistique est affaibli, euh oui euh il y a encore une grande question par contre sur le stock d'uranium qui est en Iran. Euh quand vous suivez un peu les discussions en Israël, c'est et aux États-Unis d'ailleurs la grande question c'est est-ce qu'ils vont pouvoir évacuer ce stock d'uranium qui reste sur place qui est pour l'instant apparemment enterré soit sous les décombres, soit a été à soit les Iraniens ont réussi en fait à le déplacer dans un endroit ailleurs et protégé.
7:19 Donc ça c'est aussi la grande question. Euh quant aux proxys qui étaient la 3e condition, ils sont très affaiblis. On va j'imagine parler du Hezbollah dans un petit moment. Hezbollah bien sûr. Ouais, on va parler du Hezbollah. Pour l'instant les les les les proxys sont assez affaiblis. Il n'empêche que euh la grande question c'est pourquoi les pays du Golfe qui connaissent très très très bien la menace iranienne. Ils la connaissent, ils la voient. Je pense pas qu'ils pensaient que ils allaient s'en prendre tellement euh sur la tête ni dans le Golfe ni euh euh l'Arabie Saoudite.
7:49 Mais euh mais euh il n'empêche que maintenant ils connaissent ils peuvent pas dire qu'ils ne connaissent pas la menace. Avant on avait encore une marge de manœuvre. En tout cas, je pense qu'ils se laissent une certaine marge de manœuvre. Ce qui est un peu compliqué parce que quand vous entendez un peu ce qui se passe encore une fois dans le Moyen-Orient, il y a des voix officielles qui sont très contre la guerre contre Israël, contre truc et après vous et et contre les États-Unis.
8:11 Après vous entendez quand même des voix sous-jacentes qui disent il faut en terminer avec les mollahs, il faut en terminer avec la menace iranienne, il faut en terminer avec le Hezbollah. Donc c'est intéressant de voir que en fait comme très souvent au Moyen-Orient, il y a plusieurs discours qui se qui s'entrecroisent. N'auraient-ils pas peur aussi d'une hégémonie ? En fait, que la grande puissance soit Israël. Alors voilà, et un autre un autre mais pour moi ça ça ça ça fait ça fait un peu partie du fantasme mais mais mais il n'empêche que pour les pays arabes pour les pays du Golfe, le grand changement est arrivé en fait après euh l'attaque israélienne à Doha.
8:47 Là, ils ont vraiment eu peur parce que c'était un vrai changement de de doctrine. C'est-à-dire que de la même façon qu'on peut voir l'attaque directe de l'Iran sur Israël avec des missiles balistiques comme un changement de doctrine de ce qui se passait depuis euh à peu près 2005 mais aussi avant, en attaquant Doha, Israël a vraiment fait comprendre à ses partenaires et ses potentiels partenaires qu'il n'y a plus de ligne rouge.
9:11 ? Parce qu'on sait très bien que à travers CENTCOM, c'est le Central Command des États-Unis, tous ces pays qui n'ont pas particulièrement des relations entre elles coopèrent au niveau des radars, de la de de de des renseignements et cetera. Donc en fait, attaquer à Doha, ils savent très bien qu'ils ont pas attaqué le Qatar mais attaquer à Doha, c'était en fait la la la ligne rouge qui a été dépassée en ce qui concerne les pays arabes et ils se sont dit "Ouh là là, maintenant Israël est en train de partir en enfin et sur tous les fronts.
9:40 Nous, on va voir comment ça avance. Et d'ailleurs, vous voyez à partir de ce moment-là des nouvelles alliances qui se refont. Par exemple, on voit tout à fait se dessiner, on voyait tout à fait se dessiner un une sorte de de de d'alliance euh peut-être ad hoc, mais en tout cas une certaine alliance très claire entre la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Qatar et d'un autre côté les Émirats, le Maroc, l'Égypte et cetera.
10:02 Et l'Égypte encore entre les deux. Et ça c'est vraiment intéressant parce que on sait très très bien que euh euh l'Arabie Saoudite, l'Égypte et Israël ont plus ou moins les mêmes intérêts en ce qui concerne par exemple le Hamas, le Hezbollah et cetera. On a vu aussi un grand schisme se faire entre l'Arabie Saoudite et euh les Émirats qui sont en train de se réconcilier autour de cette guerre, mais en tout cas c'est un schisme qui a étonné beaucoup de gens parce qu'il a été très clair et très brutal avec une grosse campagne de désinformation qui venait de Riyad et du Qatar contre les Émirats.
10:32 Donc ça c'était vraiment intéressant à observer et effectivement pour les pays arabes, il y a eu une sorte de de de de gros clash comme ça où ils se sont dit "Ouh là là, Israël part euh va va va va va devenir la puissance forte du Moyen-Orient." Après, Israël est la puissance forte du Moyen-Orient, contrairement à ce que ce qu'on peut entendre en Occident et quelques quelques analystes arabes, Israël n'a pas de prétention expansionniste.
11:01 Il y a pas de prétention expansionniste en Israël au-delà de et encore je le mets entre guillemets, entre là de de ce qu'Israël considère son territoire, c'est-à-dire la Cisjordanie, la Judée-Samarie et cetera. Même à Gaza, les seules voix qui disent euh que Israël devrait retourner à Gaza, ce sont les voix de l'extrême de l'extrême droite et c'est pas du tout dans un projet national.
11:22 Donc en fait, il y a une sorte de fantasme autour de l'expansionnisme israélien, mais c'est vrai que on revient à un un un sujet qui s'appelle en fait le paradoxe de la force et c'est quoi le paradoxe de la ? C'est d'un côté Israël devient trop fort pour le Moyen-Orient puisqu'il y a plus de ligne rouge et et militairement ils sont supérieurs, c'est clairement une armée supérieure et le Mossad et les renseignements.
11:43 D'un autre côté, il y a aussi un autre truc hyper intéressant qui se passe c'est que quand l'Iran est une vraie menace les pays arabes ont besoin d'Israël. Quand l'Iran s'affaiblit comme après la guerre de ce qu'on appelle les 12 jours mais je pense pas que ça soit une bonne une bonne appellation, c'est pas une guerre de 12 jours ça c'est un changement de de paradigme mais c'est pas une guerre de 12 jours.
12:04 En tout cas, ce qu'on voit là, c'est que l'Iran affaibli rend les partenaires arabes un peu plus confiants de de l'avenir du Moyen-Orient et du coup ils peuvent se distancer encore plus d'Israël puisqu'ils en ont plus besoin de la même façon. Donc on a beaucoup de paradoxes. Un, le paradoxe de la puissance, le deux, comme vous l'avez dit effectivement ils ont un peu peur d'une hégémonie israélienne. Euh et trois, je pense qu'ils ont ils veulent se garder une marge de manœuvre en fait. Alors, le baril de Brent bon, il est revenu autour de 90 mais hier il avait dépassé 100 dollars.
12:41 Est-ce que nous sommes à la veille d'un nouveau choc pétrolier, Alain ? Je sais pas. Honnêtement, j'en sais rien. Euh je sais en tout cas que une partie de la de la stratégie iranienne euh en attaquant 12 pays pour l'instant quand même hein euh en attaquant 12 pays en fermant de facto en fait le détroit d'Ormuz, c'est effectivement de créer une grosse pression sur les États-Unis et Israël en attaquant le Golfe.
13:06 Donc le Golfe fera pression sur Israël mais je suis pas sûr que ça marche très bien pour eux pour l'instant cette cette cette stratégie là. En revanche, essayer de de de créer un choc pétrolier, ça oui. Après, j'irai pas je Pourquoi je vous dis que je sais ? Parce que c'est pas bon pour les Iraniens non plus cette histoire. C'est-à-dire qu'en fait ils se tirent dans le ils se tirent une balle dans le pied aussi. bien sûr ils peuvent Donc c'est pour ça c'est pour ça encore une fois il y a des il y a des des spécialistes qui regardent un peu plus loin et qui sont un peu plus futuristes.
13:37 Moi je m'engage pas là-dedans parce que honnêtement je pense que la région est tellement volatile et je pense qu'il y a tellement d'intérêts divergents que on peut pas savoir quelle sera la balance. Par exemple je vous donne un exemple. En finale l'Iran reste très très seule dans cette dans cette campagne. ? Ils ont effectivement un peu de renseignements sur les cibles américaines qui viennent de la Russie mais la Russie est occupée en Ukraine ils ont vraiment ils vont pas aller s'embêter avec une guerre au Moyen-Orient c'est pas leur truc mais ils peuvent donner des renseignements.
14:09 La Chine pour l'instant reste très précoce très elle fait très attention sur ce qu'elle dit elle a un discours diplomatique qui dit qui qui qui est contre la guerre et cetera. Mais c'est intéressant aussi de noter que en fait la Chine avait compté comptait sur l'Iran pour être son grand asset dans la région.
14:27 Mais en fait l'Iran est beaucoup moins forte que ce que les les Chinois imaginaient. C'est-à-dire que on a un peu un peu comme la Russie d'ailleurs c'est vraiment intéressant la comparaison des grands pays militairement importants mais qui en fait de l'intérieur ne sont pas si forts que ça et surtout ça dépend qui il y a en face d'eux.
14:45 Donc en fait la Chine là on a dit euh d'abord la Chine importe 12 % de son de son pétrole et de son gaz de l'Iran mais ils ont des alternatives et ils ont pour l'instant de quoi tenir. Euh ça les arrange pas du tout mais de là à venir soutenir directement l'Iran Donc Donc concrètement vous ne croyez pas à une intervention russe ?
15:09 Russe Russe sûrement pas. Chinoise ils pourraient éventuellement envoyer vous savez des pièces manquantes pour certains armements mais mais la Chine elle va pas du tout s'engager pour l'Iran je vois pas du tout un scénario comme ça. Eux, ils doivent garder leur leur focus sur Taiwan. C'est ça leur intérêt. Absolument. Leur intérêt régional, il est pas du tout sur sur sur sur l'Iran, ils savent très bien que le pétrole et le gaz, ils peuvent l'acheter ailleurs s'ils ont besoin, ça les arrange pas mais s'ils ont besoin, ils le font.
15:37 Donc, toujours est-il que je vois pas du tout un scénario où la Chine s'engage complètement dans une guerre contre les États-Unis, c'est ça me paraît complètement aberrant. Le seul scénario possible c'est si pendant des semaines et des semaines le détroit d'Ormuz est euh est bloqué mais aussi au détroit d'Ormuz, il y a des alternatives, il y a des tuyaux, des pipelines qui passent ailleurs.
15:59 Encore une fois, ça ça ça ça ralentit, ça ralentit le stock, ça ralentit euh euh ça ralentit le toute cette fluidité de de de de pétrole et de gaz mais en l'occurrence, ça c'est vraiment le point de de de pression ultime des Iraniens. Donc, vous parlez des des trois d'Ormuz, euh on se demandait pourquoi pardon, les pays européens n'ont n'ont pas essayé de faire quelque chose mais le président Macron, lui, a dit euh "Bon, j'amène mon armada le le le le Charles de Gaulle et cetera qui sont je crois du côté de la Crète en ce moment et attention, euh on pourrait faire une une intervention."
16:37 Je sais pas je sais pas ce sont peut-être pas ses paroles dans le détroit d'Ormuz. Est-ce que vous pensez que les Européens parce que par contre pour les Européens, euh la fermeture du détroit d'Ormuz les impacte énormément. Bien sûr. Bien sûr. Euh encore une fois, je pense que autour du détroit d'Ormuz, ça sera un un un effort de coopération.
16:55 C'est-à-dire que en fait, là vraiment autour du détroit, c'est l'intérêt de tout le monde de travailler ensemble. C'est pas pour rien que les États-Unis et Israël euh détruisent la flotte iranienne. Après, ça ça permet pas de fermer ça règle pas le problème du détroit d'Ormuz mais ça affaiblit beaucoup beaucoup les capacités iraniennes.
17:13 Est-ce que la France va ? J'en sais rien. L'idée c'est de trouver le moyen de laisser le détroit d'Ormuz ouvert. Alors et après on entend du côté iranien beaucoup de choses contradictoires. Eux ils ont dit non non, on laisse le détroit ouvert sauf pour les euh pour les euh bateaux euh euh israéliens et américains.
17:34 Mais en même temps ils ont aussi demandé pardon euh aux pays du Golfe d'avoir tapé et deux jours et deux minutes après il y a eu des des des des missiles balistiques lancés. Donc en fait c'est c'est pour ça qu'il y a beaucoup d'analyses, vous allez voir, qui disent que en fait le régime iranien a perdu le contrôle des gardiens de la révolution.
17:50 Je je suis pas sûr que ça soit ça, je pense que ça leur permet encore une fois de de garder une certaine distance qui dit en fait c'est pas que nous nous on a perdu le contrôle du truc quoi. D'ailleurs j'ai lu quelque part que au lieu de [raclement de gorge] de d'essayer de débloquer ou d'empêcher euh un blocus du détroit d'Ormuz, j'ai lu quelque part que en réalité il serait plus simple d'occuper l'île de Kharg ou Karg car du pétrole iranien y transite.
18:16 Ce serait peut-être une solution puisque là c'est plus petit. Oui. Après encore une fois euh Bon c'est James Bond là carrément peut-être, je ne sais pas. C'est pas seulement une question de James Bond, c'est que euh Trump a beaucoup de pression à la maison même si la plupart de de de son parti là au début de la guerre c'était pas avec eux mais les démo les républicains sont sont quand même [raclement de gorge] plus derrière Trump dans cette histoire mais plus de sol plus il y aura de soldats tués américains euh si jamais Trump met des boots on the ground comme on dit c'est-à-dire des soldats américains sur place, là c'est vraiment euh tellement contraire à ce qu'il promettait que que que je vois pas comment il s'en sort.
18:58 Euh d'ailleurs d'ailleurs apparemment les Américains étaient pas euh en coordination avec Israël sur cette histoire de réservoir de de sais. Ils ont ça ça ça a râlé quelque part apparemment dans les hautes sphères, oui. Mais oui parce que en fait, l'idée c'est d'essayer au minimum de d'impacter l'économie mondiale. Oui. Mais encore une fois, c'est c'est parce que et en plus de ça, les Américains disent "Vous allez faire monter monter le le prix de l'électricité et du pétrole et cetera à Téhéran. Nous on aura plus le soutien de la population." population, absolument.
19:29 Encore une fois, tout ça c'est des c'est des grandes spéculations, ça me paraît logique, mais en tout cas, euh les Américains s'ils envoient des soldats sur place, c'est tellement contraire à tout ce que tout ce en quoi Trump croit. C'est tellement anti-MAGA Oui. que qu'il faudrait quelque chose de très très très radical pour que ça arrive. On pourra voir peut-être Par ça, je je je je tempère juste en disant que on pourra peut-être voir des forces spéciales, des opérations spéciales. Ah oui, mais c'est pas exactement pareil.
20:03 Les Américains, de toute façon, ont des forces spéciales un peu partout dans le monde, ils interviennent quand ils ont besoin, mais c'est pas pareil que d'envoyer huit troupes. Les Américains sont encore traumatisés par l'Irak et l'Afghanistan. Sans parler du Vietnam. Euh on va rester avec le président Trump. J'arrive plus à le suivre. Un jour, il nous dit qu'il faut que l'Iran capitule, la veille que la guerre va durer plusieurs semaines, puis hier soir que ça va peut-être durer, ça va peut-être se terminer bientôt, mais il est revenu encore là-dessus ce matin, je crois.
20:31 Mais que que comprendre de ? A-t-il une vision précise ou c'est au petit ? Non, puis au petit bonheur la chance, je crois pas quand même, mais bon. Non, c'est pas au petit bonheur la chance, faut pas exagérer parce qu'il a quand même engagé et son nom et sa réputation et l'armada américaine.
20:48 y a un scénario de sortie de crise, en ? C'est ça la question. Alors, c'est ça la En vrai, c'est exactement la question. Pour l'instant, c'est pas clair s'il y a un scénario de sortie de crise. Euh on sait très on sait parce que c'est documenté qu'autour de lui, tout le ses ses conseillers demandent à comprendre quel est le scénario de sortie de crise.
21:06 Je je remarque quand même qu'il y a aucun moment à aucun moment enfin à aucun moment mais depuis le début de la guerre enfin depuis les débuts de cette campagne, Trump ne m'a pas parlé de changement de régime. Donc un scénario beaucoup plus logique que lui voyait je pense, c'était plus un scénario Venezuela, c'est-à-dire que notez que au Venezuela à la fin il y a pas eu de changement de régime, ils ont mis en fait en place le numéro 2 qui travaille avec Trump.
21:29 Mais le Venezuela c'est pas l'Iran l'Iran. L'Iran c'est des négociateurs, ils font traîner le temps, il y a une une sorte de fierté très Alors c'est l'Iran mais mais mais surtout les Iraniens ils vont pas plier si facilement, c'est-à-dire que ils vont préférer tuer le dernier de leurs citoyens que de dire on a gagné enfin de dire aux Américains vous avez gagné.
21:52 Donc ce scénario-là, je vois pas du tout comment il fonctionne. Donc une capitulation totale à mon avis ça marchera pas mais le problème l'histoire c'est qu'on connaît Trump, c'est-à-dire que Trump va pouvoir absolument dire à la fin de la semaine c'est bon, plus de missiles balistiques ou presque plus, le programme nucléaire 10 ans en arrière, ils ont plus d'argent pour les proxies, c'est bon on a gagné.
22:14 C'est-à-dire que je m'inquiète pas du tout pour la manière dont Trump va tourner cette histoire en en victoire. La question est qu'est-ce qui se passe sur ? Parce que pour l'instant il y a pas de changement de régime, faut que ça soit clair quand même, il y a pas de changement de régime.
22:34 Bien sûr, ils n'ont pas de changement de régime. Pour l'instant. Les proxies effectivement affaiblis, je pense que le le programme de missiles balistiques est effectivement de facto très affaibli et détruit à X % mais la le problème du ce X % c'est qu'il en reste quand même. Il reste les connaissances. Donc en fait le vrai point à à suivre c'est est-ce que les Américains et les Israéliens réussissent réussissent à sortir de l'Iran ce stock d'uranium enrichi. Alors, vous parliez proxy. On va justement, ce sera mais ce sera ce seront mes dernières questions.
23:09 Le Hezbollah, qui est un proxy de l'Iran, on le sait, a ouvert un nouveau front au nord d'Israël. Et cette fois-ci, c'est le Liban qui est bombardé. Alors, comme toujours, hein, c'est Israël qui est montré du doigt. La France a envoyé, donc je le disais, son Charles de Gaulle pour protéger Chypre et peut-être même derrière pour protéger le Liban.
23:31 Euh, pensez-vous que le président Macron va aussi voler au secours du gouvernement libanais et attaquer le ? Non. Mais je pense que j'y vais pas attaquer le Hezbollah. Mais euh, encore une fois, ici, il y a deux options parce que c'était quand même très surprenant cette histoire de Hezbollah qui qui attaque. C'est vraiment mission suicide, quoi. Ils ont été ça a été une ça a été une surprise en Israël ici, en tout cas. Oui, oui, bien sûr que c'est une surprise parce qu'en fait, c'est c'est vraiment c'est du suicide. Alors, soit le Hezbollah s'est dit "On va lancer un peu de de roquettes dans dans ce qu'on appelle le cadre de du jeu permis entre Israël et le Liban comme au comme après le 7 octobre, c'est-à-dire le 8 octobre quand le Hezbollah frappe Israël, ça reste dans les limites de ce que Israël et le Liban et le Hezbollah ont fait les choses.
24:17 Sauf que c'est fini cette histoire. En vrai. Donc, je je Soit le Hezbollah n'a pas lu la carte, soit comme j'entends encore une fois dans le monde arabe, c'est que en fait, le Liban a complètement perdu le contrôle sur le Hezbollah. Le Hezbollah et le gouvernement libanais, il y a plus de communication.
24:33 Euh, ils reçoivent leurs ordres directement de l'Iran, ce qui explique pourquoi on a tellement de gardiens de la révolution en ce moment au Liban et qui meurent et qui sont dégagés d'Iran euh de Liban. Donc, ça c'est une explication qui me paraît assez logique, ce cette déconnexion. Après, ce qui est quand même important de dire, le Liban, c'est un gouvernement faible. Et même dans cette faiblesse, même dans cette faiblesse, notez que le même jour où le Hezbollah tire sur Israël, le gouvernement libanais dit que tout tir du Hezbollah sur Israël c'est illégitime et il dégage aussi pardon, il renvoie aussi certains gardiens de la révolution.
25:10 Donc en fait, on a on a un système qui est mis en place. Par contre, ce qu'il faut pas là où il faut pas se tromper et je reviens à votre question sur Emmanuel Macron, le Liban, le gouvernement libanais ne peut pas faire ça tout seul. C'est impossible. Il est trop faible, il a pas les capacités et cetera. Donc le seul moyen euh d'éradiquer le Hezbollah, c'est s'il y a une aide extérieure. C'est quoi cette aide ? C'est les États-Unis, c'est euh la France euh mais je vois pas la France s'engager euh contre le Hezbollah, ça sera pas ça l'histoire, ils vont faire ça à travers à travers Israël.
25:41 La seule chose qu'il faut espérer, c'est qu'on demande pas Israël d'arrêter tout de suite avec le Hezbollah parce que en fait, si vous voyez dans la région, l'Arabie Saoudite, le gouvernement libanais, euh la la plupart des des des des pays arabes euh se disent en fait, on a une occasion unique de se débarrasser du Hezbollah.
26:02 Donc il y a quand même un soutien pour ça. Après, entre les discours et cetera, en tout cas, ce que je sais, c'est qu'en Israël, ils ont l'air très très sérieux d'aller avec cette histoire contre le Hezbollah jusqu'au bout parce que là ils en ont marre en se disant maintenant en fait le Hezbollah c'est c'était tellement absurde parce que le Hezbollah, c'est comme s'il a pris le bâton et il a donné à Israël pour qu'on lui tape dessus et qu'on qu'on qu'on y aille à fond la caisse.
26:22 Donc c'est très bizarre cette cette réflexion sauf si effectivement, il n'avait plus le choix. Sauf si effectivement, l'ordre de l'Iran euh c'était euh vous bombarde vous vous vous attaquez Israël maintenant et effectivement, s'il y a beaucoup de gardiens de la révolution sur place, en fait, le Hezbollah a perdu en fait le contrôle de ce qu'il y a parce que si on dit au Hezbollah les gars, si vous tirez pas maintenant, nous on arrête de vous envoyer de l'argent.
26:46 En fait, ça ça ça leur laisse pas beaucoup de choix. Ensuite, est-ce que l'Iran va pouvoir continuer à envoyer de l'argent au Hezbollah ou au proxy, c'est pas clair. Encore une fois, tout va dépendre de cette stratégie de sortie de guerre parce que si à la fin de la guerre, les sanctions sur l'Iran sont levées parce qu'on arrive à dire en fait c'est plus un c'est plus une menace.
27:03 Alors là, on est dans un autre scénario encore. Mais pour moi là, le Hezbollah c'est suicide. Et comment comprenez-vous donc le le le je crois que c'était hier le la demande du Premier ministre libanais de se dit prêt à négocier avec Israël. Alors encore une fois pour moi c'est vraiment là, on voit euh tout le le le le scénario enfin tout le l'effet domino en fait du 7 octobre.
27:34 Euh qu'il est voulu ou non, ce qu'a enclenché sinon noir, c'est un énorme changement de la région parce que qu'est-ce qu'il a ? Il a attaqué Israël. Israël éradique le Hamas plus ou moins on est on sait très bien que c'est un peu plus compliqué sur place, ? Mais la menace militaire du Hamas n'existe plus comme avant. Euh le Hezbollah a mal calculé, Israël affaiblit le Hezbollah, ? Le Hezbollah ne peut plus être en Syrie euh protéger Assad, il se replie sur le Liban, Assad le le les Turcs se rendent compte que c'est le moment, attaquent avec Al-Shara euh le gouvernement syrien, ça permet de créer un corridor aérien vers l'Iran and the rest is history comme on dit.
28:13 Mais ce qui est intéressant, c'est que en fait sans tous ces trucs avant là tant tant tant sous ces effets domino, le Liban n'aurait pas pu venir et dire OK, maintenant je vais négociation directe avec Israël. Et ça je trouve ça fascinant parce que ça c'est euh c'était improbable Mais c'est historique absolument.
28:32 Ah alors, je sais qu'on utilise le mot historique très souvent mais mais là c'est euh c'est vraiment historique, c'était tellement improbable il y a encore 2 ans et demi Mais oui. d'avoir le gouvernement libanais dire "Ouh là, on va négocier avec les Israéliens directement" c'est c'est phénoménal. Après, est-ce qu'ils peuvent ? Qu'est-ce qu'ils peuvent ? Qu'est-ce qu'ils peuvent donner aux ? Parce que les Israéliens, ils vont dire en fait euh vous allez me tenir le Hezbollah euh vous allez déliter au moins au moins, oui. Oui, mais le le gouvernement libanais tout seul ne peut pas le faire. Non.
29:00 Donc en fait, ça va dépendre des garanties internationales à cet accord. Absolument. Parlez d'Al-Chara, d'ailleurs, je crois que lui il a il s'était ce matin ou hier soir, il a dit "Attendez, je vais je vais commencer peut-être à rentrer dans la danse." lui Al-Chara. Donc il va se dire "Il y a pour l'instant Ouais. Alors, il va peut-être rentrer dans la danse. Pour l'instant, ce qu'il a fait, c'est laisser en fait toutes les forces passer au-dessus de son territoire, c'est-à-dire qu'en fait il fait partie [raclement de gorge] maintenant de de de ce de cet échiquier.
29:27 Et ça aussi, c'est intéressant parce que en fait, le but d'Al-Chara maintenant, c'est qu'on le laisse tranquille et qu'on l'aide. ? Et lui, par rapport à l'Iran, il a zéro euh enfin, l'Iran c'est pas c'est pas c'est pas son maître, c'est pas son truc, c'est pas son argent, c'est pas c'est c'est différent.
29:40 Lui, maintenant, il a placé ses pions différemment. Donc en fait en fait, on a une sorte de c'est un peu compliqué à à expliquer parce que c'est on a on a une régionalisation du de la guerre, mais c'est pas encore une guerre régionale. Dans le sens où finalement, euh l'Iran attaque les autres et Israël et les États-Unis attaquent l'Iran.
30:02 Donc en fait, on a presque une guerre entre deux États finalement, c'est pas une une guerre régionale. ? C'est pas étendu à une guerre régionale. Ça touche toute la région du Moyen-Orient et Chypre. Mais ça ne concerne que deux gros mammouths, quoi. Deux, trois gros mammouths, ouais. Oui. Un dernier mot sur les outils qui sont jusqu'à présent, et je croise les doigts ou autre chose, je sais pas, mais en tout cas qui sont calmes ou silencieux. Alors, eux, ils ont aussi juste dénoncé l'attaque sur l'Iran. Euh et là, il y a aussi de nouveau deux questions qui se posent.
30:37 Soit ils se disent en fait euh on on on va garder nos armes. prier. On va garder nos armes en fait [raclement de gorge] parce qu'on va pas se mêler de ça parce qu'on va s'en prendre plein la tête. Soit ils ont ils ont reçu un ordre de l'Iran de rester tranquille pour l'instant pour pas utiliser toutes les toutes les munitions et tout ce qu'ils ont et tout leur stock.
30:57 Soit ils sont suffisamment indépendants de l'Iran pour se dire OK maintenant on va on va se tenir tranquille parce qu'on a déjà pris assez suffisamment de coups, on a été suffisamment affaiblis. Mais encore une fois je je un un scénario par contre où les outils s'y mettent dans 3 jours, c'est tout à fait possible.
31:20 Léa Landman, merci de vos éclaircissements de ce de cet éclairage sur la géopolitique très compliquée quand même de cette région mais on n'est pas étonné qu'elle soit compliquée. Tandem espère vous revoir bientôt sur sa chaîne. Je rappelle que cette émission est diffusée sur par le groupe Annel en Israël et que vous pouvez la revoir cette émission et toutes les autres sur tandem.tv et surtout sur YouTube puisqu'elle sera diffusée dans quelques jours sur YouTube.
31:51 Léa Landman, bonjour et bonjour. Merci. Bonjour aussi d'ailleurs. Et puis je rappelle votre votre podcast zone d'influence très bon podcast. À bientôt. À bientôt. Bonne journée, c'est ce que je voulais dire. Bonne journée. Au revoir. [musique]