0:16 Bonjour à tous, bienvenue sur Tandon TV. Merci de nous rejoindre. Aujourd'hui, je reçois une personne que vous avez sûrement déjà reconnue, mais je vais la présenter. Et oui, humoriste chroniqueuse. Elle manie l'humour comme une arme de lucidité. Elle dérange autant qu'elle éclaire et elle ne recule devant aucun combat. Récompensée pour son engagement contre l'antisémitisme et aussi pour la laïcité, elle nous parle de ses luttes, de ses convictions et de ce qui la pousse à continuer même quand ça fait mal. Bonjour Sophie Ram. Bonjour Sophie Bri, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Je suis enchantée. Merci.
0:53 Bon, j'aimerais Sopia commencer sans détour avec ce qui nous bouleverse encore profondément, la libération des otages, la restitution des corps d'otage décédés. Comment avez-vous vécu ces derniers jours, vous qui défendez la dignité et puis ces deux dernières années depuis le 7 octobre 2023, depuis l' Pogrome ? Le jour où j'ai appris tout ça, euh j'ai appris ce qui se passait. C'était la confusion. Vous vous souvenez, les nouvelles nous arrivaient de manière un peu euh éparce. On apprenait, on avait des nombres de victimes. On savait que c'était gros, on savait que c'était euh violent.
1:30 On a eu les premières images, on a appris qu'il y avait des prises d'otage. Mais je me souviens même que quand j'ai dû écrire Macron pour le lundi matin, le dimanche, on était encore dans la confusion. Et donc le 9 au matin, j'ai fait cette chronique dans laquelle je me je je pensais un peu naïvement que c'était tellement énorme et ça évoquait plein de choses aussi chez nous.
1:53 On a repensé aux attentats puisque nous-même en tant que français et en tant que parisien peut-être à plus forte raison, on a ces traumatismes cumulés de Charlie Bercacher à Paris en tout cas et les attentats de novembre. Et j'avais écrit cette chronique en me disant là il y a pas de bémol possible, c'est une attaque terroriste et c'est les terroristes islamistes qui ont attaqué des jeunes, des personnes qui vivaient dans lesquibots.
2:21 Donc il y avait une émotion inconditionnelle. Voilà pour moi j'étais ému, ce qui se passait, je l'ai j'étais mieux. Mais en réalité la veille déjà, j'ai commencé à avoir des doutes sur les réactions qui allaient suivre parce que dès le dimanche, dès le dimanche parce que quand j'ai entendu à l'époque le ministre de l'intérieur, c'était Darmanin, il me semble, ça va tellement vite, mais c'était Darmanin, je crois, qui avait demandé à ce qu'on mette de la sécurité devant les synagogues et devant les milieux de culte juif en France.
2:49 Je m'étais dit "Mais pourquoi ?" Et en réalité, c'est toujours comme ça. Quand il y a une attaque terroriste quelque part contre qui cible des juifs, ou que ce soit, on renforce la sécurité pour protéger les juifs. Donc ça veut dire que que l'attaque du 7 octobre a déclenché et on a observé après de l'antisémitisme.
3:11 Donc donc voilà, ma première réaction, ça a été l'incompréhension, l'émotion évidemment. Euh et ensuite le 9 au soir, on est allé au rassemblement euh qui était au trocadéro, il me semble. Et là, le côté clairsommé, le côté encore une fois, il y a que des juifs qui viennent en solidarité de ce qui se passe en Israël.
3:35 J'étais dans la compréhension totale, je m'étais dit mais là c'est pas possible là c'est des jeunes qui étaient un festival, ça va au moins mobiliser des jeunes, ça va au moins bon et puis il y a eu ces mots d'Arthur qu'on a vu à la télévision le soir qui disait "Mais vous êtes où les copains ?"
3:49 Et on avait ce sentiment là tous. En fait Arthur ce soir-là a exprimé quelque chose qu'on ressentait profondément. C'était euh on voyait la solitude des Français juifs ce soir-là et j'ai jamais hésité mais ça m'a renforcé dans le fait de me dire qu'on pouvait pas les c'était évident pour vous là je me suis pas posé la question je suis allée sans réfléchir enfin évidemment il fallait y mais ça a toujours été le cas que pour je suis allée place de la République il y a eu personne.
4:21 Quand Mirnol a été assassiné, pareil, on était quand même pas si nombreux que ça pour les professionnellement. Enfin, non. Ouais, Samuel Tati, on était en plein Covid, je me souviens que je me souviens être allé masquer et on était encore en plein dans les gestes barrières et tout ça et c'était le vendredi, c'était les vacances.
4:43 Donc bon oui, on était pas nombreux mais j'ai trouvé plein d'excuses. Je a des excuses les c mais non effectivement il y a eu je vous fais une très longue réponse mais parce que votre question elle elle ouvre plein choses mais mais en réalité euh ma place de citoyenne française était là et je me suis jamais posé la question et mon engagement était là face au terrorisme d'où qu'ils viennent.
5:11 Il faut se mobiliser et il faut qu'on soit ensemble. la libération des otages qu'on a vécu il y a quelques jours, la restitution de quelques corps de quelques corps et non pas des 28 corps malheureusement. Alors la nuit de dimanche à lundi, on a peu dormi parce qu'on savait que c'était imminent. quand ça a été réel.
5:30 Bon, je comm beaucoup et j'ai regardé, je crois que j'ai regardé toutes les vidéos qui étaient disponibles. Je continue de regarder. J'ai beaucoup pleuré. J'ai pensé au calvaire, j'ai pensé au à l'indicible de ce qu'ils ont vécu parce qu'on a vu les images pendant, on a vu l'atrocité de des traitements qui ont été infligés au aux otages.
5:57 J'ai pensé à leur famille. Alors, il y a des transferts en tant que mère ou pense à ses mères, à ses parents, à ses familles qui retrouvent des proches. À ce que ça a été que cette attente à à tout ça, enfin c'était tout été mêlé. qui a eu le soulagement parce que c'était aussi un cessé le feu.
6:14 C'est de se dire qu' on pense aux victimes palestinienne évidemment à l'hypothèse que pour homme ça a été un soulagement et on imaginait aussi que il y a des mères des deux côtés, il y a des enfants des deux côtés, il y a des familles des deux côtés. Ces images de de de ces personnes qui sont rentrées et tu cessais le feu en même temps. Je m'étais dit bah en fait c'était ça. Ouais. La guerre, elle a commencé par une prise de CCF, il a été possible à la restitution des otages. Donc il y a eu ce soulagement et puis euh et puis après je suis un peu c'est c'est ma nature, j'ai pensé à tous ces parents qui vous voyaient les enfants rentrer qui eux ne récupéreraient pas les leurs.
7:02 Je vais essayer de le dire sans pleurer. Penser au bibas. Bon voilà. Oui. Ouais. Ouais. Depuis le 7 octobre 2023, on a vu beaucoup de silence, parfois des ambigués et une difficulté en France notamment à exprimer une empathie claire envers les victimes israéliennes. Comment expliquez-vous cette retenue ? Je sais pas l'expliquer. Euh ça a été une de mes questions quand j'avais reçu une molière de l'humour et ça a été le discours que j'avais fait ce soir-là. J'avais préparé en disant que on il y avait eu les Césars juste avant et je m'étais dit que le monde de la culture avait euh parfois des indignations sélectives et que je trouvais que ceux qui ont la parole he je dis pas que tout le monde doit le faire mais ceux qui prennent la parole souvent je constatais que ceux qui expriment une indignation légitime euh face à ce que vivent les Palestiniens, je l'ai trouvé très silencieux face aux otages Et euh et je l'ai exprimé simplement en disant qu'il fallait avoir une mégale empathie envers les deux des deux des victimes des deux côtés et les victimes aussi du l' du pogrome du 17 octobre. Donc ça je j'ai dit tout ça pour moi, il y avait rien de Non, ça je je j'avais même considéré pour moi c'était vraiment aussi l'humanisme. Je trouvais que c'était un discours de Miss France he ça faisait vraiment il faut être il faut avoir de la tristesse pour les victimes de deux côtés ou là là quel discours révolutionnaire.
8:34 ce soir là, j'ai reçu alors énormément de messages de soutien, énormément d'applaudissements. Il faut le reconnaître, il faut le il faut le constater. Mais même moment, je recevais des tweets indignés m'accusant de faire l'apologie du génocide ou être un soutien du génocide de la part de député français. Ah d'élus oui de la République. Un mot de vre pareil, je les nomme. Justement, on va en parler sur les chiquers de la politique française, certains élus banalisent justement les discours antisémites. À quel moment la liberté d'expression devient-elle complaisante ?
9:11 Justement, alors c'est très difficile de répondre comme ça parce qu'en fait moi je je suis une fervante militante de la liberté d'expression. La liberté d'expression, elle est encadrée par la loi. Donc tout ce qui est racisme, antisémitisme, ça n'est pas une opinion. Non, c'est un délit. Donc tout seul est condamné, c'est condamnable. Donc quand il quand ils sortent des clous, il ils sont condamnés. En revanche, il y a une ambigué. C'est-à-dire que dire que je suis soutien du génocide, que vous êtes soutien du génocide dès que vous vous exprimez, dès que vous portez un ruban dès que vous exprimez sur le sort des otages, là c'est dégueulasse mais légalement on ne peut rien.
9:54 Mais c'est dégueulasse. Ouais. Et moi, je suis toujours étonnée quand je vois que ça vient d'élu la République parce que j'ai du respect pour la République. Je suis une fervante des défenseuses de la République et de nos valeurs républicaines. Et je trouve que ces gens font du tort à ce que c'est. Et puis quand on doit lutter contre le harcèlement en ligne, quand on doit auprès de nos enfants, auprès des jeunes, quand on voit tout ce qui est mis en place, tout tous les moyens qui sont mis en place pour lutter contre ça et quand on voit que des élus orchestrent ça, orchestrent des campagnes de harcèlement parce que c'est ce qu'ils font hein. Ouais.
10:32 Et ils le savent. Vous avez constaté que ces campagnes justement cet antisémitisme souvent déguisé hein euh s'est déclenché rapidement après le 7 octobre. Ah par les extrêmes, par tous. Oui. Alors non, pas par tous en fait sur ce conflit précisément, ça a été à l'extrême gauche en réalité, il faut le dire. Alors moi, j'ai toujours combattu l'extrême droite et l'extrême gauche et je continue de combattre et l'extrême droite et l'extrême gauche parce que c'est pas vrai que l'extrême droite est une solution à nos problèmes. Faut arrêter de se tromper de de solution.
11:03 En tout cas euh non pour moi euh tout ce qui est en dehors du champ républicain et je continue d'être convaincu que l'extrême droite n'est pas euh dans le champ républicain. Je combat l'extrême lo mais en l'occurrence là sur euh ce qui s'est passé après le 7 octobre, ceux qui se sont exprimés le plus salement sur ce conflit avec des allusions dégueulasses, avec des raccourcis dégueulasses, avec le fait de parler de génocidaire, parler de de génocide à Tierlar Largot, d'avoir choisi ce terme précisément euh pour qualifier ce qui se passait en Palestine.
11:39 Or, ce qui se passe en Palestine était horrible, hein. sont pas non plus minimisés et on a le droit de s'indigner face à des crimes, face à des morts, face à des morts de civil. C'est horrible mais crime de guerre ça leur suffit pas. Pourquoi crime de guerre ça leur suffit pas ?
11:56 Moi, je trouve ça pour vous c'est pour vous c'est du l'électorat du moins du clientélisme. C'est pour attirer une partie de l'électorat vers eux pour les votes à venir. Je suis pas sûre que ça marche en réalité. Je suis pas sûr que ça marche. Il y a un calcul certainement. Il y a il y a un cynisme dégueulasse. Oh, il y a de la haine déguisé. Mais en réalité quand vous discutez, moi je suis entouré dans toute la France quand vous discutez avec nos concitoyens ceux que je rencontre je connais pas la température de toute la France.
12:32 Je cro pas parler des Français des Français que je rencontre et qui me parlent mais c'est pas au cœur de leur préoccupation. Hm, ça veut pas dire que ça n'est pas une préoccupation, mais ça n'est pas le cœur de leur préoccupation. Or, quand on écoute, quand on regarde ne serait-ce que la campagne des européennes, on et les filles n'a fait campagne que sur ce qui se passait à Gaza.
12:53 Hm hm. Ah, vous voyez pas très bien le lien avec l'Europe. Il y a un conflit qui se passe à quelques centaines de kilomètres d'ici en Ukraine. Ça a pas été au cœur de leur préoccupation. Bon voilà, ils ont choisi leur combat, ils ont choisi, il faudra questionner tout ça un jour peut-être.
13:12 Il y a une commission d'enquête justement donc les rapport éventuels. On verra ce que ça donne. Bon, en tant qu'artiste humoriste Sopia Ram, avez-vous le sentiment qu'il est plus difficile aujourd'hui de dénoncer justement toutes ces dérives ? Est-ce que pour vous, il y a pas il y a pas de frontière ? Vous vous arrivez à les dénoncer ces dérives ? B je suis là, je vous mendez un micro, j'ai une caméra, je m'exprime à la radio, je m'exprime dans des journaux. Euh je le fais toujours, j'ai j'ai l'espace pour le faire. Je suis sur scène, je joue, je suis en tournée, donc il y a du monde dans les salles, ça existe.
13:48 Maintenant, c'est la virulence des critiques qui a changé. Hm. La liberté, elle existe toujours maintenant. Et il faut surtout rester vigilant, je crois, à ne pas céder à la peur et aux intimidations parce que bon, elles existent, elles ont toujours existé, hein. Moi, j'ai été menacé mort en 2011 par l'extrême droite, hein. Faut faut aussi rappeler qui sont ceux qui veulent vous faire terre. Moi, j'ai subi les foudres de l'extrême droite et aujourd'hui, j'ai les foudres de l'extrême gauche. Donc, je je continue quand même de d'être vigilante.
14:19 Mais la liberté, elle est réelle en France. On a une liberté d'expression qui est réelle. Il faut simplement euh aussi avoir en tête que le pour moi le principal frein à cette liberté, c'est la peur. Parce que qu'est-ce que c'est que ces intimidations ? Si ce n'est l'envie de vous passer de de vous faire passer l'envie justement d'aborder ces sujets-là. Ce serait beaucoup plus commode pour moi de parler d'autres choses, hein. Ouais. Sauf que j'ai le droit de le faire. Pourquoi est-ce que je me priverai de ce droit ? Parce que eux ne veulent pas.
14:49 H c'est pas eux que je m'adresse en réalité. Donc voilà. Et puis après, si c'est la violence des réseaux sociaux, les réseaux sociaux, il faut les remettre à leur place. Heureusement, le monde et euh en tout cas les les l'espace dans lequel on vit, ça n'est pas et vraiment euh je suis complètement râée, mais Dieu merci, euh on ne vit pas dans Twitter et Dieu nous en préserve.
15:12 Vaut mieux. En tant qu'humoriste entre autres politiques, est-ce que les déclarations et le positionnement d'Emmanuel Macron en général se prête facilement à l'humour ? Il est tellement dur à suivre euh ah je vous assure c'est que il est capable de dire tout et son contraire. Donc moi, j'ai beaucoup de mal à le suivre. Et puis après sur la politique en général, moi j'ai été euh beaucoup euh peut-être un peu obsédée parce que il y a des choses qui me font peur dans cette société et j'ai peur pour nos enfants. Donc j'ai été un peu sur la polarisation et pas sur des personnes, même s'il y a des individus que j'ai avec lesquels j'ai eu des affrontements directs, mais j'ai pas j'ai pas attaqué Macron en direct, même si évidemment qui dit connerie sur connerie, évidemment que je reste dans la compréhension de la dissolution de de poste la dissolution post élection européenne qui n'avait absolument aucun sens, qui nous complètement séché.
16:18 Oui. Pas l'intérêt de dissoudre en France à propos d'un scrutin qui était européen. Enfin, c'est un décision nationale sur un scin européen. Sens total qu'on est encore en train de payer aujourd'hui. Donc non, il est dur à suivre et bah pour lui, j'ai pas hâte du moment où il faudra faire son bilan parce que ça pas être joli joli.
16:39 Dernièrement, vous êtes du moins vous en êtes pris, vous en prenez souvent mais à Jeanlet Mélenchon. Oui. qui est intervenu dans les studios de France Inter. J'invite les auditeurs à voir la à écouter et à voir la dernière chronique de Sopia Ram sur France Inter qui a eu lieu mardi. Franchement, c'est pas mal. Vous avez déjà été confronté directement à lui par rapport à son positionnement, par rapport à ses paroles. Il vous a attaqué directement ? Je crois pas. Non. Pas dans mes souis. Lui directement. Non. D'autres personnes fistes ou ?
17:09 Oui oui oui. Que ça soit pas panneau, Caron. Emer Caron surtout. Ah oui ouais. Em Caron c'est un sport hein. Je alors je lui rends bien hein maintenant je rends les coups. Donc ils sont pas habitués à ce qu'on à ce qu'on reposte. Euh Rima Hassan a organisé une vraie campagne de harcèlement.
17:31 Alors elle est allée dénicher. Alors je je vous donne l'historique. Oui. Vous gardez ce que vous voulez. Je suis allée chercher euh non n'importe quoi. Je vous donne l'historique. J'ai pointé du doigt le fait qu'elle faisait des listes de juifs. Il y avait un moment, je sais plus à quelle occasion, faisait des listes et je regarde cette liste et je vois que des noms de personnalité français juif.
17:58 Quand même, c'est un peu ça porte un nom quoi. Ça ça s'est fait à une époque, ça a été très envole. Donc je lui dis, je lui fais le twet, je lui dis en fait si vous remettez au bout du jour le fait de faire des des listes de jeu, voilà juste ça. Et moi je fais mon tweet et elle en fait ce qu'elle veut.
18:14 Bah ce qu'elle a décidé de faire c'est d'aller exumer une vidéo dans laquelle je fais un sketch qui a plus de 20 ans sur comédie et un sketch dans lequel je m'amusais avec Arthur et Dominique Faudia. Arthur étant un ami avec qui j'ai travaillé il y a très longtemps entre toujours et c'est quelqu'un d'extrêmement pudique dos mon jeu c'était de le chauffer de l'allumer sexuellement donc j'étais là un peu allumeuse.
18:40 Elle a juste pris la vidéo elle a posté la vidéo où je suis à quatre pattes devant Arthur et elle l'a posté en disant ben voilà je comprends mieux d'où ça vient. Et là, instantanément, Sopia arab euh des oreilles chastes, voilà, euh de sionistes, de juifs et la photo arrêtée de moi à quatre pattes aujourd'hui encore mais euh balancé à la figure tous les jours.
19:02 Donc personne ne sait pourquoi je suis à quatre pattes d'aventure. Tout le monde s'en fout. Il y a une image de Sopia à genou de Arthur Sopia Ram de ses maîtres parce qu'en plus c'est extrêmement raciste et considérer que voilà je serai sous sous sous l'emprise parce que il est juif et mais bon tous ces clichés tous les clichés sont et elle a fait ça donc elle était pas encore élue mais c'est elle qui a sorti cette vidéo qui aujourd'hui encore me vaut des vagues de harcèlement mais est dégueulasse. C'est sur X.
19:36 Ouais, même sur Instagram. Genre Instagram, c'est pas un safe space. Mon dieu, pas du tout. Mais donc j'ai ça, j'ai ça, j'ai ça, j'ai ça. Et donc c'est elle qui est à l'origine et relayé par Emer Carmoin et Thomas Porte. Thomas Porte ne s'en est jamais pris à moi directement. Je crois pas.
19:52 Alors je dis je crois pas parce que je vais pas vérifier. Oui non plus je vais pas vérifier. Il y avait autre chose à faire. Mon père il va de ses petites win. Ouais ouais. Non non si si ils y vont ils y vont mais j'ai été très étonné parce que comme j'ai rebaptisé Emeric Caron Abou Emric Versailles parce qu'il lance des fato contre tout le monde.
20:11 Moi, je considère que ce sont des fato quand on dit d'une élue quand elle est nommée ministre à compos d'Astri Panason Bouvet qu'elle est complice du génocide et qui fait rentrer les complices de que Macron fait rentrer complice du génoise de gouvernement dit je viens de lancer une fattoie contre ma contre Astrid Panosian donc je dis juste ça je dis Emry Caron dans son fatoi contre Astrid Panosia et Emou le sait et là il me fait tout un truc en disant c'est raciste la bouche c'est raciste à bout machin C'était les noms de guerre, on les avait entendu au moment de DJ et là ça a été relayé par Olivier Fortit à moi, je m'en sou, d'avoir recours un raccourci raciste pour attaquer Maro.
20:56 Elle était où l'urgence de venir moi me taxer le raciste ? Parce que vraiment il voyait du racisme, je faisais, il voyait en revanche, rien n'a reproché à ERC Caron quand il traitait à striposien bouvet de génocide là. il y avait pas de problème. Donc là, j'ai trouvé vraiment que les lignes avaient bougé et que je trouve les valeurs étaient inversées.
21:16 Ouais. Et puis vraiment dégueulasse. Vraiment crade crade crade crade. Ouais. Les gens sont un peu et tout s'est révélé en fait depuis le programme du 7 octobre où c'était déjà même depuis les attentats de Charlie, depuis euh les attentats du Bataclan des terrasses. Il y avait il y a pas autant. Il y avait ça, il y avait il y avait moi je me souviens que après aux aratas, il y a eu une explosion des aptant anticéance on oublie mais c'est réel. Euh et en réalité ça nous a moins ému en France que Charlie. Ouais. Et s'il y avait eu que l'hypercacher, on sait laisserait bien que il y aurait pas eu la même mobilisation que s'il y avait pas eu les étapes contre Charlie et ça c'est regrettable.
21:59 Donc tout ça, ça dit quelque chose quand même. En revanche, que ça s'exprime aussi librement, que ça s'exprime dans les rues de Paris, qu'il y a des tags antiséniques partout en France qui qui prolifait. Genre là au moment où je suis venue vous voir, j'ai appris qu'il y avait eu des tags antisémitoble mais d'une violence inouie inoui.
22:21 La violence s'est toujours exprimée. Il y a toujours eu des actes racistes en France. Le racisme a toujours existé et on l'a toujours combattu. Aujourd'hui, il y a une montée de l'antisémantisme évident creuser sans se livraireur. Ouais. Une explosion qui est en plus liée à la table du 17 octobre. Et ils n'ont pas attendu la riposte de Netaniau hein pour pour être antiséménite pour attaquer euh les juifs par ça été un prétexte pour vous. En tout cas, c'est j'ai je peux je ne peux que constater. Je peux pas le je peux pas savoir ce qui les animes.
22:57 Je peux pas préjuger ce qui les animes. J'essaie de pas de pas me mettre à leur place, de pas décider pour eux. Mais en revanche, ce qui est sûr, c'est qu'à une époque, on pouvait combattre l'antisémitisme et le racisme ensemble. Aujourd'hui, quand on dénonce l'antisémitisme, il y a une suspicion. Il y a il y a quelque chose de l'ordre du 1 fais attention parce que là tu tu fais le jeu de de l'extrême droite, tu fais pas. Donc on ne peut plus combattre l'antisémitisme comme on combattrait tout raccisme et puis de toute façon il y a une communautarisation des combats.
23:38 C'est-à-dire que aujourd'hui, moi je suis toujours attaché aux valeurs universalistes de notre pays et et à la laïcité forcément de reconnaître que tout ça est très très Vous avez reçu le prix ? Ouais. La touché. J'ai touché parce que ça me tient vraiment à cœur. C'est ce qui nous protège et je crois qu'il faut continuer de combattre parce que ce qu'on essaie de faire croire c'est que la laïcité est un danger pour les croyants quel qu'il soit en fait nous protège. Oui. Sopia, si vous regardez votre parcours, qu'est-ce qui vous a donné cette force d'engagement ?
24:12 Que ça soit pour lutter contre toutes les haines, pour lutter pour la laïcité, du moins pour que la laïcité soit mise en place et existe toujours, qu'est-ce qui vous qu'est-ce qui vous anime ? Qu'est-ce qui vous a donné cette force ? Ben d'abord, je crois que je suis produit de tout ça. Moi, je suis produit des produits de la République. Moi, je suis née dans une famille euh une jeun euh plutôt libéral. On était euh pratiquant mais très peu. Moi, je suis atâtée, je me suis définie comme tel assez jeune. Euh, j'ai vraiment fait mon coming out en expliquant à mon père qui lui est très croyant, très pratiquant, qui a fait son pèlerinage à la mec.
24:49 Je crois pas en Dieu. Je lui dit tout bas parce que je voulais pas le blesser. Mais il l'a il l'a très bien pris. Il m'a dit écoute moi mon devoir en tant que père musulman c'est de te dire ce que je pensais être bien pour moi et toi tu fais les choix que tu veux et je les respecte et il continue de prier pour moi et je leur remercie.
25:06 Belle preuve d'amour. Voilà. Et et ces preuves de tolérance là m'ont animé, m'ont porté. Et en réalité donc voilà, je je considérais que dans un pays dans lequel on a le droit de croire ou de ne pas croire, bah quand on croit pas, on peut le dire et l'assumer. On n'est pas obligé de se cacher. Et puis euh bah c'est les événements, les différents événements qu'on a vécu ces dernières années. Ça a commencé la montée de l'antisémitisme où j'ai toujours combattu. Euh le racisme où j'étais sur les épaules de mon oncle pour la marge des beurres.
25:40 Enfin, je dire voilà c'était touche pas à mon pote SOS racisme et cetera. On était vraiment avec SOS racisme nous le soir de l'attaque de Zaratora à Toulouse, le soir on était à Paris avec SOS racisme. Donc il faut le rappeler quand même, c'était SOS racisme était là ce jour-là et on était avec et euh et puis j'ai vu les choses éclater puis j'ai vu les choses devenir moins évidentes.
26:03 Moi, j'étais proche de Charlie quand il y a eu l'assassinat de mes camarades, de mes amis Charlie Hebdo par des terroristes, des islamistes. Quand j'ai entendu des gens dire "Oui, mais est-ce qu'ils ont bien fait démontrer la cultature ?" Ça me c'était insoutenable. Et là, j'ai compris que le combat était pas terminé. Moi, je pensais à chaque fois je suis un peu naïve, hein. Ça dure pas longtemps. La naïveté, j'essaie. Elle est légitime parce que vous croyez en l'humain. Évidemment. Ouais. On se dit "Bah non, c'est trop horrible.
26:36 Une les gens évidemment du côté de des victimes, ils le sont parce que c'est horrible." Et après ils disent enfin quand même comme s'il l'avait un peu cherché. Et puis après on dit Nathan Clarissa, Jean-Philippe, elle était là pour aider des enfants à traverser la route. OK. Non mais là on a rien trouvé à dire. L'hyper cacher. OK. Là qu'est-ce qu'on leur reproche d'être allé faire leur courses pour shabbat ? des familles qui allaient faire leur course pour Chabbat et et qui ont été assassiné ce jour-là ou là j'ai commencer à à comprendre que le progrès le problème pardon le problème était plus profond et ancré dans la société là et que il fallait pas lâcher et puis il y a eu Samuel Pathie.
27:21 Ouais. L'histoire qui a mené à la décapitation, il faut prononcer le mot, à la décapitation d'un professeur dans ce pays. Elle est tragique et elle dit tout parce que c'est un mensonge au départ, c'est mensonge d'une élève. C'est une cabale qui a été menée par des islamistes dont un membre de l'association Cheik Yassine qui est l'association de proche du Hamas quand même hein.
27:51 Là on revient à ce que ce dont on revient que toujours la même chose. C'est le même ennemi en réalité et c'est eux qui ont chauffé à blanc et qui ont lancé cette cabale et à dîner des réseaux et et et euh et qui a qui ont été repris par la mosquée de Quentin et qui ont été repris euh par des islamistes et qui ont permis à ce à ce gamin de se dire bah voilà, moi j'ai une cause, j'ai celle-là, j'ai une cible, elle est désignée, j'ai son nom parce qu'il a été donné par ses ordures et il est Aller terminer le travail et moi pour moi ça il y a une bascule aussi profondément en moi le jour de la décapitation de Samuel Pat pour moi il y a on narrête pas de dire il y a un avant et un après oui mais ce jour-là je me suis dit qu'on avait basculé ouais et puis elle domic Bernard quelques jours après le 7 octobre le 13 voilà et puis et puis il y a encore une confusion aujourd'hui. C'està-dire que même quand on mage parce que là on est dans la période des des commémorations, il y a une confusion.
28:58 C'est-à-dire qu'il y a plein de gens qui pensent que Samuel Patti est mort parce qu'il a montré les dessins. Il y a des gens qui pensent que Dominique Bernard est mort parce que il y a eu les dessins, les caricatures et cetera. Mais tout ça est confus en l'esprit des gens parce que parce peut-être aussi parce que encore une fois j'essaie de trouver des excuses.
29:16 Peut-être parce que c'est trop horrible. H peut-être parce que c'est trop moche. Je vais voir la réalité en face. La réalité elle est horrible. Donc parfois on préfère se cacher derrière des raccourcis, derrière des récits parallèles qui peuvent nous nous réconforter, nous rassurer sur ce que sur ce qui est de menu de société.
29:32 Et puis je passe toutes les tragédies qu'on a vécu en France he parce que quand même on est dans un pays meurtri tous les attentats tout la liste est trop longue. La liste est trop longue. Qu'est-ce qui vous donne de l'espoir maintenant aujourd'hui ? Il y a plein de raisons d'espérer parce que je pense quand même qu'il faut se rassurer en se disant qu'on est dans des bulles algorithmiques h et que encore une fois moi j'ai la chance de voyager en France en Suisse en Belgique dans la francophonie. Je vais jouer mon spectacle et je vois des gens qui se mobilisent.
30:11 Je vois des gens qui baissent pas les bras. Vo des gens qui savent pas tout à fait ce qui se passe parce qu'ils en ont assez qui se Alors, ça a quelque chose qui me fait espérer mais je comprends que les gens sont un peu lassés et inquiets et qui se il s'informment moins et ça ça m'inquiète mais je me dis que c'est un instinct de protection pas en vouloir mais qu'il va falloir qu'on arrive à se parler qu'on arrive à à rire ensemble à à pleurer ensemble à construire ensemble.
30:41 Et on le doit à nous, on le doit aux générations qui viennent et je crois qu'on a du boulot et et je me dis que l'espoir c'est de se dire qu'il y a encore des choses à faire. Tout n'est pas perdu et que tant qu'on n pas tout perdu, il faut avancer, il faut continuer.
30:58 Alors peut-être que je me bats contre des moulins avant, mais je me dis qu'il faut pas baisser les bras quand on est là. Il faut il faut y aller. Si vous avez un message à transmettre à la communauté juive et à tous ceux qui qui défendent aussi la liberté d'être, la liberté d'exister, quel serait ce message ?
31:19 C'est euh je l'improvise parce que je m'ai pas préparé. Mais ce qui me vient vous en écoutant votre question euh Sophie, c'est le soir où on était euh on s'était rassemblé euh quand on a appris la mort des enfants de Nibas et de et de leur maman et de et d'amage. On a appelé la mais c'est plus emblématiquement la mort des des Mibass ce genre-là. On avait on était habillé en Orange, on était là et il y a une dame qui m'a reconnu dans la foule et qui m'a prise dans ses bras et qui a pleuré et qui m'a dit merci d'être avec nous.
31:52 Et je lui ai dit, j'ai eu un mouvement un peu de recul et je lui ai dit attention, il faut pas qu'on se trompe et c'est mon message. Il y a pas de nous et vous. H face à tous ceux à quoi euh on a été confronté ici en Israël, partout dans le monde, il y a un nous, il y a un grand nous et c'est ce grand nous qu'il va falloir retrouver l'humain. Oui.
32:16 La solidarité, la fraternité. Ce que j'aime rappeler, c'est que dans quelques pays d'Afrique où je suis allée, on dit pas au revoir, on dit on est ensemble. Et moi, j'aime beaucoup ça, on est ensemble. Alors, on va terminer sur ces mots. Je voulais juste rappeler quand même que vous êtes en tourné actuellement avec votre 5e spectacle, le monde d'après dans toute la France jusqu'en juin 2026.
32:40 Si vous êtes en France, si vous voulez voir Sopia sur les planches, n'hésitez pas, allez la voir. Elle tourne dans toute la francophonie. Oui, je vais passer en Belgique aussi et je vais passer en Suisse. On vous retrouve sur France Interre tous les mard tous les mardis matins à 8h55 pour une chronique, je vous invite aussi à l'écouter parce que un peu caustique et toujours avec beaucoup d'humour sur l'actualité.
33:06 Également dans le point, le magazine Le point toutes les semaines et le parisien dimanche une fois par mois tous les mois. Alors, je voulais juste terminer par ce mot un petit peu personnel, mais je pense que vous allez nous associer à moi. Merci Sophia Aram d'avoir mis des mots. J'ai un peu d'émotion, je vais reprendre. Il faut pas parce que moi je pleure aussi hein. Parce qu'on a beau être forte mais bon oui, on est forte. On s'en prend quand même. Pleurer c'est pas Non non mais ça fait du bien. C'est pas de la faiblesse. Non non au contraire.
33:44 Non non mais je vais pas arrêter de chialer. Ah moi aussi je Mais moi je peur de joie. Je pleure quand je Ah moi aussi je pleure je pleure très facilement et je désolé ça fait du bien. Ne soyez pas Il faut pas l'être. Il faut pas il faut pas. Bon on va pas être d'accord hein parce qu'on voit un arbre.
34:01 Bon, je vais terminer par ces quelques mots. Je pense que vous allez vous associer à moi. Merci Sopia Aran d'avoir mis des mots là où certains préfèrent le silence et surtout merci beaucoup de ne pas lâcher. Merci à vous. Merci Sophie. Merci à vous de votre écoute, de votre regard. N'hésitez pas à vous abonner à Cand TV. Vous avez la cloche juste en dessous pour vous abonner et tous vos commentaires sont les bienvenus. que ça soit sur les réseaux sociaux, que ça soit euh sous cette interview sur YouTube ou sur le câble Annatel en Israël.
34:36 Merci de votre écoute et à bientôt. Merci Sopia. Merci Sophie. [Musique]