0:13 [Musique] Bonjour à tous, bienvenue sur Tandem TV et comme vous pouvez le voir, nous avons une invité exceptionnelle avec vous, Amanda Sts. Bonjour Amanda. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation pour Tandem TV. Je vous reçois à l'occasion de la sortie de vos nouveaux romans. C la lettre C. Voilà, très énigmatique mais justement on va essayer d'en savoir un petit peu plus. Votre mentionée est paru aux éditions Grassé dans un contexte brûlant puisque c'est l'après 7 octobre 2023. Est-ce que vous me permettez juste de faire un très court résumé sans rien dévoiler ? Avec plaisir.
0:52 Alors, j'ai écrit bien sûr quelque chose. Alors, c'est en fait ça suit Gill entre autres hein parce qu'il y a tellement de personnages superbe qui voit sa vie bousculer justement après le le 7 octobre et qui ne reconnaît plus sa femme Rebecca. Éditrice parisienne tandis qu'un étrange champignon envahit le plafond de leur chambre.
1:13 Une métaphore de la contagence sociale et identitaire, j'ai envie de dire. On a un petit court résumé mais on va essayer d'en savoir un petit peu plus un petit peu plus pardon. Alors pourquoi ce titre énigmatique ? C'est même si j'en sais un petit peu plus mais pour nos nos téléspectateurs, pourquoi ce titre ?
1:35 Euh c'est c'est euh l'initial que du champignon et ce fameux champignon vous parlez qui pousse dans la chambre de Gill et Rebecca. Ils ont peur d'en parler en public ou que les gens entendent qu'ils ont un champignon qui pousse chez eux. Donc ils ont une petite honte quand même de ce champignon et et ça m'a amusé que de la même façon qu'on ne nomme pas Dieu, on ne nomme pas ce champignon dans la religion juive.
1:56 On ne on ne donne pas de de nom à Dieu ou en tout cas ne on ne veut pas le prononcer. Et là en fait c'était le diable qu'on ne nommait pas. C'était ce mal et ce mal-être croissant qui qui commence dans leur chambre à coucher mais qui est comme vous le disiez une représentation symbolique du pourrissement social.
2:14 Euh et ça part de ça les choses qu'on ne nomme pas ou les choses dont on a peur de parler et qui peu à peu envahisse la société. Et je pense que l'antisémitisme en fait partie. Euh c'est une des choses qui voilà qui peu à peu prend de la place. On a peur d'en parler parce qu'on a peur de l'alimenter.
2:36 On a peur aussi d'en parler quand ça ne nous concerne pas parce que on ne comprend pas vraiment. Et surtout, il est très mystérieux cet antisémitisme parce que les fondements sont rarement euh avéré. Il y a pas de il y a pas de raison objective d'être antisémite, aucune. Mais à travers les époques, il y a toujours eu des excuses trouvées, souvent complètement inventé. Euh aujourd'hui, on se sert euh d'une actualité tourmentée pour euh euh le transformer en antisémitisme ou sous euh couvert d'antisionisme, mais parce que les choses ne sont ne peuvent pas être nommées.
3:18 Voilà, ce c'est c'est ça, c'est et ça va après avec tout ce que vous voulez ajouter. Ça peut être le courage d'aller contre, ça peut être la connerie ambiante, ça peut être le chaos et ce fameux champignon en tout cas. Je vous invite, je l'ai partagé sur les réseaux, vous l'avez partagé aussi sur vos réseaux, avoir entre guillemets la bandeannonce de votre livre avec ce C et voilà.
3:46 et chacun pourra l'interpréter à sa façon avec un mot avec un justement catastrophe cha controverse on sait du pour vous Amand c'était une urgence d'écriture une nécessité intense après le 7 octobre 2023 d'écrire d'écrire ce roman a pris un petit temps pour que je commence à écrire poste 7 octobre il y a eu euh il y a eu euh d'abord une sorte de justement de de d'arrêt.
4:15 Je je j'avais l'impression que les mots suffisaient pas. Euh c'était très complexe de s'emparer d'un sujet qui méritait à mon sens uniquement de d'être traité par des journalistes puisque c'était à chaud. Euh et l'idée de romancer ça, c'est c'était trop trop rapide. Euh et puis j'étais sous le choc en fait et c'est surtout en voyant euh les fake news qui ont entouré la suite du 7 octobre, en voyant même un New York Times titré euh sur des fake news. Et je parlais pas du biais qui fait qu'on on interprète les choses, je parle de de de nouvelles erronées.
5:05 Ça ça a été un déclic de me dire il faut il faut remettre de la vérité dans ce qui est en train de se passer en tout cas pour laisser une trace des choses telles qu'elles étaient telles qu'elles se sont déroulées. Et c'est partie de du envie presque de journaliste. Mais comme c'est pas mon métier, il a fallu que je que je rende ça digeste, que je le réintègre dans un récit. Et j'avoue que ce récit, moi puisque c'est on parle souvent des de du sous-texte politique et parce qu'il est extrêmement important, mais c'est un livre très drôle et moi c'est c'est cette humour là qui m'a permis de tenir, c'est de me dire en fait on a basculé dans de la folie furieuse.
5:49 Si on la prend au premier degré, c'est terrifiant. Et si on arrive à à en rire, c'est des degrés d'absurde tels que voilà, on survit à travers ça quoi. On retrouve, je pense à Gill qui se retrouve dans des réunions avec Capucine. Je vous dis pas qui c'est. Vous découvrirez en lisant le livre dans des réunions d'extrême justement, on va parler d'extrémistes et qui c'est raisonne vraiment particulièrement avec notre époque fait d'information fragmentée et rené de vérité mouvante voire tronquée. Vous en avez parlé de New York Times mais en France aussi on le vit et partout dans le monde.
6:30 Partout dans le monde depuis le 7 octobre. parce que c'était une référence pendant longtemps euh et mais évidemment c'est c'était juste le haut de la chaîne alimentaire où on se rend compte que en fait c'était partout et que les gens ne savaient plus où trouver la la vérité de ce qui était en train de se passer.
6:46 Que voulez-vous dire précisément sur la société actuelle à travers cette histoire ? Alors vous en avez parlé bien sûr, pouvoir digérer tout ce qui s'est passé le 7 octobre, antisémitisme, il y a beaucoup d'humour mais vraiment, je le confirme, beaucoup d'humour. Il faut prendre certaines choses, certaines situations que vous découvrirez dans le livre avec beaucoup de recul, vous en rigolerez obligatoirement. Moi, je me suis surprise à rigoler alors que ça pouvait être très triste. Mais que voulez-vous dire vraiment en profondeur justement, c'est cette moisissure de la société, c'est ces extrémistes, ces extrémistes, cet extrémisme qui monte.
7:26 En fait, quand je traite en général d'une famille, c'est une manière de décrire la société. pour la première fois, j'ai eu besoin seulement d'un couple et d'une maîtresse qui qui peut de temps en temps orienté. Mais le couple m'a suffi. On est dans une société tellement polarisée, c'est de ça dont je parle dans ce livre, c'est de la polarisation euh que ce couple qui avant faisait nous fait deux jeux, deux entités qui se qui s'éloignent et Gil et les Rebecca tout n'existe plus.
8:00 C'est-à-dire que le nous dans un couple, c'est le compromis, le la capacité à voir le monde à travers les yeux d'un autre et puis s'adapter. Euh aujourd'hui, j'ai l'impression que la société ne perd la collectivité, perd la capacité d'écoute et perd le débat. Et qu'est-ce que ça veut dire débattre ? Au sens étymologique du terme, c'est ne pas se battre. et on n'y arrive plus. On voit que les Moi, je me suis retrouvé sur des chaînes de télévision où il y a des tables ronde et en fait les tableau rondes, je suis en face de six personnes qui sont d'accord entre elles puisque les euh les chaînes d'information sont complètement orientées.
8:46 Il y a des il y a plus de aucune nuance, plus de moyen de de de réfléchir et de se remettre en question. Euh pour moi la l'intelligence c'est euh se dire "Ah je me suis peut-être trompée ou je n'avais pas toutes les choses en main et je vais regarder d'une autre façon."
9:02 Et ce qui m'effrait le plus et c'est de voir la montée des extrêmes et les gens qui sont persuadés que leur extrême est le bon et qui et moi je me prends des de niveaux d'insulte sur les réseaux sociaux, y compris des juifs que pourtant j'essaie de de de d'aider dans ce livre de défendre mais parce que il supporte pas l'idée que l'extrême droite ne va pas les sauver.
9:30 Et en fait, il y a cette montée de de violence partout et d'extrémisme parce que les gens ont peur et je comprends qu'ils aient peur et je ne juge pas leur choix. J'essaie juste de faire comprendre que aux mêmes causes, les mêmes effets et que nous qui avons été victimes pendant euh des millénaires de du fait qu'on qu'on on a été haï en tant que groupe, on ne peut pas tomber dans ce travers, de travers de se dire que on va désigner un groupe d'individus comme responsable de tous les mots euh de la société.
10:06 Et ce sont des pièges dans lesquels il faut pas tomber. d'un côté comme de l'autre et à nous de d'empêcher cette stigmatisation aussi. Ça fait partie du de notre rôle parce qu'on sait ce que c'est. Amandaster, vous êtes attaché vous à à la nuance et au dialogue. La preuve, vous venez d'en parler. Est-ce que vous gardez espoir malgré tout par rapport à la montée de ce radicalisme, que ça soit à gauche comme à droite, euh à la montée de ces extrêmes, est-ce que vous gardez un espoir par rapport à ça ? Je garde en espoir de l'après.
10:40 Malheureusement, je sais lire les chiffres. Je pense qu'on est euh destiné à aller vers cet extrême. Euh il y a cette tentation du pire, cette fascination du pire. Et les gens pensent que peut-être on n pas encore essayé ça. En fait, on l'a déjà essayé dans l'histoire, ça a déjà été atroce. On va y replonger. Malheureusement, je je n'ai pas espoir que mon livre làdessus. Vous n'avez pas ça ? Mais je pense que ce sont des cycles, parfois on a voilà, l'humanité a besoin d'aller au bout d'un cycle de violence ou de haine ou de peur qui va les les amener à à essayer autre chose.
11:23 Euh je pense que les extrémismes sont tous en train de monter, les extrémismes religieux et euh et évidemment l'islamisme qui qui est qui fait peur. comment euh on arrive à à régler ce problème. Je suis pas politique, j'écris juste des livres, je fais des constats de société et je et j'essaie de de de transmettre des valeurs humanistes.
11:51 Ça empêche pas que que j'ai peur. Ça m'empêche pas d'avoir quitté euh mon pays avec mes enfants. Donc il y a pas de naïveté de ma part, il y a pas de d'idée de me dire que qu'il y a une autre solution. Malheureusement, je je aujourd'hui, c'est très complexe. Vous ressentez cet antisémitisme même vous là où vous vivez et quand vous quand vous venez en France, est-ce que vous le ressentez cet antisémitisme sur les réseaux ? Vous l'avez expliqué, vous vous le vivez, mais est-ce qu'au quotidien vous le ressentez encore plus depuis le 7 octobre 2023 ?
12:31 Ce qui est important, c'est de dire que je l'ai senti sur les réseaux. Enfin, je l'ai pas senti, c'est que je l'ai vécu sur les réseaux. Je l'ai toujours vécu mais de manière violente le lendemain du 7 octobre. C'est-à-dire que le 8 octobre, je recevais des messages qui m'insultaient en me disant "La prochaine, ce sera toi, on va tirer par les cheveux et des choses."
12:48 Enfin, dire que on était dans un processus de de tous deuil et de et de choc. Et déjà euh avant avant la moindre intervention de l'armée israélienne, j'étais euh euh tout de suite euh insultée, stigmatisé. Donc euh il faut bien comprendre que ça n'a rien à voir avec euh l'intervention euh des forces. Ça ça ça a été précédé.
13:16 Tu as juste ouvert le le loquet pour des un déferlement de de haine. Et je honnêtement ici aux États-Unis où je vis, je je sens pas du tout d'antisémitisme au quotidien. En revanche, on voit bien que il y a une montée partout. Je traite dans le livre de ce qui s'est passé dans les universités américaines à l'époque où j'écrivais.
13:38 Mon fils aîné était encore était à l'université et a vécu ses mouvements sur le campus. Euh et donc j'ai décodé surtout la façon dont c'est arrivé et les financements qui ont mené à ça. Euh mais en dehors de de ce que je peux lire en tout cas sur le au quotidien, il y a pas du tout de d'antisémitisme ici.
14:01 En revanche en France, je le sens plus évidemment bien sûr dans dans le quotidien, mais c'est vrai que j'ai tendance à fréquenter des cercles qui sont les miens. Donc je suis assez assez épargnée. En en revanche, professionnellement, je le sens. C'est-à-dire que je sens qu'il y a des sujets que je ne peux pas traiter et que à quel niveau vous pouvez pas le traiter ?
14:27 Excusez-moi de vous couper la parole, mais sur sur les plateaux ou dans l'écriture ? Non, non. Euh je parle plutôt de mon travail dans le cinéma. D'accord. Euh et euh j'ai essayé de monter même avant le 7 octobre le vieux juif blonde qui est une la pièce probablement la plus connue qui est une propriété intellectuelle qui a fait le tour du monde qui normalement devrait être un non sujet.
14:50 On n' pas réussi à financer le film du tout. C'est-à-dire que j'ai jamais eu autant de refus ou de silence autour d'un sujet. Euh et euh et j'avais euh Kiriel d'acteur, un très grand producteur associé. Donc euh l'idée à moment de se dire de devoir constater, de se poser des questions, mais c'est surtout une ambiance générale où je sens que c'est compliqué et tous mes collègues qui ont des une ascendance juive et qui sont dans la même situation me disent la même chose.
15:27 On sent une petite complexité pour nous à à continuer à pouvoir faire notre travail comme on l'entend. Votre romance questionne l'héritage familial et et culturel. Quelle place attribuez-vous à à l'identité, notamment à l'identité juive ? Il y a une blague qui me fait assez rire où c'est deux juifs qui rentrent dans un bar.
15:55 l'un est extrêmement pratiquant et l'autre est complètement agnostique et refuse ses origines et le patron se tourne vers eux et leur dit "C'est interdit aux juif et en fait et il y a pas de de degré de judaïsme qui euh sauve de ce qu'on représente aux yeux des gens. Donc il y a il y a des choses différentes. Il y a la façon don dont on est juif ou pas, mais il y a aussi la façon dont les gens nous perçoivent. Et en fait ce qui a été très particulier et ce qui arrive à mon personnage Rebecca, mon personnage principal dans mon roman, c'est qu'elle elle est assignée à son identité le lendemain du 7 octobre.
16:34 elle qui était avant ce se serait euh euh défini comme euh une femme de gauche, une féministe de gauche même soudain ne peut plus être à gauche puisqu'on on l'empêche de de d'appartenir à cette à ce parti. Les féministes refusent de de d'accepter que il y a eu des femmes violées pendant le 7 octobre.
17:02 Donc elle est là aussi rejeté de de cette identité et en fait elle n'est plus que juive. Elle n'est plus que juive aux yeux de ses amis euh aux yeux des gens qui l'entourent. Et c'est euh c'est cette particularité, je pense qui qui a fait que soudain beaucoup de gens se sont réveillés juifs euh se sont rendus compte que même si eux ne se sentaient pas concernés ou n'était pas religieux ou avait laissé de côté ce que leurs parents leur avaient inculqué, et bien ils se sont réveillés comme ça a dû arriver au lendemain de de des des des débuts de de la déportation, de se dire en fait, on on est juif presque entre guillemets malgré nous.
17:52 C'est-à-dire qu'en fait il faut euh et il faut comprendre ce que cette identité implique de responsabilité. Voilà. On reconnaît dans votre écriture Amandaster votre part visuelle. J'invite les téléspectateurs à aller voir les films de ou même pièces de théâtre. Vous parlez du vieux juif blonde tout à l'heure, mais vous plongez dans les textes. On on reconnaît votre part visuel presque cinématographique dans votre écriture. Avez-vous pensé ce roman comme une histoire qui pourrait être adaptée à l'écran, tout en connaissant ce que vous venez d'expliquer, la complexité justement de mettre en scène et de pouvoir les droits ont été je viens de vendre les droits au cinéma pour le cinéma et j'ai fini d'écrire le scénario.
18:42 Donc j'adorerai réaliser les films. Maintenant il va falloir qu'on qu'on arrive à le faire financer. Je je pense que c'est peut-être plus plus facile que le jublon parce que ça parle d'une société dans son ensemble. C'est vraiment une une sorte de de radiographie de la société française aujourd'hui. Euh et c'est assez drôle, j'espère. Euh voilà donc je suis en plein processus et petite note qui est importante pour moi, la femme qui a acheté ses droits qui s'appelle Nora Mélie est une productrice formidable et c'est une femme musulmane et je trouve ça important de le dire parce que voilà ça ça dit quelque chose de cette envie euh de nuance qu'on peut avoir collectivement, cette envie de de parler euh de cette société fracturée.
19:31 qui quand on le fait ensemble peut la amener en tout cas des des transformations ou des ou faire évoluer des raisonnements chez les gens. Cette nuance voilà qui est importante chez vous et qu'on ressent autant dans votre écriture et que vous venez d'expliquer qu'on ressent encore dans votre livre. Pour vous votre livre c'est un cri d'alerte ? Euh ce serait bien prétentieux de penser ça parce que je pense que ça c'est trop tard quoi. C'est plus un constat qu'un cri d'alerte. Il y a évidemment quelque chose d'un peu funeste et de d'annonciateur de ce que j'imagine va va être la suite.
20:10 Euh j'ai l'impression plutôt de le laisser euh une sorte d'instant pour quand les gens dans dans 10 ans 15 ans voudront se dire qu'est-ce c'était quoi ce moment chaotique ? Il y a quelque chose qui qui non seulement s'amuse de cette actualité, mais vraiment laisse des traces. C'est très documenté. Il y a beaucoup il y a de manière écrite ce qui s'est passé le 7 octobre dans son détail. Il y a il y a comme on le disait tout à l'heure les chiffres des financements des universités américaines. Il y a beaucoup de choses qui qui passent parce que c'est dialogué, parce que c'est léger, parce que ça a l'air d'être simple.
20:59 dans le dans le livre, mais c'est extrêmement fourni et documenté. Donc c'était plus l'idée de me dire "OK, je laisse une trace pour pas que l'histoire soit complètement revisitée." Euh et une photographie, une photographie depuis le 7 octobre en fait votre livre. Ouais. Et pour les gens qui vont lire maintenant, je pense que c'est un c'est une manière de de d'aborder les choses autrement et de rire un peu. C'est c'est vraiment bon, c'est vraiment de l'humour juif pour le coup. C'est vraiment voilà rire de du pire mais rire quand même.
21:28 Et et aussi euh pour les gens qui ne qui ne sont pas juives, qui ne connaissent pas ce qui est en train de se passer, c'est comme la le sont la plupart de mes lecteurs, euh c'est un moyen pour eux de de se dire "Ah, OK, c'est comme ça que les choses se sont déroulé parce que pour beaucoup euh moi j'ai des copains qui m'ont dit "Mais en fait, quel média je peux lire qui va me don me dire ce qui est en train de se passer vraiment en Israël ?"
21:57 Je me c'était horrible parce que je me disais il y en a pas beaucoup, c'est très orienté où j'allais pas leur dire le Jérusalem poste parce que dans leur tête ça aurait été orienté alors qu'on sait bien que que le le les journaux sont souvent extrêmement autocritiques et que je pense que justement ça aurait été bien mais je j'étais obligée de Vous étiez mal à l'aise justement par rapport à ces indications ?
22:21 En fait, j'étais mal à l'aise parce que je voyais euh le nombre de fake news qui arrivait et qu'à un moment donné euh on peut pas déblounquer autant de de j'étais j'ai j'ai passé mon temps à expliquer les choses. J'avais presque un moment des textes pour expliquer voilà ce qui est Israël, voilà comment ça se passe.
22:38 Et et en fait, je me suis dit "OK, je vais faire un livre parce que il y a beaucoup de gens qui m'ont écrit en disant "Je ne savais pas ça, je ne savais pas que qu'il y avait euh une population musulmane en Israël. On a tellement suriné des mots qui avaient aucun sens d'appartid euh euh ce évidemment j'explique d'ailleurs dans le livre comment les gens en sont arrivés à utiliser le mot génocide bien avant même que que que les choses commencent à s'en venirer.
23:08 On était au tout premier jour du conflit que l'homogénocide était déjà en train de circuler dans les universités. Donc il y avait tout un mécanisme très bien mis en place. On a l'impression quand les gens parlent que c'est des pauvres résistants avec des fourches, déjà le mot de résistant me terroriser. Donc voilà, il y avait des il y a des choses à remettre dans lexique. Et le livre a une balance aussi puisqu'il y a aussi des gens qui se posent des questions à l'inverse de se demander est-ce que Natthanou fait les choses correctement, est-ce que voilà.
23:43 Et en fait ces dialogues dans le livre vous permettent de vous faire votre opinion mais au moins avec des faits, avec des choses factuelles qu'on qu'on a perdu et qu'on avait du mal à retrouver. 20 ans après le vieux juif blonde dont vous avez parlé il y a quelques instants, sentez-vous que votre voix, votre écriture a changé ?
24:06 Mon écriture forcément parce que plus on écrit, mieux on écrit. Donc je suis euh un auteur plus aguéri entre guillemets, mais euh euh ma ligne morale, ma vision du monde, elle est la même. Euh après euh on évolue sur euh sur les nuances à apporter, sur euh le monde me fait changer aussi. Hm.
24:32 Euh mais en tout cas le le l'envie de de porter des messages est la même. H si vous deviez résumer, c'est en une émotion. Laquelle serait-elle ? Le courage euh le courage est ce qu'il est ce qui provoque chez les gens, c'est-à-dire le courage de parler, le courage d'être fier de qui on est.
25:02 Euh et ce qui peut aussi provoquer euh de terrible parce que quand on a du courage mais que on est euh moralement du mauvais côté, ce courage devient de la terreur. Donc voilà, c'est c'est mon courage. H alors vous avez parlé de de ce prochain projet, on va croiser les doigts pour que ça se fasse. Voilà.
25:29 On espère voir c sur les écrans et et c'est un doux rêve et je vous le souhaite. Vous avez d'autres projets de texte, de théâtre, de d'écriture de roman ? Il y a une pièce de théâtre qui s'appelle Le Rôti qui commence le 2 décembre euh à Paris là euh àidi Saint-Martin. Vous êtes invité si vous voulez y aller. Euh et je pense que on en a parlé déjà avec Benjamin Larur qui est le metteur en scène euh et on va partir en tournée et on va passer par Telaviv je pense. Enfin ah bien va passer par Telaviv. Moi, je verrai si j'ai si j'ai la chance d'y aller.
26:10 Mais voilà, donc c'est une comédie où on parle aussi un peu de politique en sous-texte, mais c'est une grosse comédie. Bon, à tous nos téléspectateurs à Teliv en Israël, attention, surveillez tout ça. Je vous invite vraiment à y aller et surtout surtout à découvrir voilà et à lire le roman d'Amandasters. C'est vous nous interpellez à travers votre roman justement Amandaster sur nos fractures et nos oublis. Alors, je voulais vous dire merci. Merci du fond du cœur à titre personnel, mais je pense aussi pour tous nos téléspectateurs, pour cette œuvre qui nous pousse à penser, à ressentir, à nous souvenir et surtout à ne pas oublier et puis à se regarder dans le miroir.
26:59 Moi je pense grâce à votre écriture à savoir rire aussi comme vous dites parfois de l'humour juif mais on rit on rit que cette lettre c'est justement continue voilà de raisonner ici comme ailleurs dans toutes les langues du cœur et avec toutes les nuances que vous nous apportez. Merci beaucoup. Je voulais vous remercier. Alors, j'invite tous les téléspectateurs à lire, voilà, à découvrir aussi tous les romans et toutes les œuvres parce que vous êtes une artiste à multiples facettes d'aller au théâtre, de découvrir les films d'Amandass, mais surtout de lire le dernier roman, le nouveau roman.
27:37 C paru aux éditions grassées. Vous pouvez l'acheter dans toutes les meilleures librairies et même sur internet. Merci beaucoup Amanda de nous avoir accordé du temps pour Tandem TV. Je souhaite et j'ai hâte de découvrir et on va croiser les doigts votre œuvre justement au cinéma et sur les écrans et donc allez voir Rotti.
27:59 Voilà, dès le 2 décembre, dès le 2 décembre au théâtre et peut-être à Telavib, on le souhaite. Merci de nous avoir accordé du temps et à tous les téléspectateurs, n'oubliez pas de vous abonner, vous cliquez sous la petite cloche dessous et on vous répondra, on répondra à vos commentaires. N'hésitez pas, mais vraiment lisez, lisez, lisez. Merci beaucoup Amanda. Merci à vous.