0:14 Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Tandem TV. Bonjour Annique Perez. Bonjour. Alors, vous êtes autrice comme ça qu'on dit aujourd'hui. Euh et on va parler de votre dernier ouvrage, dans tous les cas celui que j'ai dans les mains, Paul Lutherie, vos éditions Route de la soie mais on se souvient tous de notre beau livre Une nuit à cartage.
0:34 Alors, c'est un euh si je dis des bêtises, vous m'arrêtez hein. C'est un roman autobiographique qui sent le jasmin. C'est franchement, j'ai l'impression d'avoir le jasmin tout le temps dans le devant les narines qui peint la Tunisie. Mais la première question est simple, pourquoi avoir écrit ce livre ? Bah c'est-à-dire que après le succès d'une nuit à Cartge, puisque une nuit à Cartage est même partie au musée de Philadelphie, on est considéré dans Yumana Jidaims comme une des plus belles histoires d'amour juives. Elle est d'ailleurs ma mère est à la à ce dans ce livre avecel, je sais plus vous dire.
1:12 Euh et aussi c'est bon là c'est c'est c'est bon à savoir ça. Oui avec Miselle. Ouais et aussi dans le livre dans le livre. Oui et aussi Yiot où elle a fait la première page. Je sais pas cette cette histoire a tellement marqué tout le monde que mon éditeur m'a demandé pendant 5 ans d'écrire sur Paul parce que le personnage de Paul avait beaucoup touché les gens mais c'est vrai que je l'avais pas beaucoup mis en valeur et j'ai pas voulu le faire pendant 5 ans et au bout de 5 ans, j'ai fini par écrire.
1:42 C'est l'histoire de mon père et euh et je pense que je commence il commence déjà, il y avait quelqu'un qui était à la signature l'autre jour et qui est venu, j'étais au restaurant qui est venu qui m'a dit c'est un des plus beaux livres que j'ai lu depuis je sais pas combien de temps et là franchement quand on a des retours comme ça, on a on se dit que bon, on a bien fait de l'écrire ce livre.
2:07 Alors c'est une c'est pas moi qui vous dire le contraire, c'est c'est une saga, c'est comme ça que je la définirai tout de suite, Tuniso franco-isralienne. Est-ce que j'ai raison de dire ça comme ça ? Bah oui, parce que ça commence à Tunis, ça part à Paris où ça où il y a beaucoup beaucoup de choses qui se passent à Paris et euh et évidemment il y a un passage en Israël euh aussi avec la naissance du alors j'ai presque envie aussi de rajouter.
2:33 C'est un livre sur la Méditerranée parce que le le dénominateur commun de ces trois pays évidemment c'est la Méditerranée, la Tunisie, la France et Israël. Euh et c'est vrai que on on on sent des effles, disait tout à l'heure de Jasmin, mais également la Méditerranée est tout le temps là-dedans et tout le temps dans ce livre euh qui est écrit euh je suis pas un spécialiste de l'éculture, je suis pas Bernard Pivot, mais qui est écrit d'une manière simple mais en plus qui va droit droit droit droit à la fois à la tête et au cœur quoi.
3:04 Parce que c'est on rentre dans l'histoire quoi. Est-ce que c'est aussi un livre sur l'exil ? Bah oui, parce que moi je me suis pas rendu compte de l'exil, mais mes parents si, puisque c'est quand ils sont partis, on moi j'étais bébé et euh et c'est vrai que ils ont été extrêmement euh sobres quand il parlait de ça.
3:24 Ils ont ils ont vécu un exil très calme alors que ils auraient dû en souffrir, ils se sont jamais plains. Alors bon, c'est aussi euh le le récit de la décolonisation euh avec cette arrivée en France. Vous venez euh de mais vous vous en souvenez pas mais vous la décrivez vous la décrivez euh très bien de parce que j'ai eu euh cette ce discours que j'ai écouté chez beaucoup de juifs de Tunisie.
3:50 C'est c'est c'était pas une fracture comme pour ceux de de mes origines d'Algérie. C'était comme voilà la décolonisation était plus soft en Tunisie. Est-ce que c'est comme ça que vous la voyez aussi ? Non non non. Mes parents sont partis en en 1 heure directement de leur travail. Vous avez une société avec des ouvrières puisque ma mère était dans la mode et mon père aussi. Et euh ils sont partis en une heure de de Non non, ça s'est pas passé de manière soft, ils avaient pas le choix. Ils sont partis à toute vitesse. Ils avaient un din toujours une main devant, une main derrière comme disait ma grand-mère.
4:29 Un peu plus que ça, ils avaient un dinar, un dinar chacun. Dinar et comme mon père était très orgueilleux, il a il a refusé de demander de l'aide à l'agent juive. Donc on s'est retrouvé dans des conditions un peu compliquées quand même. Mais ils se sont jamais pleins. C'était drôle. Mais alors bon euh OK. une une fracture de décolonisation beaucoup plus prenante que celle que je pensais. Mais on oublie souvent euh cet épisode de l'histoire. Enf, on oublie certaines personnes, pas moi, parce que moi je l'ai apprise par mon père qui avait qui avait été passé par la Tunisie pour aller faire la guerre en Italie.
5:05 En fait, ça c'était une autre histoire. J'écrirai peut-être un livre. On nous on nous souvent un épisode de l'histoire de la Tunisie, celui de l'occupation allemande. Et pourtant, si je me trompe pas, à Nick Perez, il y a eu des déportations de juifs vers les camps de la mort. Oui, mais pas en Tunisie. Pas à partir de la Tunisie. Oui. Alors, comment ils sont c'est qu'ils sont arrivés en France, c'est de la France qu'ils ont été condamnés à mort, j'ai envie de dire. Oui. Oui. Non, déjà en Tunisie, il y avait pas de nazi. Enfin, ce que m'a dit ma mère euh qui était très jeune pendant la guerre, elle m'a dit queil y avait que des Allemands de la Vermarthe.
5:38 Euh quand même quand même, c'est pas des c'est pas les pires mais c'était bon. Non non non, c'était pas il y avait pas de nazi. Euh mon grand-père Isaac Barenti Isaac Pariand qui qui est qui a été décoré d'ailleurs à ce sujet a été oage puisqu'il était maire de la ville. Euh et mais être otage en Tunisie pendant la guerre, c'est pas du tout comme en France. C'était il était chez lui. Otage chez lui. Ça me faisait rire quand ma mère m'a raconté ça parce que être oage chez soi, c'est quand même particulier. Et en fait, c'était seulement dans le cas où il arrivait quelque chose qu'il serait tué.
6:13 Mais il a pas été tué et en plus la guerre s'est arrêtée. Oui, otage c'est pas c'est c'est c'est pas une belle expérience, je suppose quand même. Bah il était au tax chez lui, c'est-à-dire qu'il il n'avait aucun il devait juste aller régulièrement pointer je ne sais pas où. Mais en tout cas il était chez lui avec sa fa enfin pas dans sa maison puisque la la Vermarthe avait occupé la maison et eux ils habitaient chez la sœur de ma mère. Donc une colonalisation, vous voulez dire enfin une colonisation, non pas une colonisation, une présence allemande plus soft là cette fois-ci pour de vrai.
6:49 Rien à voir. Absolument. Absolument. D'ailleurs, je pense que en Israël, c'est pour ça que les peu d'Israéliens savent que il y a eu tellement de Tunisiens qui sont venus en en Israël. C'est pour ça que quand je parle de de du Chelliar Neldo là qui qui est arrivé en Israël pour amener des jeunes juifs en Israël, les gens sont surpris de savoir qu'il y avait autant de Tunisiens qui sont venus s'installer en Israël.
7:13 Ils connaissent les Marocains qui ont fait une alli massive. Il y avait beaucoup d'Algériens mais des Tunisiens savaient même pas qu'il y en avait. Or quand vous allez au studio au kibut regabim, c'est que des Tunisiens. C'est un kibut entièrement tunisien. Et il y a Oui. Alors moi à l'époque on me parlait du kibut regabum comme kibot français. Voyez c'est où elle a dit français en fait il parlait français mais c'était les Tunisiens. La Tunisie donc de de de cette époque en tout cas de l'époque que vous décrivez et au départ en tous les cas au début c'est elle était au pluriel on dirait aujourd'hui multiculturelle.
7:49 Est-ce que vous confirmez qu'il y avait cette espèce de de plurilège de euh de de florilège pardon, de de de culture et et d'origine des juifs, les musulmans, les Français, les Italiens, les Maltés, c'était comment tout ce comment tout ce monde là vivait ? Il avait par exemple une ville qui s'appelait Mutuel Ville qui était entièrement chrétienne français. Vraiment s'appelait comme ça Mutuelville. Mutuelville. Ouais. Incroyable. Oui. Et il y avait le les Italiens, ma grand-mère était l'Ombroseauo était italienne.
8:18 Euh, il y avait un mélange et puis on a dit aussi que certains avaient le type asiatique. Alors, il se demandaient s'il aimait pas une chinois au milieu. Non, mais c'est c'est les artistes du Maghreb, c'est des gens très c'est des gens extrêmement particuliers qui qui sont pas des ce sont des gens très très doux très très doux.
8:40 Mais je dis ça parce que je fais un un peu toujours un peu une comparaison avec l'Algérie. On dit souvent que en Algérie les Français, ce qu'on appelait les patos ou les pieds noirs euh mais également les ceux d'origine espagnol et peut-être même un peu italien était très raciste, antisémite. C'était pas le cas en Tunisie. Non non, il y avait pas de Je sais pas, j'ai j'ai très encore une fois je j'ai aucun souvenir de la Tunisie mais je pense pas qu'il y a eu des rac du racisme en Tunisie. Par contre, j'en a eu beaucoup en France quand mes parents sont arrivés puisque les Français mélangeaient un petit peu tout et et pour eux les pieds noirs, nous on était considéré comme pied noir alors queon venait de Tunisie.
9:29 En fait, les pieds noirs, c'était des Français d'Algérie. Donc tout ce qui venait du Maghreb en France dans à la fin des années 60, c'était des c'était des gens euh des pieds noirs, c'était des gens qui étaient pas très aimés. Il y a eu un racisme à ce moment-là en France contre ce contre et puis bon, il faut pas oublier que les que les euh les Arabes, les musulmans se se disent qu'ils ont été renvoyés de chez eux dans certains endroits et cetera, mais il faut pas oublier que euh des millions de juifs euh ont été euh expulsés des pays arabes euh partout dans le monde depuis toujours et que ils se sont reconstruits sans jamais euh ni se plaindre ni attaquer le monde entier pour faire leur pour leurs épreuves.
10:15 Alors que depuis quelques semaines ou quelques mois, il y a des associations de juifs originaires des pays arabes, principalement je pense d'Égypte, mais des pays arabes du Mac, pas du Maghreb, qui revendiquent des réparations un peu comme les les juifs d'Allemagne. Euh c'est une parenthèse, mais est-ce que vous pensez que c'est sérieux ça ? Non, je pense que c'est trop tard et puis je pense que c'est pas sérieux mais euh mais je pense qu'ils le font de mais d'une manière symbolique, ils ont raison de le faire parce que il faut que le monde sache que euh que il y a pratiquement aucun juif dans les pays arabes et il y a beaucoup beaucoup d'arabes en Israël par exemple.
10:54 Il y a 20 % de la population qui est arabe. Euh ce qui et il y a 0 % dans les pays arabes de juifs ou un ou 100 personnes ou 200. Par exemple, en Tunisie, il reste 500 juifs. Euh, c'est tout. 500 juifs, compris y compris de JB. Y compris JB. Oui, 500 juifs en tout.
11:15 Donc euh il y en avait 100000. Donc il faut aussi que les gens comprennent que s'ils veulent une justice, si tentiste une justice dans ce monde, bah il faut qu'il fassent les vrais comptes et qu'il sachent que c'est pas et dans mon livre si vous voulez, moi je parle peu beaucoup moins de la Tunilie que dans une à Cartage.
11:34 Je parle aussi surtout de la France et de ces de l'ultra gauche de de on va on va on va on va on va y arriver et surtout de ceux qui se sont arrivés en en en de Tunisie, c'est vrai et qui ont fait leurs études en France et qui ont voilà. Alors justement, il y a beaucoup de personnalités là vous et je me suis toujours posé la question est-ce que ce sont vraiment des gens que vous avez rencontré enfin vous votre famille ?
11:58 Ah non moi non non pas vous mais votre famille. Alors, il y a pas Coraban. Je savais même pas qu'il était d'origine tunisienne lui. Je pensais qu'il il est pas Non non, il est espagnol. Pas Coraban. Simplement euh il est d'origine espagnole. Il est il était simplement au Bart avec le frère de mon père Jano qui était au Bart à la même époque en 1963 64.
12:19 Euh ils ils étaient tellement proches. Ma mère était dans le même hôtel que parce qu'elle était elle accompagné ma sœur qui était à l'hôpital Saint-Louis et elle elle est restée plusieurs de ans à peu près en rue Mazarine dans un petit hôtel avec Jeanou le frère de mon père Daniel sa femme et Pacorabine qui était totalement inconnu à l'époque et qui était devenu avec ma mère un inséparable et Daniel la femme de Jano était la première la première qui a défilé pour pasaban alors qui vous décrivez vous l'écrivez dans le livre c'était c'est d'ailleurs c'est très c'est délicieux cette description de et mais mais pasaban euh puisque vous vous bon dites c'est votre mère bien sûr mais qu'est-ce qui lui est arrivé ?
13:10 Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi il a fait des robes en métal comme ça ? Bah justement c'est que Pacooraban donc à l'époque des beauxarts, il voulait être architecte et il était avec mon oncle et ils se sont séparés parce que mon oncle a sombré dans l'ultra gauchisme et etabanaban ça l'intéressait pas tout ça mais il s'était très très amis euh et euh et il est en fait il a il a il a toujours dessiné et il se trouve que ma mère aussi était dans la mode puisqueen Tunisie elle faisait des des elle était styliste, modéliste et en même temps coupeuse et tout, elle sait tout faire.
13:46 Et un jour, il lui a demandé de dessiner une robe. Elle il lui a fait une elle lui a fait une robe et il est arrivé en en à l'hôpital Saint-Louis dans la salle Yem un un grand grand malheur de petits enfants. Et c'est à la suite de ça, je pense d'après ma mère d'après ma mère qu'il a décidé de de travailler le métal pour protéger les pors. Ouais.
14:10 Ah d'accord. Et alors ça c'est c'est la théorie de ma mère. Mais oui mais bon je apprends pour moi. Mais alors il y a il y a une autre personnalité aussi parce qu'il y en a beaucoup. Il y a Claudia Cardinal aussi ça a été votre Moi je évidemment pas connu mais par contre elle était du livre dans le livre vous en parle hein elle était au lycée avec Daniel la femme de Janu le frère de mon père donc la belle sœur de de mon père et et au départ Jano était tombé amoureux de Claudia et pas de Daniel et finalement il est il est tombé amoureux de Daniel et il a épousé Daniel ou bon qu'on puisse tomber amoureux de Claudia Kernal je peux le comprendre aussi hein alors Il vient Bourgiba.
14:49 Bon Burgiba c'estd que votre c'est votre père qui était proche de Burgiba à l'époque, c'est ça ? Non, mon grand-père grand-père pardon. Mon grand-père a été le premier a été le premier client de Bourgiba avocat, jeune avocat. Euh et son premier client était mon père, mon grand-père qui s'appelait Isaac Barenti. Mais dites-moi alors quand on est le client, quand Burgiba est le client de de de d'un juif, on se dit que ça devait être la belle vie pour ce juif là parce que quand même Absolument absolument. D'ailleurs, il a été protégé. Il a pu rester en en Tunisie jusqu'en 1968 mon grand-père.
15:27 Alors par cette année, c'est une année très une année une année une année une année charnière jusqu'à sans déc il est décédé en 1968 à l'âge de 75 ans à Paris mais il était encore il vivait encore en Tunisie sous la protection de Bourgiba et bien cétait c'est bien de le rappeler parce que bon ben il y a beaucoup de juifs tunisiens qui m'ont qui m'ont ils m'ont également de de ju d'origine ou tunisiens toujours qui m'ont dit qui m'ont dit que de Bourgiba n'avait pas trop de grief envers lui comme d'ailleurs avec les rois du Maroc mais c'est une autre histoire alors on arrive en 68 c'est une importe C'est une une date, une période importante comme pour moi d'ailleurs.
15:59 Mais bon et là vous rencontrez enfin pas vous mais les les la famille parce qu'encore une fois c'est un roman autobiographique. Alain Crivind mais mais vous avez pas choisi. Il il manque de Benzin quoi dans l'histoire. Non euh j'ai moi j'ai entendu parler tout ça par Jan quand bon c'était un peu le les géri de des beauxards.
16:20 C'était un génie paraît-il. Et euh et d'un coup par Jano, vous parlez de Jan Jano. Ouais. Et d'un coup d'un coup il est devenu il est il a sombré dans l'extrême gauche en rencontrant Krivine et il a arrêté de travailler. Il n'a plus jamais travaillé. Il n'a plus jamais constru c'est lui qui a fait les facultés de Strasbourg. Il a participé à Beaubour. Euh c'est c'est quelqu'un qui a beaucoup fait de choses mais euh d'un coup il a tout arrêté et il a vécu sans aucun enfin en traitant tout le monde de mercantile et de de tout et il s'est s'est coupé du monde et c'est sa femme qui était réalisatrice de documentaire qui l'a qui l'a fait vivre jusqu'à ce qu'il a que mon père intervienne et puisse venir à son secours euh et lui acheter son appartement du Luxembourg.
17:12 Mais comment un petit juif tunisien peut tomber comme ça mais c'est pas le seul, j'en connais d'autres dans le le le le gauchisme il y en a plein. Oui, il y a la Roland Castro aussi. Alors lui aussi c'est Roland Castro était aussi dans le j'ai rencontré d'ailleurs moi Roland Castro chez une amie parce que comme je je publie depuis c'est mon 10e roman donc le 10 euh donc j'étais à une soirée d'écrivain et j'ai dit que j'étais la nièe de Roland Gastro de de Jano Zetlaoui donc mon oncle j'ai cru qu'il allait s'étouffer.
17:47 Il m'a dit "C'est pas possible ce c'était un génie, c'est devenu un clochard." Un clochard. Et je lui ai dit, j'ai je dis toute il m'a dit "Mais vous le voyez ?" Je dis "Non, je le vois pas." Mais c'est pas très agréable d'entendre ça quand même. Euh et il m'a dit que il lui faisait tous ses devoirs, tout son travail, c'était un vrai un vrai génie des beaux.
18:09 Et Roland Castro, moi je sais pas, je suis pas un grand fan enfin c'était notre histoire. Ouais, moi je l'ai rencontré souvent au Florit l'architecte l'architecte adoré de Mitteran un socialiste un socialiste qui n'a jamais sombrer dans l'ultra gauche mais qui a gardé tous les bénéfices de ces les privilèges dont il a eu auquels il a eu accès.
18:31 Alors justement, en parlant, on va continuer un peu à parler de l'ultruche parce que je sais pas si vous le savez, mais moi j'ai traversé cette époque, j'étais euh pas prévieux quand même et euh on disait de la LCR, la Ligue communiste révolutionnaire de Kvin que il ne parlait pas Yidich parce qu'il y avait un ben Saïd et un ben Saï c'était il était et donc et donc il y en avait un deuxième, c'était Z laoui c'est peut-être pour ça qu'il parlait pas avec des canad.
18:58 Voilà ce que ce que vous voulez dire le Oui, moi d'ailleurs mon éditeur Mamouani l'a très bien connu Kevin faisait partie aussi de cette bande euh à la Mahoumanie. Mais Jano, lui c'était le Tunisien, c'était le seul et il disait toujours à Daniel quand Krivin venait chez eux, "Ne fais pas ta juive, ne lui sers pas des gâteaux."
19:17 Euh ils étaient tous un peu antisémites, Crivin et tout il d'origine. Oui. Oui. Tous les marchistes. Oui. Ouais. Mais euh mais c'est c'est intéressant ce que vous dites parce que petite parenthèse lors d'une AG en 68 à Bordeaux ma ville une âgée d'étudiants donc les étudiants donc de de la LCR de l'époque 68 he ils étaient tous en type de un jour deux communistes de militants communistes rentré et ont crié mort aux juifs c'est en fait c'est le capitale juif qu'il faut auditer.
19:53 Donc on se demande aujourd'hui, on n'est même plus étonné finalement aujourd'hui que l'extrême gauche va devenir ce qu'elle est et qu'elle soit devenue en fait. Oui, mais pas que Marx aujourd'hui l'extrême gauche est antisémite. Voilà, c'est et vous me dites Marx était Marx était juif et antisémite et et comme il y a beaucoup alors il y a justement parce qu'on on parle des Tunisiens et c'est c'est bien qu'on en parle un peu quand même c'est que j'ai rencontré pas mal de jeux Tunisiens alors il y en a il y en a très peu quand même qui sont on va dire religieux mais il y en a beaucoup qui sont on va dire très intello.
20:25 Je vais pas donner de nom hein que je rencontre souvent aux Flores. Euh c'est des artistes les Tunisiens. des artistes comme je vous ai dit mon pr très à gauche he on peut très à gauche pour mon éditeur de donc dont je vous ai parlé tout à l'heure à la mamouanique c'est lui qui a demander à ce que j'ai j'écrive Paul et qui a qui a lancé une nuit à cartge euh et qui après c'est ma fille qui en a fait ce ce buzz mais ce que je peux dire c'est que lui il était dans la bande de crivine il a été trotskist tous ses amis étaient trotskistes aujourd'hui il a compris euh aujourd'hui il a compris comme la phrase de Gaulle à 20 ans tu peux être trotksist à 50 ans si tu es un trot skist c'est que tu es un idiot quoi.
21:05 Si tuas c'est que tu as pasé ta vie voilà c'est c'est que non c'est pas que tu as raté ta vie c'est que tu es complètement tu es un tu es un tu es un salot quoi. Et c'est vrai que l'ultra gauche, l'ultra gauche par exemple la l'ultra gauche chez dans la famille de mon oncle c'était a détruit sa famille puisque sa femme a été dans un hôpital psychiatrique ses enfants n'ont jamais eu de cours de math n'avait n'avait pas beaucoup d'argent et surtout ils avaient plus de plus de maison.
21:32 Donc l'ultra gauche ça peut détruire une famille, ça peut détruire un pays. Aujourd'hui, je fais le parallèle. Pourquoi est-ce que celui m'intéresse aujourd'hui dans le monde dans lequel on vit ? parce que c'est la même. Les ultra gauches, les gauchistes veulent la disparition de l'autre et mon oncle voulait la disparition de mon père Paul qui parce que lui il réussissait, il il s'était associé avec des Chinois et il réussissait, il a eu une très grosse société donc il le détestait.
21:59 N'empêche que quand il a fallu lui acheter son appartement, c'est quand même le capitaliste, l'individu. Ah oui, là et tout d'un coup, ils ont tout oublié. Bah oui, qui lui a acheté son appartement face au Luxembourg. Donc en fait euh aujourd'hui ce qu'on vit, pourquoi je fais le lien ? Pourquoi c'est important que ce livre soit aussi vu avec le regard d'aujourd'hui c'est que c'est les mêmes. C'est exactement les mêmes. Ce sont des gens très dangereux, c'est pour ça qui détruisent l'intérieur et l'extérieur. C'est pour ça que je disais que la la la partie 68 du livre est importante parce que justement on s'aperçoit que ce sont les mêmes. Absolument.
22:37 D'ailleurs, il y en a beaucoup qui sont encore là. Et au-delà de tous ces personnages connus ou pas connus, moi celle que je préfère évidemment et vous allez vous allez me dire "Ben il a raison les arbitres bien sûr, c'est Alice. C'est Alice qui s'appelle aussi Fliflo." Alors dites-nous pourquoi s'appelle Fliflo. Bah c'est son père qui lui qui l'a appelé Fliflo. Personne n'a jamais su pourquoi. Et et Paul lui a dit un jour d'ailleurs, mon père lui a dit "Mais quoi ? Fiflo, c'est un nom de chaussure. Euh et mais elle avait la grâce, elle était elle était infirmière, dessinatrice.
23:13 Euh elle a elle était très très courageuse et puis bon elle a été une mère notamment pour ma sœur Explit ce qu'on appelle les mères de l'héroïne de roman. Alors justement c'est une mère héroïne mais alors là il y a le passage avec Neldo. Alors ça c'est un passage délicieux. Voici qu' un beau gosse qui arrive d'Israël, c'est ça ? C'est un beau blond, je sais pas, des yeux bleus. Ouais. Ouais, c'est vrai. Oui, il a dit et et et votre votre mère tombe tout de suite amoureuse de de lui et puis il disparaît. Bon, je vais pas dire pourquoi.
23:49 Il faut lire le livre quand même pour quand même qu' c'est un petit peu et mais la fin je vais pas la dire non plus mais est-ce que finalement pour vous alors Neldo Neldo on va le dire tout de suite c'est un il est moustadnique c'est un mais tous parce que tous ceux qui sont venus dans les pays arabes du Maghreb le Maroc la Tunisie et même l'Algérie et même à Constantine qui arrivaiit d'Israël blond ou pas je ne sais plus c'était tous des mostades niqu c'est que c'était il était évident c'est m qui les ont envoyé Voilà.
24:18 Mais alors euh est-ce que euh ce type de d'Israélien existe toujours ? C'est ce beau blond Mosadnique, je veux dire est-ce que Oui, Nedd qui a existé. Donc je suis allée voir ma mère au puisqu'il repose au kibouavim. Régavim, il est de Régavim. Mais lui aussi il est il était il est pas loin, il est avec sa femme, sa femme et ma mère et euh et euh c'est c'est une je pense qu'il est mort après le 7 octobre.
24:56 Il s'est pas remis du 7 octobre. Oh là ! Ah oui, mais c'est c'est des gens qui existent. Oui, c'est vrai qu'il n'existe plus. Par exemple à Régalvine, quand on leur a demandé de choisir un petit boots euh quand ils sont arrivés dans je sais pas 48 en 1948 ou un truc comme ça, bah ils ont choisi le kibous le plus dur, c'était celui de Rigabim.
25:15 Et euh alors queils auraient pu prendre ses arrêts qui étaient face à la mer, il préférait être là où c'est le plus dur, où il y a des pierres. Et ils ont construit et puis Neldo faisait des roses. C'est lui qui a qui a qui a fait les plus belles roses d'Israël. et et que lors comme il est resté longtemps au Moossade, il partait dans le monde entier et il s'occupait d'autruches en Australie, partout où il est allé. Et il avait venir des autruches en Israël ? Non, il est allé c'est il étudiait les autruches. Alors c'est marrant ce que vous dites est-ce que c'était une couverture ?
25:47 Je ne sais pas de toute façon je parle pas. Non, mais ce qui est intéressant, ce que vous dites sur le sur ce kibourevin euh qu'il a été construit euh sur de la pierre parce que moi mon fils en ce moment dans un autre qui kibni de Man, Michael qui est sur le sur qui est en face de pas loin de César en face de irrac mais là il est en bord de mer donc c'est c'est un paradis donc c'est il y avait des kimous qui étaient des petits paradis et d'autres beaucoup moins quand même je vois ben non parce que là celui de Rigabim puisque moi j'ai dormi quand même pas mal de temps à chaque fois que j'allais voir ma mère puisque euh Je je peux vous dire c'est pas un endroit c'est pas c'est pas le club m hein.
26:25 Oui. Non c'est ça rien à voir avec l'autre don je parlais. C'est pas voilà c'est le vrai qui bout colos soviétique. Je sais pas c'est d'ailleurs Neldo était de gauche hein. Mais alors moi je l'ai dit tout à l'heure mais quand on parlait de Ravum à l'époque donc on parle je parle des années 70 c'était le kevou et français.
26:45 On ne parlait pas de Tunisien ni rien c'était les français. C'était juste qu'il parlait français. Le kibou est fran et moi je disais tiens il y a un kibou français c'est bizarre mais j'ai j'ai jamais l'occasion d'aller le visiter. Alors euh même chez alors je vais revenir un peu au au rôle de de la femme pour pour terminer cet entretien parce que je j'avais j'ai remarqué que même chez les juifs tunisiens, la mère pouvait préférer un enfant à l'autre et même un garçon à l'autre.
27:13 Ça, je pensais je pensais pas que c'était possible ça. Arrivé. Bah, c'est arrivé chez pour mon père. C'est-à-dire que ma grand-mère Yvon l'ombroseau Zlaoui euh a décidé euh quand Jano est né, Jano était d'une très très grande beauté et il avait beaucoup de charme et cetera. Mon père aussi d'ailleurs. Et il avait elle a décidé que Jano serait un un génie et Paul un idiot. mon père, c'est incroyable quand même de je bon moi j'ai je sais pas j'ai pas connu ça. Je trouvais ça incroyable que dans une dans un nucléus on va dire souvent ça il y a il y a souvent des mères qui choisissent un enfant et la plupart presque à rejeter l'autre jusqu'à rejeter l'autre.
27:56 Oui, mais oui, ben enfin, il se trouve que en plus mon père a fini par ne pas ne plus ne pas l'aimer non plus d'ailleurs, mais il s'est toujours occupé d'elle. Elle a été il a elle a toujours habité dans des endroits magnifiques. Il a toujours fait ce qu'il devait faire mais c'est vrai que il aimait son père, pas vraiment sa mère.
28:15 Et c'est vrai que que le choix qu'elle a fait de Jano à bon, la plupart du temps, quand une mère décide que son fils sera je sais pas quoi, ça arrive. Et puis des fois c'est l'inverse qui se passe. Et là par exemple l'idu en question, c'est lui qui a porté la famille, c'était mon père.
28:31 C'est pour ça que le lit s'appelle Paul et qu'il est sur ses épaules parce que c'est lui qui a qui a qui a trouvé sa place malgré les difficultés et qui a porté toute cette famille. Alors ma dernière question enf c'est le rôle des femmes et des et des filles dans cette famille, il est important.
28:49 Euh est-ce que ça a changé quelque chose chez vous par exemple de de de de ce rôle des femmes dans dans dans le dans le roman et dans dans la famille euh qui qui est qui est qui est pas courant parce que ce sont des femmes qui s'émancipent aussi qui ont qui partent quand même d'une Oui. Ma mère était était une féministe.
29:11 Je dis à chaque interview qu'elle portait en 1956 un bikini jamais vu en Tunzi quand même. Non, ça c'est sûr. C'était euh c'était quand on voit la Tunisie aujourd'hui, on demande ce qui s'est passé, hein, entre nous. Ouais. Non, mais elle est chef, elle était chef d'entreprise à 26 ans. Donc euh non, c'était une vraie féministe et comme je dis à chaque, je suis contente de pouvoir le dire de nouveau, euh moi j'ai jamais été féministe et néanmoins, je pense que le féminisme est mort le 7 octobre 2020. Quoi ? Pourquoi ? Bah parce que quand toutes les femmes israéliennes se sont fait massacrer le 7 octobre, euh le monde entier qui s'était dit féministe, il y a aucun mouvement féministe qui a euh qui a aidé ou qui a qui a fait des manifestations ou qui s'est inquiété du sort de femmes brûlées vives, massacré, violé par 40 hommes et cetera comme ça s'est passé le 7 octobre 2023.
30:06 Donc pour moi, le féminisme est mort cette année-là. ce jour-là et vous verrez que j'ai raison. Euh le féminisme est mort. C'est avec ce cette cette phrase terrible féministe et mort. Mais je suis tout à fait d'accord avec vous aussi Nick Perrez que l'on va se se quitter. Je rappelle quand même le titre c'est un très beau livre je vous le montre quand même. Non mais il sera Oui, vous pouvez le montrer bien sûr mais il sera il sera affiché quand même dans l'intervle quand même. C'est c'est Oui, bien sûr. Oui, oui. Voilà.
30:35 C'est chez euh l'auditeur je l'éditeur la route de la soie. Route de la soie. La route de la soie, c'est un bel un beau nom pour euh Anicas, merci. Euh euh dites-le-nous quand le prochain va arriver, le prochain livre. Je pense que là ça va pendant un moment, je vais je vais je vais faire du théâtre maintenant.
30:55 Je suis sur un un projet de pièce de théâtre. Ah ben voilà, là aussi avertissez-nous en Israël ou en France ou les deux en France. Et ça finit toujours en Israël parce que c'était venu toutes mes pièces sont venues en Israël. Il y a Eli Shuraki qui a monté une des pièces par exemple.
31:10 Euh toutes les pièces finissent toujours en Israël. Donc on joli mot, c'est pas un joli mot finissement. Viennent vous voir en Israël. D'accord. Parce que j'allais dire c'est un titre de film ou de bouquin. Toutes les pièces finissent en Israël. D'accord. Paul l'autre livre, c'est le dernier livre de Danique Perez, audition la route de la soie. Cette émission, vous pouvez la réécouter si vous êtes en Israël sur évidemment Tandem TV via Annatel le le oui c'est ça le fournisseur de télévision de téléphone et autre chose mais également sur YouTube et puis sur le site de Tandem TV Annique Perez.
31:50 Merci à très bientôt. C'est moi qui vous remercie. Au revoir. Au revoir. [musique]