0:03 Bonjour Daniel Check. Merci beaucoup de faire avec nous un point sur ces deux années consacré aux otages, à leur libération, aux famille que vous et le comité vous avez accompagné au sein du comité des familles. Vraiment merci beaucoup. D'abord une question, où est-ce qu'on en est ? Dean Gvili, 24 ans, policier membre de l'unité du Yassam qui a été assassiné le 7 octobre et dont le corps est toujours à Gaza. C'est le dernier et c'est toujours terrible pour fanier d'être la dernière et dit d'une part on sait elle savait depuis longtemps que des corps de rent à reprouver mais d'un autre côté quand l'apport avait été signé les Américains nous avaient dit qu'il y a cinq ou six qui sont duux Et la preuve, ils ont ils ont réapparu des enfin sauf un.
1:00 Et donc on garde l'espoir de pouvoir vivre la même bonne surprise pour la nouvelle les les activités pour pour pouvoir appatrier son corps continu. Hier la famille a rencontré Donald Trump par l'intermédiaire Rubio Vitkov et d'autres personnalités et puis il y a des des rassemblements les vendredis soirs et cetera donc il n'est pas question de laisser tomber R juillet mais est-ce que le la phase 2 du plan Trump va pouvoir quand même commencer si le Ramas ne respecte pas son accord Euh j'ai l'impression, bon là, on sort un peu de de ce que fait le forum, mais il n'y a pas de problème.
1:53 Moi, je pense que les Américains sont très on ont très envie de de continuer le plan. Même si pas tout a été fait à la lettre, il faut dire qu'Israël ne respecte pas le l'accord. Et c'est c'est assez normal dans une dans une situation un peu floue où personne ne sait exactement quel sera l'avenir de Gaza.
2:22 Mais je pense que malgré l'opposition du Premier ministre, on risque de voir une décision américaine de dire à Israël on démarre la phase 2. C'est pas seulement avant le retour de Rangville, c'est aussi avant le le d'avoir éclairci la question du désarmement du Hamas et cetera. et il y a beaucoup de choses qui sont approximatives. Alors, on va revenir sur votre engagement mais pas que le vaut d'ailleurs, tout tous ceux qui ont été bénévolement au sein de ce comité des familles, voilà 2 ans presque 2 ans, il ferme plus que 2 ans.
3:01 Un peu plus que 2 ans. Oui. Qui compte ? Ça fait c'était le 8 octobre 23 donc presque 27 mois. Alors justement, pardon parce que est-ce que c'est vrai que c'est à partir de boucle WhatsApp entre trois personnes que ça s'est monté comme ça parce que c'était un chaos absolu au début. C'était un chaos absolu.
3:19 Et le 8 octobre, il y a plusieurs familles, je ne dirais pas trois ou quatre, c'est pas la question, plusieurs familles qui avaiit euh des proches qui étaient présumés euh avoir été euh enlevé euh même si à l'époque on ne voyait pas tout à fait clair. Elles se sont retrouvées et il se trouve que certaines de ces familles connaissaient du monde, connaissaient des gens et ces gens connaissaient d'autres gens et ces autres gens connaissaient encore d'autres gens. Ce qui fait que quand moi j'ai j'ai je suis venu la première fois la tour du musée, la tour de bureau euh Museum Tower, il y avait déjà littéralement des centaines de personnes qui étaient mobilisées et c'était des négociateurs, des juristes, des médecins, des psy, des spécialistes en stratégie médiatiques, réseaux sociaux, assistante sociale et cetera et cetera et cetera qui qui était venu simplement par une sorte de stress israélien.
4:29 Vous connaissez Valérie ce pays très bien, ces pays c'est petit et c'est un peu familial surtout en en temps de crise et il faut dire que les familles n'avaient simplement pas à qui s'adresser. Le gouvernement était totalement dysfonctionnel. Tous les tout l'appareil officiel était débordé. On est quoi ? On est le 8 9 10 là. Oui, le 8 ça a commencé. Moi, je suis venu le le 10 et euh et puis bon, à partir de là euh sans structure, sans hiérarchie, sans méthodologie, sans rien, euh des gens de de du même corps professionnel ou du même background professionnel se mettait ensemble et on commençait à travailler, on commençait à faire des choses.
5:21 Il faut dans l'histoire d'Israël d'abord parce que cet octobre est unique évidemment mais c'est aussi uni cette mobilisation et cette organisation ça a été redoutable. Je pense que de manière générale 7 octobre a déclenché ce qu'il y a de plus beau dans la société civile israélienne d'une certaine manière et je pense que le forum des familles des otages est l'une des manifestations les plus époustoufflantes d'une mobilisation de société civile.
5:50 Pas seulement en Israël. C'est-à-dire moi, je me suis occupé de de communiquer, de recevoir et cetera des des personnalités, des des amis de l'étranger et et tout le monde était vraiment très impressionné par ça. Mais c'est-à-dire c'est une bonne chose, mais c'est aussi la preuve d'une carence du gouvernement. Je voulais simplement ajouter que au début au début avec c cet énorme élan de bénévolat et de volonté de soutenir ces familles euh le sentiment généralisé était que c'est une affaire de quelques semaines, du moins la question des otages et il y avait des un rationnel derrière que je si vous voulez je peux le vous l'expliquer mais en gros on se disait l'affaire des otages c'est une mobilisation de 3 4 5 semaines et il faut dire que le premier accord d'échange a eu lieu à peu près 6 semaines après le 7 octobre en 23 novembre avec quand même 110 qui sont revenus et même quand cet accord s'est arrêté pour on peut discuter de la de la de la de du du rationnel de l'avoir arrêté mais ça C'est c'est du passé.
7:14 On s'est dit d'accord, ça s'est arrêté mais ils vont reprendre les négociations et puis très vite les gens vont continuer à revenir. Là malheureusement on a compris après un mois et 2 mois que rien ne s'est passé. Finalement c'était 14 mois jusqu'au à la prochaine au prochain échange. On a compris que c'est pas un sprint, c'est un marathon et on s'est organisé autrement. Oui, ça s'est pas ressenti le samedi soir en tout cas nous on le savait pas mais non ça c'est surtout sur le plan organisationnel il faut comprendre Valérie que c'est une organisation 100 % de société civile qui a l'avantage d'être indépendante et de pouvoir faire et dire ce ce qu'elle ce qu'elle pensent mais l'inconvénient que nous avons reçu exactement zéro chequel du gouvernement donc il il fallait financer C'est un appareil comme ça et je ne vais pas vous dire les chiffres exacts parce que je ne les connais pas.
8:16 Moi, on m'a dit 2 milliards de chequel. Non, je ne sais pas mais des centaines de millions de chèquel qu'on a levé des dons à la fois en Israël, beaucoup à l'étranger et et donc à un certain moment, on a compris que oui, les bénévoles, c'est primordial et on va continuer à compter sur eux, mais il faut au moins une structure minimale pérenne de professionnels.
8:42 Et donc on est devenu une organisation hybride si vous voulez avec une je dirais une quinzaine ou une vingtaine de pour personnes payé et autour des bénévoles. Alors, c'est quand même un mouvement qui a fait vaciller aussi euh le gouvernement, qui a bougé les lignes ou en tout cas les priorités euh du gouvernement.
9:05 Et ce mouvement finalement a fédéré des gens qui n'auraient peut-être pas pu être fédérés, c'est-à-dire des gens du nord du sud, des riches, des pauvres, des laïques, des religieux, des gens de gauche, des gens de droite. Qu'est-ce qu'il a fallu pour que il y ait quelque chose ? Enfin, à part la douleur évidemment, mais pour que ces gens-là finalement soient fédérés dans ce au sein de ce comité des familles. D'abord, il faut dire que le Hamas n'a pas fait la différence entre les riches et les pauvres, les gens du nord et les gens du sud et cetera et cetera.
9:36 Donc, parmi les victimes, c'est-à-dire les les otages et leur familles, il y avait des gens d'un peu partout. Je dis un peu partout parce qu'on ne peut pas dire que euh les victimes du 7 octobre étaient forcément exactement à l'image de la société israélienne. d'une part des gens des kibutsim du sud et nova politiquement oui elle et et socialement mais pas religieusement parce que il s'agit quand même de jeunes qui sont venus faire une fête alcoolisée et drogué un shabbat et fête donc c'est pas entièrement la la société israélienne.
10:25 Mais je pense qu'il y a deux choses. La première, c'est que nous avons veillé à ce que on ne peut pas dire que ce ne soit pas un combat politique parce qu'il était politique, il était absolument politique mais qu'il ne soit pas partisan. C'est-à-dire que un maximum de familles qui venaient vraiment de tout bord politiquement, un maximum de famille se sent à l'aise sous notre toit.
10:57 D'un autre côté, on ne peut pas être trop, comment dirais-je ? trop soft, trop anémique. Il faut quand même que ce soit un combat un peu musclé des fois face au gouvernement ou face au aux Américains ou face à l'opinion publique ou face au détracteurs et cetera. Et je pense qu'on a, grosso modo sur euh plus de 2 ans, on a on a su maintenir ça. Il y a eu des familles qui ont formé une un groupe alternatif. Il était très petit avec un nombre Forum Ticva avec un très petit nombre de familles. La famille de Ramvell appartient à par exemple mais c'est c'est un très bon exemple.
11:43 On a voulu que même les familles de Forum Tikva se sentent à l'aise se tourner vers nous pour avoir l'aide financière, l'aide médicale, l'aide psychologique et cetera. et et et je pense que la la preuve que la famille de Rangville, elle elle repose beaucoup sur nos activités euh aujourd'hui. Et la deuxième chose, je pense que comment dirais-je la tragédie réunit un peu, on oublie un peu les différences et puis des gens ont évolué pendant ces 2 ans politiquement, idéologiquement. Euh mais oui, je on nous a fait souvent le reproche, c'est trop politique et cetera, mais je pense que c'est injustif, c'est injuste.
12:34 Je pense que c'était Oui. On avait face à nous un combat avec le gouvernement qui n'a pas à nos yeux toujours des fois oui, mais pas toujours fait tout ce que nous avons jugé être possible pour avancer la libération des otages. Mais on a vu sur scène, moi j'ai assisté euh effectivement à des pas des réunions, des accolades, des rassemblements entre Tigva et le comité des familles sur la place et je me disais mais quelle situation folle et quel pays.
13:06 Oui, dommage que ça ne se passe que euh en moment de crise de douleur. Oui. Oui. La la grand-mère de Alexander qui lit des lim à côté de familles beaucoup plus laï comme les herch enfin voilà. Et ça c'était vraiment à la fois ça donnait cher de poule parce que c'était à la fois cette cette union marquée par par le drame et par la douleur.
13:25 À quel moment Daniel Cheek le chiffre de 251 notages précis est apparu parce que moi j'ai le souvenir d'un grand chaos d'une grande confusion. Au début, les chiffres étaient complètement euh invérifiables. On a commencé avec beaucoup plus, avec peut-être 300 400 familles qui pensaient que leurs proches étaient prises avaient été pris en otage.
13:50 Malheureusement pour la plupart d'entre eux, il s'est avéré finalement qu'ils ont été tués et qu'on avait retrouvé les corps. Ça a pris des fois 3 à 4 semaines. Je vous rappelle Valérie que au départ on s'appelait le forum des familles des otages et personnes disparues et tout ça c'était des personnes disparues. Et donc finalement après quelques semaines ça s'est stabilisé sur 251 plus les quatre anciens otages qu'on a pris un peu sous notre sous notre aile et donc c'était on parlait toujours de 255 otages et dont 251 du 7 octobre. Le comité ferme ses portes, a annoncé qui fermé ses portes à l'heure à l'heure où nous nous parlons.
14:42 Littéralement aujourd'hui, le 31 décembre, on est en train de fermer la l'endroit physique où le le forum a sévi pendant habité pendant plus de 2 ans dans un immeuble qui appartient à la société Checkpoint, la société de cybersécurité qui a été absolument formidable. Vous connaissez Tav, vous imaginez ce que ça vaut. Trois étages de bureau, le sous-sol avec la cafétéria et tout quartier au plein en plein centre de Telviv. C'est et pendant 2 ans. Et donc je ne peux pas exagérer le la la gratitude que nous ressentons par rapport à eux, mais on leur rend maintenant l'immeuble.
15:34 Ça ne veut pas dire que l'activité va s'arrêter. C'est simplement le l'endroit physique qui va qui va fermer et la place. La plupart des non pas la plupart tous les employés ont été licenciés où on a arrêter leur emploi. Il va rester un noyau bénévole qui va continuer les activités pour la famille Viliy.
15:58 La place a été en grande partie déjà déjà vidé de de sa présence des des du projet otage. La scène n'est plus là. les grandes tentes qui étaient à la fois de certains kibouim et et pour les les réunions avec les touristes qui venaient les gens, tout ça a disparu. Il reste la grande horloge qui compte les secondes de de de la captivité maintenant simplement de Rangvil et quelques autres euh objets d'art ou ou je ne sais pas comment les décrire que les installations que que des gens des artistes ou autres ont ont installé.
16:55 Mais la place des otages ne nous appartient pas. Elle appartient à la ville et ça va dépendre de la volonté de la ville et du maire. Qu'est-ce qu'on en fait ? Qu'est-ce qui va rester ? Je je pense que ce serait ce serait désirable que la ville de Telviv maintienne un souvenir de ces événements, plus d'une centaine de rassemblements et avec des pics 200 et 250000 personnes qui étaient venues là-bas régulièrement samedi soir après samedi soir, semaine après semaine même il y avait mardi, il y avait jeudi, il y avait Mais mais disons les grands rassemblements du samedi soir, jamais moins de 6 7000 personnes, plus souvent plus de de 20000 et et donc je pense que les les teliviens vont vouloir maintenir un souvenir à commencer par une pensée que peut-être simplement garder le nom. Ce n'est pas vraiment une place, c'est dans le sens euh dans le sens urbain du terme, c'est une esplanade. C'est l'esplanade devant le musée. Mais je pense de que garder le nom Place des otages, c'est quelque chose qui euh qui a servi par le passé déjà dans les années même au tout début qui servait aussi de de lieu de rassemblement.
18:16 Euh donc le le le comité se diss aujourd'hui. Votre vie privée Daniel Cheek et votre compagne Émilie et Moiti. Vous avez vraiment vous vous êtes engagé. Qu'est-ce que vous ressentez ? Comment vous voyez maintenant euh les choses ? Euh d'abord un grand bonheur euh parce que vous savez quand on on s'est réuni au début la on disait toujours en souriant euh on est une organisation qui n'a qu'un seul objectif, c'est de disparaître.
18:50 Et voilà, nous nous y sommes presque. Il reste le dernier centimètre de ce de ce combat. Euh mais 254 otages ont été soit libérés en grande partie vivant, en partie malheureusement euh décédé euh tué. Donc il y a d'abord ça et puis Émilie s'est engagé même plus que moi, c'est-à-dire elle était dans la direction du forum et et moi j'ai j'ai j'étais moi avec une petite quinzaine de mes anciens collègues des des anciens ambassadeurs, tous des bénévoles jusqu'au jusqu'au jusqu'à la fin, on était là pour servir de une sorte de cellule diplomatique informelle pour les familles.
19:43 Euh personnellement, j'ai presque tout laissé tomber ce qu'il y avait d'autres dans ma vie, soit bénévola, soit pour gagner ma vie. Je me sens très privilégié d'avoir pu participer à cette expérience. Euh d'abord parce que je je pense que c'est je me je me serais senti euh vraiment mal si j'étais condamné à rester chez moi et à regarder de côté.
20:16 Là, il se trouve que j'ai trouvé une niche où je pouvais être utile et ça c'est la première chose. La deuxème c'est que simplement sur un plan humain, c'était une expérience indescriptible. J'ai rencontré des gens tellement formidables à la fois parmi les familles et parmi les otages libérés et parmi les bénévoles, c'est les gens du forum.
20:47 C'est vraiment incroyable, inoubliable. Vous n'auriez peut-être peut-être jamais rencontré à quel moment on rencontre quelqu'un qui se dérode quand on est à telle avis de c'était des c'était 250 familles. Maintenant pensez 250 251 familles, c'est beaucoup de monde hein. C'est des milliers de gens maintenant. Évidemment pas tous engagés, pas tous là. Il y avait des familles qui des proches qui étaient incapables de sortir de chez eux euh pendant des mois et des mois. Et alors justement, j'avais pardon une question à ce sujet assez rapidement.
21:19 Des noms ont émergé, on fait un peu de bruit. Bon bien sûr, on a tous en tête Ennaz mais on a Am Susana, j'avais noté aussi le père de Itail Zvirki, les filles de Il y a Aloni qu'on a vu beaucoup et puis d'autres. Moi, je regardais au tout début sur les dans les journaux, il y avait des noms qu'on ne voyait pas et des visages qu'on ne voyait pas.
21:38 Pourquoi ces familles ont été plus euh euh discrète ? Je pense notamment à Nick Bazer, 19 ans, je n'en n avais pas entendu parler au effrad Cats. Voilà. Et en préparant cette interview, je me suis rendu compte qu'il y avait des noms dont je n'avais pas vraiment entendu parler. Est-ce que c'est de la douleur, de la pudeur ? Je je ne peux que supposer puisque je ne les connais pas ces familles. Elles ne sont pas venues et certaines sont venues. Les les visages et les voix que vous avez vu et entendu essentiellement le tri se fait par à la fois la volonté des gens et puis leur capacité de de d'affronter des caméras et cetera.
22:23 pensit des gens qui avaient une vie tout à fait banale jusqu'au 6 octobre 23 personne d'entre eux n'a pensé qu'ils vont devenir des des des interlocuteurs privilégiés de toutes les chaînes de télévision du monde qu'ils vont aller voir le président américain, le président français, le pape Lady Gaga et cetera et cetera. Et donc il y a certaines personnes qui se sentent plus à l'aise à le faire. Vous avez mentionné quelques noms mais il y a Rubyen qui a vraiment été déterminant dans dans la dans le tissage des relations avec l'administration américaine, avec l'opinion américaine et cetera et et d'autres euh beaucoup.
23:13 Mais c'est vrai qu'il y a des personnes qu'on connaît moins également parmi les otages libérés. Il y a personne il y a certaines qui ont tout de suite euh rejoint le combat pour les autres et d'autres qui ont qui ont disparu, qui sont revenus dans leur famille et cetera. Et les deux sont parfaitement légitimes et compréhensibles. C'est un peu une question de caractère de de personnalité. Comment ça se passait à la fin des manifestations ? J'ai assisté une fois, alors c'était pas sur la place d'Otache, c'était à la place Diangof et il y avait un événement et il y avait des familles d'otage et il y avait de la musique, des concerts, des slogans, des larmes et puis après tout le monde est parti et puis il était très tard et j'ai vu des parents d'un otage rentrer seul main dans la main.
24:04 Je me suis dit c'était déchirant, ils vont rentrer chez eux tout seul dans leur maison tout seul. C'était terrible parce qu'il y avait plus cette masse autour d'eux. Comment ça se passait le samedi soir ? Parce que tous n'habitaient pas à Talaviv, j'imagine. Donc une fois que la manif est terminée, qu'est-ce qui se passe ? Non, pas tous étaient là-bas à tous les samedis. Beaucoup de ceux qui ne n'habitaient pas à Tel-Aviv habitaient temporairement à Tel-Aviv et alentour. Notamment les gens d'quiboutim qui qui n'avaient plus de n'avaient plus d'adresse, ne pouvaient pas rentrer chez eux et c'est à ça qui a servi l'argent.
24:38 Euh c'est ça qui a servi l'argent et puis après c'était pris en charge par le gouvernement après un certain temps et quand même le gouvernement et les et les instances officielles ont ont repris leur devoir du moins en partie et et cette partie-là c'était le gouvernement qui s'en est chargé. Je dirais moi je dis toujours aux gens il y avait deux grands blocs d'activité du forum. La première, c'était ce qu'on appelait en anglais family services, c'est-à-dire l'aide aux individus, l'aide l'aide médicale, juridique, personnelle, psychologique évidemment, l'aide financière et tout ça.
25:20 Et d'autre part le combat, c'est-à-dire la la les efforts pour maintenir la question des otages sur à l'ordre du jour des médias. Bon, en Israël, c'était clair, mais à l'étranger, c'est pas clair du tout. Vous savez, maintenir une histoire qui s'est passée en octobre 23 dans la conscience des chaînes de télévision et des opinions publiques 2 ans plus tard, c'est pas du tout évident.
25:49 Mais il y avait un troisème volet qui était peut-être le plus important pour les familles sur le plan humain, c'est que c'est créé une communauté, une véritable communauté avec énormément de solidarité y compris et je reviens sur ce qu'on a parlé tout à parlé tout à l'heure y compris entre des gens très très différents qui ne se seraient jamais rencontrés.
26:18 vous parlez de moi, moi je naurais pas rencontré mais eux entre eux et je reviens au au QG du forum et surtout le l'étage sous-sol avec la cafététerria et ça après quelques mois la vie à Tel-Aviv avait repris plus ou moins normal et c'est bien c'est une bonne chose mais si vous êtes mère d'un otage ou fille d'un otage et que vous sortez du QG et vous voyez les cafés, les gens font leur leur leur train train quotidien, vous pouvez vous sentir très seul et et très délaissé.
27:02 Et donc le fait d'avoir cet endroit et c'est les je cite là beaucoup de familles qui disaient ici on peut pleurer ensemble, on peut aussi rire ensemble, faire des blagues macabres sur des enlèvements et cetera parce qu'on est on est tous dans la même situation, on est tous égaux ici. Et j'ai dit c'est devenu un une communauté, je pense que c'est presque une famille pour beaucoup. Ils vont rester en contact, ils ont tissé nous les gens autour, les bénévoles et les professionnels là-bas, moi je je dis on est des petits cousins de cette famille, mais c'est mais c'est vrai, vous avez raison.
27:47 C'était très important de d'avoir un endroit un safe space comme on dit en anglais, un endroit où on est à l'aise, où tout le monde est dans le même bas. Alors, une toute petite question, je c'est pas du tout politique, mais quand même avant qu'on passe au reste. Non, non. Vous avez dit dans une interview pour pour terminer sur cette partie là, vous avez dit dans une interview au mois d'août que la guerre ne servait plus à rien. Vous avez également dit Daniel Cheek, on ne peut pas avoir à la fois un accord et intensifier les combats avec le recul.
28:18 Est-ce que vous maintenez ces positions ? D'autant que j'ai lu il y a pas très longtemps des prises de position d'Israéliens et de juifs en diaspora qui étaient contre les accords pour la libération des otages et qui voulaient taper encore plus fort avec le recul. Est-ce que vous maintenez vos positions ? Absolument. Je suis convaincu qu'on aurait pu avoir le même résultat disons en mai 24. Maintenant, soyons clair. Je n'ai aucun doute du bien fondé de la guerre qu'Israël a mené contre le Hamas après le 7 octobre.
28:53 La responsabilité de cette situation tragique, y compris celle des pal des des Gazaoui, peut-être plus que tous celle des Gazaoui, elle est sur les les épaules du Ramas. La responsabilité est là-bas. Et donc c'était absolument justifié de euh riposter euh et c'est c'est pas juste une question de repost pour se sentir bien, mais aussi de faire les efforts pour éliminer toute possibilité que cela euh reprennent.
29:32 En en avril ou mai 24, on commençait déjà des des à filtrer des prises de position de militaires, certainement de politiques, mais aussi de militaires qui disaient en fait on fait du sur place, on est arrivé pas au bout, on peut toujours faire un peu plus mais on n'avance pas véritablement notamment à cause de la présence des otages parce qu'il y avait des zones entières à Gaza qu'on que l'armée ne voulait pas toucher pour peur de de nuire des otages et il faut rappeler il y a des otages qui ont péri sans évidemment que ce soit c'était totalement accidentel mais le risque était là.
30:17 Yotamim Ahmed Alkala et Shanron Albras d'ailleurs le Oui. Voilà. Oui, je ne me souviens plus des noms mais je suis plus vieux que vous. J'ai ma mémoire est encore moins bonne. Mais donc le risque existait mais il y avait déjà un accord sur la table, une proposition sur la table qui n'était franchement pas très éloigné de ce qu'on a signé euh un an, un an et demi plus tard ou un an plus tard.
30:49 Et donc je maintiens et c'est vrai qu'il a fallu l'intervention d'un Donald Trump pour euh euh pour obliger d'une certaine manière euh Israël à signé et il a fallu l'intervention très musclée des médiateurs arabes pour obliger le ramasse à à signer. Parce que je reviens un peu à à à ma casquette diplomatique, c'était une négociation une négociation bizarre parce que c'est une négociation entre deux protagonistes qui chacun pour des raisons différentes ne souhaitent pas un accord.
31:30 Le gouvernement israélien voulait continuer la guerre et le Hamas ne voulait pas libérer tous les otages. C'était clair et donc il a fallu cette intervention musclée pour les pousser les deux. dans un coin duquel ils ne pouvaient plus s'esquiver. Et c'est là qu'ils ont signé et c'est là où nous sommes aujourd'hui tant bien que mal.
31:54 Plus le Qatar a fait et je dirais en plus oui, il a fallu Donald Trump mais Donald Trump était soumis à des pressions contradictoires venant d'Israël. Il y avait le gouvernement Netaniao, Randermer et d'autres qui en gros disaient à Donald Trump, on n pas fini, il faut continuer, il faut faire encore un effort et cetera et cetera.
32:20 Et puis il y avait la société civile, notamment ces grands rassemblements qui où il y avait un cri du cœur, sauver les otages. Et Trump lui-même a dit, "J'ai entendu, il y avait ces énormes pancartes Trump bring them home" et cetera. Et le slogan ces derniers mois du du forum des familles était le peuple va libérer les otages et je pense que c'est le peuple qui les a libéré.
32:57 C'est sûr. C'est sûr. Euh on va on va terminer sur cette partie politique parce que c'est c'est pas le propos. Voilà. Je voudrais qu'on parle maintenant de votre euh et ben de votre amour pour la France, de votre rôle. Euh Daniel Check, vous avez été au sein de ce comité des familles le coordinateur pour les les otages franco euh israéliens.
33:18 Euh je vu qu'avec les États-Unis, c'est la France qui a eu le plus grand nombre d'ottages euh binationaux. Euh pas tout à fait. L'Argentine. L'Argentine, oui, il y avait tout dans lesquibutsim, il y a beaucoup de gens qui euh dont les origines étaient en Amérique latine et notamment en Argentine. Mais bon, c'est vrai, il y a eu beaucoup de Français. Merci. Merci. Euh voilà. Qu'est-ce que vous demandez ces familles ? Est-ce qu'elles vous demandaient de l'aide, de l'argent, de la reconnaissance ? Elle vous demandait un écho en France ? Alors, c'est donc ce petit groupe de d'une quinzaine d'anciens ambassadeurs qui se sont réunis le 10 octobre euh où on a commencé à réfléchir qu'est-ce qu'il faut faire et on a compris qu'il y a deux dimensions internationales évidentes.
34:08 La première est et que il s'agissait d'une crise humanitaire, d'une signification globale et que c'est cette prise d'otage massive de 250 personnes arrachées de leur lit ou d'une fête, d'un festival et cetera pour être traîné à travers la frontière, caché sous terre et après on négocie leur libération, c'est pas un mode opératoire d'une guerre que la communauté internationale peut accepter.
34:42 C'était donc dimension numéro 1. La deuxième était simplement qu'il y avait au départ une petite trentaine de nationalités et que clairement ces pays avaient une responsabilité pour leurs citoyens, même si souvent il s'agissait de 2e 3e génération qui ne parlaient pas la langue, qui n'avait peut-être même jamais mis les pieds en Argentine ou en France et cetera parce que il y avait des otages français mais il y avait pas un qui était fran francophone, c'està-dire c'est des enfants de maintenant ils sont pas moins français que que vous mais il n'avaient pas un attachement.
35:21 Donc il fallait responsabiliser les gouvernements et c'est c'est ce qu'on a fait au départ et je dois dire qu'avec quasiment pas d'exception, quasiment pas, ces pays ont été formidables à la fois en intervenant pour la libération. Évidemment, c'est inégal. Si vous êtes américain, vous avez derrière vous l'administration américaine. Si vous êtes serbe, vous avez derrière vous le gouvernement Serbe qui évidemment ne pèse pas de la même manière. Mais il y avait aussi la dimension humaine, c'est-à-dire l'aide matérielle.
36:00 Beaucoup de ces pays ont aidé les familles matériellement. Parlons des Français justement. et et l'aide euh et l'aide euh émotionnelle, je dirais l'attention. Quasiment tous ces ces familles, toutes ces familles de binationaux vous diront que leur pays, l'ancien pays d'origine s'est intéressé à leur sort plus que le gouvernement israélien, y compris la France.
36:36 Donc qu'est-ce que on a fait ? Il y a des choses que je ne pourrais pas vous dire, mais je vous dirai avec que vous pouvez pas révéler. Je ne peux pas révéler mais je je l'ai dit souvent en France. Je sais que il y a beaucoup de critiques surtout dans la communauté juive par rapport à au président Macron.
36:54 Oui, je voulais ma question c'était quel mot avez-vous pour sauver l'imagit et cetera ? Il a été formidable sur l'affaire des otages et il l'a fait sans faire beaucoup de bruit et sans euh sans y tirer sans en tirer un bénéfice médiatique. Ah, ça c'est clair. Ce que je ce que je respecte énormément, poser la même question aux familles des otages français, des anciens otages français, ils seront les premiers à confirmer ce que je dis. Vous voulez dire que le président Macron a fait plus pour les otages franco-israéliens que pour d'autres otages de français dans le monde.
37:37 Alors, notre message était toujours prenez la responsabilité pour les otages de votre pays, notamment la France, mais ça peut être l'Allemagne, la Grande-Bretagne et cetera, mais n'oubliez jamais les autres. Et je dois dire que qu'Emmanuel Macron a fait exactement ça. Même quand il n'y avait plus, quand les deux derniers otages français sont revenu au début février, il a continué il a continué à rencontrer lui et euh dans dans son cercle proche euh bah oui, je vais la mentionner parce qu'elle le mérite. C'est Anne Claire Legendre qui est sa conseillère pour le proche- Orient qui à la fois sur le plan diplomatique et sur des initiatives et des idées mais surtout sur le plan humain a été absolument formidable.
38:27 et le président aussi. Les otages français et leur famille ont pu rencontrer Emmanuel Macron à plusieurs reprises. Il a toujours pris le temps, il a toujours été attentif et il a disons que ce n'est pas un hasard euh que à partir d'un certain moment, il n'y avait plus d'otage français. Il avait vraiment tout fait pour les les libérer et pas en dernier. Le 7 février 2024, il a organisé cette commémoration. Il restait encore euh deux otages, il me semble, franco-israéliens euh à Gaza. Qu'est-ce que la France ? Est-ce que d'abord vous avez pris part à cette cette Non, moi personn Émilie y était.
39:13 Elle a accompagné parce qu'ils ont invité aussi. C'était un hommage pour les pour les les Français assassinés. Là, c'était le plus grand nombre. Oui, le plus grand nombre. Je pense qu'il y a même plus mais bon, je je suis pas sûr. 51 et 42 et je ne sais pas. C'est c'est a chiffres. Il y a 4 Je pense qu'il y a un peu plus qu' que c'est plutôt le plus grand chiffre. Ouais, il restait pardon, il restait encore deux. Il y avait Orion et Oan. Oui. Euh mais euh ils ont invité aussi les familles d'otage et donc Émilie Moattim accompagne les a accompagné là-bas.
39:55 D'abord, il faut dire c'est le seul pays qui a fait un hommage national pour les victimes du 7 octobre et sans eménager les moyens. C'était un vraiment un grand événement très émouvant et les Américains ne l'ont pas fait, les Allemands ne l'ont pas fait et d'autres ne l'ont pas fait. Donc il faut il faut quandme le dire. Mais bien au-delà des symboles, je crois qu'il y a des des otages français qui lui doivent la vie. Et euh bon, je sais qu'il est critiqué sur beaucoup de choses, mais je dirais en plus que l'accord qui a mis fin à la guerre et qui a libéré les 20 derniers otages vivants et les 27/ 28 corps qui restaient à Gaza euh quand on a signé ressemble vachement à l'initiative franco-saoudienne qui avait été présentée aux Nations- Unies quelques semaines auparavant.
40:55 Euh je sais que la diplomatie française avec quelques autres, mais la diplomatie française avait travaillé avec les conseiller de de Donald Trump pour euh pour finaliser cet accord et Donald Trump a mentionné plus d'une fois l'aide de partenaire européens sans je pense qu'il n'a pas dit les noms et précis mais je pense que Macron et son son équipe ils sont pour pour pas mal de choses.
41:25 On reproche à Israël de mal communiquer pourquoi pourquoi le président Macron a-t-il si peu communiqué ? Parce que son image est totalement atomisée. Là, vous parlez d'Emmanuel Macron, il est sifflé dans n'importe quelle réunion communautaire en en France. Pourquoi a-t-il dans le fond si je ne peux pas vous répondre ? Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. OK. Peut-être par pudeur parce que Oh non, quand on est président de la République, on n'est pas pudique. Je ne sais pas. On peut OK, mais je ne sais pas je ne suis pas sûr que c'est la raison.
41:56 Il y avait peut-être d'autres raisons politiqu image, je ne sais pas. D'accord. Bon, l'émission est sur les otages de comité. On on va Il y a un documentaire très très fort qui s'appelle Holding Liat qui suit la libération de Liat Benin Atsili et l'assassinat de son de son mari. Et on voit entre autres les voyages de sa famille de gauche aux États-Unis rencontrer des démocrates mais rencontrer des républicains, rencontrer des religieux. La famille est ulcérée, elle en avait marre enfin bon ça n'allait pas du tout mais pourtant ils l'ont fait.
42:26 Est-ce que au sein des familles franco-israéliennes, il y a eu la même chose ? C'est-à-dire que ce même par moment agacement ou cette même obligation d'aller rencontrer des gens avec lesquels il n'était pas forcément d'accord politiquement ? Oui, même si dans la plupart des cas à la fois chez les Français et enfin chez les familles de Français et d'autres, il y a eu évidemment des haut et des bas, mais pour la plupart ces voyages leur semblaient utile et nécessaire et même si c'était souvent très dur, c'est et c'est vraiment très dur quitter le pays, aller dans un pays que vous ne connaissez pas 6 se rencontres par jour, y compris avec des médias, avec des personnalités, c'est c'est intimidant pour beaucoup d'entre eux. Déjà, ils sont fragilisés mentalement et cetera. Donc, il y a des moments de de crise, mais de manière générale, je pense qu'il qu'ils ont reconnu l'importance de le faire. Et d'ailleurs, peut-être la contribution la plus importante euh que cette petite cellule diplomatique informelle du forum a a pu contribuer, c'est d'ouvrir les portes et de raccourcir le chemin entre ces familles et les grands leaders.
43:48 C'est-à-dire même la première fois qu'elles sont allées dans divers pays et cetera, souvent on a pu leur organiser un programme qui était digne d'un chef d'état et je ne n'exagère pas. Ils ont vu les présidents, les premier ministres, les ministres des affaires étrangères, mais aussi toute la presse importante des personnalités de la société civile et cetera et cetera.
44:11 Et c'est grâce à un carnet d'adresse que chacun de de nous, on a servi dans beaucoup de pays, avait gardé avec des des personnes qu'il qu'on a connu pendant notre mandat dans dans les divers pays et ça va de des États-Unis, en Argentine, en Inde et évidemment dans toute l'Europe, en Australie, au Canada et cetera, on avait un peu de tout et ça a beaucoup aidé.
44:38 Je dois dire aussi que même si souvent les relations entre le forum et le gouvernement étaient tendu, pas toujours, mais était souvent tendu, spécifiquement entre notre groupe de diplomates et le ministère des affaires étrangères et surtout les ambassades dans le monde, ça s'est en gros toujours admirablement bien passé. D'abord parce que je ne sais pas, ils ont été convaincus de l'importance de de de nous aider. Peut-être aussi parce qu'on se connaissait personnellement, ça aide toujours. On est on était collègue pendant longtemps et donc je je je vraiment je tous mes compliments, il y avait une personne au ministère des affaires étrangères qui est qui est chargé de la de la faire des des otages et puis toutes les ambassades nous ont ouvert les portes.
45:33 Dans dans le livre d'Arthur, il y a euh un passage amusant, hélas qui a donné d'ailleurs son titre euh euh au livre. C'est votre gompagne Émilie Moiti qui appelle Arthur en disant "J'ai perdu un un bénoin dans Paris." Et effectivement euh voilà, il y a il faut aussi rappeler quand même que parmi les euh les otages, il y a des musulmans, euh des chrétiens, euh des bédoins et que c'est tous ces gens ont ont été aussi aidés, vraiment beaucoup aidés. Donc voilà.
46:00 Donc ça c'est le moment amusant. Je pense qu'il y a dû avoir des moments particulièrement terribles. Quel était l'accueil des familles ? Vous avez été reçu chez des privés, vous avez Ah oui, il des fois enfin des privés euh on est tous privés aussi même si on a une une fonction mais je ne sais pas je en France notamment on ne peut pas ne pas mentionner le AJC Europe toute l'équipe Simon Redent Benzaken et sa famille mais aussi tous ses collaborateurs.
46:39 C'était vraiment notre notre chez nous à Paris. Nous ont toujours accueilli dans leur bureau. Beaucoup de nos rencontres ont eu lieu dans leurs locaux et surtout ils nous ont facilité l'accès à des personnalités qu'on ne connaissait pas et qui étaient importantes. Et c'est un exemple seulement. Il y avait des des parce qu'il faut comprendre l'élan de société civile autour du forum. il ne s'est pas arrêté aux frontières d'Israël. Il y a des antennes un peu partout dans le monde, notamment en France, le plusieurs, même le comité 7 octobre, le DDF, le le et et d'autres qui nous ont énormément aidé, qui ont aussi aidé les familles et les groupes de colle, il y avait des groupes de colle et oui et aidz les familles quand elles étaient en visite.
47:32 Une aide, c'est pas seulement je vais t'organiser une rencontre avec Nicolas Sarkozi, c'est aussi viens chez moi pour shabbat, J'ai un moment d'émotion parce que moi aussi je me fais pas pleure. On va pas pleurer tous les deux. Non, parce que c'est ça qui est formidable, c'est le fait que des gens comprennent la situation de détresse extrême de ces gens, vraiment extrême et qui sont qui qui ont trouvé les les mots et les gestes pour pour les soutenir.
48:18 Et donc vous voyez quand quelqu'un est dans une délégation et il apprend par téléphone que son frère qu'il est venu aider à à libérer, on a trouvé son corps. Qu'est-ce qu'on peut dire ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? Et bien je ne sais pas si Arthur en parle dans son livre mais il a il a il a été en partie il faut les soutenir, il faut venir passer la nuit avec lui jusqu'au vol le matin et cetera, ne pas le laisser seul et cetera et tout ça ça fait partie des gens formidables qu'on qu'on a qu'on a rencontré.
49:07 Euh juste pour terminer cette partie là, comment exp doulà le monde ne l'a pas compris, ne l'a pas saisi parce que finalement euh c'est comme si ces otages, cette douleur, cette peine, c'est était passé de l'autre côté de leur conscience. Pour pourquoi ? Je ne suis pas d'accord avec vous. Ah, je pense que je je comprends pourquoi vous le dites, parce qu'il y a eu toutes ces grandes manifestations proalestiniennes et et là Non, non, je parle même pas des man, je vous dis juste par exemple la rétrospective du journal Libération que je lis que j'aime he c'est pas la question euh dans les grands moments de 2025 il n'y a pas la libération des otages.
49:52 Il y a de Gaza, c'est noté en c'est un mauvais choix mais je pense bon je ne discute pas avec ça bien sûr que mais je pense que d'abord les gens qui sont venus nous voir du monde entier et c'était des politiques des oppositions sociétés civiles des des personnalités euh du monde culturel, sportif médiatique et c vraiment ces gens de toujours solidaire, toujours à l'écoute, la même chose quand on allait ailleurs.
50:32 Et c'est vrai que on entendait très fort l'opposition à Israël, mais ça ne représente pas l'opinion publique en général. Je crois que de manière générale quand quelqu'un écoutait, c'est pour ça que c'était tellement important de leur faire rencontrer les familles d'otage, des témoignages personnels et plus tard des otages libérés. Même des personnalités politiques très connues pour ne pas connues pour leur amitié pour Israël ne pouvait pas ne pas être solidaire. Et donc je pense qu'il y a une compréhension de la douleur de ces gens et d'une certaine manière on a essayé d'amplifier et de et de et d'ouvrir un peu au grand public.
51:25 Euh mais d'un autre côté, on ne peut pas on ne peut pas ignorer le fait que après un un certain temps, c'est l'ampleur de la destruction de Gaza et les chiffres des victimes et peu importe si c'est 60000 ou 30000, franchement la différence est évidemment énorme mais 30000 c'est trop aussi. C'est c'est pas quelque chose que ça prenne le devant dans surtout dans les médias et dans les dans les dans le monde politique et cetera. C'est comme ça. Il ne faut pas sentir que c'est simplement parce que les gens sont solidaires de Gaza, ils ont forcément oublié ce qui s'est passé le 7 octobre.
52:15 Daniel Check, on va on va terminer maintenant avec la avec la vie d'après, si vous voulez bien. On a on a le sentiment que la politique a repris le dessus. Chaque semaine, il y a une énorme affaire politique intérieure israélienne. Qu'est-ce qu'est-ce qu'elle devienne ? Les les familles, vous l'avez dit, elles ont constitué un un un noyau. Mais euh voilà, est-ce que est-ce que l'État hébreu s'en occupe ? Est-ce que je sais pas Galirche, même s'il est parti, est-ce qu'il continue de s'intéresser à eux ou qu'est-ce qu'ils deviennent maintenant les otages et leur famille ?
52:48 Alors, l'un n'est pas forcément directement lié à l'autre. D'accord. Euh parce que les crises et les scandales et cetera Ouais, c'est délirant. Oui, mais il y a un scandale qui va mobiliser les familles des otages et les familles des victimes pendant longtemps. Et c'est le besoin d'une commission d'enquête nationale pour comprendre qu'est-ce qui s'est passé le 7 octobre pour que tant de choses qui nous ont rassuré et sécurisé ont failli. Vous y croyez à une vraie enquête parce que j'ai l'impression que celui qui fait l'enquête a déjà été catalogalogué.
53:35 S'il est politique alors ça ne va pas. Si les militaires ça ne va pas, il y a il y a une méthode légale en Israël qui s'appelle la commission d'enquête nationale. Il faut suivre le même comme après Kipour, comme après Sabrila, comme après d'autres événements qui ne concernaient pas nos voisins. C'est comme ça, il faut faire ça et j'espère. Bon, je ne pense pas qu'avec le gouvernement actuel euh une commission de ce genre verra le jour. Mais après les élections, je pense que les élections d'une certaine manière, ça va être un thème central. Donc là-dessus, forcément les familles d'otage vont être très mobilisées.
54:18 Maintenant, pour le reste, d'abord, oui, l'État les a pris en charge. Les familles du jour au lendemain, on coupe tout, mais les otages mêmes vont rester à la charge de l'État jusqu'à leur dernier jour comme les blessés de guerre, comme les les donc il y a une aide de l'État, ils sont pas abandonnés.
54:43 On dit ils disent en grande majorité qu'elle est insuffisante et c'est la raison pour laquelle vous voyez aussi des des mobilisations de collecte et cetera. Il faut comprendre qu'il y a qu'il y a des familles qui déjà au départ étaient dans le besoin et évidemment aujourd'hui avec un un otage ou une otage qui est revenue qui avec des des besoins et avec des maisons détruites et cetera les bon mais c'est vrai par exemple l'accession à la propriété une rente tous les mois de 6000 chez elle.
55:14 Est-ce que c'est vrai ? Oui, c'est vrai, c'est vrai. Comme euh comme pour les familles des euh des euh des victimes de guerre, c'est la même chose. Euh Chakouot, elle aussi, elles reçoivent une rente de l'État et c'est absolument normal euh de le faire. Ces gens ont subi des choses terribles à cause d'une faute de l'État. Maintenant, je ne parle pas qui est personnellement responsable. C'est pas ça. L'État en tant qu'institution a failli à ses jambes et à ses familles et il y a des conséquences et ça c'est une des conséquence et je pense que il n'y a pas de discussion là-dessus ni dans l'opinion publique ni au gouvernement.
55:58 À partir de là c'est à nouveau très personnel. Il y a des familles qui se replient, qui ne veulent plus avoir à faire avec la vie publique et cetera et d'autres vous verrez éventuellement certains otages ou certaines familles des membres de famille qui vont entrer en politique, pourquoi pas ? Euh qui vont rester des figures dans les médias, pourquoi pas ? On verra. Yarden Bibas a reçu plus de 6 millions de de chez elle. Comment comment il va ? Vous avez des Je ne sais pas, je l'ai je ne l'ai pas rencontré depuis très longtemps. Bon, je pense que la famille Bibas, c'est tellement emblématique de cette tragédie que ça ne m'étonne pas du tout que la société israélienne et d'ailleurs pas que israélienne se mobilise pour lui.
56:54 et les les visages des enfants bibasses ont fait le tour du monde et d'ailleurs c'est ce qui sur la question de l'image a sans doute le plus nuit auas c'est l'affaire de la famille euh les enfants orphelins qui ont perdu leur père et leur mère est-ce qu'ils ont tous été adoptés est-ce que vous savez ce qu'ils Non enfin adoptés il y a ils ont tous une famille il n'y a personne qui est resté à ma connaissance, il n'y a pas une personne qui est restée sans sans soutien familial, mais on c'est aussi on peut comprendre la complexité du traumatisme.
57:39 C'est pas seulement qu'il y avait un membre de la famille qui était otage, c'est aussi que d'autres membres de la famille ont été tués souvent les otages ne savaient pas le sort de leurs proches et les et cetera. Donc et tout ça tout ça va nécessiter une un processus très très long de je sais pas de retour à une vie normale à un processus un chemin qui va peut-être qui qui va peut-être jamais se terminer.
58:16 Pens vous pensez que vous moi tous le pays retrouvera une vie normale ? Je ne crois pas moi. Oui, enfin je c'est je ne sais pas exactement comment on définit une vue normal. Moi ça m'a changer sans sans aucun doute sur le plan personnel, pas tellement sur le plan politique ou idéologique. Moi, j'ai 70 ans, j'ai mes mes opinions sont plutôt bien installées. Mais sur le plan humain, sur le plan personnel, ça m'a ça m'a beaucoup changé. Je dois dire que je vous savez, j'ai eu une carrière que j'ai adoré et j'ai le dernier poste ambassadeur à Paris, c'était quelque chose que je rêvais toujours de faire et donc j'ai c'est vrai que j'ai pris une retraite anticipée, mais c'est simplement parce que je pensais que c'était un peu le sommet de ce que je pouvais faire et c'était le moment de partir.
59:13 Mais je ne me suis jamais senti faire quelque chose de valeur comme pendant ces deux dernières années. Et et on peut comprendre pourquoi la diplomatie c'est un peu à 30000 pieds, vous savez, c'est un peu abstrait. Là vous vous touchez les gens que vous essayez d'aider. C'est c'est une expérience que je n'oublierai jamais. On a vu que Matan s'est fiance avec Il Chrislevsir. On avait Micha qui incarnait une marque de robe de mariller. On a vu Alon Noël qui a donné un concert au Fercal Deron qui a roulé avec le Tour de France et Licharabi qui a défilé à la fashion week en Israël et son lui d'ailleurs est numéro 4 des ventes à un moment donné et Sag Dekel qui a fait la pub de la la banque Nisraï.
1:00:06 Eux aussi ce drame, cette catastrophe leur a changé la vie. Bien sûr, bien sûr. Vous échangez avec eux là-dessus ? Vous savez, on a tous euh des liens particuliers avec certaines familles, pas avec tout le monde, vous savez, c'est beaucoup trop de monde, mais il y a quelques familles avec lesquelles Émilie plus que moi, parce qu'elle a beaucoup et ce sont des moments très très éprouvants et parce qu'elles parce qu'ils sont éprouvants, ça crée des liens.
1:00:39 Donc, elle a un peu plus de liens que moi. Mais oui, il y a certaines familles avec lesquelles j'espère qu'on va garder l'amitié qu'on a qu'on a vécu pendant cette crise. Pour la plupart, il y avait un bon dénouement mais pas pour tout le monde. Pas pour tout le monde. Il y avait Mais on on parle de Israël, pays divisé. Je je suis pas sûr qu'il existe un pays dans lequel tout le monde est est uni, mais c'est vrai qu'autour des otages, le peuple d'Israël a été en majorité uni. Est-ce que cette unité perdure encore aujourd'hui selon vous de manière générale ou sur l'affaire des otages ?
1:01:17 Sur l'affaire des otages. Je pense que oui. Je pense que oui. Unité, c'est un grand mot. Vous savez, je dis je dis toujours à mes interlocuteurs étrangers que le consensus, c'est un truc pas très juif. C'est on n pas l'habitude mais c'est vrai que 70 à 80 % de la société israélienne dans des sondages à travers 18 mois soutenaient la libération des otages contre l'arrêt des hostilités.
1:01:44 Et je pense que il ne le regrette pas. Je pense que la libération des 20 derniers vivants en une fois ce qui était totalement inespéré totalement. Il y avait personne n'a vu venir. C'était un des moments les plus réjouissants que ce pays a connu et pas seulement ces deux dernières années, mais depuis toujours.
1:02:07 Alors, vous avez anticipé, c'était ma ma dernière question, mais j'en ai une autre avant. Euh Daniel Sheek, voilà, Israël s'est fait attaquer le 7 octobre. Très rapidement de victimes, nous sommes passés. bourreau Israël et radioactif, le mot Israël fait frémir. Est-ce que vous pensez que les élections ou en tout cas la période électorale va permettre à Israël de retrouver une petite place sur la scène mondiale ? J'ai vu que l'immigration en Israël a l'immigration a augmenté, les naissances sont inférieures au décès, l'espérance de vie a diminué.
1:02:42 Est-ce que quelque chose va bouger avec C'est une grosse question pour terminer. Comprendrai que je je n'ai pas une réponse scientifique à cette question. Je vais être très clair. Moi, j'espère que le gouvernement va changer. Moi, je pense que la chose descente de tout gouvernement dans une situation de crise extrême quand comme on l'a vécu le 7 octobre aurait été après quelques mois, vous savez, de stabilisation de démissionner.
1:03:13 quitte à se représenter mais donner au peuple la possibilité de euh juger si ces gens euh doivent continuer à diriger ce pays. Bon, le gouvernement ne l'a pas fait. Peut-être que c'était pas le moment, c'était la guerre. C'est c'est jamais le moment, mais c'est ce qu'il faut faire. 2026, c'est l'année d'élection. Je ne sais pas exactement quand et j'espère que le gouvernement va changer. Euh une fois qu'il aura euh changé, je pense qu'on peut commencer une remontée. Mais il faut toujours comprendre que comme dans les relations entre deux personnes, dans les relations entre les pays, la destruction est toujours plus rapide que la reconstruction d'une relation.
1:04:09 Et mon père qui était parmi les fondateurs de la diplomatie israélienne euh je l'ai entendu dans une conférence qu'il donnait aux jeunes cadets du ministère dans les années 60. J'ai j'ai retrouvé une cassette. Il a dit "Les gens cherchent des définitions très compliquées de ce qu'est la diplomatie." Moi, je vais vous en donner une très simple. La diplomatie est là pour améliorer les relations entre les pays et pas pour les détruire. Et c'est cet effort qu'il va continuer qu'il va falloir continuer à faire. Je crois que la remontée va être très lente en ce qui concerne l'image d'Israël à l'étranger.
1:04:51 L'image ne dépendra, commerce, la culture, ça ne dépendra pas que de ce qui va se passer en Israël, mais aussi de ce qu'ils vont voir et à Gaza. C'est-à-dire, il faut d'une certaine manière le début de la reconstruction de Gaza est un intérêt israélien pour que les images soient différentes. Pas des images, pas que des images de misère. mais aussi des images d'un d'un avenir. Et puis j'espère qu'il y aura un changement chez les Palestiniens aussi. Je pense qu'il faut un leadership palestinien frais euh avec tout le respect qu'on doit à Abou Mazen qui a eu des moments bien et des moments terribles, horribles.
1:05:34 Euh mais c'est fini, il faut il faut changer. Ce n'est pas que moi qui le dis, c'est beaucoup de Palestiniens avec qui je communique qui disent la même chose. que j'espère que c'est ça qui va qui va dicter le climat dans les années à venir. C'est bien dans comme en Irlande du Nord et du 100 ans, tout sera réglé en fait.
1:05:59 Euh vraiment dernière question le le 13 octobre Daniel Cheek, ça a été le plus beau jour de votre vie d'hommes, de juifs, de sionistes, d'Israéliens ? Des phrases qui commencent avec le plus. [rires] C'est pas bon. C'est difficile pour moi. J'ai des nuances. Oui, sans doute. Sans doute. C'était sans doute un des jours les plus émouvant de ma vie. Mais dans ma dans la vie personnelle de quelqu'un, il y a des émotions diverses. Il y a l'émotion de voir ses enfants naître, trouver l'amour de sa vie et aussi des moments politiques qui vous émeux.
1:06:39 Et là c'est oui, c'était un sentiment d'accomplissement qu'on a qu'on a fait quelque chose d'extraordinaire avec toujours une pensée à quelques dizaines de tâes qui ont été enlevées vivants et qui ne sont pas revenus vivants et certains d'entre eux auraient pu revenir vivants. Merci Daniel Cheek, merci pour cet entretien pour tandem. Merci