0:00 Bonjour à tous. Depuis maintenant un certain temps, une nouvelle tension règne au Moyen-Orient, règne au Proche-Orient plus particulièrement, et cette tension émane d'un pays, la Turquie, la Turquie d'Erdogan. Israël a dû à maintes reprises frapper des positions sur le territoire syrien au nord-ouest de la Syrie, parce que c'est vrai, il y avait des agents turcs, des militaires turcs, qui venaient réhabiliter des bases au nord-ouest de la Syrie.
0:32 Alors, dans le fond, toute la question qui nous doit se poser est pourquoi Israël doit stopper les volontés hégémoniques de la Turquie. Pendant des années, Israël empêchait l'Iran de transformer la Syrie en base avancée de l'Iran. La chute de Bachar al-Assad a complètement rabattu les cartes, et le vide laissé par Téhéran risque aujourd'hui d'être comblé par une autre puissance régionale aux ambitions hégémoniques comme l'Iran, qui s'appelle la Turquie de Recep Tayyip Erdogan.
1:15 L'enjeu évidemment dépasse largement la présence simplement turque au nord de la Syrie. Mais Ankara cherche concrètement, malgré ses prodits et malgré ses démentis, à s'y implanter durablement via la réhabilitation d'infrastructures militaires. Derrière ces projets se profile la menace plus préoccupante de l'installation possible de systèmes de défense anti-aérien, capables justement de limiter la liberté d'action que l'armée de l'air israélienne avait sur la région.
2:01 C'est là justement que se situe la ligne rouge, et c'est là que Israël a dit stop. Israël ne peut accepter qu'après avoir combattu l'encerclement iranien, il puisse se retrouver confronté à une nouvelle architecture militaire hostile sous influence turque. Rappelons-nous comment l'Iran avait voulu imposer cette force dans le nord avec le Kresbola, avec le Hamas, mais aussi avec des militaires iraniens que l'on pouvait voir avant 2023 en uniforme sur le plateau du Golan, regarder, observer les forces israéliennes et le territoire israélien.
2:49 La Syrie ne peut devenir ni une plateforme iranienne, ni une colonie turque, malgré le fait qu'il y a, c'est vrai, en Syrie énormément d'ethnies, et la Turquie regarde essentiellement l'ethnie turque, curde, excusez-moi, avec un œil de défiance, comme on a pu le voir lors de la confrontation entre Israël, les Etats-Unis et l'Iran, où la Turquie s'est concrètement opposée à l'armement des Kurdes pour intervenir sur le territoire iranien.
3:26 Erdogan, concrètement, n'a jamais caché sa nostalgie d'une Turquie impériale, et dominante, d'où d'ailleurs sa volonté de vouloir acquérir aussi des F-35, pour justement avoir aussi une maîtrise du ciel régional. Son influence, tout le monde le sait, s'étend de la Méditerranée au Caucase, de la Libye au Moyen-Orient, et laissé en Kara, sans raciner en Syrie, sans réaction, concrètement, cela risquerait de voir cette influence progresser vers le Liban et vers Gaza, et d'ailleurs on le voit avec le nombre régulier de réunions qui se passent entre les Turcs, les Libanais, quelquefois même des projections du Cresbola, mais aussi avec le Hamas, et aussi avec la volonté d'ailleurs de faire venir la direction étrangère du Hamas en Turquie, c'est-à-dire qu'elle quitterait Doha, au Qatar, pour s'installer à Ankara.
4:38 C'est dans ce contexte que l'aviation israélienne est intervenue récemment en Syrie, pour justement avertir la Turquie qu'Israël défendra ses intérêts vitaux jusqu'au bout. Cette nouvelle tension intervient dans un Moyen-Orient qui est complètement bouleversée, où le parapluie américain suscite énormément de tout et où on voit quotidiennement des alliances se faire et se défaire, et ces alliances sont souvent contradictoires dans l'évolution que pourrait être amenée à voir la région du Moyen-Orient.
5:24 Dans cet environnement instable, Jérusalem ne peut se contenter de regarder les trains passés, elle doit anticiper, prendre l'initiative et fixer ses propres lignes rouges, c'est-à-dire garantir sa sécurité, même si cela peut déplaire à ses principaux alliés. Vous savez, dans cette région, chaque crise agit comme une pièce de domino, aucune n'est isolée et chacune peut entraîner les autres.
6:03 Et on le voit quotidiennement entre l'Arabie saoudite, entre l'Iran, entre l'Irak, entre la Syrie, entre la Turquie, mais aussi en Égypte. Concernant Gaza, comme au Liban, comme le Liban, chaque période d'accalmie que l'on peut apercevoir, et là aussi les Turcs jouent un rôle, ont permis aux Hamas et aux Hezbollah de se reconstruire, de recruter et de se réarmer, et aucune concession territoriale ou autre ne peut être envisagée, sans preuve irréfutable, réelle, de leur désarmement pour, je dirais, l'éternité.
6:55 Ne soyons pas naïfs, un Hamas ou un Hezbollah armé reste un Hamas ou un Hezbollah qui prépare la prochaine guerre, et ne coupons donc pas une trêve avec la paix. Le Moyen-Orient entre dans une phase encore un peu plus d'incertitude compte tenu, je dirais, des allers-retours de l'administration Trump. L'Iran des Mollas, c'est vrai, est affaibli, mais pour le moment l'Iran des Mollas existe toujours, et même si elle a reculé en Syrie, d'autres puissances hostiles avancent, comme par exemple la Turquie. Israël sait que le danger ne disparaît jamais, il change souvent de visage, et celui qui se profile aujourd'hui porte de plus en plus clairement les traits de l'ambition d'Ardogan, même si Erdogan est très vieux, et que ces jours commencent à être comptés.