Les vagues d'alya, de 1882 à 1939 : qui est venu, et pourquoi

En bref. L'histoire du sionisme découpe l'immigration juive en terre d'Israël en cinq vagues, de 1882 à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Deux seulement sont vraiment idéologiques — la deuxième et la troisième. Les trois autres sont des fuites : les pogroms russes, les mesures antijuives polonaises, l'arrivée des nazis au pouvoir. Et le découpage lui-même est contestable, puisqu'il commence en 1882 alors qu'une immigration yéménite est arrivée un an plus tôt.

Une conséquence, qui donne son titre à l'émission : ce n'est pas la Shoah qui a lancé l'alya. Le mouvement était engagé depuis un demi-siècle quand elle a commencé. Et sous mandat britannique, l'immigration n'a jamais été libre — elle a servi de variable d'ajustement à la colère arabe, jusqu'à son extinction programmée par le livre blanc de 1939.

Cette page reprend les deux entretiens que l'historien Georges Bensoussan a accordés à Tandem TV, au micro de Jérôme Haas, dans L'interview de Jérôme Haas.


Le découpage en cinq vagues, et ce qu'il masque

L'historiographie retient cinq alyot entre 1882 et la fin des années 1930. Georges Bensoussan tient ce partage pour « très arbitraire », et pour deux raisons.

D'abord, il existe des arrivées avant 1882 — mais d'un autre genre : des personnes âgées qui viennent finir leurs jours en terre sainte, non des immigrants qui viennent y réinventer une vie.

Ensuite, et surtout, deux migrations antérieures ont joué un rôle décisif et sortent du compte :

Les juifs du Yémen, à partir de 1881. Un premier groupe quitte Sanaa en août 1881, sous le nom hébreu E'eleh BeTamar — « je monterai au palmier », tiré du Cantique des cantiques, dont les lettres forment l'année hébraïque 5642. Ils arrivent donc avant la première alya officielle. Ils s'intègrent à la vie locale, parce qu'ils parlent arabe — ce qui ne les protège pas : mal vus de la population musulmane comme du vieux Yichouv ashkénaze de Jérusalem, ils s'installent à part, dans le quartier de Silwan, le Shiloah de la Bible.

Les juifs du Maghreb, dès les années 1830-1850. Venus surtout du Maroc et d'Algérie, très peu de Tunisie. Leur rôle est capital pour une raison juridique : sujets ottomans, ils peuvent acheter des terres en leur nom propre, ce qu'un étranger ne peut pas faire dans l'Empire. Ce sont eux qui accueillent les Russes et les Roumains de la première alya, et qui achètent pour eux les terres, en prête-nom.


Ce qui a poussé chaque vague

La première alya (1882-1903) : fuir les pogroms

Les pogroms commencent en Russie en 1881, après l'assassinat du tsar Alexandre II. La vague s'étend à des centaines de localités de l'Empire — ce qui comprend une grande partie de la Pologne et de l'Ukraine actuelles.

La destination palestinienne s'explique aussi par une raison économique qu'on oublie : depuis le port d'Odessa, le billet pour Jaffa est le moins cher. S'installer en Europe occidentale, et a fortiori aux États-Unis, coûte bien davantage.

Il faut mesurer les proportions. Vers 1882, la moitié des juifs du monde vivent dans l'Empire russe, et 80 % en Europe — le judaïsme est alors un fait massivement européen. Entre 1880 et 1914, environ deux millions de juifs quittent cet empire. Combien vers la Palestine ? « 40 000 sur 2 millions », dit Bensoussan ; « 40 000 ou 50 000 au grand maximum ». L'immense majorité part vers l'Amérique du Nord, et c'est elle qui constitue le réservoir du judaïsme américain d'aujourd'hui.

Les deuxième et troisième alyot (1904-1914, 1919-1923) : les seules idéologiques

Ce sont les deux vagues qui viennent fonder — un foyer national, puis un État — avec un substrat social, socialisant, « même communisant très net ».

Deux chocs les mettent en route. Le premier est la deuxième vague de pogroms, ouverte par Kichinev en avril 1903 : entre 1903 et 1906, des dizaines de pogroms ensanglantent la Russie et surtout l'Ukraine, faisant des milliers de morts, là où la première vague des années 1880 n'avait pas dépassé quelques centaines.

Le second est une déception. De jeunes juifs formés à la fois à la yeshiva et aux Lumières avaient mis leurs espoirs dans la révolution russe de 1905. Elle échoue. Et ils doivent reconnaître que les pogromistes sont précisément le peuple qu'ils rêvaient d'émanciper. Ben Gourion, Ben-Zvi, Brenner, Berl Katznelson arrivent dans ces années-là.

Entre les deux, la Première Guerre mondiale coupe tout. L'Empire ottoman, en guerre contre l'Entente, expulse un très grand nombre de juifs étrangers — pour la plupart de nationalité russe, arrivés avec les deux premières alyot. Bensoussan avance près de 30 000 expulsés sur une communauté de 80 000 : la Palestine juive de 1918 est exsangue. Les Ottomans ne visent d'ailleurs pas que le nationalisme juif : des leaders arabes sont pendus à Damas et à Beyrouth pendant ces mêmes années.

L'immigration reprend en 1919, plus librement qu'au temps des Turcs — sans être libre pour autant : sous le futur mandat britannique, elle sera contingentée. La troisième alya est la plus marquée par la révolution de 1917, et c'est elle qui donne au kibboutz sa dimension d'utopie collectiviste — que le premier d'entre eux, Degania, fondé vers 1910 sur les bords du lac de Tibériade, n'avait pas au départ.

La quatrième alya (1924-1928) : la petite bourgeoisie polonaise

Une vague qui fuit la Pologne, chassée par les mesures de rétorsion économique du gouvernement Grabski et par un climat d'antisémitisme très violent dans l'entre-deux-guerres. Le sionisme y compte peu comme motivation.

La cinquième alya (1932-1939) : la fuite devant le nazisme

C'est la plus nombreuse. Dans la seule année 1935, environ 60 000 juifs arrivent en Palestine — autant que la totalité de la population juive du pays en 1918. Ce chiffre dit aussi l'inquiétude arabe, et il explique que la grande révolte arabe éclate l'année suivante, en 1936.

Une erreur courante consiste à y voir une alya allemande. Elle est massivement polonaise. Les juifs allemands sont environ 50 000 à 60 000 sur ces sept ou huit années ; les Polonais, plus de 100 000. Il faut se souvenir qu'en 1939, un juif sur cinq dans le monde est un juif polonais — 3 300 000 personnes. Et qu'à la veille de la guerre, il y a plus de juifs à Varsovie que dans toute l'Afrique du Nord.

Pour beaucoup d'Allemands, la Palestine est une destination par défaut : les États-Unis sont fermés depuis les lois de quotas de 1924, l'Europe occidentale l'est de plus en plus depuis la crise de 1931. Bensoussan note au passage que dans cette Europe fermée, « la France est sans doute le pays le plus généreux et le plus accueillant, ce qu'on ne sait pas assez ».


Le robinet britannique

Dans un second entretien, Georges Bensoussan revient sur la même période vue depuis Londres. Le point de départ est un contresens répandu : sous mandat britannique, l'immigration juive n'a jamais été libre.

Elle ne l'était pas non plus sous les Turcs — l'Empire ottoman l'avait interdite dès 1882, ce qui n'a pas empêché près de 60 000 arrivées avec les deux premières alyot, désorganisation et corruption aidant.

Le mandat commence en juillet 1922. Après les premières émeutes arabes — Jérusalem en avril 1920, la lisière de Tel-Aviv et Jaffa en mai 1921 — les Britanniques décident de contingenter l'immigration juive aux emplois créés sur place. Il n'y aura d'entrées que si l'économie locale offre du travail. Pendant tout le mandat, l'immigration servira de variable d'ajustement : quand la colère arabe monte, on ferme le robinet ; quand elle retombe, on le rouvre.

Trois livres blancs jalonnent cette politique. Celui de Churchill, secrétaire d'État aux colonies, en 1922. Celui de Passfield en 1930, si restrictif que la protestation sioniste oblige les Britanniques à reculer — recul très mal vécu du côté arabe, et qui contribue à l'éclatement de la révolte de 1936. Et celui de mai 1939, qui n'est plus un quota mais une extinction : 15 000 entrées par an pendant cinq ans, soit 75 000 personnes, puis interdiction, sauf consentement arabe. C'est, sans jamais le dire, l'enterrement de la déclaration Balfour — au moment précis où la Nuit de cristal (novembre 1938) et l'échec de la conférence d'Évian ont montré, selon le mot de Weizmann, que le monde se divise entre les pays où les juifs ne peuvent pas vivre et ceux où ils ne peuvent pas entrer.

Qui obtenait un visa, et comment

Le rôle de l'Agence juive est ici décisif, et rarement expliqué. Chaque année, elle demande aux Britanniques un nombre de certificats d'immigration calculé sur les emplois qu'elle peut prouver. Puis c'est elle qui les répartit entre les pays de départ — et selon les appartenances politiques.

Dominée par le mouvement travailliste de Ben Gourion, devenu le Mapaï en 1930, elle sert d'abord sa propre mouvance. Les grands perdants sont les révisionnistes de Vladimir Jabotinsky — lui-même interdit de séjour en Palestine par les Britanniques depuis 1920, et qui avait fondé son mouvement à Paris en 1925 pour cette raison. Ses militants attendent en Europe des certificats qui ne viennent pas. En 1935, il fait scission et crée sa propre Organisation sioniste : elle lui donne le droit de demander directement des visas aux Britanniques, dès lors qu'elle prouve pouvoir créer les emplois correspondants.

Ce que la cinquième alya a apporté avec elle

Le critère britannique n'était pas seulement l'emploi : un capital de 1 000 livres sterling par tête ouvrait aussi la porte. Une somme considérable — bien plus que le revenu annuel d'un travailleur ordinaire. Conséquence mécanique : ce sont les juifs les plus aisés qui arrivent.

Beaucoup y parviennent grâce à l'accord Haavara — « transfert » en hébreu — signé en août 1933 entre le mouvement sioniste et les autorités du Reich : les juifs allemands peuvent partir en convertissant une partie de leurs biens en achats obligatoires à l'industrie allemande. Le Yichouv y gagne des immigrants et des capitaux ; l'Allemagne, des débouchés. L'accord ruinait le boycott de l'Allemagne nazie, et les communautés juives du monde entier l'ont violemment reproché aux sionistes : c'est l'un des moments où les intérêts du Yichouv et ceux de la diaspora ont cessé de coïncider.

Cette alya arrive donc avec des diplômes autant qu'avec de l'argent : médecins, ingénieurs, professeurs, architectes, avocats — ces derniers ayant le plus de mal à se recaser. L'effet sur la médecine locale a été considérable : non pas la création du système de santé, l'hôpital Hadassah existait depuis 1920, mais un coup de fouet donné aux dispensaires qui se multiplient alors dans tout le pays.

Une précision que Bensoussan tient à ajouter : la quatrième alya, elle, s'est en grande partie défaite. La crise économique qui frappe le Yichouv en 1927-1928 — avant la crise mondiale — vient de l'effondrement du zloty polonais, dans lequel étaient libellées les économies investies dans le bâtiment. Le chômage atteint 40 % à Tel-Aviv, et les départs sont massifs, beaucoup retournant en Pologne.


Ceux qui étaient déjà là

L'immigration ashkénaze de 1882 n'arrive pas dans une Palestine vide de juifs. Une communauté y vit : de 25 000 à 40 000 personnes selon les estimations, sur environ 700 000 habitants entre la mer et le Jourdain.

Elle est aux trois quarts séfarade — arabophone du moins pour les hommes, parlant judéo-espagnol ou judéo-arabe à la maison, intégrée à la vie locale, en relation avec les rares élites intellectuelles arabes.

Le quart ashkénaze est tout autre : concentré à Jérusalem, Hébron et Tibériade, non arabophone, vivant en vase clos, sans enseignement moderne, et vivant de la halouka — l'aumône collectée dans toute la diaspora et répartie entre les communautés de Terre sainte, le mot venant de hélek, la part.

Les nouveaux arrivants regardent ce vieux Yichouv avec mépris. Bensoussan en donne un exemple précis, et il est frappant.

À partir des années 1890, la presse arabe naissante devient de plus en plus violemment antisioniste. Les intellectuels séfarades, qui la lisent, alertent les nouveaux venus : il faut créer un journal en langue arabe qui défende le point de vue sioniste. La requête n'est jamais écoutée. Le journal finira par exister — mais fondé et payé par quelques intellectuels séfarades, dont Shimon Moyal et sa femme Esther Azhari Moyal. Premier numéro en janvier 1914 ; la guerre mondiale l'emporte avant la fin de l'année.

Ce que ces mêmes séfarades ne cessent de répéter à leurs frères ashkénazes tient en trois mots : apprenez l'arabe. Ils ne sont pas entendus. Les grands dirigeants sionistes venus avec la deuxième alya, qui gouverneront jusqu'à la fin des années 1970, ne parlent pour la plupart pas arabe. Moshe Sharett (né Chertok) et Yitzhak Ben-Zvi, futur deuxième président de l'État, font partie des rares exceptions.


L'avertissement de 1905

Au sein même du Yichouv ashkénaze, quelques voix voient clair. La plus nette est celle d'Yitzhak Epstein, instituteur d'origine russe installé depuis la fin des années 1880.

Au congrès sioniste de 1905, il alerte ses camarades : il existe une question centrale, la question arabe ; nous faisons comme si elle n'existait pas ; elle risque de nous revenir en boomerang et de nous frapper violemment. Il faut aller vers les Arabes, apprendre leur langue, entamer un dialogue.

Son cri devient un article publié dans Ha-Shiloah, la revue d'Ahad Ha'am à Odessa. Très peu l'ont relayé.


1917 : les pogroms d'Ukraine et la déclaration Balfour

La guerre civile russe ouvre, à partir de 1917, une troisième vague de pogroms sans commune mesure avec les précédentes. La deuxième avait peut-être fait 6 000 morts ; celle de 1917-1920, en Russie et surtout en Ukraine, en fait au bas mot 100 000, certains disent 150 000. « C'est là l'antichambre du génocide », dit Bensoussan : les zones géographiques des tueries de masse de 1917-1920 recoupent très exactement celles des Einsatzgruppen de 1941.

L'essentiel de ces massacres est le fait des cosaques et des troupes blanches. Quelques-uns ont été commis par des rouges — et ceux-là ont été réprimés, l'antisémitisme ayant été violemment combattu par Lénine dans les premières années de la révolution.

Dans le même temps, le 2 novembre 1917, Lord Balfour adresse à Lord Rothschild la lettre qui porte son nom. La nouvelle atteint le monde juif une dizaine de jours plus tard, et c'est une onde de choc — une joie qu'on a du mal à se représenter aujourd'hui. Les correspondances des maîtres d'école de l'Alliance israélite universelle, de Rabat, Marrakech, Istanbul ou Bagdad, disent toutes la même chose. Le directeur de l'école d'Istanbul écrit, en substance : nous avons redressé la tête, nous nous sommes mis à marcher droit dans la rue comme des hommes.

Peu de sionistes ont vu le revers : la cause de l'émancipation nationale d'un peuple se trouvait désormais liée, qu'on le veuille ou non, à l'impérialisme britannique.

Et l'antisionisme juif, qu'on oublie souvent, fut violent dans les classes bourgeoises d'Europe occidentale. En France, Sylvain Lévi prend la parole contre le sionisme à la conférence de la paix de 1919, devant Weizmann et Sokolov. En Angleterre, Edwin Montagu, ministre au sein du cabinet britannique, a bataillé ferme pour que la déclaration Balfour ne voie pas le jour. Il n'a pas été écouté.


Où les chiffres divergent

Une page qui cite des chiffres doit dire lesquels sont discutés. Trois points méritent d'être signalés.

L'alya yéménite de 1881. Les archives de la Bibliothèque nationale d'Israël comptent environ 200 personnes entre août 1881 et la fin 1882 — pas davantage. Le mouvement s'amplifie ensuite : environ 10 % des juifs du Yémen partent jusqu'en 1914. L'argument de Bensoussan tient donc sur le fond — cette migration précède la « première » alya et compte pour l'histoire du pays — mais son ampleur initiale se compte en centaines, non en milliers.

La première alya. Les estimations vont de 25 000 à 60 000 immigrants, avec 50 à 70 % de repartis ensuite. La population juive du pays passe d'environ 26 000 à environ 55 000.

La cinquième alya. Les décomptes courants la font commencer en 1929 plutôt qu'en 1932, et totalisent 225 000 à 300 000 arrivées. Le chiffre de 55 000 venus d'Allemagne et d'Europe centrale entre 1933 et 1939 est, lui, très proche de celui donné à l'antenne.

L'absence de précision n'est pas une absence de fait : ces écarts tiennent aux sources, aux définitions et aux frontières retenues, pas à un désaccord sur ce qui s'est passé.


Ce qui a été dit à l'antenne

Extraits des deux entretiens avec Georges Bensoussan. Les minutages renvoient à la vidéo correspondante.

Premier entretien — les cinq vagues

« On fait démarrer l'immigration sioniste à 1882 et je pense qu'on a tort, parce qu'en 1881, une année avant, il y a une vague d'immigrants venus du Yémen qui est très importante. » — 01:54

« S'embarquant à partir du port d'Odessa, c'est sans doute le billet maritime le moins cher vers Jaffa, alors qu'une installation en Europe occidentale et a fortiori aux États-Unis coûte beaucoup plus cher. » — 06:13

« Dans la seule année 1935 arrivent en Palestine 60 000 juifs, soit autant que l'ensemble de la Palestine juive en 1918. C'est vous dire aussi, de l'autre côté, l'inquiétude arabe — et ce qui explique que la révolte arabe éclate précisément l'année suivante, en 1936. » — 08:12

« Ce que ne cessent de dire les intellectuels séfarades à leurs frères ashkénazes, c'est : apprenez l'arabe. Si vous voulez vous intégrer dans la région, vous devez connaître la langue de vos voisins. Et là-dessus, ils n'ont pas été entendus. » — 19:32

« Il y a là une question centrale, qui est la question arabe. Nous faisons comme si elle n'existait pas. Il faut faire attention, car cette question risque demain de nous revenir en boomerang et de nous frapper violemment. » — Yitzhak Epstein au congrès sioniste de 1905, rapporté par Georges Bensoussan · 20:56

« Quand la déclaration Balfour a été connue dans le monde juif tout entier, sioniste ou pas, peu importe, ça a été une onde de choc, une vague de joie considérable. Je pense qu'on ne peut pas l'imaginer aujourd'hui. » — 27:48

Second entretien — la politique britannique

« Les Britanniques vont user de l'immigration juive comme d'une variable d'ajustement. Quand la colère arabe monte, ils ferment le robinet de l'immigration juive ; quand la situation se calme un peu, ils le rouvrent. Mais à aucun moment l'immigration n'est libre. » — 02:27

« Mille livres sterling, c'est une somme considérable pour l'époque, bien davantage que le revenu d'un travailleur lambda sur une année entière. Donc qui arrive en Palestine ? Les juifs les plus riches. » — 06:07

« En 1939, le mandat britannique revient sur la déclaration Balfour, mais sans le dire explicitement. À aucun moment ce n'est dit, mais dans la réalité c'est bel et bien l'enterrement de la déclaration Balfour. » — 11:44

« Les grands perdants de l'affaire, c'est le mouvement révisionniste de Jabotinsky. Ses militants patientent en Europe pour entrer en Palestine et n'obtiennent jamais les certificats. » — 21:24

Ces citations sont transcrites du direct et légèrement resserrées pour la lecture ; le sens et les chiffres sont ceux de l'antenne.


L'alya aujourd'hui, à l'antenne

Les vagues d'hier éclairent une question qui revient chaque semaine sur Tandem TV : partir aujourd'hui, comment, et pour quoi faire. Deux entretiens y répondent, chacun depuis un angle différent.

Dov Maimon, directeur de recherche au Jewish People Policy Institute, reçu par William Zerbib dans L'interview de William Zerbib, plaide pour qu'Israël change de méthode d'accueil : permis de travail immédiats pour les professions médicales et paramédicales diplômées à l'étranger, reconnaissance des diplômes occidentaux, formation ciblée sur les métiers en tension, et une direction interministérielle rattachée au bureau du Premier ministre. Son argument central tient en une phrase de lui : le pays a bâti son modèle d'accueil sur des immigrants qui n'avaient pas le choix, et ce modèle ne convient pas à ceux qui en ont un.

Patricia Hassoun, présidente de l'association Dor Hadash, décrit le versant concret : la préparation du dossier auprès de l'Agence juive, les blocages administratifs qui peuvent durer des années, l'oulpan avant le départ, la scolarisation des enfants, la lecture des baux à l'arrivée. Et un conseil qui revient : accepter, au moins un temps, de descendre matériellement.


Voir les deux entretiens

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