0:01 Michel Gade, je suis vraiment ravie de nos échanges et j'espère qu'ils sont représentatifs et qu'ils vont être qu' vont donner le compte d'envoi aux diverses discussions au sein de notre peuple. Voilà, j'ai beaucoup de plaisir à vous parler, beaucoup. Et enfin, je vais vous poser une troisième question. Le grand psychanalyste André Green termine une de ses dernières conférences en se demandant à voix haute pourquoi le mal à partir du livre que vous avez dirigé que je vais montrer tout de suite parce que voilà il mal donc à partir du livre que vous avez dirigé et qui interroge de nombreux intellectuels sur la question du mal pouvez-vous nous dire où vous en êtes personnellement à ce sujet ? Merci.
0:51 Bien. Mais où j'en suis par rapport au mal ? Oui. Bah oui, j'oserais pas. C'est une vaste question et importante. Je voudrais juste revenir Karine sur quelque chose sur quoi j'ai pas rebondi mais qui qui m'a qui est touchant je trouve et et quand même significatif de de la personnalité de Freud. Quand vous disiez à Rome, on s'est perdu. Ouais. vient d'y revenir parce que je je sais pas si tout le monde Ouais. Ou oui. Voilà. pour pour expliquer intéressant par rapport même à l'antisémitisme euh Freud avait une inhibition de prendre le train et comme je vous l'ai dit tout à l'heure au fond à chaque fois qu'il qu'il allait aborder un thème que ça soit avec un patient ou que ce soit des grandes des grandes des grands développements anthropologiques sociétal il se demandaient au fond où j'en suis moi.
1:54 Qu'est-ce qui fait que je m'intéresse à ça ? Qu'est-ce qui fait que je bute sur ce problème là, sur cette question ? Comment je peux la reprendre ? toujours c'est pour moi quand même justement quand quand j'ai quand j'ai appelé Chibolette actualité de Freud c'est pas qu'il n'y ait que des psychanalyse à Chibolette mais c'est une référence à une éthique de pensée c'est-à-dire comment pour être le plus objectif possible c'est-à-dire le au plus près de la réalité d'un thème qu'on va aborder il faut d'abord être au clair le plus au clair possible avec notre subjectivation qu'est-ce qui nous attire qu'est-ce qui fait qu'on choisit telle théorie qu'est-ce qui fait qu'on est plutôt fasciné taxation euh et dans ce cas-là, il faut être capable de de d'analyser un petit peu ce qui d'intérieur d'où ça vient chez nous et c'est la seule voilà. Alors, on peut le faire seul, on peut le faire collectivement, c'est ce qu'on fait à chibolet. Des fois, on s'interroge au fond pourquoi on va aborder ce thème, comment on va l'aborder et pourquoi et avec qui et cetera.
2:48 On se demande un petit peu qu'est-ce qui nous pousse et on essaie à ce moment-là de mettre notre subjectivité éventuellement de côté si elle si Oui. Voilà. Si elle est pas intéressante pour tout le monde, si elle ne va pas nous faire avancer scientifiquement ou au contraire si voilà. Et Freud faisait ça à chaque fois. par exemple quand il a écrit le Michelange de Freud c'està-dire le le la sculpture de Moïse hein par par Michelange, il s'est demandé mais au fond qu'est-ce qui m'attire ? Pourquoi de David ? La sculpture de David ?
3:21 Non, c'est la sculpture de Moïse par Michelange. D'accord. Qui est justement à l'autre l'autre est à Florence ? Oui. Oui. L'autre est à Florence. Le David est à Florence. Ce que vous avez excusez-moi. C'est vrai. Désolé. Cet épisode où Freud s'est perdu et où moi je me suis perdu évidemment. en identification à Freud. Voilà, c'est le complexe patern. Ça s'asselle de complexe paternel. C'est ça. Voilà. C'est ça. Et il dit "Mais pourquoi pourquoi je m'intéresse à ça ?" Et il fait son analyse, son autoanalyse et il se dit "Mais voilà pourquoi c'est parce que quand j'ai vu en photo la la sculpture de Moïse par Michelange, je me suis pas identifié à Moïse cette fois-là.
4:02 Après, il va s'identifier à Moïse pour d'autres raisons. C'est-à-dire le fait de d'avoir la responsabilité de guider de gens euh de peuple, je vois pour dans la réflexion et cetera. Mais là, son premier mouvement, c'était s'identifier à ce que Moïse lui-même appelait le racaille. C'està-dire ceux qui ne l'écoutaient pas, ceux qui étaient au veau d'or. Ouais. Hein ? Ceux qui voulaient mauvais élèves après toutes ces ces privations, cet esclavage, c'est traversé du désert. Qu'est-ce que c'est que ce mec là qui nous fait pendant 40 ans et qui va soi-disant retrouver Dieu et qui nous amène d'étapes de la loi ?
4:37 Nous, on a envie de jouir un peu quoi hein. Bon, alors là effectivement Moïse, on peut supposer qu'il était en colère quand il redescend et qu'il voit ça au point de casser l'étables de la loi. Ouais. Alors, il en reste toujours quand même deux de tables. D'ailleurs, vous connaissez la mais il est remonté hein aussi. Il est remonté, il est remonté et Dieu a accepté quand même de de pardonner et d' et d'en donner deux. Euh c'est c'est dommage parce que qu'il en est cassé, qu'il en est ramené que deux parce que au prix où c'était là gratuitement, il aurait pu en ramener plus.
5:12 On est suffisamment embêté avec les 10 commandements. Alors s'il y en avait plus, wouh ! C'était c'était déjà lourd. C'était déjà lourd. Voilà. Et il dit "Mais je me suis identifié à plus à la racaille qu'à Moïse à ce moment-là, hein. Ce mec en colère qui qui bon et à ce moment-là, il travaille.
5:28 Voilà, il travaille et euh il a la phobie du train et il découvre dans son analyse pourquoi la phobie du train ? C'est qu'il a envie d'aller à Rome. Il a envie de voir ses sculptures en particulier et il peut pas. il y a quelque chose qui l'inible et il comprend que Rome c'est quoi évidemment c'est la cité du catholicisme où est né l'antisémitisme chrétien et et cetera et il a du mal il a du mal à aller plus voilà et donc il y a un conflit il y a un conflit d'aller à Rome plutôt qu'à Jérusalem à ce moment-là où il avait pas encore été et il vit ce conflit est doublé du conflit par rapport à Moïse son ambivalence par rapport à Moïse l'ambivalence qu'il peut avoir lui-même par rapport à la loi.
6:13 Je veux dire, il est pas au-dessus des lois, il est pas plus il est pas plus moins humain que nous ou plus humain que nous. La loi, il trouve que c'est important. En même temps, c'est chiant. Ouais. Et cetera. Et en fait, aller vers Moïse, c'était une forme d'étude à sa manière. Absolument. D'étude et de et de et d'inspiration. Voilà. Et ce que moi, c'est ce que j'appelle, il fait une psychanie impliquée, pas appliquée, mais impliquée. Voilà. Il s'implique. Voilà. Et mais une fois à Rome, une fois qu'il arrive à prendre le train arriver à Rome, il passe une deux ou trois fois, je sais pas, devant cette église.
6:46 C'est une petite église Saint-Pierre, c'est une petite église qui est pas loin de du Colsée dans une petite rue et il la trouve pas, il passe devant, il trouve pas, il rentre pas. Et donc, il a mis du temps à pouvoir enfin se confronter à Moïse, hein. Et moi, évidemment, comme cet empêchement est très éloquent. C'est éloquent. Voilà. Et moi le simple névrosé que je suis, j'ai fait pareil. Et et donc vous avez cherché Sabina, ma femme, on s'est assis à un restaurant à côté parce qu'à force de le chercher, on trouvait pas.
7:16 On on a on a quand même été déje au moins. Et là le monsieur le serveur et on lui dit mais il nous dit mais c'est juste à côté c'était ça de battre. C'était à de voilà. C'est drôle pour répondre à à l'anecdote oui. Que vous aviez évoqué pour que les gens comprennent ce que c'est euh être perdu à Rome.
7:38 Euh alors André Green, vous parliez de ce grand psychanalyste français juif d'origine égyptienne c'est pas c'est pas rien de le rappeler quand même. Immense érudit euh immense théoricien de la psychanalyse dans dans le mouvement français. Euh pourquoi le mal alors ? Au fond ça pour continuer ce qu'on disait ce que disait Freud dans sa réponse à Einstein hein. Il dit pourquoi le mal je je sais plus d'ailleurs si dans son article c'est un article je sais plus s'il y a un point d'interrogation après pourquoi le mal aussi il y a rien ou un point d'exclamation vous savez je sais plus.
8:20 Point d'interrogation me semble-t-il. Il y a un point d'interrogation. Oui c'est possible à vérifier. C'est possible. C'est un peu, vous savez le titre du film de Claude Lman. Pourquoi Israël ? Il y a pas de point d'interrogation. Ouais, c'est formidable hein. Pourquoi Israël ? Tocou, ça c'est bien. D'ailleurs, on parlait de la démographie et tout, mais dans ce film extraordinaire, j'ai eu l'occasion d'écrire sur ce film pour un livre qui a dirigé mon ami Jean-Jacques Moskovic sur les films de Claudenceban où chacun écrivait quelque chose sur chacun sur un film de Claudence Ban.
8:51 Moi, j'aiécris sur Pourquoi Israël ? Ils ont remarqué quand même, il a fait ce film, il a il a réalisé après la guerre de de des [Musique] des la guerre des 6 jours, mais il avait été en Israël pour la première fois avant dans les années 50 et quelques. Et donc tout ce qu'il tout le matériel vient d'avant encore la guerre de 6 jours et il montrait justement tous ces émigrés qui ont eu des vidures hein qui ceux qui venaient du Maroc, de d'Irak et cetera dans les qui sont arrivés dans les années 62 en gros hein.
9:23 Voilà dans les villes du sud diona et cetera qui ont eu du v difficile mais c'est extraordinaire ce film d'amour quoi où tous disent on a une vie dure mais on est là et c'est normal qu'on passe par là on n pas la on n pas le même background culturel économique d'étude que ceux qui nous ont précédé ceux qui ont précédé ils ont passé par là aussi ils ont passé il y en a eu des tas de suicide des morts de la malarie Enfin, ils ils avaient une sagesse extraordinaire euh mais tellement digne, hein, euh tellement digne de dire tout le monde est passé par là, on passe par là, c'est dur mais c'est vrai, le sens le sens c'est là et et et et nos enfants ou nos petits-enfants bah ils vivront mieux, ils feront des études et cetera.
10:11 C'est ça le mystère. Qu'est-ce qui fait que c'est c'est trois générations après trois générations après où les revendications liées à ce que beaucoup de jeunes vivent comme une sorte de de de comment dire de de de malheur de leur père ou de leur grand-père qui de l'humiliation de leur père des grands-pères qui est une humiliation supposée.
10:33 Ils l'ont pas vécu comme ça la plupart comme une humiliation hein. Mais les petits enfants ou les petits enfants le vivent comme ça pour leur père besoin de réparer. Donc il y a des choses comme ça à réfléchir. On parlait de ça vient à réfléchir pourquoi c'est revenu faut se poser parler voilà et pourquoi on compte s'il y a tant d'chara et cetera.
10:52 Il faut faire attention à tout ça évidemment. Bien sûr il faut voir d' faut voir l'histoire il faut voir surtout quand on met un pied à l'extérieur d'Israël. Oui. On est tous considérés comme juifs peu importe la couleur le la tendance politique inégalité. Il faut lutter contre les inéqualités. Il faut être attentif à ça. Absolument. Mais qu'est-ce qui provoque de la haine ? Provoque de la haine maintenant pour les les parents et les grands-parents qui eux-mêmes ne l'ont pas vécu comme ça et même transmis comme ça. Voilà, ça c'est une parenthèse.
11:20 C'est vrai important d' dire très important partie des questions. C'est très important. C'est primordial pour pour reconstruire une société saine. Il va falloir repartir avec des bases beaucoup plus saines. Réhistoriciser les choses. Beaucoup de gens connaissent plus d'Israël, des jeunes Israéliens. L'histoire est fait dans le monde a été un petit peu Ouais. de côté, hein. Bon, alors revenons à ce brave André Green. Oui. Qui qui avait écrit alors qui avait qui a écrit quelques articles très importants dont celui pourquoi le mal ? Mais il faut penser qu'avant, il avait écrit un article alors qui est vraiment celui qui que tout le monde connaît en tout cas dans le milieu psychanalytique qui s'appelle narcissisme de vie, narcissisme de mort, hein.
12:04 Et c'est un peu la suite de ce que Freud a dit euh dans son échange à Einstein. Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit un narcissisme de vie, c'est un narcissiste, c'est pas mauvais. Un narcissiste, c'est au contraire quelque chose qui dans le développement de l'enfant et de l'adolescent lui permet de se rassembler.
12:18 C'est-à-dire il rassemble un petit peu tout ce qui s'est constitué dans son moi et qui était un peu divisé. Ses pulsions sexuelles, ses pulsions agressives, ses pulsions on va tout ce qu'on veut et cetera. Il rassemble son image du moi, hein, de qui devient intègre, qui devient fiable et intègre avec la confiance et cetera.
12:35 Et ça c'est un narcissisme de vie, c'est-à-dire ça lui donne confiance dans la vie et d'essayer des choses, de se confronter à des épreuves, d'inventer, de voilà, il se sent bien en lui sans se sentir en danger pour expérimenter sa vie. Ça c'est un narcissisme de vie. Le narcissisme de mort, c'est ce qu'on disait quand ce narcissisme se base sur justement une faille primaire du narcissistisme. C'est-à-dire quand l'enfant au fond n'a pas constitué quelque une sorte de sentiment de sécurité de base, sentiment d'estime de base qui lié à son environnement, enfin on va pas faire un cours de psychanalyse et du développement de mais qui est lié à son développement quelque chose qui fait qu'il s'est pas construit avec un sentiment de confiance, sentiment d'estime de soi, un sentiment d'unité de lui-même et cetera qui fait que il va soit devenir complexé comme on dit complexe infériorité, c'est-à-dire que ça sera est manifeste, il essayera rien, il va pas s'exprimer et cetera.
13:32 Soit le contraire hein, soit le contraire. C'està dire un complexe de supériorité, il va la ramener tout le temps et cetera. il va dire je suis le plus fort, il va vouloir détruire tout le monde. Enfin, il va vouloir se prouver sa toutepuissance pour à tout pour à tout prix colmater, combler cette faille narcissique d'origine.
13:46 Bon, c'est un peu schématique ce que je dis, mais non, non, mais ça se comprend très bien. Et donc, c'est ce que je disais tout à l'heure et ce que explique Freud Einstein, euh, il va jouir, essayer de jouir d'un sentiment illusoire de complétude. Je suis tout. J'ai une toutepuissance de pensé, d'action. J'ai une jouissance sur moi. Rien ne me touche vraiment. Rien ne m'entame. Et j'ai bien sûr ça passe aussi par la toute puissance de l'autre. Pour expliquer par exemple de façon contemporaine ce qui s'est passé avec les nazis et les islamistes.
14:17 Ils ont apparemment euh fonctionné de façon contraire, opposée. Mais mais c'est la même chose même résultat. C'est-à-dire que les nazis au fond. Comment il ils se trouvaient alors ? Il se trouvaient leur jouissance de toutepuissance narcissique en éprouvant rien ou en montrant qu'il n'éprouvaient rien. C'est-à-dire les juifs ou les autres c'est c'est des animaux, c'est rien du tout. On les tue comme je n'éprouve rien, je le tue comme ça, c'est de la vermine, je n' prouve rien. Il prenaient sur eux, ils avaient une maîtrise, une emprise totale sur leur propre psychique, sur leurs émotions et évidemment sur les autres.
14:56 Ils avaient une toute puissance sur l'autre et cetera. C'est comme ça qu'il exprimait en général. Il y en a qui jouissaient plus de leur de leur meurtre et tout mais en général c'est comme ça qu'il voulait se montrer, hein. Ils étaient propres quoi. Ça c'est avec le ça c'est d'exemple du trop plein de narcissisme de vie. C'est ça.
15:12 C'est l'extrême de mort. C'est c'est un narcissisme de mort ça. Oui. C'est la complétude. C'est le fantasme de complétude narcissique. On est tout. On est un tout et on est tout-puissant. Euh non, le narcissisme de vie, ça veut dire qu'on peut admettre qu'on n'est pas tout. On peut mettre qui nous manque quel c'est ça qui nous donne du désirant qui nous permet de nous identifier à l'autre. C'est ça et cetera. C'est le narcisme de vie. Il est pas complet. Il est sain. Il est sain. Il est sain et il est pas complet. Surtout on n pas le fantas d'une complétude.
15:41 C'est ce qu'on rappelait sur le fait d'être totalement uni ou pas. Voilà, on est divisé. Il y a un être inconscient. Il y a des choses qui nous ça s'accepte. Voilà, on accepte. Ça aide à accepter quand il est bien construit d'être incomplet, d'être divisé, de que des choses nous échappent. Mais c'est ça la vie, c'est ça la victoire de vie. J'y reviendrai sur la transmission. Et puis les islamistes eux ils ont montré ils ont montré leur jouissance. H ils a montré leur jouissance à à abattre les gens, à les à transgresser tous les tabous, hein.
16:09 Je veux dire quand quand ils violent, quand ils mettent les bébés dans les trucs, quand il coupent en deux, quand ils détruisent les organes génitaux des femmes et cetera, ils se sentent toutpuissant, ils jouissent de ça et ils téléphonent à leur mère en disant "Regarde, je le sens et cetera et la mère jouit avec lui."
16:22 Appelez-vous ça ? Bien sûr, ce que j'ai appelé uneur une pulsion incestueuse de mort et une pulsion incestueuse de mort tout. Et là, il fait tout avec sa mère. Il fait un tout avec et cetera. Ça il le montre. Voilà. Mais c'est la même ces deux opposés comme souvent les deux opposés se rejoignent.
16:42 C'est la même jouissance de toutepuissance d'emprise sur soi-même et sur l'autre et cetera. Voilà, ça c'est le narcissisme de mort dont parle André Green et qui rejoint tout à fait la théorie la théorie fraudielle. Pourquoi le mal vous en êtes où avec ? Bah le mal c'est le narcissisme de mort. Ouais hein. C'est le Mais pourquoi tu pas répondu au pourquoi ? Pour pourquoi ? Parce que il on peut avoir des tendances chacun d'entre nous. On n'est pas à l'abri de ça. On on n'est pas à l'abri donc le d'être tenté par on le voit dans l'amour. Oui.
17:12 d'être tenté par la par la par le narcissisme plein par le par la quête d'un narcissisme plein. Quand on est amoureux, on est tout. L'autre est tout. On est dans l'idéalisation là. On est dans le narcissisme qui devient un narcissiste de mort parce qu'après Ouais. Destructeur. Après ça peut être destructeur. Il peut y avoir de l'envie, de la jalousie. On pense qu'on peut pas vivre sans mais si on a un bon narcisisme de vie alors donc on peut accepter l'autre besoin de l'autre. Oui, on peut voilà, on peut accepter d'avoir besoin de l'autre mais on passe rapidement de l'état amoureux cristallisé comme disait Standal.
17:53 à l'amour. Je t'aime. Mais je t'aime mais je t'aime c'est toi et moi. On est différent. On va essayer de faire avec nos différences. Tout à fait. Tu on n'est pas on n'est pas un c'est pas c'est ma personnalité. Comment on va faire ? On est deux et même fora le il y a toi il y a moi, il y a le couple, ça fait trois déjà plus la famille, le vendredi soir, le couscous ou mais dans le meilleur des car ou les claor là on est plus que deux Oui.
18:17 Et plus qu'à voilà cette illusion là de la quête de la quête narcissique pleine peut devenir un narcissisme de mort peut et et donc peut faire du mal. Voilà, le mal c'est c'est c'est pas seulement je veux te détruire je à la base de la construction du narcissisme de vie. Voilà hein. Alors dans la trans quel quelle conséquence ça a sur la conception de la transmission ? Vous savez euh il y a moi j'adore cette phrase de Groucho Marx parce que c'est Groucho Marx pour moi c'est j'adore Broch c'est l'autre c'est l'autre maître par Freud.
18:50 Ouais je le comprends très bien. Vous le confrontez. Oui, voilà. Et Grosar disait cette phrase formidable qui fait toujours rire Pascal Brutner quand je lu raconte. Euh, pourquoi je ferai quelque chose pour les autres générations ? C'està-dire les générations qui suivent quand elle fait pour moi ? C'est génial. Oui, complètement. C'est magnifique. Qu'est-ce qu'il dit là ? Oui, c'est un temporel. Mais qu'est-ce qu'il dit là, Couchot ? Il dit, "On a la responsabilité de la transmission mais il faut accepter qu'elle nous échappe." C'est ce qu'on disait tout à l'heure sur les valeurs.
19:25 Il faut accepter qu'elle nous échappe. C'est ça. C'est ça. Il faut accepter qu'elle nous dépasse. Oui. Il faut et c'est ça crée de l'ambivalence chez nous. Nous, on voudrait que nos enfants continuent ce qu'on a fait, ce qu'on leur a donné. On on voudrait aussi, Qu'est-ce que c'est qu'un père juif ? Il a envie, à part que quand on lui raconte une histoire, il la connaît toujours dans une autre version, mais il a envie que ses enfants le dépassent, l'écrasent, h hein, qui fasse beaucoup mieux et cetera. Mais en même temps, il éprouve une ambivalence.
19:52 Il dit "Mais pourquoi ? Moi, j'aimerais bien aussi, j'aurais bien aimé. J'ai tout donné à mon fils, il fait ça, il me dépasse et moi et cetera." Il faut accepter cette ambivalence. Il faut accepter que ça nous dépasse. Je pense que la transmission dans le judaïsme, c'est ça, ça nous dépasse. C'est pour ça que je disais tout à l'heure, Carine, vous étiez pas tout à fait d'accord. que ce qu'on transmet aux enfants, c'est pas seulement des valeurs, c'est une façon d'être. C'est tout à fait. C'est une façon d'être et et c'est à eux d'en faire quelque chose à eux.
20:19 C'est à eux d'en faire quelque chose à eux qui nous dépasse. Je pense qu'il faut donner l'exemple au-dessus des mots, au-dessus des mots, pardon, excusez-moi, et de la transmission, il faut il faut donner un exemple parce que on peut pas expliquer les choses. Il faut simplement se comporter comme il faut. Oui. Pour que pour que ça puisse passer. Absolument. On leur fasse confiance. fait beaucoup d'erreurs évidemment et c'est par fait plein d'erreurs mais tant mieux c ça permet à nos enfants de faire de faire autrement et peut-être mieux peut-être pas mieux mais autrement ça c'est une transmission vivante d'accès et et le le père et et cette et cette cette transmission elle est réciproque.
20:56 Les enfants aussi nous transmettent des choses, bien sûr, nous transmettent des choses, bien sûr, euh et des choses nouvelles qui nous bousculent, qui nous bouleverse, qui nous trouble et c'est formidable mais c'est pas toujours confortable et c'est formidable. dans les idéologies totalites, de groupes, les groupes totalites, il y a pas ça. On peut pas, il peut pas y avoir il faut que la il faut que ça soit toujours du même, une répétition du même d'une génération à l'autre, hein. Euh ça c'est du narcissisme plein justement et ça devient mauvais, ça devient destructeur.
21:27 C'est-à-dire, il faut que la génération d'après fasse la même chose, ressemble à la même chose, s'habille à la même chose et quelque fois pire. On le voit et cetera souvent pire, souvent pire et cetera. Il faut pas que ça bouge, il faut contrôler tout, maîtriser tout et cetera, que les choses se répètent.
21:40 Voilà, nous c'est très inconfortable mais c'est vivant. Et c'est peut-être pour ça qu'on est là, c'est qu'on on prend le risque de la vie, hein. Quand on dit choisis choisis la vie pour toi, vous savez la phrase, on oublie souvent la fin de de cette de ce verset dans le Deutéronome que rappelle mon ami Raphaël Dré, dit Dieu aux hommes.
22:04 Tu choisiras la vie pour toi et tes descendants. La vie c'est ça tout à fait. La vie, c'est pas seulement choisis la vie. Ça veut dire vas-y crée, expérimente, fais le monde à ta façon et aime et aimer. C'est c'est laisser la place à l'autre. C'est une qualité d'aimer c'est le principe du Timsum.
22:21 Oui, c'est absolument laisser la place à l'autre. Vous avez raison. Voilà, ça c'est c'est l'amour et qu'on soit Voilà, ça c'est un truc important Karine que je que je dont je parle beaucoup. Euh j'essaie d'en placer une de temps en temps. Oh ben c'est vachement bien. Bon c'est la question de l'ourd. Vous savez, moi je suis pas je suis je suis l'évidien à moitié et pas et l'autre moitié. Non. Pourquoi ? C'est pas à côté. Et l'autre moitié. Oui oui oui. Il était il était jquenazin. Non. Ce que je voulais dire c'est que moi je suis toujours méfiant des idolâtries.
22:52 Vous avez compris ça ? Et je suis méfiant, je le suis aussi. Je suis méfiant des idolâtries nouvelles depuis 20 ans de de Lévinas, de Spinoza et cetera, y compris chez des gens que j'aime que j'adore qui est comme comme Ana Filc ou Anna Rent qui qui idolâtre et cetera. Pour Lévin, il a été mal pensée. Je suis pas un spécialiste mais on a repris de Lvina cette idée qui nous fait idolâtrer l'autre. Oui. L'otage de cette fameuse phrase qui a recu des très mauvaise qui est l'altérité. qui est voilà mais c'est pas l'altérité l'idéalisation de l'autre n'est pas c'est une une étude pour l'altérité absolument l'altérité en nous absolument si c'est pour moi c'est la façon divisé en tant que psychanalyste sujet divisé le sujet manquant il manque un on a un inconscient qui un étranger en nous qui nous gouverne et qu'il faut conquérir à chaque fois qui nous échappe.
23:46 Voilà l'autre, l'idéalisation de l'autre comme on le fait dans le wisme, dans l'universalisme, c'est c'est une c'est c'est quoi ? C'est c'est comme dans l'amour qu'on idolâre, l'autre est tout et nous on est rien. Ou alors l'autre est tout et on s'identif tout pour s'identifier. Donc tout est dans une question de dosage. C'est dans le rapport à l'autre que l'autre nous renvoie à notre altérité, nous troupe dans notre altérité, notre conflictualité interne. Ça c'est une éthique de pensée. L'humour fait partie de cette éthique de pensée évidemment hein.
24:17 Ça nous divise hein, ça nous subjectivise. Ça c'est ça c'est je crois pour répondre un peu à la question du narcissisme plein qui est le narcissisme de mort et qui va aller du côté du mal et du narcissisme de vie qui est à accepter nos manques, qui accepter nos divisions qui nos conflits internes, qui existe une notre altérité interne qui nous trouve l'étrangeté ce qu'on ce que Fred appeler le naimlich l'inquiétante étrang nous et qui fait qui c'est ça qui nous fait penser donc il faut qu'on travaille tous sur le narcissisme de de vie, c'est du et donc la la non la réponse la réponse à la question du pourquoi le mal donc ça serait dans un manque de construction de ce narcissisme de vie pour les pour les gens qui pratiquent ce mal. Oui. Puis après c'est l'éducation et cetera. Enfin l'éducation qui est c'est un manquement de toute façon à l'origine sur de pas de pas au fond comment on consolide ce narcissisme de mort et ce narcissisme plein qui est un narcisme de mort et qui va donner du mal.
25:18 C'est en faisant penser comme le font certaines, vous le savez, certaines cultures qui est c'est nous qui avons raison tout le temps. Le mal c'est les autres, il faut les détruire nous euh nous on est en danger parce que les autres et cetera et donc il faut pour s'occuper c'est désigner l'autre toujours et donc c'est un discours sans jamais se remettre en question soi-même.
25:36 On construit une sorte de narcissisme de mort collectif qui renforce le narcissisme de mort individuel et qui va être dans la destructivité. C'est ça le mal. C'est la destructivité. Absolument. Donc quelle est la solution docteur ? Donc encore une fois c'est écoutez moi je crois qu'il faut être inspirant. On peut pas pas faire autre chose. Les gens qui sont dangereux pour nous il faut pour moi il y a pas de doute et Freud le disait Platon le disait. Il faut se battre. Ouais il faut se battre. La guerre les les gens qui sont contre la guerre en soi ça veut rien dire.
26:06 La guerre est le moyen souvent d'obtenir la paix obtenir des vrais négoci d'obtenir la paix. et euh on n pas être masochiste, on n pas être et cetera. Voilà. Donc la guerre, ça sert à quelque chose. C'est aussi reconnaître l'autre quand on disait on reconnaît l'adversaire à la pointe de l'épée. Ouais. Il existe les islamistes ou les nazis, ils nous reconnaissent pas comme autres. C'est pas la guerre qui nous font, c'est le massacre de masse. Le génocide, c'est pas la guerre. Nous, il faut pas avoir peur de faire la guerre et de penser la guerre. mon copain, mon autre copain proche Michael Vartfi qui a écrit un livre extraordinaire qui s'appelle l'éloge de la guerre après la Shoah.
26:43 L'éloge de la guerre. Son père lui disait, tu comprendras plus tard. La guerre pour les juifs commence le 8 mai 1945. Il a on voit il avait raison. Et oui, la guerre pour les juifs commence à 8 juin. L'éloge de la guerre après la cho Voilà. Le peuple juif a regagné le droit à la guerre, le droit à la terre et le droit à la guerre.
27:06 C'est on sent qu'il est souverain, qu'il a retrouvé sa souveraineté sur sa terre. Je crois que c'est un préalable à tout rassemblement. C'est un narcissisme de vie. On a le droit, on a le devoir pour nous, pour nos enfants, pour nos frères d'être sur cette terre, être sur de la travailler, de continuer à penser et et de la défendre. C'est être courageux.
27:30 Oui, bien sûr qu'il faut être courageux. Bien sûr, bien sûr. Il faut être courageux. On a peur, on est angoissé, mais il faut être courageux. Bien sûr. Et c'est notre notre éthique, c'est ça. C'est pas c'est pas une idéologie ça. Non, c'est c'est pas une idéologie ni communiste, ni fasciste, ni libéral. C'est le préal. C'est la guerre à la guerre pour se défendre, pour protéger notre façon de vivre, notre façon de penser et et ce qu'on a et notre et notre mandat. On a un mandat culturel, spirituel à développer qui était un narcissisme de vie justement hein.
28:00 Et voilà. Alors, c'est vrai que toutes nos discussions aujourd'hui autour de est-ce qu'il faut privilégier la libération des otages ou faire la guerre jusqu'au bout est compliqué parce que évidemment quand on est famille d'otage voilà c'est normal quand on est on pense avant tout à la sécurité d'Israël à terme avoir une vue d'ensemble avoir une vue d'ensemble c'est pas tout à fait la même chose.
28:27 Comment combiner tout ça ? C'est très compliqué t toutes ces tous ces avis sont dignes et pertinents mais il faut réfléchir ensemble pour ça. C'est faut pas traiter l'autre de je sais pas quoi parce que il il va plus d'un côté ou de l'autre. Il faut vraiment réfléchir ensemble et quand il faut aussi s'en remettre à une force supérieure.
28:46 Chacun fait ce qu'il veut, chacun croit à ce qu'il veut. Ça c'est très bien d'ailleurs. Bon d'où d'où vient la réflexion ? Peu importe, il faut réfléchir ensemble, parler ensemble comme vous dites et décider ensemble parce que à un moment il faut décider aussi. Suffit pas de la la pensée est un acte et doit déboucher sur un acte. On a une responsabilité de pensée d'action singulière et collective. C'est vrai. Absolument. J'aimerais et beaucoup de gens ont envie de ça. Je veux dire, je crois pour revenir euh là, on fait cet entretien dont je remercie beaucoup mais c'est vrai que beaucoup d'Israéliens il y a il y a 12 ans pour Israël jeudi, il y a Chibolette, on a fait ça la semaine dernière, d'autres d'autres enfants aussi.
29:26 Il faut il faut ils font il faut mais il va falloir élargir. Je vous je vous propose notre plateau pour élargir et voir des invités ce que vous désirez même. D'accord. Je me ferai toute petite et je vous et je vous écouterai mais c'est ça ça serait intéressant de d'essayer d'ouvrir ce ce dialogue voilà avec le peuple.
29:46 Donc vous avez une lourde responsabilité. Dois-je vous appeler Moïse ? Waouh ! Il y a il y a moi dedans en même. Écoutez, vous savez Moïse la spécificité, je parlais de transmission, ça c'est très important mais c'est pas on n pas le temps de développer. C'est-à-dire que je rebaisse le bras pour l'instant. J'aime beaucoup ce lieu. Franchement, j'aime beaucoup. J'adore ce lieu. Oui. Savez avec oui, je vais parler de la spéci Freud explique un truc incroyable quand même que auquel vraiment j'adère. Il y a une il y a une construction spécifique du peuple juif qui s'est pas construit comme un autre peuple.
30:23 En quoi il s'est construit ? Il s'est construit sur l'identification à Moïse qui n'était pas un dieu et on l'a intériorisé sous la forme d'une idée, d'une grande idée, pas sous la forme d'un grand homme, pas sous la forme du fils de Dieu, de Dieu et cetera. C'est-à-dire on on s'est identifie à lui sous une forme non idolâtre. Ça change tout. Absolument, ça change tout. Et on s'est construit à partir de là avec l'alliance dans une appartenance particulière qui nous permet confiant dans le collectif qu'on représente de s'extraire de la masse y compris de la nôtre.
31:03 Chaque juif, pourquoi on dit avec humour des maillons ? Il y a 10 juifs, il y a sans sans idées. C'est formidable ça. Mais c'est vrai. Mais c'est parce qu'on a un sentiment d'appartenance suffisamment fiable à partir effectivement de cette identification collective qui n'est pas une identification idolâtre qu'on peut se permettre chacun d'avoir des idées singulières, de pas être dans une psychologie de masse, de foule et cetera et bon, il faudrait développer ça fait plaisir. C'est fondamental. Fondamental.
31:34 Et le fait le fait que que Moïse soit resté en dehors de la terre d'Israël ajoute à ça. C'est-à-dire que on n pas pu en faire même un mythe, un mausolée ou quelque chose d'approchant. Donc c'est très important. Ça n'a été qu'illon nous a amené jusque-l. Enfin Camaillon, je ne veux pas dire de blasphème, mais ça mais c'est ce que ça relève l'idée que vous dites. C'est aussi l'idée que c'était d'abord un législateur, c'était un transmetteur, un chef de guerre, un législateur. C'était pas un prophète, c'était pas un dieu, ni un somidieu, ni un quart de Dieu.
32:06 Et il a dû passer la main. Oui, quand je disais tout à l'heure que l'une des choses qu'il faut faire maintenant, ce qui est important, c'est cette idée en fait, je vais utiliser un un terme qui va vous faire décoller de votre siège, donc accrocher, attacher la ceinture. En fait, cette idée de de l'homme messianique que pour moi représente aussi Moïse et d'autres qu'on attend certainement, c'est aussi cette idée de d'amener tout un peuple en dans une union, sur une terre et et d'essayer d'en faire quelque chose de de cohérent.
32:41 Et c'est là où on veut se diriger et c'est en ayant ne jamais oublié qu'il faut le glève d'un côté et le livre de l'autre. Donc il faut pas oublier le livre mais il faut pas oublier le glève. Le glève, on nous le rappelle tout le temps qu'il faut pas l'oublier. Mais le libre, il faut pas l'oublier non plus. Dison. Voilà. Absolument. Mais bon, c'est vrai que messianique me fait bon plaisir de chasse. C'est pour ça que je C'est c'est contraire c'est contraire à l'image de Moïse dans la tradition juive. Je pense que c'est pas un messie, c'est pas justement qui font peur.
33:08 Ce sont des mots qui font peur. Non, c'était c'était c'était un un législateur. Oui, mais c'est pas un Messieur. Il faisait la Mais qu'est-ce que vous entendez par Messie ? vous c'est quelque chose de divin quand même à mes non bah c'est moi c'est pas dans ce sens là que je le comprends footballeur je sais non c'est pas dans ce sens là c'est pour ça qu'en fait les mots les les mots c'est comme exactement quand on parle de Dieu waouhés qui est d'ailleurs pas le terme représente représente et transmet la loi c'est formidable ça c'est ça et c'est ça et c'est c'est pour ça effectivement qu'on n'est pas une société de dictateur oui mais c'est pour ça chacun chacun on s'est défait on on s'est défait de l'image des des du patriarcat dans le plus mauvais sens du terme, des pères primitifs qui faisaient la loi, qui étaient auteur de leur propre loi et qui donc il possédaient tout, ils jouissaient de tout. Avec Moïse, on s'est défait de ça hein, les les topiques cinéatiques parce que la loi n'est pas n'est pas humaine.
34:04 Donc on doit parce qu'on doit s'appuyer à des lois qui ne sont pas humaines. Voilà. Absolument. Absolument. Donc cette idée de d'homme messianique que que j'attribue à Moïse comme comme à d'autres, je crois que chaque juif là en lui. C'est-à-dire que c'est ce côté combattant mais à la fois mystique ou spirituel. Et les deux combiner les deux c'est voilà, c'est dans ce sens-là ça va mieux là. Oui oui ça non. D'accord. Non mais c'est bien pour les gens c'est bien de de préciser pour tout le monde et chacun choisit après ses idées. Et c'est vrai que les termes le terme est trop fort. C'est c'est passé la main.
34:36 Il a passé la main. Ouais. C'est d'autres maintenant qui vont faire le l'étape suivant. Absolument. C'est le moment. C'est le moment. Il faut un grand homme c'est ça. Il accepte de passer la main exactement et de faire confiance à chacun de Il accepte l'autre et il le ressent. Même si ça lui fait quelque chose. J'imagine que Moïse ça lui a fait quelque chose quand même. Absolument. Absolument. Mais je pense qu'il avait cette humilité l'humilité suffisante l'intelligence et l'humilité suffisante. Déjà avec son défaut de prononciation.
35:04 Il a respecté la loi qui lui ordonné. Voilà. Il a il a tout de suite appelé son frère déjà Aaron parce que déjà il se sentait pas très à l'aise. Donc voilà, on va parler un petit peu de d'image de divan. Oui. Oui. Et euh touche quelques mots. 2 secondes. Oui. 2 secondes parce que c'est un livre que j'aime beaucoup euh d'avoir fait avec mon ami le le photographe Israël. Euh c'est c'est un livre que beaucoup d'éditeurs m'avaient demandé de faire depuis longtemps, mais il me demandait de faire un truc sur mon cabinet à moi à Paris et de et de de parler de de moi en tant que psychanalyste et je sentais pas comme ça. J'étais pas prêt à ça.
35:42 J'avais peur que c'était la fin aussi de comme un truc. Oui. Et puis et puis des photographes aussi m'ont m'ont demandé de faire ce travail. Bon, je sentais pas. Bon et puis j'ai rencontré Schlomo Israël tout à fait dans un autre cadre. On est devenu amis, on est cetera et et un moment on s'est dit tiens, ça serait bien qu'on fasse ça ensemble.
36:04 J'étais prêt à la condition que ça soit lui qui fasse les photos et il a il a le tacte, il a il a il connaît la psychanalyse et cetera. Enfin bon, c'était vraiment il avait un regard extrêmement pertinent, pudique aussi et cetera. Puis il fallait pas que ça soit un truc trop exhibitionniste non plus.
36:21 Et puis la condition c'est que j'invite 15 autres psychanalystes, de grands psychanalystes que j'aime à la fois en tant que personne et queime en tant que psychanalyste. Voilà. Et il se trouve que mon éditeur, mon ami Arthur Cohen des éditions Herman a trouvé ça comme une très bonne idée et j'étais vraiment très heureux et très reconnaissant aussi de le faire avec lui.
36:45 Et au fond, c'est pas un livre comment dire théorique, c'est un livre où chacun, j'ai demandé à chacun de parler de son rapport à son lieu, c'est-à-dire de parler d'eux quoi. en tant que psychanaliste, c'est pas seulement un truc exhibitionniste, on montre des photos, elles sont belles, elles sont significatives, mais c'est aussi des psychanalyse qui parlent de leur travail, comment ils sont devenus psychanalystes, de leur travail de psychanalyse, qu'est-ce que ça qu'est-ce que ça travaille en eux d'être psychanalyse ?
37:15 Ils ont on a tous eu des souvenirs qu'on avait oublié de de moments de cure qui nous ont changé, qui nous ont modifié et cetera. Ça a été vraiment euh un très beau travail. Est-ce que le choix des divants pour un cabinet psychanalyste est extrêmement important ? C'est important pour nous, pas pour en soi, c'est pas important hein. Vous pouvez mettre un traitôt, un truc, c'est pas important. Chacun ses identifications. Je Moi, je vais vous raconter comment j'ai choisi le bien si vous voulez. Ah oui, avec plaisir.
37:40 Avec plaisir. C'est un truc, j'ai été avec euh toute façon, nous avons épuisé toutes les batteries déjà. Donc voilà. Bon, non, j'ai j'ai été avec mon copain avec qui j'ai fait mes études, avec qui on a fait parallèlement notre formation de psychanalyse et tout. Et donc quand on travaillait à l'hôpital chacun et cetera et quand on a décidé de de s'installer en même temps qu'on a continué notre carrière hospitalière et et universitaire, on a été ensemble dans un magasin boulevard Montparnas qui qui était des trucs design vous savez genre mobilier international machin dessiner des canapés. Voilà, vous connaissez ?
38:13 Alors et évidemment que on a tous on a tout de suite été attiré par le même fauteuil parce que c'est un fauteuil paradigmatique mythique pour les psychanalystes qui est le Charlims là. Oui. Je sais pas si on verra qui est L on enverra une photo. Lunchard dessiné pour Billy Wilder par Charles et beaucoup de psychanalystes avaient ce truc et donc la la vendeuse nous demande pourquoi celui-là.
38:40 Alors après, il y avait le divan aussi, mais le fauteil et mon copain qui lui venait d'une famille euh très aristocrate, son père magistratourgeoisie quoi, grand-bourgeoisie française et cetera, argenté, enfin bon. Et euh il lui dit parce que mon père a ce fauteuil et parce que mon analyste a ce fauteuil et elle me demande à moi et je lui dis "Mais moi je suis là parce que ni mon père ni mon analyse dont j'avais pu acheter ce pays ce pays moto". Voilà.
39:08 Et là voilà. Alors je me suis lui il avait pas besoin de se mettre en dette. Moi je me suis mis en dette mais ce fauteuil pour moi c'était c'était le mythe. Voilà, voilà pourquoi alors après Billy Welder enfin je sais pas c'était quelqu'un que j'adorais au cinéma enfin bon des trucs comme ça pour le divorce un peu la même chose.
39:28 Donc chacun c'est là on parle de pourquoi on a choisi celui-là et voilà mais c'est très inspirant je crois pour tout le monde. Je crois que ça nous rend un peu et puis j'ai demandé à mon ami que j'adore, l'artiste Gérard Garou qui connaît les cabinets de PSI de d'avoir un œil sur son lieu de travail aussi parce que je pense que le lieu de de l'atelier d'artiste et le et le cabinet, moi je l'appelle pas cabinet, moi je l'appelle ma petite boutique, mon atelier, hein, comme voilà et c'est un peu la même chose quoi.
40:01 un peu le même travail. On travaille sur mesure, on travaille à façon et sans mesure. Et on crée on essaie de créer quelque chose avec quelqu'un. Absolument. Avec la toile, pas seulement avec la toile, avec ses avec ses maîtres de la peinture, avec ses maîtres de la littérature, enfin Gérard travaille les textes avant de et cetera.
40:19 Euh et ben nous on travaille avec notre patient, avec nos figures, nos maîtres et cetera et on et on et on coue quelque chose. C'est pour moi c'est le bout, c'est l'atelier de mes parents quoi. Ouais, c'est ça. Voilà. Et donc je crois que c'est un beau livre qui est très inspirant pour tout le monde et qui est Est-ce que vous avez envie de nous toucher un mot sur votre actualité ?
40:43 Mon actualité, c'est-à-dire les choses à venir, vos projets, des choses comme ça. Oui, oui, oui. Écoutez, le projet c'est d'abord en France de se battre pour Wallem Sans sal. On vient, comme je vous l'ai dit, avec Buscal Wler, on vient de sortir un livre qui réunit 60 autres personnes et je pense que ça n'avance pas.
41:02 Alors, on a beaucoup de succès avec ce livre. On parle de terra mais enfin ça suffit pas du tout parce que ça ne change et je pense qu'il faut il faut comment dire secouer secouer ce gouvernement qui est-ce que c'est de la soumission à l'islam faut plus que le secouer beaucoup plus. Est-ce que c'est de la complaisance ? Est-ce qu'ils sont fous ? Est-ce que j'en sais rien mais enfin il y a beaucoup de choses. Vous n'avez pas analysé le personnage ? Si. Mais je vais pas le faire là. Je veux dire c'est faudrait une autre émission. D'accord.
41:31 Moi ce que je sais c'est que Boem c'est c'est un ami d'abord très proche que j'aime beaucoup beaucoup que j'admire beaucoup en tant qu'écrivain. C'est un homme admirable. C'est un homme admirable. Son courage, son discernement, son talent et c'est un ami tellement attentif et doux. Absolum. C'est un c'est un melge quoi. C'est un melge. Donc ça c'est la Tu parlais déjà de lui au passé. Non, c'est un m Ah, j'ai entendu c'était un mch et ça m'a fait bien sûr qu'il en danger. C'est pour ça que je dis ça danger et cetera et je pense qu'on on a cru à un moment qu'on avait un peu gagné, qu'on avait avec notre bouquin, avec des mobilisations d'autres aussi bouger un peu les choses.
42:07 On s'aperçoit que c'est rien, rien rien, rien du tout qu'on l'oublie quoi. Même maintenant. Voilà, ça c'est l'actualité. L'actualité en France, c'est toujours de se battre contre les antisémites. Alors voilà, il faut se battre. Est-ce que ça n'est pas peine perdue ? Écoutez, est-ce que c'est pas simplement d'agir bien en Israël et de rétablir les choses ici qui vont tant que je suis qui vont changer la la donne ? Je suis en partie en France, donc je travaille en France encore. J'enseigne en France, je réunis des gens en France, je me bats en France, je me bats où je suis, je veux dire, je peux Et ça nous fait du bien d'abord.
42:39 D'abord, ça nous fait du bien de nous battre, pas être passif et cetera. Et bon voilà, ça c'est important et c'est important pour beaucoup de gens. Moi il me semble que se battre pour Israël aujourd'hui c'est non mais se battre aussi comme disait Goldamer, il n'y a pas de sionisme de salon, il n'y a qu'un sionisme de terrain.
42:53 Ah c'est beau ça. Je suis très bien. Et voilà donc le sionisme de terrain enfin je je je suis une grande partie du temps plus je sais je sais je sais qui me bat comme je peux euh et je pense avec qui avec qui on peut penser discuter et se battre. Bien sûr qu'il faut se battre.
43:12 Euh, il faut il faut il faut être auprès des soldats. Il faut être auprès des soldats blessés. Il y en a 15000. Ça va être beaucoup sont des héros. Beaucoup considèrent comme des héros mais quand ils vont sortir de l'hôpital, ça sera plus des héros pour personne. Oui. Ben ça, on va faire en sorte que ce soit quand même des héros. Ah, il faudra être là. Il faudra les Bien sûr, bien sûr, bien sûr. On a besoin de vous. On a besoin de gens comme vous. Les familles. Monsieur Volkovic. J'aime tout le monde mais on a besoin beaucoup beaucoup beaucoup de de soutien de gens bienveillants. Ouais. Voilà.
43:42 Et bon voilà et mais moi j'ai confiance parce que franchement j'ai j'ai j'ai entendu c'est pas ça vient pas moi j'étais plus pessimiste il y a quelques mois parce que je me suis dit bon avec les négociations je veux dire j'ai j'ai il y a eu ce mouvement où après on a tous été totalement sidérés abattus traumatisé enfin après cet octa pendant certains temps et puis surtout qu'on voya il y a pas de réaction quand même pas de réaction du tout bon et puis ça a commencé quand même à reconquérir et reconquérir notre confiance aussi.
44:15 Et puis il y a eu ces négociations qui nous ont remis dans une position de passivité devant l'horreur, hein, de passivité, de subir, d'être dans la confusion des langues, de de de retrouver les conflits aussi et cetera. Je c'était quand même très déprimant et j'étais déprimé. Voilà, j'étais déprimé aussi en continuant à faire ce que je pouvais mais déprimé et puis vraiment j'ai l'occasion depuis de Est-ce que c'est quand vous échappez, excusez-moi de vous couper, est-ce que quand vous échappez en France, c'est une façon de recouvrir votre santé ?
44:48 Non non non, je suis mieux ici. Je suis mieux ici. Ben oui, en France non, je tiens le coup en France parce que je travaille, je veux dire, je vois à mes patients, je fais des conférences, je pense avec euh les gens de chez Bolette et je voilà les 10 jours où je passe par moi à peu près à Paris maintenant, je travaille quoi.
45:05 Je travaille et je suis actif donc ça va. Mais l'ambiance est insupportable, l'ambiance est insupportable. Tout est insupportable parce que vous allez si vous allez chez des amis, vous connaissez bien, vous savez que ça va bien se passer mais des fois il y a des gens vous connaissez pas trop. Imprévisible hein. Vous allez chez des amis puis il y a d'autres amis et vous dites tiens qu'est-ce qui va se passer si on dit ça ? Si on dit ça qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je réagis ? Est-ce que je réagis pas ? Alors maintenant j'annonce la couleur hein.
45:28 Je veux dire je je pas je veux pas être mal. Donc je dis voilà je suis juif, je suis sioniste. Donc si ça gêne quelqu'un bon en général les gens me connaissent quand même même les gens qui sont pas très proches ont entendu un peu parler de moi. Donc j'annonce la couleur en disant si ça gêne quelqu'un soit vous partez soit je pars.
45:44 Mais je veux dire j'ai pas envie de passer quoi voilà comme ça ça voilà. Mais vous êtes sur vos gardes. Vous êtes toujours sur vos gardes quoi. Qu'est-ce qui va se dire ? Qu'est-ce qui même avec mes patients des fois. Ouais bah c'est sûr que ça a du même faire un un tri naturel.
46:00 Et moi il faut que je reste neutre, il faut que jeit pas ça. Donc je suis mieux ici. Bien sûr que je suis mieux ici. Je suis avec les miens. On n'est pas du jour d' vous savez et cetera. Mais on partage un destin commun, on partage une envie commune, un désir commun des et cetera.
46:12 Donc voilà, on c'est pas facile. Mais depuis quelques semaines, j'ai entendu bon la dernière fois il y avait Stéphane Vanich qui qui qui nous a boosté un petit peu aussi. trs bien parl en parlant des jeunes générations, des soldats là-bas, les soldats qui queles que soient leurs origines, qu' soient religieux, pas religieux, de droite, de gauche, quand ils sont au fond, ils sont ensemble quoi.
46:37 Voilà, il y a eux qu'il faut faire confiance maintenant et ça suffit les autres qui parlent à leur place, non ? Absolument. Voilà. Donc ça, ça me redonne confiance dans les jeunes de génération. Ils vont nous dépasser, ils vont faire mieux que nous. Euh voilà, il y a des il y a beaucoup de héros, quoi.
46:52 Il y a beaucoup de héros ici qui méritent qui méritent de notre confiance. malade. Et notre admiration et notre admiration bien sûr, il y a des tas de gens écoutez moi je vais vous sa je suis très ému quand je suis ici je suis ému. Vous savez je fais jamais les courses en France je fais jamais les courses.
47:06 Je vais jamais au supermarché ici pas beaucoup non plus pour être honnête mais des fois j'y vais et je suis ému. Je suis admirative. Je vois les caissières mainant il y a plus beaucoup mais les caissières qui parlent qui parlent hébreux qui parlent russe qui parle arabe qui parle je sais pas quoi. N'importe quel pays formidable.
47:24 Ça m'émeut quoi ? Voilà, ça m'émeux encore. Ça m'aime encore. Voilà, je dis voilà la place de tout le monde est ici et et je crois quand même que tout le monde veut la même chose. Voilà. Non, venez nombreux. Donc c'est quand même voilà, on est voilà tout le monde veut la même chose.
47:40 C'est quand même un pays merveilleux quoi. C'est un pays étonnant. Et les gens pourquoi il vrai qu'à chaque fois on se repose mais pourquoi ils nousent comme ça ? Peut-être à cause de ça, je sais rien. On peut être rationnel. Moi je suis spécialiste en psychopathologie. J'ai des tas j'ai des tas d'interprétations sur l'antisémité, sur la haine, mais il y a toujours un rê qui dit mais quand même pourquoi ? Oui, pour Oui, oui, c'est vrai. Malgré ça, il a ça c'est tellement c'est tellement pas euh on narrive tellement pas à le comprendre.
48:07 C'est une obsession extraordinaire. C'est une obsession des gens, ils ont le droit de pas nous aimer. C'est pas le problème. En fait, c'est faire c'est détester une partie d'eux-même. Sûrement. Bien sûr, bien sûr. Ce que ce qui les empêche de de d'être mieux, d'être mieux. C'est là la destructivité narciss c'est-à-dire des gens s'ils nous aiment pas encore une fois ils ont le droit ils ont même des raisons. Mais pourquoi ils pensent à nous 24/ 24 ? Est-ce que vous vous pensez à des gens à quelqu'un que vous n'aimez pas 24h sur 24 ? Obsessionnel. Pas vous ?
48:31 Bah moi non plus. Moi je pense à autre chose aux gens que j'aime. Moi je pense au je sais pas aux gens qui fait plaisir. Ces gens-là comment ils sont mortifères comment ils sont comment ils sont sous leur ils croient avoir l'emprise sur les autres ils sont sur leur propre emprise. Absolument de cetera. Donc il y a il y a toujours un rêve. Vous pouvez c'est J'aime pas beaucoup les experts. Des fois on vous on vous présente, on vous invite comme expert. J'aime pas ça parce que on c'est comme si on savait tout. Il y a tout un reste qu'on pas qui nous échappe. On ne sait rien.
48:58 Et là il y a quelque chose qui nous échappe dans ce truc millénaire. Voilà qui continue continue ça. Voilà. Bon mais mais je suis mais voilà c'est un moment de plaisir avec vous qui bah moi aussi partager vraiment partager. Merci beaucoup Michel Gad. J'espère qu'on va très vite se retrouver et de toute façon je vous suis.