0:03 Bonjour à tous. Alors voilà, ça fait déjà plusieurs mois que les Israéliens, les Iraniens, tous ceux qui s'intéressent à notre très cher poudrière Moyen-Oriental se réveille le matin et puis avant même d'avoir consulté la météo ou bien leur mail, se demandent si la guerre va reprendre ou bien ou bien s'arrêter. Alors, les messages contradictoires, il faut le dire, sont devenus la spécialité de nos dirigeants politiques avec des promesses intenables de victoire totale, définitive et la parole politique a d'un côté rarement été à la fois autant nécessaire. et inaudible.
0:30 Alors oui, faute de pric fiable auquel il faut le dire même les journalistes ne se risquent plus. Chacun aujourd'hui a ses méthodes pour tenter de savoir d'où vient et où va le vent. Alors au fil des mois, on a appris à détecter des indices qui ont été semés ici et là. On a les tweets de Trump parfois. On a aussi le nombre d'avions ravitaillères américains qui sont sur le tarmac de l'aéroport Bengion et puis même Polymarkquet hein, le site de Paris qui a été parfois plus performant que les instituts de sondage classique.
0:55 On a dû aussi naviguer dans les dates clés du calendrier festif et électoral américain. Il a fallu que Donald Trump puisse fêter son 80e anniversaire en paix puis le 4 juillet au calme et qu'enfin la Coupe du monde puisse briller de tout son éclat pour que les retombées économiques soient à la hauteur des projections.
1:13 Il faudra aussi que le calme revienne avant les élections demi-mandat. Alors, est-ce que tous ces arguments sont valables ? Peut-être, mais dans une certaine mesure parce que ce sont des éléments de contexte et pas des éléments de décision. Un contexte qui compte comme celui de la guerre entre la Russie et l'Ukraine ou celui des tensions entre la Chine et la Corée du Sud.
1:32 Tous observent avec beaucoup de soin les pas de côté de Washington. Mais alors dans les faits, est-ce qu'on peut essayer de comprendre aujourd'hui qui gagne ou qui est en train de gagner cette guerre ? Alors, ce qu'il faut surtout pas, c'est écouter les faux prophètes. Il faut regarder les chiffres. L'ampleur des dommages, on les connaît. L'ampleur des dommages infligés à l'Iran lors des frappes israélo-américaine ou encore du blocus, elle est aujourd'hui évaluée entre 250 et 1000 milliards de dollars. Et puis face à ça, on a le gain très ponctuel pour l'Iran de 20 à 30 milliards de dollars pendant les trois courtes semaines de l'application de l'accord provisoire entre l'Iran et les États-Unis.
2:07 Alors, ce chiffre, il comprend et le dégel partiel des fonds iraniens qui a été très critiqué et une très courte période d'exportation du pétrole iranien. D'un autre côté, c'est vrai même si les chiffres sont positifs, on ne parle plus aujourd'hui de renverser le régime des Mols et on a l'impression que tout se concentre autour de la bataille d'Ormouse.
2:24 Ce fameux D3, c'est un peu devenu le théâtre principal, le catalyseur de l'escalade actuelle. Et même Israël a l'air d'être transformé en personnage secondaire alors qu'il est principalement concerné par l'issue de ce qui va se passer. Alors, est-ce que la guerre entre l'Iran et Israël va redémarrer ou pas ? Et bien, peut-être que mieux vaut tard que jamais. Mais ce qu'il faut aussi garder en tête, c'est que depuis le 7 octobre, finalement elle ne s'est jamais terminé. L'implication de l'Iran au côté du Ramas, qu'il s'agisse de fonds financiers, d'aide ou de planification au massacre du 7 octobre, elle a été déjà largement démontrée par tous les services de renseignement.
2:59 Et depuis le 7 octobre, il faut aussi souligner qu'il ne s'agit pas que de l'Iran. Aucun des fronts ouverts à Gaza ou au Liban ou en Syrie n'ont été fermés. Mais ça ne veut pas dire que c'est un échec. Quoi qu'on dise certains, c'est plutôt une prise de conscience nécessaire et une évolution de la stratégie sécuritaire global de l'État d'Israël.
3:16 On a pendant des dizaines d'années parlé de la la muraille de fer de Jabotinski. Et bien, elle est toujours là mais elle a gagné en profondeur à des zones de sécurité frontalière qui s'étendent aujourd'hui sur plusieurs kilomètres. Et face à ça, Israël a également rajouté, repris de nouveau cette possibilité de frappe préventive.
3:33 Tout ça, ce sont des succès stratégiques. Face à ça, il faut faire attention. Il y a des promesses trop grandioses aujourd'hui à droite comme à gauche de l'échiquier politique. Le fondamentalisme religieux, le terrorisme isra le terrorisme islamique, ce sont des choses qui ne s'éradiquent pas avec les bombardements aériens. De la même façon qu'une paix durable, ça ne s'échange pas contre des territoires. La diplomatie comme l'action militaire, ce sont des outils indispensables à associer pour obtenir à la fin un accord durable. Et en attendant, ce n'est pas l'attente, le but de l'exercice, l'attente de la reprise de la guerre.
4:05 Et si vous voulez mieux le comprendre, relisez le très court livre de Samuel Bequet en attendant en attendant Godo. On y voit quoi ? On y voit la tente qui se transforme en un piège circulaire où le temps finalement fait perdre l'attente incessante fait perdre tout contact avec la réalité. Ce qu'il faut aujourd'hui pour les Israéliens et leurs dirigeants, c'est être à la hauteur des espoirs de cette population dont la résilience et le courage n'est plus approuvé. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est s'armer sans cesse pour une guerre, pour gagner une guerre, mais sans jamais perdre de vue que la finalité, c'est de vivre en paix. M.