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Israel à la croisée des chemins



Israel

Israel a la mémoire de ses malheurs, et si Israël n’avait pas sa foi, il ne serait peut-être plus que la mémoire de ses malheurs.

(Citation d’Éric-Emmanuel Schmitt, écrivain, dramaturge)

 


 

« Prévoir demain comme s’il n’y avait pas la guerre et faire comme si le présent se résumait à libérer les otages et gagner la guerre contre les terroristes islamistes »

 

Comme l’écrit très justement la journaliste israélienne Myriam Shermer[i], la polémique politicienne n’est pas éteinte. Et ce, malgré le temps de la guerre où des mères, des pères ou leurs enfants sont engagés à Gaza, Judée-Samarie et nord d’Israël pour débarrasser les criminels du 7 octobre, le Hamas actuel, le Hezbollah et leurs déclinaisons mortifères à venir. Nombre des otages ne sont encore libérés et la liste des soldats morts au combat risquent de s’allonger au moment même où des cyniques irresponsables d’Israel préparent parallèlement leur retour dans la rue israélienne dans une posture volontairement destructrice de l’unité du pays.


Alors, oui à la défaite tacticienne politique de Benjamin Netanyahou (et depuis de nombreuses années), mais lui coller la responsabilité de la tragédie du 7 octobre est la définition d’une imposture assumée par ces irrédentistes de l’anti-bibisme.

 

Le sursaut digne d’un premier ministre obligé de se compromettre en permanence - et depuis toujours - avec une multitude de partis aux intérêts particuliers parce que le système électoral israélien à la proportionnelle intégrale est « hors sol » devrait l’encourager à une remise en question personnelle et structurelle de sa fonction. Ainsi dépoussiérer la société israélienne d’antan du glacis de la Histadrut[ii]et ses outils obsolètes ou en mauvais états au profit d’un inventaire vital pour le futur d’Israel pouvaient se concevoir. Sauf à sombrer dans les années 90, dans l’extrême caricature d’un pays ultra-libéralisé et dans les mains d’une dizaine de familles milliardaires qui conditionnent tout ou partie d’un changement sociétal. D’un extrême à l’autre, le fossé ignoré d’hier est révélé aujourd’hui dans sa version la plus crue.

Anamnèse ou virage vertical de plusieurs premiers ministres jusqu’à Benjamin Netanyahou, homme aux multiples mandats ?

 

Nonobstant l’issue judiciaire personnelle qui rendra sans nul doute ses conclusions avec justice, Benjamin Netanyahou laisse l’héritage d’un homme d’état indiscutable, soucieux dans l’imbroglio diplomatique et géopolitique de toutes les chancelleries de préserver l’intégrité existentielle d’Israel.


Mais remettre enfin (!) son mandat à un successeur opportun et non opportuniste de son parti pour faire justice aux dernières élections ferait oublier cet acharnement suspect d’avoir toujours écarté les meilleurs de ses fidèles capables de répondre aux défis d’Israel. Cela aurait le mérite de respecter le dernier vote démocratique de la population israélienne. N’en déplaise aux tenants d’une certaine gauche décrédibilisée qui n’accepte pas le résultat des urnes quand elle n’en bénéficie pas.

 

Nous pouvons choisir le futur à construire sur les ruines de leurs impérities répétées et de la réalité d’une population palestinienne conditionnée à la haine du juif qui ne nous aime pas, abreuvée par le népotisme et la cruauté de leurs dirigeants de Ramallah à Gaza qui s’enrichissent sur leur dos. Nous pouvons postuler de cette tragédie qui nous ouvre les yeux sur la versatilité de nos alliés et le peu de crédibilité des organisations internationales dont certains adeptes du clivage de la société israélienne aimaient à se référer. De droite ou de gauche et leurs déclinaisons confessionnelles (dont arabes, druzes, etc.), nous devons prolonger cet état de grâce de l’union et de la solidarité de notre peuple pour transformer une parenthèse en longévité. Celle d’une hostilité résidentielle de populations arabo musulmanes et de lâchetés ou complicités d’états étrangers, prêts à nous sacrifier sur l’autel de leurs intérêts et ne pouvoir compter que sur nous pour préserver notre liberté et nos valeurs et d’incarner ce laboratoire de démocratie vivante qui transcende nos différences et pourrait, dans ce qu’il semble être une immense utopie à l’heure où j’écris ces quelques mots, représenter l’exemple d’un peuple blessé, mais résilient.

 

Un peuple qui, à l’issue de cette guerre multi-fronts, serait ce pays qui montre à un monde figé dans une crispation inquiétante, où les totalitarismes sont plus entendus dans les institutions internationales que les démocraties, que nous sommes capables de nous remettre en question. Et suffisamment déterminés pour consolider nos frontières extérieures et intérieures tout en recréant les fondations d’un modus operandi de nos exécutif, législatif, judiciaire et…d’idéal sioniste.

 

Mais avant cela, engageons-nous auprès de nos soldats jusqu’au bout, soutenons les familles meurtries par les disparitions, le retour des otages libérés et leurs traumatismes et celles dans l’angoisse du retour des otages encore aux mains du Hamas et consorts.

 

Et enfin, rappelons à notre premier ministre actuel cette phrase de Machiavel[iii] « ce n’est pas le titre qui honore l’homme mais l’homme qui honore le titre ». A lui de préparer soigneusement ces jours prochains son testament politique pour le plus grand bien de notre pays. Mais qu’il ne le révèle qu’après-guerre car pour l’heure, il n’y a pas de « Bibi » ou d’opposition, il y a un premier ministre qui gouverne et associé à un cabinet de guerre et une armée. Pour un peuple, un seul et sa foi.


Pour le meilleur à défaut d’autre chose.


Avi Vanwetter[iv]





[i] Myriam Shermer, citation d’un article « Netanyahu n’est pas responsable, mais il a failli », 04/12/2023 (Journaliste, analyste politique sur I24 News)

[ii] Histadrut (« Fédération Générale des Travailleurs de la Terre d’Israel », affiliée à la Confédération syndicale Internationale)

[iii] Machiavel (Philosophe politique, écrivain et poète, 15e siècle)

[iv]  Avi Vanwetter (enseignant, journaliste sur Tandem TV)

 

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