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  • Photo du rédacteurLea Della Volta

Frank Lalou : de la fugue de Bach à la calligraphie


calligraphie Moshe




Devant son écran d’ordinateur il visionne le dernier clip qu’il vient de réaliser et qui rappelle le nom des enfants enlevés par le Hamas le 7 octobre dernier. Pour chacun d’entre eux, Franck Lalou a calligraphié leur nom en lettres hébraïques que des voix d’enfants égrènent. « Les juifs, on a tout pour désespérer, mais dans tous les cas le Deutéronome ne nous laisse pas le choix, car on doit choisir la vie ». Un hymne à la vie, auquel se sont associés Tina Bosi et le violoncelliste Raphaël Zweifel.

Le sort des otages détenus par le Hamas, l’a ému au plus haut point, aussi, il créé pour exprimer son désarroi face à cette situation inédite dans l’histoire d’Israël. Cette violence à l’égard des enfants, fait aussi partie de son vécu : « Quand j’étais enfant, j’ai été harcelé. Mon père m’avait alors conseillé de faire du karaté pour me défendre, ce que j’ai refusé, je suis allé à la librairie la Sorbonne et j’en suis ressorti avec deux ouvrages sur la non-violence, dont un de Lanza del Vasto. »

L’ouvrage va le conquérir et l’inciter à se rapprocher de l’une des communautés de l’Arche créée par le « Gandhi sicilien ». « J’en suis parti, car pour moi, la communauté était trop chrétienne et je tenais à conserver mon identité juive ». Mais Lanza Del Vasto et sa philosophie de la non-violence guidera sa vie et son travail d’artiste.



La musique de Bach, en prélude à la création

Si Lanza Del Vasto a été une source d’inspiration pour Frank Lalou, cet appel vers les sphères célestes provient de son enfance : « quand j’avais six ans, je suis tombé sous le charme de la musique de Jean-Sébastien Bach ».

La musique qu’il pratique dès son plus jeune âge, lui a permis d’intégrer l’école Schola de musique, il étudie l’étude du piano et se prend à rêver à ces notes si proches de l’écriture. Dès l’âge de 14 ans, il se met à reproduire des lettres hébraïques et pour lui, c’est une évidence, la musique et l’écriture ne font qu’un : « Ma première calligraphie, je l’ai accroché au mur sur son piano, cinquante ans plus tard, rien n’a changé ».

La musique et la calligraphie, « c’est incorporer le geste dans le corps », un geste unique, simple, puissant, qui dans les deux cas sera répété jusqu’à atteindre la perfection. Un tour de force pour cet autodidacte de la calligraphie qui par sa persévérance est parvenu à maîtriser le trait.

« Ce que j’ai vécu, ce sont des histoires d’amour avec les lettres, les graphes, la musique, le souffle de l’esprit ».



Frank Lalou


Ses nombreuses bibliothèques de sa villa, contiennent de nombreux ouvrages de philosophie. Adepte de Spinoza, dont il avoue ne pas bien tout comprendre, mais ressentir des affinités avec ce juif portugais, si mal compris en son temps et qui s’insurgeait contre un certain ordre établi : « Israël, c’est je lutte contre Dieu, le juif est un perpétuel insoumis. Nous sommes les témoins de l’immanence, la chose divine en soi, que détestent tant les dictatures, dans leur ensemble ».

Il avoue tracer son sillon par la calligraphie indissociable de la musique et de la philosophie qui est s’accompagne d’une pratique quotidienne.

Mais cette passion de la musique de Bach et aussi de la philosophie, il la partage avec une autre personnalité des lettres juives, Charles Mopsik : « j’ai eu l’occasion de faire la connaissance de sa veuve, car au moment où l’on devait se rencontrer, avec Charles, il est tombé gravement malade. Nous avons retrouvé un manuscrit qui était resté en souffrance. Il va être publié chez Albin Michel ».

Mais de cette rencontre qui n’a jamais eu lieu, Frank Lalou est persuadé d’entretenir un lien spirituel avec Charles Mopsik : « J’ai découvert que nous avons des passions communes : la musique de Bach, la science-fiction, notamment ».

Mais il y a plus encore, quelques mois, le fils de Charles Mopsik est intrigué par une lettre qui dépasse d’un ouvrage de son père.

Bien que ne connaissant pas personnellement Frank Lalou, il y faisait l’éloge de son travail de calligraphe : « J’avais fait une demande à la Fondation du judaïsme, et Charles Mopsik, bien que ne me connaissant pas, avec fait une lettre en ma faveur. Il se disait émerveillé par mes calligraphies. »

Un lien spirituel que les deux hommes entretiennent et qui incite Frank Lalou à marcher sur les traces de Charles Mopsik, puisque ses écrits et ses conférences sur les religions, la spiritualité, sont particulièrement appréciés du public.


Lea Raso Della Volta



Frank Lalou calligraphie

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