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Une chapelle à la mémoire des victimes de la Shoah : la chapelle de Maraden



© Nathalie Rougeau - France 3 Occitanie
La petite chapelle de Maraden est à vendre, car depuis 2019, date de la disparition de son propriétaire, elle n’a plus été entretenue et menace retourner à l’état qui était le sien, avant que le peintre Miklos Bokor, rescapé d’Auschwitz n’en fasse l’acquisition. Cette chapelle qui était ouverte lors des Journées du patrimoine, a une particularité : elle abrite des fresques décrivant l'horreur des camps nazis.

Il n’est pas courant qu’une chapelle abrite une fresque murale dédiée à la mémoire de la Shoah. C’est pourtant le cas de la petite chapelle acquise par le peintre hongrois Miklos Bokor.

Nichée au cœur de la campagne dans le département du Lot, la Chapelle de Maraden est à l’abandon depuis la disparition de son propriétaire, il y a près de cinq. Elle est désormais à vendre. Mais il y a urgence, car à l'eau s’infiltre à l’intérieur de cette chapelle du 12e siècle ce qui met en péril l’ensemble de l’édifice et les fresques.


Miklos Bokor, démiurge et peintre

Un jour de 1996, un maçon qui travaille chez lui parle à Miklos Bokor d'une petite chapelle en ruine dans les bois. Il séjourne, plusieurs mois par an dans un petit village près de Martel et terriblement curieux de tout ce qui a trait à l’histoire et archéologie, il décide d’après les indications du maçon, de retrouver cette petite chapelle Maraden.

Malgré les ronces et les branchages qui interdisent l’accès, le peintre qui est un rescapé d’Auschwitz s’obstine. Il dira « Ici, je pouvais créer un monde. ». Mais on peut s’interroger sur sa volonté de faire de cette chapelle un lieu de mémoire.

La chapelle est tout ce qui reste d’un ancien prieuré de Maradenou se trouvant dans l'ancienne paroisse Saint-Martin de Loupchat, dont la date de fondation n'est pas connue. Il appartenait à l'Ordre d’ermites de l'Artige, qui a vu le jour au 12e siècle en Limousin et qui suivait la règle de saint Augustin. Ce prieuré dépendait du celui de Maradène établi sur la commune de Végennes en Corrèze.


Une chapelle mémorielle dédiée aux victimes de la Shoah

La chapelle romane a un plan rectangulaire de 15 mètres sur 5 mètres, avec une hauteur de 12 mètres. C'est une construction rustique, en moellons, parfois appareillés avec des joints d'argile. La voûte est en berceau brisé. Le chevet est plat, percé d'une haute fenêtre étroite en arc brisé.

Miklos Bokor a restauré intégralement la nef unique, à chevet plat, d’une longueur d'une vingtaine de mètres, large de cinq, éclairée par deux fenêtres hautes et étroites à ses extrémités. Elle est déblayée, la voûte est rétablie, les murs de petites pierres grises sont vérifiés.

En 1998, Bokor entreprentit son œuvre qu'il acheva la même année. Il y peint un ensemble de fresques qui couvrent les quatre murs jusqu'à la corniche et le bandeau de pierre sur lequel commence la voûte.

Les fresques traduisent l’horreur et la mort qui régnait autour de lui, des silhouettes faméliques et tordues par la souffrance et l’angoisse qui ne sont pas sans rappeler le cri d’Edvard Munch et que Miklos Bokor a volontairement peintes en gris. Quant à Maradenou, il n’a peut-être pas été étranger au choix du lieu, Marad en hébreu signifie rebelle, « Maradenou, nous sommes des rebelles ».




Lea Raso Della Volta




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