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Alain Finkielkraut : "la solution est une fédération jordano-palestinienne"


Alain Finkielkraut Wikimedia

Alain Finkielkraut est connu pour son franc-parler et ses prises de positions qui font souvent débat, il les assume. Le philosophe se refuse à accepter les analyses de surface qui n’ont pas vocation à trouver une issue à ce conflit, qui dure, non pas depuis 1948 et la Proclamation de l’État d’Israël, mais avec le Yishouv.

 


Alain Finkielkraut l’affirme : « dans la guerre de Gaza  il y a deux acteurs, Israël, et le Hamas », dont il estime que la responsabilité dans l’enchaînement des événements est engagée : « Si le Hamas relâchait les otages et déposaient les armes, tout reviendrait à la normale ».  La population gazaouie cesserait d’être prise entre deux feux, car, bien que le chef du Mossad David Barnea soit parti au Qatar pour négocier un cessez-le-feu et la libération d’une quarantaine d’otages et de terroristes du Hamas, ce dernier n’en continue pas moins de tirer des roquettes sur Israël.  

Alain Finkielkraut, peu enclin à la langue de bois, dénonce le scandale humanitaire qui a lieu dans la bande de Gaza : « La réalité est tout autre que celle décrite par les médias, les prix ont décuplé sur les marchés, car les moins scrupuleux, sont en train de s’enrichir aux dépens de personnes nécessiteuses et de leurs frères palestiniens. C’est que l’on appelle des profiteurs de guerre. »

Il appelle de ses vœux un sursaut de la communauté internationale pour qu’elle exerce une pression sur Israël, mais surtout sur le Hamas pour que cessent les tirs de roquettes et contre le marché noir, qu’ils ont contribué à créer.  

 

Une fédération jordano-palestinienne.


Alain Fikielkraut  pense que l’avenir de la région passe par un compromis territorial, mais surtout par la création d’une fédération jordano-palestinienne qui lui apparaît comme étant la solution la plus viable.  « La logique de séparation s’impose car la guerre à Gaza prouve que la séparation est indispensable, mais aussi presque impossible » 

 « Les Israéliens ont conquis des territoires en 1967, ils se sont retirés du sud liban, ils ont eu le Hezbollah, et si le Sinaï, c’est l’Égypte ; en se retirant de Gaza, ils ont eu le Hamas. Un mouvement terroriste qui reçoit de l’argent, non pour le bien de sa population, mais pour acheter des armes et creuser des tunnels. On parle du fameux tunnel de Gaza ! »

Le philosophe s’est expliqué sur un retrait de la Cisjordanie qui, pour nombre d’Israéliens, n’est autre que la Judée-Samarie. Cela risquerait de dégénérer en guerre civile, les colons n’accepteront jamais de quitter cette terre biblique où reposent les Patriarches. Aussi, les Israéliens s’interrogent sur son bien-fondé.

Le seul espoir réside dans un  changement général de la donne politique. Avec un « homme nouveau », un premier ministre plein de bonne volonté, la situation pourrait s’apaiser, mais cela passe par l’éradication du Hamas à Gaza, à un nouveau leadership palestinien, un paysage politique pourrait alors se dessiner. Mais force est de constater que cela n’en prend pas le chemin, car la désignation du futur premier ministre à Ramallah est d’ores et déjà contestée par le Hamas qui dénonce une décision unilatérale. Néanmoins, Alain Finkielkraut compte sur la médiation américaine et saoudienne pour rétablir le dialogue entre Israéliens et Palestiniens. Pour cela, il compte sur les américains qui pourraient aider à « l’emporter sur la méfiance ».

 

« Il faut en finir avec une dogmatisation internationale »


La vox populi désigne Israël comme l’obstacle à la paix, l’agresseur perpétuel. Cela doit cesser, car cela fait des Palestiniens d’éternels déracinés, sans toutefois apporter de solution au problème : « Les Israéliens ont raison de vouloir la dissolution de l’UNRWA, dont certains de ses membres ont pris une part active aux pogroms du 7 octobre. »

Le statut de réfugié devient une charge héréditaire. Alain Finkielkraut parle de « 700 000 en 1948, alors qu’aujourd’hui, il y en a près de 5 millions que l’UNRWA considère comme réfugiés, de pères en fils. On leur fait croire que la solution, c’est le retour en Israël. Il faut en finir avec ce discours qui est un frein à la paix. »

Mais sur le terrain, les points de vue commencent à diverger et Mahmoud Abbas, dans un  communiqué, n’est pas tendre avec le Hamas, qu’il accuse d’être responsable de la situation actuelle. La population palestinienne commence à prendre conscience de la responsabilité du Hamas. « Si le Fatah mène cette guerre idéologique, cela est très bon signe. A charge pour Israël de saisir cette opportunité ». Et pour reprendre une célèbre phrase d’Abba Eban, il a ajouté : « Les Palestiniens ne ratent pas de rater une occasion, ne faisons donc pas pareil ».

 

Les actes antisémites en forte croissance

 

Les actes antisémites ont bondi de mille pour cent, aussi les projets d’Aliyah sont en forte croissance en Amérique du nord et en France.

 Le nouvel antisémitisme s’est installé en France, mais pas uniquement, le wokisme présent dans le continent nord américain s’est emparé du monde universitaire français. Les choses ont empiré après le 7 octobre, et non depuis l’intervention israélienne à Gaza : « à l’annonce des massacres, il y a eu un véritable déchaînement, une véritable explosion de joie, les antisémites étaient galvanisés ». Ce sont les même explosions de joie qui ont eu lieu à Gaza lors des attentats du 11 septembre.  

L’antisémitisme a trouvé une tribune politique de la part de la France insoumise. Jean-Luc Mélanchon n’est pas antisémite, mais pour lui et certains membres de son mouvement, l’Elysée vaut bien une conversion à l’antisémitisme. Éric Coquerel a fait le choix de radicaliser le discours pour obtenir les voix de ceux qui se sont abstenus lors des dernières élections. « Et pour ce faire, on a même mis une cible dans le dos de Coco, dessinatrice de Charlie Hebdo. »

Le dernier épisode antisémite qui a eu lieu à Science Po Paris n’est que le résultat d’une   longue dérive de l’Institution qu’il qualifie de « désagrégation ». Une partie de l’université de notre pays a basculé dans l’antisémitisme, et pas uniquement en France, puisque les plus grandes universités américaines et britanniques ont été les précurseurs de ce même tourbillon. Et comme pour rappeler que son dernier ouvrage « pêcheur de perles » est consacré aux citations d’auteurs, il termine l’entretien par un adage : « le poisson pourrit toujours par la tête », déplorant que les plus éduqués soient corrompus : « qu’adviendra t-il du reste de la population ? »

 

Lea Della Volta




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